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Au-delà des frontières, des origines et du handicap

Organisé pour : Ivy

"Il est important d'avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."                                                                                                           

 

              (Oscar Wilde)

 

 

Bonjour à toutes et à tous, 

 

Je m’appelle Ivy Lovy. Je suis née dans l'orphelinat de Mère Teresa à Calcutta en 1982. C'est en Inde que j'ai contracté la polio avant d'être adoptée par une famille suisse. Aujourd'hui je marche avec une orthèse et deux béquilles.
 Il y a dix ans j'ai déménagé dans le Vaucluse.

 

 

Il y a un an et demi, j'avais préparé un projet pour Nouvelles Frontières afin de gagner le voyage de mes rêves, d'une part pour découvrir les lieux de mon enfance, et d'une autre pour aborder la question du handicap et de ses limites dans le pays.

 

Malheureusement ce concours a été annulé, laissant mon rêve en suspend.Toutefois ce besoin de découvrir mes racines se fait plus fort encore aujourd'hui, et me pousse à défendre ce projet malgré tout.

 

Je souhaite donc partir, profiter de toutes les recherches que j'ai faites en amont et vérifier ces informations directement sur place, en parallèle de mon parcours personnel.

 

Laisser l'Inde venir à moi sous toutes ses formes, aller à la rencontre de l'autre dans sa différence, c'est que je voudrais partager avec vous au fil d'un blog journalier qui vous fera voyager avec moi. 

 

Mes informations ainsi collectées seront communiquées aux sites de voyage, aux guides touristiques, aux associations de soutien aux voyageurs handicapés, sur des forums... pour dire enfin concrètement quels lieux sont réellement accessibles et adaptés.


 

À mon retour je mettrai cette aventure en lumière lors de conférences et d'expositions photos dont les bénéfices seront reversés à l'orphelinat de Mère Teresa.


 

Si cette expérience pouvait déjà estomper les barrières du handicap, ce serait un joli début.

 

Car tout est possible non ? 

 

Avec l'appui de ma famille et de mes amis, je mets donc en place cette cagnotte si vous souhaitez soutenir ce projet.


 

Je vous remercie par avance du fond du cœur pour votre participation.

 

Ici vous pouvez directement et en un clic, participer à cette cagnotte.

  • Chacun participe du montant qu'il souhaite.
  • Tous les paiements sont sécurisés

 

2 870 €

Collectés
0 Jour restant
57 Participations
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Actualités

Le 3 mars 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 31 (3 mars 2018)

 

Hai tutti !

 

Mais quelle journée compliquée pour moi... Je me suis réveillée avec un tour de cou pas possible. J'ai dû dormir dans une mauvaise position et du coup, je suis incapable de tourner la tête sur la gauche. Et j'ai l'épaule gauche qui me fait mal en plus.

 

Je mets juste un peu de gel musculaire car je ne voulais pas prendre de médicaments trop puissants car ils font dormir. Et notre journée va être chargée.

Je vous avais dit que j'avais fait des recherches pour essayer de trouver le bidonville du film "La Cité de la Joie" mais je ne l'ai pas trouvé. J'ai regardé le film aussi pour essayer de repérer l'endroit mais mon sens de l'orientation inexistant ne m'a pas aidé non plus. Et puis un film, reste un film...

 

J'ai fini par demander à Allan s'il savait où il se trouvait. Il habite à Kolkata depuis toujours et en quelques secondes il me dit que le bidonville s'appelle Mothijhil et qu'il n'est pas loin de Convent Lane. En taxi nous y serons en 15 minutes. Kanta et Audrey se joignent à nous.

 

Nous nous donnons rendez-vous devant notre hôtel et partons pour Convent Lane. Je n'ai pas dit au chauffeur de taxi que nous allions précisément à Mothijhil car je trouvais cela un peu "malsain" de dire que nous souhaitions visiter un bidonville. Je n'aime pas non plus le terme "visiter" car chez nous, tu ne visiterais pas les habitations des gens comme cela. Et nous n'y allions pas pour voir la misère des gens ou par voyeurisme mais bien parce que Kolkata, ce n'est pas uniquement Chandra Bose Road avec des commerçants au sourire magnifique mais c'est aussi une ville dont les conditions de vie pour certaines personnes sont vraiment différentes.

