moneypot cover

NDAR, LES FILS DE L'EAU - un film documentaire de Marie-Cécile Crance

6 200 €récoltés sur 7 000 €
136 Participations

Créée par Les Films du Carry

pour Les Films du Carry

Participer

NDAR, les fils de l’eau est le premier long métrage documentaire de Marie-Cécile Crance, produit par Les Films du Carry et Avril Films.


Nous recherchons aujourd’hui la somme nécessaire pour financer les derniers travaux de post-production, terminer le film dans de bonnes conditions et préparer sa diffusion. Aussi nous vous proposons de participer à cette belle aventure et de contribuer à sa réussite pour que le film puisse très bientôt voir le jour et trouver le chemin des salles et des festivals !


Résumé


NDAR, c’est Saint-Louis, cette ville née de la rencontre entre la terre, le fleuve et l’océan. Les enfants de la bande Soussane, Baba, Seydou, Momodou, Aliou, Samba, Oumar m’emmènent de friches en ruelles, de la proue d’une pirogue aux ruines de maisons détruites par les eaux, sous le pont Faidherbe, à proximité́ de la digue, au bord du fleuve Sénégal. Ils vivent là leur enfance de jeunes talibés. A leurs côtés nous découvrons la vitalité́ silencieuse de ce petit peuple soumis à la mendicité́ quotidienne et aux enseignements religieux.


Voir la bande-annonce :

https://vimeo.com/907369155/131c5ba550


La genèse du projet


Ce projet a pris racine en décembre 2016. J’étais venue au festival international de cinéma documentaire de la ville de Saint-Louis. NDAR de son nom wolof serait la fille des eaux, une ville où règne un calme bucolique qui autorise le déploiement des jeux débridés de l’enfance. J’ai immédiatement été happée par les énergies qui circulent dans cette ville. Très rapidement je me suis rapprochée des enfants qui peuplent les rues et parmi eux j’ai fait la rencontre des talibés. Ces jeunes garçons ont entre 5 et 15 ans et sont originaires des villages de brousse. Ils arrivent en ville pour intégrer un daara (école coranique) afin de suivre l’enseignement religieux d’un marabout. Ils se déplacent généralement en bande, pieds nus, un petit pot en plastique sous le bras et la main tendue : « toubab, donne-moi argent ». Leur mendicité quotidienne m’a interpelée car elle ne s’adressait pas qu’aux toubabs mais aussi aux sénégalais. Caméra en main ils sont devenus mes guides à travers la ville et progressivement j’ai sympathisé plus particulièrement avec certains d’entre eux.


Au fil des tournages une complicité s’est installée avec les enfants de la bande Soussane et ma posture de toubab cinéaste est devenue un choix cinématographique pertinent. Des paroles et des actes se sont déployés plus librement et c’est un autre visage de la réalité quotidienne des talibés qu’ils m’ont dévoilé : de la vitalité, des amitiés et de la joie en décalage avec la vision misérabiliste et douloureuse que j’avais pu avoir au premier abord. Ce film est une immersion dans l’enfance talibé à travers ma plongée progressive dans l’intimité singulière et vulnérable de la bande Soussane.


Les personnages


  • La bande Soussane



La bande Soussane est le personnage central du film. Elle est faite d’individualités fortes et révèle ce vivre en bande caractéristique de l’enfance talibé. Baba, Seydou, Momodou, Aliou, Samba, Oumar… portent tous un maillot de football avec inscrit Soussane dans le dos. C’est le nom du village d’origine de leur marabout et la plupart d’entre eux sont originaires de là-bas. Comme beaucoup de talibés ils sont « peuls », une ethnie semi-nomade d’éleveurs de vaches installée dans la province du Fouta. Leur daara Soussane se situe sur l’île emblématique de Saint-Louis, dans les ruines d’une grande bâtisse coloniale, à proximité du fleuve. Tout au long du film je les accompagne dans l’intimité de leur quotidien, au sein de leur daara et dans les rues de la ville qu’ils arpentent tous les jours et où nous nous mêlons à d’autres enfants.


