Soutien juridique aux étudiant.e.s : stop à la répression à AMU
Créée par Comité de Lutte AMU
pour Comité de Lutte
La présidence de l’université d’Aix-Marseille (AMU) s’acharne contre le Comité de Lutte, syndicat étudiant, par des poursuites disciplinaires et judiciaires pour s’être exprimé auprès des étudiant.e.s contre le génocide en Palestine et les politiques pro-armée et de censure de l’université. Cette répression implique des frais juridiques pour se défendre, d’où la présence de cette cagnotte de solidarité pour participer aux frais d’avocat et nous soutenir.
Objet des accusations
Depuis la fin avril 2024, la répression antisyndicale à AMU s’intensifie contre nos camarades Odile et François, syndicalistes étudiant.e.s.
Leur tort ? Il leur est reproché la diffusion de tracts sur le campus ALLSH.
Il leur est reproché d'avoir organisé une Assemblée Générale dénonçant les liens entre l'université et le complexe militaro-industriel français, et dénonçant également le génocide en cours en Palestine.
Il leur est reproché d’avoir détourné le logo d’AMU à des fins de dénonciation, logo qui n'appartient pas qu'à la présidence mais aussi à ses usagers.
Un véritable dossier politique a été monté par la présidence, sous la responsabilité directe d'Éric Berton, ayant signé de sa main l'ordre de convocation de la section disciplinaire. Il s’agit d’intimider nos camarades par le risque d’une sanction pouvant aller d’un blâme jusqu’à l’exclusion définitive de l’université. En plus d’appliquer un règlement rétrograde qui interdit le tractage dans l’enceinte de l’université, la section disciplinaire présente un simple tractage comme un « trouble de l’ordre public » et une « atteinte à la réputation de l’université » !
Au-delà des questions réglementaires, c'est une condamnation politique qui s'organise, voulant frapper des militant.e.s de la faculté de lettres, qui est le cœur battant du mouvement étudiant à Aix-en-Provence et joue un grand rôle dans le département.
Censure de la solidarité avec la Palestine dans les universités
Cela s'opère dans un contexte général de répression qui s'organise par les directions dans les universités :
- Assimilation de la propagande d’Etat des luttes contre l’apartheid et le génocide en Palestine à une guerre de religion entre juifs et musulmans
- Multiplication des poursuites disciplinaires à l'encontre des étudiant.e.s à Science Po pour avoir occupé leur lieu d'étude et du personnel universitaire qui s'exprime contre le génocide
- Censure de toute initiative politique ou scientifique en lien avec la Palestine notamment lors de l'Israeli Appartheid Week
A Aix-Marseille Université, des conférences de docteurs et doctorant.e.s sur la Palestine ont été censurées comme celle de Pierre Stambul interdite sur la même faculté ALLSH sur ordre du même Éric Berton, et tenue malgré tout sous pression policière devant le portail principal de la faculté. Le président d'AMU ne s’arrête pas là et a initié une intervention policière l'an passé pour déloger les étudiant.e.s de Saint-Charles à Marseille qui occupaient leur lieu d'étude pour contester la censure organisée par AMU sur la question palestinienne.
Remise en cause des libertés démocratiques
C’est également une attaque contre les forces militantes qui œuvrent au quotidien pour les libertés démocratiques au sein de l'université, et contre ce règlement indigne qui prétend empêcher toute expression syndicale et politique sur le campus.
Ce règlement est contesté depuis des années par le personnel et les étudiant.e.s : chaque année, suite à des mouvements sociaux, le conseil de l'UFR d'Allsh vote une motion autorisant le tractage sur le campus. Cette année, la présidence d'AMU a entériné une motion votée à la majorité par ce conseil, nouvelle démonstration de la gestion technocratique de l'université sous apparat de “démocratie”.
Attaque contre la solidarité avec le mouvement ouvrier
Enfin c’est une attaque contre la solidarité avec le mouvement ouvrier, qui a toujours animé les luttes étudiantes sur la faculté de lettres. Ce n’est pas un hasard si le dossier disciplinaire fait une allusion soi-disant sans lien avec la procédure de la prétendue implication des deux étudiant.e.s dans le «
blocus subie en 2023 par la faculté de lettres
» à laquelle Éric
Berton a répondu aux revendications étudiantes… par la répression policière ! Non pas un blocus mais une réappropriation collective de l'université en plein cœur de la lutte contre la réforme des retraites, déclenchée au soir de la réquisition des travailleurs du Dépôt Pétrolier de Fos en grève, en solidarité avec la répression subie par ces derniers.
