Chapitre 9 : Mes petites batailles invisibles 😼❤️
Je ne vais pas faire comme si tout avait toujours été facile.
Il y a eu des périodes où j’étais moins en forme. Je dormais plus. Je jouais moins. Et même moi, je sentais que quelque chose n’était pas pareil.
Et puis, en réalité… ça a commencé bien plus tôt.
Les premiers mois après mon arrivée, j’ai été très malade. Vraiment. Ce n’était pas juste un petit passage compliqué.
Tout a commencé avec le typhus. Et dès le début, ça a été sérieux.
Et comme si ça ne suffisait pas, il y a aussi eu le coryza juste après. Autant dire que j’ai enchaîné les épisodes pas très glorieux.
Et puis la giardia a pointé le bout de son nez. Encore une surprise dont je me serais bien passé.
Quand mon humaine m’a adopté, elle ne savait pas que j’étais déjà malade. Elle pensait commencer une belle histoire simple… mais la réalité a été tout autre.
Très vite, il a fallu s’occuper de moi, m’aider, me surveiller, me soigner. Et sans vraiment le dire à haute voix, je crois qu’on s’est retrouvés dans un vrai combat contre la maladie. Elle d’un côté, moi de l’autre, et au milieu… l’envie de tenir bon.
Ce n’était pas un combat spectaculaire. Pas héroïque comme dans les histoires. C’était des petits gestes, des soins, des jours longs, et des nuits où on espérait juste que ça aille un peu mieux le lendemain.
Et puis il y a eu les sorties chez le vétérinaire.
Honnêtement… je n’ai jamais été fan.
La boîte de transport, déjà, c’est une humiliation. Le trajet ensuite. Et cet endroit plein d’odeurs bizarres et de chats stressés… bref, rien de reposant.
À force d’y aller, le vétérinaire a aussi fini par remarquer une hernie ombilicale. Encore un détail que j’aurais préféré garder pour moi.
Mais même là, elle était toujours là. Toujours à côté. Dans ce combat-là aussi. À me parler doucement, comme si sa voix était une arme contre tout ce qui n’allait pas.
Et il y a aussi eu une période avec la maladie de peau, la teigne. Et là… disons que j’ai découvert les bains. Réguliers. Très réguliers.
Autant dire que je n’ai jamais signé pour ça. 😼
L’eau n’a jamais été mon élément naturel, mais là, c’était encore un autre niveau d’incompréhension.
Mais le plus dur, ce n’était pas l’eau. C’était la fatigue. Cette sensation de lutter sans vraiment comprendre contre quoi.
Et pourtant, elle continuait. Jour après jour. Sans abandonner.
Mon humaine faisait ce qu’il fallait. Toujours. Calme, organisée, patiente. Moi, beaucoup moins.
Mon humaine voyait tout de suite quand quelque chose n’allait pas. Je crois qu’elle me connaît trop bien pour que je puisse cacher quoi que ce soit.
Ces moments-là, je n’aimais pas trop. L’ambiance changeait un peu. Elle me regardait autrement. Plus doucement. Avec un fond d’inquiétude qu’elle essayait de cacher… mais que moi, je voyais quand même.
Et puis il y a eu des jours plus calmes aussi. Des jours où je restais couché près d’elle, sans bouger, juste à regarder la vie passer dans l’appartement. Et même ça, je crois que c’était une façon de continuer à se battre ensemble, autrement.
Il y a eu des traitements aussi. Des jours où je restais surtout couché, dans mon coin préféré. Je regardais ce qu’il se passait sans trop bouger.
Et elle restait là. Sans forcer. Juste présente.
C’est drôle, même quand on n’est pas bien, on comprend beaucoup de choses sans parler.
Je savais qu’elle faisait attention à moi.
Je savais qu’elle attendait que j’aille mieux.
Et moi, je faisais de mon mieux pour revenir.
Petit à petit, ça allait mieux. Par moments seulement. Puis de plus en plus.
Et j’ai recommencé à faire ce que je fais normalement :
me déplacer partout sans raison précise
surveiller les pièces comme si c’était mon territoire officiel
et bien sûr, réclamer à manger aux heures exactes (très important)
Aujourd’hui, quand j’y repense, je ne garde pas seulement les moments compliqués.
Je garde surtout l’idée qu’on a mené ce combat ensemble. Pas avec des armes, pas avec du bruit… mais avec de la patience, de la présence, et une forme de fidélité silencieuse.
Même quand je n’étais pas en forme. Même quand je n’étais pas drôle. Même quand je n’étais plus vraiment “le Happy habituel”.
Elle est restée là.
Et moi aussi, à ma façon.
Note pour les humains qui vivent avec des chats :
Un chat ne combat pas seul quand il est malade : il s’appuie sur la présence de ceux qui prennent soin de lui, même sans mots. 🐾
Conseil de moi, Happy :
Les vrais combats ne se gagnent pas vite… ils se gagnent à deux, en restant là, jour après jour.