  • Cheikh



Cheikh est un ancien talibé qui a grandi dans un daara à Saint-Louis. Il a aujourd’hui une trentaine d’années et il est cordonnier au cœur de la ville. Cheikh est particulièrement attaché aux enfants de la bande Soussane et veille sur eux au quotidien. Comme eux il a quitté sa famille à l’âge de six ans et a grandi dans plusieurs daaras successifs, passant de ville en ville jusqu’à Saint-Louis. Dans le film il joue un rôle de passeur m’ouvrant de nouveaux espaces de la ville et me donnant des clefs pour mieux comprendre ce monde où je reste malgré́ tout l’étrangère. Il porte la mémoire de l’enfance des talibés et incarne un tiraillement entre reconnaissance à son marabout et indignation vis à vis de son enfance.


  • Assane et Gnagna



Assane est un jeune adolescent qui vit avec sa mère Gnagna ainsi que ses frères et sœurs. Cette famille saint-louisienne m’a généreusement ouvert ses portes. Ils habitent le même quartier que Cheikh et la bande Soussane. Contrairement aux talibés, Assane va à l’école publique tout en fréquentant lui aussi un daara où il reçoit un enseignement coranique. A leur côté j’ai découvert la solidarité des familles saint-louisiennes qui viennent secrètement en aide aux enfants talibés. Leur présence dans le film offre un contre-point à la vie de la bande Soussane.


  • La toubab à la caméra


Moi, la toubab, je suis un personnage à part entière du film, fortement présente à leurs côtés derrière ma caméra. Je suis avant tout sensible à leurs gestes, leurs regards, leurs mouvements, tout ce que nous partageons au-delà des mots. Ma couleur de peau les interroge. Je suis l’étrangère, la femme qui vient d’ailleurs, celle qui ne partage pas leurs traditions et à qui l’on prête une certaine crédulité. Je me laisse guider par eux, surprise par les endroits où ils m’emmènent, les personnes qu’ils me font rencontrer. Ce film c’est avant tout eux et moi, devant et autour de ma caméra qui agit véritablement comme pierre angulaire de notre rencontre.



L’équipe du film


  • Marie-Cécile Crance à la réalisation


NDAR, les fils de l’eau est mon premier long métrage documentaire. Initialement agrégée d’Education Physique et Sportive, puis docteur en STAPS dans une perspective anthropologique, j’ai progressivement entrepris un virage professionnel en direction du cinéma documentaire. En 2017-2018, j’ai suivi le master 2 réalisation documentaire de l’Université de Grenoble et de l’école du documentaire de Lussas. A l’issue de cette formation je me suis lancée dans la réalisation de ce premier film. Depuis lors je partage ma vie entre mon métier d’enseignante en collège à mi-temps et celui de réalisatrice, et je navigue entre la France et le Sénégal.



En tant que danseuse j’ai un rapport très organique au monde qui m’amène à envisager le cinéma dans une approche avant tout sensorielle, faisant la part belle aux gestuelles, aux mouvements, aux énergies corporelles qui dialoguent entre elles au-delà des mots. Je cherche à saisir des présences sensibles, à révéler des états d’être au monde, “le cinéma comme moyen expressif de faire danser le monde" pour reprendre les propos de Maya Deren.


  • Françine Lemaître au montage

Après avoir monté de la fiction (co-montage de Baise-moi de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi,
Les chancelants court-métrage de Nadine Lermite - Grand prix France Télévision ou 25 Décembre 58, 10h36 de Diane Bertrand - César du court-métrage et prix du public au festival de Clermont-Ferrand), Françine Lemaître monte dorénavant essentiellement des documentaires de création (Philippe Faucon, Mali Arun, Lamine Ammar-Khodja, Guy Deslauriers, Nabil Djedouani…) dont plusieurs ont été primés : Vivant
de Vincent Boujon (Étoile 2015 de la SCAM) et Motorrodillo de Alba Jaramillo (Prix du public aux Rencontres du cinéma documentaire de Montreuil en 2023). Par ailleurs, lors de la grève de plus de 15 mois des postier.ère.s du 92, elle a réalisé 2 films de 90 mn (Grêvons
et Victoire) à partir des images tournées par les grévistes.


  • Colas Gorce au montage son


Après des études de sciences sociales et de sciences politiques, Colas Gorce a suivi le master de réalisation à l'Ecole documentaire de Lussas. Il y tombe passionné de son, de la puissance narratrice et évocatrice qu'il déploie presque en secret. Il multiplie alors les projets en prise de son, puis à l'occasion de son premier long-métrage Les Initiés en montage son.



Participer