Aidez-nous à sauver votre boulangerie de village
Créée par Brandon SIRUGUE
pour SASU BOULANGERIE SIRUGUE
Bonjour,
Je m’appelle Brandon Sirugue j’ai 27 ans, je suis boulanger depuis 10 ans à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, dans les Corbières, et papa de deux jeunes enfants. Si je crée cette cagnotte aujourd’hui, ce n’est pas par confort ni par habitude de demander de l’aide. C’est parce que, malgré toutes les démarches que j’ai entreprises depuis plusieurs années, je suis arrivé à un point où je ne peux plus m’en sortir seul.
J’ai repris ma boulangerie avec un rêve simple et très clair : faire du bon pain, faire vivre mon village et les villages alentours, créer quelques emplois dans ma famille et offrir un avenir digne à ma femme et à nos enfants. Cette boulangerie n’est pas un commerce comme un autre pour moi. C’est ici que j’ai fait mon apprentissage, que j’ai appris le métier et que j’ai compris que je voulais être boulanger. Quelques années plus tard, j’ai eu la chance de pouvoir reprendre cette même boulangerie. C’est dans ce fournil que tout mon avenir s’est construit. Je travaille de nuit, je dors très peu et je livre environ soixante-dix villages autour de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse pour que les habitants puissent avoir du pain frais chaque matin, même dans les hameaux isolés.
Je ne suis pas seul derrière le fournil. Je travaille avec mon frère, ma belle-sœur et mon beau-frère, qui sont tous les trois salariés de la boulangerie. Ce sont donc trois foyers qui dépendent directement de cette activité. Depuis la création de l’entreprise, je ne me suis jamais versé le moindre salaire. Chaque euro qui rentre sert à payer les charges, les matières premières, les salaires de ma famille qui travaille avec moi, les loyers et les dettes qui se sont accumulées.
Ma situation est aussi marquée par un paradoxe. Je suis allergique à la farine. Cette allergie entraîne des troubles digestifs et respiratoires importants : nez constamment pris, perte partielle du goût et de l’odorat, difficultés à respirer correctement ( crise d’asthme aigue), douleurs au ventre, sommeil très perturbé. Malgré cela, je continue à travailler chaque nuit au milieu de la farine, parce que ce métier est le seul que j’ai et parce qu’il fait vivre ma famille et mes salariés.
À la maison, la situation est très lourde sur le plan médical. Ma femme Léane souffre de plusieurs maladies graves. Elle est atteinte notamment de lupus, de maladie de Crohn, d’endométriose profonde, d’adénomyose ... Elle vit avec des douleurs importantes, une fatigue constante, des traitements lourds, des perfusions, des examens réguliers et des rendez-vous médicaux fréquents. À ces maladies s’ajoutent des interventions et des prises en charge complexes que je vous épargne ici, mais qui rythment son quotidien et celui de toute la famille. Elle est en arrêt maladie de longue durée depuis 2024. Elle fait tout ce qu’elle peut pour s’occuper de nos deux enfants, mais son état de santé limite fortement ce qu’elle est capable de faire au quotidien.
De mon côté, j’essaie d’assumer plusieurs rôles en même temps. Je suis boulanger, chef d’entreprise, père de famille et aidant auprès de ma femme malade. J’essaie d’être présent pour mes enfants, de gérer les papiers, de suivre les dossiers administratifs et juridiques, tout en continuant à produire et à livrer du pain chaque jour. La fatigue physique et morale s’accumule depuis plusieurs années.
Une étape très importante dans nos difficultés a été la fermeture du pont principal de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Le 12 décembre 2022, ce pont a été fermé pour des travaux. Je n’ai été informé que quelques jours avant cette fermeture, sans connaître précisément la date à laquelle la circulation serait coupée. Il n’a rouvert que le 26 juin 2024. Pendant plus d’un an et demi, l’accès au village a été fortement perturbé. Une grande partie du trafic a été déviée. Beaucoup de clients ne passaient plus naturellement devant la boulangerie et certains ne savaient plus comment rejoindre facilement le quartier où elle se trouve.
Pendant cette période, mon chiffre d’affaires s’est effondré. La perte totale liée à cette fermeture est estimée à environ 100 000 euros. Pour une petite boulangerie de village, c’est un choc énorme. Malgré cette baisse très forte, je suis resté ouvert. J’ai continué à cuire du pain, à maintenir les tournées des villages et à essayer de préserver les emplois. Pour y parvenir, j’ai accepté de ne pas me verser de salaire et de faire passer en priorité les salaires de mon frère, de ma belle-sœur et de mon beau-frère, ainsi que les charges et les matières premières.