 

Le trajet effectivement est très court mais nous ne sommes pas à l'entrée du bidonville en question. Je finis par dire le nom du slum (bidonville) et je vois à la tête du chauffeur de taxi qu'il ne comprend pas pourquoi quatre touristes veulent aller là bas. Il finit par demander son chemin à plusieurs personnes. Il oublie une fois de mettre son frein à main et c'est Laurent qui doit appuyer sur la pédale en attendant son retour, car nous ne voyons pas de frein à main. Il finit par nous déposer juste devant.

 

Nous descendons et arpentons les petites rues qui forment le bidonville. Les gens sont curieux de nous voir, ils suivent Laurent pour qu'il les prenne en photo, les enfants marchent derrière nous ou en vélo. Laurent mitraille comme à son habitude, Kanta et Audrey aussi. Je me sens d'un coup plus très à l'aise d'être là. Nous avons l'air de paparazzis ou de voyeurs mais dans le mauvais sens du terme. Et mon impression avait l'air d'être la bonne pour certaines personnes en tout cas.

 

Une femme devant sa maison nous voit au loin et je suis la première à arriver à sa hauteur. Elle me parle de suite en bengali. Comme tous les indiens depuis que je suis ici d'ailleurs. Le ton monte. Je sens à sa manière de me parler que nous n'avons pas à être là, que nos photos sont malvenues et elle me fait signe de la main de partir. Sa fille ou connaissance qui est juste à côté me fait des yeux noirs aussi.

 

J'essaie d'expliquer aux autres que je ne suis pas sûre que cela soit bien que nous nous baladions ici, mais eux à l'inverse, ont les enfants et les jeunes adultes qui adorent nous regarder, veulent des photos et encore des photos. On devient l'attraction de la journée.

 

Je marche devant et lentement car j'ai toujours mal à la nuque. Cela me prend plus de temps pour me déplacer. Je vois un enfant qui est en train de remplir des bidons d'eau à la pompe. Sa mère vient les chercher au fur et à mesure qu'ils sont remplis. Ce bidonville est un mini village. Il y a des petites échoppes comme partout, mais aussi une fabrique de porte-monnaie en cuir. Les hommes qui y travaillent sont assis par terre avec des milliers de porte-monnaie autour d'eux. Ils finissent les découpes puis prennent un gros pot de peinture style néoprène et commencent à assembler les dernières pièces de l'objet en question. Je reconnais l'odeur de la colle. Sauf que je me dis que cela doit être très difficile de faire cela toute la journée dans cette toute petite maison, où il fait chaud, avec ces vapeurs nocives qui se dégagent. Un peu plus loin, il y a une fabrique de cuir ou du moins des hommes découpent des pièces de cuir. Peut-être qu'ils travaillent en collaboration.

 

Il y a une placette où les enfants jouent au criquet avec des bouts de bois et une balle en plastique, une autre où les femmes lavent et étendent leur linge. C'est toujours beau de voir toutes ces couleurs qui flottent dans le vent. Chaque rue débouche sur de toutes petites ruelles étroites. Certaines ne sont que des impasses avec des tonnes de détritus et d'autres sont des habitations où les personnes se calfeutrent un peu à cause de la chaleur. Nous croisons un cabinet de docteur avec deux petits garçons qui attendent leur consultation.

 

Nous voyons plusieurs fois des hommes jouer au carambole dans des espèces de huttes bien au frais, des ados sur leur scooter avec leur portable qui veulent que tu les prennes en photo dans des postures de djeun's !

