Porter le harcèlement en justice: essuyer les plâtres et défoncer les portes
Créée par Myriam Leroy
pour Myriam Leroy
Ceci n’est pas un appel à l’aide: c’est un appel à la lutte. Pour que la justice considère avec sérieux nos harcèlements.
Un jour de 2012, alors que je suis animatrice et chroniqueuse radio (RTBF), je traite un auditeur insistant «avec dédain» (sic).
11 ans plus tard, j’aurai vécu plusieurs articles contre moi dans la presse d’extrême-droite, une campagne de représailles permanente à laquelle il a pu rallier quelques supporters - dont certains me font craindre pour ma vie, une carte de fidélité dans tous les commissariats de Bruxelles, un procès au pénal (gagné) contre cet homme, et deux procès contre un sexagénaire à forte audience en croisade contre le «wokisme», dont par glissement de je ne sais quelle nature, mon action espérant mettre fin au harcèlement, serait une illustration.
Les juges n’ont pas donné droit à mes requêtes contre ce blogueur. La première action en justice, pénale, servait à faire insérer des droits de réponse sur son blog - Je souhaitais simplement réagir à ses centaines de pages d’allégations diffamantes.
La deuxième, civile, était un procès en calomnie et diffamation (car en Belgique on ne peut pas traduire quelqu’un en correctionnelle pour des faits écrits et publics), sur le fond duquel le juge a refusé de se prononcer, étant entendu que pour lui, un homme qui commet des centaines de publications contre une femme, tandis que celle-ci se contente en 7 ans de l’afficher 7 fois dans ses œuvres pour en faire apparaître, en tout premier lieu à ses yeux, le caractère déraisonnable, eh bien c’est la même chose. Pour ce juge, des centaines de pages dénigrantes et mensongères VS une poignée de tweets et stories tenant sur un timbre poste, TOUJOURS postérieurs à une attaque du sexagénaire = une joute, une guéguerre, un conflit. Peu lui chaut que je ne sois même pas sur les réseaux où sont supposées se tenir ces «chamailleries».
Je suis immensément fatiguée. Vous n’imaginez même pas la lassitude, l’usure, l’anxiété. Mais je vais aller en appel.
Ce jugement est intolérable. Individuellement et collectivement. Nous disposons, dans ce pays d’une seule voie, déjà décevante en soi (calomnie et diffamation au civil), pour espérer que soit sanctionné un harcèlement, et nous voyons nos histoires examinées dans des chambres spécialisées dans les contentieux de factures, par des magistrats indifférents voire saoulés par ces conneries.
Ce procès m’a coûté 5000 euros environ. L’appel me coûtera a minima la même chose.
Bref: à votre bon cœur. Moi je suis broke.
Tout éventuel montant excédentaire à mes besoins sera reversé à une association féministe. Je serai la plus transparente possible sur mes dépenses, dont vous retrouverez le détail dans la section «actualités».
- Laura ZambonÀ une des meufs les plus courageuses que je connaisse.3 years ago
- Palsambleu, jeune péronnelle ! Faut-il que vous ayez perdu tout sens commun sur ces "minitels", comme disent les jeunes dans un français hélas devenu trop courant, pour remettre en question un jugement si éclairé, rédigé dans une langue si proche de la jeunesse et qui tranche, telle la fission d'un atome que les physiciens ont découverte depuis peu, et sans jamais donner la moindre impression de dédain, qui tranche donc, disais-je, vos petites bisbilles avec cet autre jouvenceau d'à peine 60 ans ! Allez jeter votre gourme hors des tribunaux, bouillonnante jeunesse !3 years ago
- GoGetHimOn ne lâche rien. Courage!3 years ago