Je n’ai pas attendu que les choses s’arrangent toutes seules. J’ai multiplié les démarches auprès de nombreux organismes et interlocuteurs pour chercher des solutions. J’ai pris contact avec la CCSF et la DGFIP pour étaler certaines dettes fiscales et sociales. J’ai saisi le CODEFI. J’ai échangé avec l’URSSAF pour tenter de mettre en place des échéanciers. J’ai sollicité La Place des Entreprises, la CCI, la CMA, AIRDIE, un gestionnaire d’entreprise, le Tribunal de commerce, des conseillers publics pour les entreprises, la Banque de France, l’Élysée par courrier, une assistante sociale, le Département de l’Aude, la mairie de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, ainsi que plusieurs banques, notamment le Crédit Agricole et le CIC. J’ai saisi la Présidence de la République à plusieurs reprises, en expliquant à chaque fois l’aggravation de la situation, la baisse de chiffre d’affaires, le risque de redressement judiciaire et l’impact sur les emplois et sur l’approvisionnement en pain de nombreux villages.
Pour être honnête avec vous, la plupart des organismes que j’ai rencontrés m’ont conseillé de fermer la boulangerie. À chaque fois, j’ai répondu non. J’ai préféré encaisser les difficultés, supporter cette pression et ce stress constants, vivre avec la peur qu’un organisme ou un autre procède à une saisie, plutôt que de baisser les bras. Malgré toutes ces menaces et tous ces avertissements, je suis toujours resté ouvert pour continuer à servir le village et les villages alentours. Mais aujourd’hui, je suis à bout. J’ai cherché des solutions partout et je ne trouve plus rien. J’ai souvent l’impression de me heurter à un néant administratif.
Un autre événement est venu aggraver une situation déjà fragile. En août 2025, un incendie a touché les Corbières. Pendant plusieurs jours, la boulangerie a dû fermer ou réduire fortement son activité en raison des conditions et de l’accès perturbé. Ensuite, il y a eu des coupures de courant prolongées et une panne du compresseur d’une chambre de fermentation. Cela a entraîné des pertes de marchandises et des frais de réparation importants. Ces pertes ne sont pas de simples estimations. Elles sont confirmées par des attestations comptables officielles de mon cabinet CERFRANCE et un expert missionné par mon assureur est venu constater les jours de fermeture et les difficultés rencontrées. À ce jour, je n’ai reçu aucune indemnités, ma trésorerie est aujourd’hui inexistante. Je n’ai plus de fonds de roulement pour absorber le moindre imprévu ou retard de paiement. Si certains clients ont remarqué que les étals sont parfois plus vides que d’habitude, ce n’est pas un choix commercial : c’est simplement parce que je n’ai parfois plus les moyens d’acheter les matières premières nécessaires en quantité suffisante.
Je sais que cet incendie a été une épreuve pour beaucoup de personnes dans les Corbières : habitants évacués, viticulteurs, éleveurs, commerçants, pompiers et bénévoles mobilisés. Ma pensée va aussi à toutes celles et ceux qui ont tout perdu ou ont été durement touchés par ce feu.
Dans ce contexte très compliqué, un soutien a été absolument déterminant. Il s’agit de mon meunier, le Moulin Bay. Pendant près de deux ans, le Moulin Bay a continué à me livrer la farine sans exiger le paiement immédiat. Cela représente un geste extrêmement fort pour une petite entreprise comme la mienne, car la farine est au cœur de toute la production. Sans cette confiance et sans cette souplesse, la boulangerie aurait probablement fermé ses portes depuis longtemps. Le Moulin Bay a accepté de me laisser du temps pour régler les factures au fur et à mesure, en tenant compte de la réalité de ma situation. Grâce à ce soutien, j’ai pu continuer à produire du pain chaque jour, à livrer les villages et à maintenir l’activité de la boulangerie malgré toutes les difficultés financières. Je leur suis profondément reconnaissant. Si la boulangerie est encore en activité aujourd’hui, c’est en très grande partie grâce à des soutiens exceptionnels comme eux, et je tiens à insister sur ce fait.