 

Certains veulent devenir ton guide et te disent où aller et quoi photographier. Ils sont parfois un peu pot de colle. L'architecture est très variée. On peut voir autant de maison faite en bambou avec des tissus déchirés en guise de cloison et d'autres qui ont une vraie charpente et des portes absolument sublimes. J'adore leurs portes. Une grande partie sont colorées et font très vieilles et sales. Cela leur donne beaucoup de cachet.

 

Au bout d'une rue, il y a cinq ou six hommes assis par terre en train de jouer aux cartes. Nous pensons être arrivés à la fin du slum et non pas du tout. La rue continue. Nous passons devant une clinique qui dispense différents soins. Toutes les informations de base sont peintes sur la porte. Nous croisons beaucoup d'écolières en uniformes mais je ne repère pas l'école. Effectivement, les fillettes arrivent depuis l'extérieur du bidonville.

 

Il y a des affiches sur les murs. On peut y lire qu'il y a des cours d'anglais qui sont proposés ou qu'il est possible de donner de son sang non loin de là.

 

Une famille veut qu'Audrey aille dans leur maison pour voir leur bébé et qu'elle leur donne de l'argent. Puis c'est un homme qui veut qu'elle aille visiter où il habite. Elle refuse dans les deux cas évidemment.

 

Il fait très chaud et je suis fatiguée. Il n'y a pas vraiment d'air qui passe et cela devient un peu étouffant. De plus, les endroits pour se poser sont presque inexistants. Nous achetons de l'eau et des biscuits pour les enfants. Je profite qu'il y ait des tabourets devant un magasin de bijoux pour m'asseoir quelques minutes. Le vendeur me montre de super beaux bijoux comme toujours et Laurent en profite pour faire la distribution de ses biscuits.

 

En plein milieu du bidonville, il y a une décharge à ciel ouvert avec des taxis, vélos et rickshaws perdus là au milieu. Puis juste à côté, tu vois un magnifique arbre qui pousse devant une grande maison. Des chèvres vivent paisiblement au milieu de tout ce joyeux bordel. Certaines sont même "habillées".

 

Les femmes jettent leurs déchets dans la rue alors qu'il y a des poubelles vertes avec le slogan "Kolkata green". Des hommes sont en train de se laver. Ils portent des pagnes (grand tissu qu'ils se nouent autour de la taille). Un peu plus loin nous voyons comme une entrée de temple. Tout est fleuri et en fait c'est un magasin qui propose leurs services pour décorer l'intérieur et l'extérieur de chez toi le jour de ton mariage.

 

Dans la ruelle à côté, il y a comme une espèce de mosquée au loin. Nous nous approchons et nous voyons un cercueil recouvert de fleurs.

 

Je m'étais préparée à vivre cette journée car j'imaginais que cela serait vraiment difficile de me déplacer parmi les détritus, les odeurs, les rues étroites et encombrées. Depuis que je suis en Inde, je ne suis pas tombée une seule fois, même pas trébuché. Je pensais qu'aujourd'hui serait peut-être cette première fois. Et en fait, cela a été tout différent. Les rues sont sales, certes, mais c'était pas aussi compliqué que cela. Les odeurs étaient moins prenantes que dans le premier bidonville que nous avions visité seuls Laurent et moi.

 

Au sol, nous voyons encore des pigments de la fête de l'Holi, les enfants sont encore un peu barbouillés et un joli "Happy Holi" écrit à la craie nous donne envie de continuer la rue. J'aperçois une dizaine de rickshaws à l'abandon au milieu d'une placette, des femmes tiennent un petit restaurant de rue et des enfants vendent du tchai. Ils portent leurs petits gobelets d'une main et leur verre en métal brûlant de ce délicieux breuvage dans l'autre. Nous croisons un vendeur de citrons verts qui a accordé sa chemise à ses fruits.

 

Devant l'entrée du slum, il y a une scène qui est installée (c'était sans doute pour la fête de l'Holi) et un son assourdissant et saturé passe dans les enceintes. Nous quittons le slum et prenons la route principale pour trouver un taxi.

