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JUSTICE POUR LAURA

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Créée par Joris Lachaise

pour Laura Katalina Zamora

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Soutenez la création d’un Comité de défense juridique pour Laura.


Condamnée à 53 ans de détention dans une prison de haute sécurité à Bogota, elle purge la peine de prison la plus lourde jamais imposée à une femme trans en Amérique latine.


Cette cagnotte permettra d’engager un collectif d’avocat.e.s pénalistes qui constituera un dossier à déposer auprès de la Cour Suprême de Justice. Il s’agira d’un premier recours pour attaquer une décision de justice basée sur une discrimination de genre et ouvrir un débat au sein de l’institution judiciaire colombienne autour de la question trans.


L’enjeu sera aussi de porter ce dossier devant la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme et d’organiser une mobilisation politique de grande ampleur afin que la situation de Laura devienne un cas emblématique pour lutter contre la discrimination de sexe, de genre, et de classe dans le fonctionnement de nos institutions.



LE PROCÈS


Laura a été arrêtée en 2010 dans le cadre d’une affaire d’escroquerie en bande organisée. Elle a été condamnée pour association de malfaiteurs, vol aggravé et qualifié, enlèvement pour extorsion, et usage de stupéfiants, à une peine initiale de 60 ans, abaissée à 53 ans en appel.


Une partie des informations sur les faits que possède la Justice se base sur le témoignage de Laura. Elle a accepté de collaborer, mais du fait de la négligence de son avocat commis d’office, elle n’a obtenu aucune remise de peine ni aucun bénéfice tel que cela le lui avait été promis.


Son rôle a été clairement identifié. Elle servait d'appât pour attirer des clients dans un lieu où ceux-ci se faisaient dévaliser par le reste de la bande. Laura restait toujours dans la rue et ne participait pas aux violences. Bien que n’étant pas une « tête pensante », elle a pourtant été jugée comme co-autrice et non comme complice, ce qui aurait réduit sa peine de moitié.


Dans le procès, il y a seulement deux témoins. Aucun des deux n'a reconnu Laura.


Des huit personnes jugées dans cette affaire, Laura est la personne la plus lourdement condamnée.


Les avocats consultés aujourd’hui considèrent que sa défense a été bâclée. Le motif d’enlèvement pour extorsion (« secuestro extorsivo »), qui alourdit gravement sa peine, n’est pas justifié.


Dans le contexte colombien “Enlèvement pour extorsion” est le délit le plus sévèrement réprimé. Il expose à une peine minimum de 40 ans, impardonnable et incompressible, qui a été élaborée pour viser les groupes armés ayant recours à ces méthodes d’enlèvement.


Il apparaît qu’une bonne défense aurait pu, d’une part, distinguer le contexte du délit d’un contexte de lutte insurrectionnelle, et d’autre part démontrer la non-implication de Laura dans les violences commises.


Tout permet de penser que l’ensemble des parties de ce procès, tant du côté du jugement que de la défense, a conduit au prononcement d’un verdict transphobe.


Laura a été condamnée à finir sa vie en prison en raison de son identité de genre.



REFAIRE JUSTICE


Actuellement, le seul recours juridique envisageable consiste à déposer une plainte contre la décision du juge auprès de la Cour Suprême de Justice afin de faire tomber le chef d'enlèvement pour extorsion et de démontrer les fondements discriminatoires du verdict.


C’est une procédure longue, qui nécessite de grands moyens et une équipe armée de patience capable de monter un dossier solide pour convaincre la Cour Suprême.


Pouvoir donner à Laura la défense qu’elle mérite, c’est créer un précédent pour toutes les personnes transgenre qui se retrouvent face à une Justice qui ne tient pas compte de leurs réalités. Une Justice discriminatoire qui ne fait qu’aggraver leurs difficultés dans ce qui s’apparente souvent à une lutte pour la survie.



ÊTRE TRANS EN PRISON


Laura avait 24 ans au moment des faits. Cela fait déjà 13 ans qu’elle est derrière les murs du quartier de haute sécurité de la Picota, sans aucun accès vers l’extérieur. En plus des conditions indignes que la prison suppose, être trans est une double peine. Laura raconte les humiliations permanentes de la part des gardiens, les fouilles excessives, une violence de genre qu’elle subit au quotidien et dont il est impossible pour elle de s’extirper.



Sa seule ouverture et son unique salut se trouve dans l’étude des sciences humaines. Elle a entamé un cursus de philosophie à son arrivée en prison et étudie désormais la psychologie. Mais trouver les fonds requis pour son inscription l’engage chaque semestre à livrer de véritables batailles, qui l'élèvent et en même temps l'épuisent.

Une voix en lutte: https://www.colombiadiversa.org/carceles2017/identidad_trans.html


QUI SOMMES NOUS?


  • L’équipe du film TRANSFARIANA

Nous avons rencontré Laura en 2016 à la prison de la Picota. Nous avons fait avec elle un film qui raconte son histoire d’amour avec Jaison, un commandant des FARC, comme le prélude à une convergence des luttes inédites entre la communauté trans et la plus célèbre des guérillas marxistes en train de déposer les armes. Ce fut la promesse d’une grande histoire de transformations politiques, sociales et sexuelles dans la société colombienne.



  • CUERPOS EN PRISION MENTES EN ACCION

Fondée au sein de la Red Comunitaria Trans, le réseau communautaire trans de Bogota, cette organisation lutte pour faire respecter les droits et le respect à la dignité des personnes LGBTQ+ en prison en Colombie. Menée par des paires, elle permet de donner un soutien moral aux détenu.e.s et accompagne les personnes aux identités de sexe et de genre diverses dans leur quotidien.


Cuerpos en prisión a en sa possession le dossier de Laura et permet le lien et le contact entre les avocats et Laura.


https://www.facebook.com/profile.php?id=100066378496450

https://www.facebook.com/profile.php?id=100071538730501


Ensemble nous comptons sur la diffusion du film et son rayonnement international pour visibiliser et faire entendre la situation des personnes trans en détention, et pour promouvoir la réouverture du cas de Laura.


Pour en savoir plus sur le film :

https://www.mujo.fr/transfariana-2/


Pour voir le film sur ARTE :

https://www.arte.tv/fr/videos/108959-000-A/transfariana-un-monstruo-grande/


La collecte servira à payer les honoraires des avocats, à soutenir le travail de Cuerpos en Prisión, Mentes en Acción, ainsi qu’à financer les études de Laura.