La Ferme du Puy est née le 20 août 1987.
Nous y sommes arrivés, ma femme Françoise et moi-même à 5h du matin, pour donner naissance à un rêve. Ma femme voulait des chèvres et transformer leur lait en fromages.
Elle a eu la médaille d'or au salon de l'agriculture en 1993 pour le Picodon. Nous avons cette appellation AOP, car nous sommes domiciliés en Ardèche.
Nous avons mis 10ans pour obtenir un fromage de bonne qualité. Nous avons pu fidéliser une clientèle à Lyon et à Paris, dont certains depuis plus de 35ans. Cette clientèle est composée de restaurants, de fromagers et de particuliers.
J'en profite pour les remercier tous, car sans eux le rêve de ma femme n'aurait jamais pu se réaliser.
La Ferme du Puy a pris un premier coup de masse derrière la tête en 1996, avec l'avènement des normes européennes ; nous avons mis 15ans pour digérer les investissements nécessaires. Ces fameuses normes européennes sont toujours d'actualité et étouffent toujours autant le monde agricole.
J'en veux pour preuve tous les braves qui, cet hiver, ont pris leur tracteur pour aller manifester : je ne suis pas le seul à appeler au secours.
Notre profession est en train de disparaître petit à petit.
Le deuxième coup de masse : ma femme a eu un cancer des os. Elle en est morte au bout de 10ans. Elle a livré bataille toutes ces années, mais un jour lasse, elle a déposé les armes et est décédée en 2019.
Depuis, ma fille aînée et moi-même tenons la ferme à bout de bras mais aujourd'hui, nous n'avons plus de forces. Nous avons accumulé beaucoup de problèmes :
- covid
- problèmes de succession
- des investissements incessants toujours pour ces normes européennes
- les augmentations du prix des matières premières dues à l'inflation que nous vivons tous.
Aujourd'hui j'ai 60ans et j'en suis fier.
Je bosse depuis l'âge de 16ans. Tout ça pour rien, car au final j'ai jamais eu de vacances, j'ai jamais eu de week-end, j'ai jamais eu de salaire, et je n'aurai jamais de retraite ; par contre aujourd'hui j'ai des dettes.
Lorsque ma femme, il y a 37ans m'a dit "je veux des chèvres, des fromages, une ferme", je lui ai dit "Oui", par amour.
Ce serait à refaire, je referais exactement la même chose.
Toujours est-il qu'aujourd'hui je fais appel à vous messieurs dames car j'aimerais pouvoir finir ma vie dans cette maison, sur cette ferme que je chéris depuis le tout premier jour. Car en mémoire de ma femme et pour la fierté de mes deux filles, j'aimerais rester le gardien de ce petit bout de terre.
J'ai pas non plus envie de tendre la main, "Eh t'as pas 100 balles ?" Mais aujourd'hui je n'ai plus le choix. Je ne suis pas très fier de cette situation...
Merci à vous tous
- Benjamin BBonjour Mr Maire Nous sommes de tout cœur avec vous dans ce combat j’espère que vous le gagnerez ,vous et votre famille le mérite. Le Quincaillier de Lyona year ago
- olivier BossavyCe fut un plaisir d'échanger avec vous hier sous le chapiteau aux puces du canal. Soyez prudent avec le bûcheronnage !!! Bonnes chances à vous deux. Olivier2 years ago
- patrick audisioDe tout cœur avec votre famille dans ce combat, tenez bon. Cordialement.2 years ago