 

Une fois de plus il ne sait pas où l'on doit aller, nous perdons un temps fou à rentrer à l'hôtel. Nous ne bougerons plus de la soirée.

 

Voilà c'était le récit de la journée, certes un peu décousu car j'ai rassemblé mes souvenirs au fur et à mesure qu'ils me revenaient en tête et non suivant l'ordre de notre visite...

 

A demain !

Le 3 mars 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 30 (2 mars 2018) Fête de l'Holi pour Laurent de 13h à 17h

 

Laurent part ce matin pour aller à Orchid Garden pour une fête géante de l'Holi. Il avait repéré cette manifestation sur Internet hier soir. Le trajet n'est pas très long mais à son arrivée, les festivités n'ont pas encore commencé. Les responsables sont encore en train d'installer les sonos. Il profite du fait qu'il n'y ait personne pour prendre déjà son ticket d'entrée puis il revient à l'hôtel. Il faut protéger l'appareil photo au maximum, acheter des lingettes pour pouvoir le nettoyer à tout moment. Puis il repart.

 

Il arrive devant une grande entrée où les gens commencent à faire la queue. La plupart sont déjà bien colorés. La musique balance des sons electro-commerciaux et quelques musiciens assis par terre jouent en suivant le rythme.

La fête a lieu sur une grande place où sont installées des tentes de tissus. Un arbre avec des rubans colorés se dresse à l'entrée. Il y a une tente pour les fumeurs de narguilé. Les gens sont assis en tailleur entre amis et fument tranquillement. Pas loin, il y a le stand où tu peux louer ou acheter des narguilés directement sur place. Comme dans toute grande manifestation, tu as une buvette, un coin VIP avec des familles ou des musiciens qui s'apprêtent à jouer. Il y a aussi le stand de photos polaroid.

 

De loin tu vois des canons géants qui te balancent de l'eau avant que les pigments ne se mélangent. Il y a aussi les mitrailleurs de couleurs qui tirent à tout va ou encore les canons à mousse. Ou ceux qui ont leurs lances à eau et te visent directement. Cela devient vite une mare d'eau au sol. Différents DJ se passent le relais durant tout l'après-midi.

 

Les gens se retrouvent beaucoup par "clan". Ils arrivent avec les pigments qu'ils ont acheté chacun de leur côté. Alors il y a la "famille" des bleus, des rouges, des jaunes, etc.

 

Tout le monde est trempé en quelques minutes mais il fait tellement chaud que c'est en fait agréable. De temps à autre, il a aussi des canons qui te balancent des milliers de paillettes dorées et argentées. Ca danse, ça boit, ça fume, ça rit... Ca crie "Happy Holi" en permanence, c'est la fête des couleurs dans toute sa splendeur. Les gens posent pour Laurent et il reviendra avec la plus grande quantité de photos faites en une seule journée depuis le début de notre voyage.

Le soir nous mangeons avec Kanta et décidons de passer la journée de demain ensemble.

 

En rentrant, nous voyons que notre hôtel est en travaux depuis deux jours. Ils sont en train de poser du carrelage mosaique au mur. Chez nous, l'hôtel serait fermé pour cause de travaux, nuisances et cie. Ici, tout se fait vite, même s'ils te réveillent très tôt avec leurs coups de marteaux et autres. Tous les enduits se font à la main. Ils sont cinq à s'activer de tous les côtés. Ils travaillent le plus rapidement possible pour éviter au maximum les désagréments.

 

En Inde, rien ne ferme sauf les jours fériés. Un des gérants principaux de l'hôtel est parti quelques jours dans sa famille en vacances mais il y a toujours un remplaçant. Et leurs vacances ne durent jamais plus de quelques jours. Nous avons pu le constater aussi avec le vendeur de beignets que nous avions rencontré lors de nos premiers jours à Kolkata. Demain est notre dernier grand jour de visite. Dimanche nous profiterons des enfants et préparerons nos sacs pour le départ.