Sur le plan local et institutionnel, je tiens à être très clair. Je n’écris pas ce texte pour accuser qui que ce soit ou pour attaquer des personnes ou des institutions. Mon intention est uniquement d’expliquer la réalité que nous vivons, ma famille, mes salariés et moi. Malgré l’ensemble des démarches que j’ai effectuées, je n’ai pas réussi à obtenir aucun soutien pour compenser la fermeture prolongée du pont, la baisse de chiffre d’affaires et les autres événements qui se sont ajoutés. En tant que petit commerçant de village, cela m’a parfois donné le sentiment d’être assez seul face à ces difficultés. Ce ressenti n’a pas pour but de pointer du doigt une personne ou un service en particulier. Il décrit simplement ce que nous vivons au quotidien.
Si l’on met bout à bout la fermeture du pont de décembre 2022 à juin 2024, la baisse de chiffre d’affaires estimée à environ 100 000 euros, l’absence totale de salaire pour moi depuis la création de l’entreprise, la maladie grave de ma femme, mon allergie à la farine, les multiples démarches administratives et financières, l’incendie d’août 2025, les coupures de courant, les pannes de matériel, les étals qui se vident faute de trésorerie, la trésorerie désormais inexistante et la longueur des procédures d’assurance, on comprend que la situation dépasse largement un simple passage difficile. Il s’agit d’une accumulation d’événements qui ont progressivement épuisé nos réserves financières, notre énergie et notre capacité à absorber de nouveaux chocs. Dans ces conditions, il devient extrêmement difficile de maintenir l’entreprise à flot et d’assurer la continuité de l’activité.
Aujourd’hui, je suis arrivé à un point de rupture. Si je perds ma boulangerie, je perds tout. Je perds mon outil de travail, les emplois de mon frère, de ma belle-sœur et de mon beau-frère, la stabilité de mes enfants et le fruit de toutes ces années de travail et de sacrifices. Je ne cherche ni cadeau, ni confort. Je ne vois simplement plus d’autre solution aujourd’hui que de faire appel à votre solidarité pour sauver notre outil de travail.
Les dons récoltés grâce à cette cagnotte serviront à payer les factures les plus urgentes, à éviter les coupures et les blocages de comptes, à garder la boulangerie ouverte, à continuer de rémunérer autant que possible les membres de ma famille qui travaillent avec moi, à permettre de continuer de vous fournir en pains. Les dons seront intégralement consacrés à la boulangerie. Rien ne sera utilisé pour des dépenses privées. Tout servira à maintenir l’outil de travail, à payer les charges et à préserver les emplois.
Comme dit précédemment, si la boulangerie est encore en activité aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à des soutiens comme celui du Moulin Bay, qui m’a laissé continuer à travailler pendant près de deux ans sans exiger immédiatement le paiement de la farine. Grâce à cette aide, je peux encore allumer le four et livrer les villages. Avec cette cagnotte, j’espère trouver un relais supplémentaire pour sauver ce qui peut encore l’être. Cette boulangerie est l’endroit où j’ai appris mon métier, où j’ai grandi en tant qu’artisan et où j’ai construit l’avenir de ma famille. Si elle venait à fermer, ce ne sont pas seulement trois foyers qui seraient touchés. De nombreux petits hameaux et villages isolés se retrouveraient sans pain, parfois à plusieurs kilomètres du commerce le plus proche. La ruralité et les habitants de ces territoires seraient encore un peu plus fragilisés.
Je continuerai à me battre pour mes enfants, pour ma femme, pour ma famille qui travaille avec moi et pour les habitants du village et des nombreux villages alentours qui comptent sur cette boulangerie pour avoir du pain chaque jour.
Merci du fond du cœur à toutes les personnes qui prendront le temps de lire ce message, de le partager ou de participer à cette cagnotte.
Brandon Sirugue
Boulanger à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse
- Chevalier SophieBon courage de Bretagne mais je crois que vous en avez.5 months agoMerci beaucoup !!!5 months ago
- Audrey MELIOTBonjour Je suis tombée par hasard sur un article dans mon fil Facebook du fait de votre témoignage pour la presse. Je participe d’un billet symbolique, étant du 95, je souhaitais ainsi vous témoigner de mon soutien et vous souhaiter sincèrement que cette nouvelle année soit celle d’un redémarrage complet de votre activité et du solde d’une bonne partie de vos dettes. Que vous puissiez gagner en sérénité. Tout travail mérite salaire. Puissiez vous enfin sortir de cette spirale. Bon courage5 months agoMille merci !!!5 months ago
- Ghodbane WiemBon courage Monsieur 🙏5 months agoMille merci 🙏🙏🙏🙏5 months ago