Résultats de la mobilisation contre les poursuites disciplinaires
Face à la disproportion complète de ces mesures, les mobilisations de solidarité du 13 mai et du 19 juin 2024 devant le siège de la présidence au Pharo ont payé en posant un rapport de force à la présidence et montrer que toucher à un.e, c’est risquer une riposte collective du personnel et des étudiant.e.s en lutte ainsi que des organisations syndicales et politiques progressistes !
Ainsi, les conseils disciplinaires du 19 juin ont relaxé Odile tandis que François a été sanctionné d’un avertissement pour avoir tracté dans l’“enceinte” de l’université.
Poursuites judiciaires
Cependant, la présidence ne s’est pas arrêtée à des tentatives de sanctions disciplinaires. A la suite de la commission d’instruction du 13 mai, Éric Berton a porté plainte contre François, choisissant l’acharnement institutionnel pour le punir pour son engagement par d’autres moyens et en faire un exemple : s’opposer aux dérives autoritaires et au démantèlement de l’université, c’est encourir des répercutions pouvant aller jusqu’à des milliers d’euros d’amendes ! Suite à un enchaînement de convocations au commissariat, il a été convoqué à un tribunal correctionnel le 4 septembre.
L’objet de cette plainte ? François est accusé d’avoir diffamé l’université Aix-Marseille en distribuant un tract de notre syndicat qui a détourné le logo d’AMU en « socialement engagé pour la guerre ». La censure systématique de l’université pour toute initiative militante ou scientifique pour la paix et contre le génocide en Palestine justifie amplement ce détournement, en plus de nouer étroitement des liens avec l’armée se traduisant notamment par une valorisation des notes d’étudiant.e.s réservistes ou participant à des séminaires de généraux de l’armée.
Le 4 septembre, un nouveau rassemblement s’est tenu en présence d’étudiant.e.s, du personnel d'AMU, des syndicats d'enseignants, collectifs de soutien pour la Palestine et organisations politiques de jeunesse. Nous apprenons que l'audience a finalement été reportée pour... le 2 septembre 2025.
Enjeux juridiques de ces luttes
Deux démarches judiciaires sont en cours
: une pour contester l’avertissement à l’encontre de François pour avoir tracté à l’université, l’autre pour contester le caractère diffamatoire du tract distribué dans le cadre de la plainte de l’université à l’encontre de François.
Pour la première démarche, si la justice nous donne raison, cela démontrerait le caractère liberticide du règlement intérieur de l'université et constituerait une première victoire pour sa remise en cause et enfin appliquer les libertés démocratiques actuellement bafouées
!
Pour la deuxième démarche, c’est l’occasion de faire reconnaitre le tournant autoritaire où s’engouffre la présidence de l’université qui défend les intérêts géopolitiques et impérialistes de l’Etat français, soit la complicité criminelle au génocide perpétré par Israël contre le peuple palestinien et libanais, mais également par la diffusion d’une propagande de guerre au sein de nos campus pour promouvoir l'armée et le complexe militaro-industriel.
S'attaquer à un.e, c'est s'attaquer à toutes et tous
Ces attaques sont bien une attaque politique dirigée contre l’ensemble du camp des travailleurs, de la jeunesse et du peuple en lutte contre un capitalisme en crise qui ne peut continuer son existence qu’en écrasant nos droits et nos résistances.
Il ne s'agit ici pas que de Odile et François, mais bien de tout.e.s les étudiant.e.s et du personnel en lutte. La présidence d'AMU cherche à les sanctionner pour en faire des exemples, qui servira à systématiser les poursuites disciplinaires comme outil de répression afin d'étouffer les luttes actuelles et futures.
La lutte pour la solidarité avec le peuple palestinien, contre le réarmement et pour les libertés démocratiques doit s'intensifier dans les universités, et le comité de lutte s'engage à jouer son rôle de mobilisation auprès des étudiantes et étudiants.
Pour soutenir les étudiant.e.s en lutte
Pour nous soutenir, vous pouvez donner sur notre cagnotte en raison des frais juridiques qui augmentent, à nous contacter et nous rencontrer pour organiser la lutte !
Si la somme récoltée dépasse les frais d'avocat, le restant sera utilisé en solidarité contre la répression.
En plus d'un soutien matériel, nous appellerons à différentes initiatives et à un rassemblement de solidarité le 2 septembre 2025, jour de convocation de François par le tribunal à Marseille.
Aucune amende ne passera
!
L'intimidation ne nous fera pas taire
!
Toutes et tous uni.e.s contre la répression
!
Contact du Comité de Lutte :
Courriel : [email protected]
FB
: @cdlaix
Insta
: @comitedelutteamu
Ci-joint, le tract diffusé par les étudiant.e.s en avril 2024 :
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