 

Bonne nuit à toutes et tous !

Le 3 mars 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolktata jour 30 (2 mars 2018) de 13h à 17h30

 

Namaskar everybody !

 

Aujourd'hui a été une journée particulière car Laurent et moi avons fait des choses chacun de notre côté. Nous pensions pouvoir fêter l'Holi dans les rues comme hier sauf que cela n'était pas possible car les gens fêtaient mais en privé. Du moins c'est ce que nous avons compris.

 

Du coup, hier soir, Laurent a cherché où il était possible de faire des photos de cette superbe fête et il a décidé de se rendre à Orchid Garden pour une Holi géante.

 

De mon côté, j'ai commencé par faire en début d'après-midi quelques recherches pour essayer de retrouver le bidonville du film "La Cité de la Joie" et puis je suis partie retrouver Kanta et Audrey à Shishu Bhavan. Nous nous étions donnés rendez-vous pour 15h. J'arrive en avance et je regarde tout et rien de cette rue qui m'est devenue si familière depuis un mois.

 

Je sais qu'elles vont arriver par la droite et je vois de très loin les personnes qui vont venir à Shishu Bhavan. Ils sont reconnaissables entre mille. De par leurs habits, couleur de peau, typé ou non, on sent tout de suite qu'ils viennent pour s'inscrire pour faire du bénévolat. Le nombre de gens qui passent la petite porte d'entrée est impressionnant. Il y a tous les âges, toutes les nationalités, toujours cette envie de venir aider un peu d'une manière ou d'une autre. Certains sont en retard, mais ce n'est jamais vraiment grave.

 

Audrey arrive la première. Nous attendons Kanta en vain puis nous entrons. Elle nous rejoindra. Giovanni est déjà en train de faire les fiches d'inscription des volontaires. Sandeep est malade et ne peut le rejoindre.

 

Audrey m'a demandé si je pouvais l'accompagner voir Sister Marianne pour lui demander un papier officiel comme quoi elle est une enfant abandonnée et que de ce fait, elle ne connaît pas le nom de ses parents biologiques. Elle a besoin de ce document pour faire faire un visa à vie pour l'Inde. Mais le bureau est fermé.

 

Nous attendons sous un petit porche sans savoir si elle va venir vraiment ou non. Kanta arrive à ce moment-là. Elle ne s'était pas réveillée. Nous croisons Sister Marianne par pur hasard et je demande à pouvoir lui parler. J'explique la demande d'Audrey. Ce n'est pas évident, car mon anglais est vraiment laborieux et la soeur croit que je veux des infos sur la mère biologique d'Audrey alors que ce n'est pas le cas du tout.

 

Une heure plus tard, on finit par avoir le papier dont elle a besoin et que la soeur lui a écrit sur une très vieille machine à écrire.

 

Audrey s'en va et je retrouve Kanta dans la cour des grands. Ils ne sont pas tous là. Nous les regardons jouer en discutant. Puis nous décidons d'aller voir la massi qui fait le contrôle des entrées et des sacs à la sortie.

 

Si nous allons voir cette personne en particulier, c'est parce qu'elle était une massi qui s'est occupée de nous (Kanta, Giovanni et moi) dans ces années-là. Elle s'appelle massi Margaret. Nous expliquons pourquoi nous sommes là. Elle nous connaît sans nous connaître car elle nous voit tous les jours mais elle ne sait pas vraiment qui nous sommes. Elle travaillait avec les enfants et maintenant, elle est responsable des contrôles. Il semblerait qu'on lui ai proposé de continuer à travailler avec les enfants mais que cela devenait trop pénible pour elle.

 

Nous prenons le temps de lui raconter nos histoires respectives et quand je dis mon prénom, elle se souvient de moi instantanément. C'est assez bizarre de la voir se rappeler aussi bien de moi. Par contre, elle ne se souvient pas de Kanta ou du moins pas autant. Je ne sais pas si c'est lié au fait que mon prénom est anglais et du coup moins courant que les prénoms indiens de l'orphelinat, mais dans tous les cas, elle sait qui je suis.

 

Nous demandons à faire une photo avec elle. Mais nous devons d'abord demander l'autorisation à une soeur. Nous partons donc chercher une soeur que j'aime bien et qui je pense, dira oui. Nous le la trouvons pas et au moment où nous retournons la voir, une autre soeur est là. Nous expliquons pourquoi nous aimerions faire une photo et elle accepte de suite. Nous nous asseyons sur un petit banc et un homme immortalise le moment.

 

Nous restons assises toutes les trois et discutons tranquillement. Je lui demande si elle se souvient de quel genre de petite fille j'étais. Elle me dit que j'étais dans la section des touts petits où je vais voir Shoana régulièrement. Elle se souvient de moi car elle me dit que je me déplaçais sur les fesses en déplaçant mes jambes au fur et à mesure. Et elle mime le mouvement exact de ma manière de me déplacer. Puis elle parle d'un homme qui me regardait et je ne comprends pas tout. Enfin, elle pose son doigt sur sa tempe comme pour dire "elle est folle" et elle dit "Brain very nice ". J'avais lu dans mon dossier d'adoption que les soeurs disaient que j'étais très intelligente. Et de la voir redire ces mots un peu autrement est bizarre, émouvant et hallucinant aussi un peu.

 

Je lui demande aussi combien de massis travaillaient à l'époque car sur les photos que j'ai, on voit presque exclusivement des soeurs. Elle me répond qu'elles sont deux ou trois, je ne sais plus. Elle, Santi et peut-être une autre dont je ne me souviens plus le nom. Kanta essaie aussi d'en savoir plus, mais c'est plus compliqué.

 

Je lui dis que j'ai des photos et que je viendrai les lui montrer avant mon départ. Elle est très contente. Par contre, nous n'avons pas le droit d'être assises là avec elle. Nous nous levons bien vite. Une massi qui a fini sa journée vient faire contrôler son sac avant de partir. Massi Marguerite doit aussi ouvrir les grandes portes de l'orphelinat et à chaque personne qui entre, elle explique qui je suis. Je crois qu'elle est aussi très heureuse et surprise.

 

Nous allons ensuite voir les touts-petits. J'ai le sourire jusqu'aux oreilles, je suis super contente de cette rencontre.

 

C'est la première fois que je vois les bébés qui sont dans le hall et non dans leur pièce. Ils voient la lumière du jour et sentent l'air qui passe. Je me demandais s'ils sortaient un peu ou jamais. Au moins là je suis fixée. Je revois mon bébé d'amour Shoana et j'apprends qu'elle a été opérée l'an dernier pour son bec de lièvre. Elle a très bien cicatrisé mais elle ne devrait plus avoir d'autres opérations. Par contre, on voit bien qu'elle a la moitié du visage qui est paralysé.

 

Nous prenons plaisir avec Kanta à voir ces petits bouts et nous en profitons pour discuter avec une autre bénévole qui est là pour quelques mois. Elle ne sait pas encore très bien pour combien de temps. Une mère est là elle aussi et joue avec ses deux enfants.

 

Une des mères enceintes n'est pas cachée aujourd'hui et s'occupe des petits. Elle n'est plus très loin de l'accouchement je pense. Nous en discutons avec Kanta. Il semblerait si j'ai bien compris, qu'une fois que la mère a mis au monde son bébé, elle a un temps de rétractation et si elle ne souhaite pas revoir son enfant, les soeurs essaient de le placer dans un autre orphelinat en vue d'une adoption. Car elles ne le font plus dans le leur.

 

Le temps passe trop vite, encore quelques bisous et nous retrouvons Giovanni au centre des volontaires. Il a presque terminé son après-midi de travail. Kanta en profite pour avoir un pass d'un jour pour pouvoir aller travailler en tant que bénévole au dispensaire de Daya Dan. Mais sans ce papier, c'est impossible. Comme nous sommes presque les derniers, cela va vite.

 

Je retrouve Laurent à l'hôtel tout barbouillé de couleurs. Et son histoire, je vous la raconterai ce soir...

 

A plus !

Le 1 mars 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 29 (1er mars 2018) de 14h à 22h

Re tout le monde !

Eh bien nous nous sommes trompés. Nous pensions qu'il y avait encore la fête de l'Holi ce soir mais en réalité ce n'est vraiment que le matin de 8h à 12h. Nous nous sommes donc reposés cet après-midi et le soir, j'ai retrouvé Kanta, Audrey, Sandeep et Allan au restaurant. Laurent n'est pas venu car il n'était pas bien. Il a toujours des crampes et cela ne passe pas. Nous attendons que les antibiotiques fassent effet. Mais cela n'est pas en continu, donc il a pu profiter de sortir quand même en journée. C'est déjà ça.

En allant retrouver les autres, je remarque que certaines échoppes ont réouvertes. Mais la rue reste calme malgré tout. Même quand tout est fermé, il y a toujours les pâtisseries qui sont ouvertes. Parce que les indiens sont des gourmands ou alors parce que c'est spécial aussi pour la fête de l'Holi, je ne sais pas.

Nous nous retrouvons tous devant le restaurant. Ils ont encore pleins de couleurs sur le visage. Ils sont surpris que je n'aie presque plus de pigments. Mais nous n'avons pas fait la même fête de l'Holi. Eux étaient à Sudder Street, avec une tradition qui est celle de faire un grand feu et de brûler le "Mal", puis c'est bataille d'eau et de pigments à volonté. Je vous mettrai quelques photos de leur journée pour que voyiez la différence.

Le repas est très sympa, toutes les langues se mélangent et j'en profite pour acheter du yaourt fermenté avec du riz pour Laurent. On verra bien si ça l'aide un peu...

Sandeep qui loge dans la guesthouse la rue d'à côté me raccompagne avec Kanta. Nous croisons Paul, tout barbouillé de couleurs. Nous discutons encore un peu devant l'hôtel avant de retourner chacun chez "soi".

Vu qu'il ne s'est pas passé grand chose, j'en profite pour vous parler des douches en Inde. J'adore et je déteste. Il y a comme ches nous un pommeau, de l'eau chaude et froide et il y a côté un seau et une espèce cruche. Alors soit tu te douches comme chez nous, soit tu remplis le seau et verses l'eau sur toi avec la cruche. J'adore faire ça, je trouve cela super économique et j'étais un peu sceptique au début. Je pensais ne pas avoir suffisamment d'eau pour laver mes longs cheveux. Et en fait pas du tout. C'est nous européens qui sommes de trop gros consommateurs d'eau.

Par contre l'inconvénient est que tu inondes la salle de bain. La douche se situe juste à côté des toilettes et du lavabo. Du coup, tout est trempé, cela devient une patinoire et met cent ans à sécher. Tu dois toujours penser à enlever ton papier toilette de la pièce ou le mettre en hauteur, sécher la cuvette si tu dois faire pipi par la suite car elle est lavée elle aussi pour le coup... Bref, c'était la minute "je râle et je m'extasie"

Voilà pour cette deuxième partie de journée.

Bonne nuit

Le 28 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 28 (28 février 2018)

 

Hello tout le monde !

 

Que cela passe vite... Rien que le fait d'écrire la date du jour est déprimant. Déjà un mois que nous sommes ici. Plus que quelques jours et nous devrons partir. Alors en attendant, nous profitons encore de chaque minute passée ici.

 

Cet après-midi, nous allons à Daya Dan. Je vous en avais déjà parlé la première semaine où nous étions à Kolkata. C'est un autre orphelinat de Mère Teresa qui s'occupe d'enfants handicapés mais qui sont beaucoup plus grands. Je souhaite aller rencontrer Kalpona Naskar, une massi qui était à Shishu Bhavan en 1982. Nous partons donc pour Daya Dan mais sans savoir exactement si elle travaille aujourd'hui. C'est au petit bonheur la chance.

 

Le taxi que nous prenons ne sait pas une fois de plus où nous devons aller. Il consulte notre petit carnet, téléphone au numéro qui est indiqué et il prend la route. Il fait demi-tour. Je sais que ce n'est pas le bon chemin mais je ne dis rien. En quelques secondes, il s'arrête, sort du taxi, demande à un collègue de venir et ouvre le capot. Alors là, je me dis qu'on n'est pas près de partir...Ils font tourner le moteur, ça sent le gazoil, c'est insupportable, puis il remonte et nous repartons dans la bonne direction cette fois-ci.

 

Le long du trajet, il nous dit qu'il nous emmènera tout près d'un parc, pas loin de Daya Dan. On ne comprend pas vraiment ce qu'il dit. Il écrit le nom du parc sur notre carnet mais bon, nous devons lui faire confiance et lâcher prise car nous n'avons pas d'autres choix.

 

La route est longue. Nous arrivons dans un quartier que nous ne connaissons pas. On dirait que c'est le quartier des transporteurs. Il y en a partout. Des tonnes et des tonnes de marchandises qui sont portées sur la tête, ou sur des camions, charrettes, et cie. Et tous, circulent en même temps...C'est l'enfer de rouler là au milieu. Je vois deux hommes sortir péniblement un sac de toile d'une charrette. L'un des deux vacille presque. Puis ils soulèvent le baluchon avant de le déposer sur la tête de leur collègue qui prend une ruelle tellement étroite que je me demande comment son chargement sur la tête ne reste pas coincée dans la ruelle. Leurs cervicales doivent être en bouillies. C'ets inimaginable comme cela doit être lourd à porter.

 

Nous arrivons à Daya Dan. Le chauffeur nous laisse juste à côté. Nous voyons une ruelle avec la porte d'entrée de l'orphelinat. Il n'est pas encore 15h, c'est fermé. Un homme vient à notre rencontre et nous fait entrer. Nous nous installons dans un grand hall. Un escalier imposant se dresse juste devant nous avec des photos de personnalités religieuses au mur. Sur la droite, il y a une grande porte jaune où l'on entend les enfants qui parlent derrière.

 

J'explique à ce monsieur que je souhaiterais rencontrer la massi Kalpona Naskar. Il acquiesce de la tête, monte les escaliers et revient quelques minutes plus tard. Nous pouvons monter. Les escaliers sont nombreux avec toujours autant d'images pieuses au mur. Nous arrivons en face d'une petite pièce où sont assises deux soeurs. J'explique ma demande et quelques minutes plus tard, Kalpona Naskar arrive. Elle n'est pas très grande, je dirais même qu'elle fait ma taille je pense. Une des soeurs lui traduit ce que je dis et elle me reconnaît de suite en entendant mon prénom. Je vois sur son visage qu'elle sait qui je suis malgré les années. J'avais oublié de prendre une photo de moi toute petite, mais finalement je n'en ai pas besoin. Elle est vraiment contente de me voir. Elle me caresse la joue, accepte volontiers les photos après avoir remis sa tenue en place et c'est elle qui nous fait visiter l'orphelinat.

 

Nous montons au deuxième étage. C'est l'étage des filles. Elles sont une dizaine je dirais à être handicapées. Des massis s'occupent d'elles en permanence. C'est l'heure du goûter. Des petites filles viennent vers nous et nous tiennent la main. C'est coloré aussi ici. Nous visitons la salle de kiné. Les petites nous suivent. Mais Kalpona veut que nous continuions la visite. Nous découvrons leur réfectoire. C'est en fait une très grande cuisine avec une table ronde. Puis nous redescendons au rez-de-chaussée.

 

Derrière les fameuses portes jaunes, nous arrivons chez les garçons. Ils sont séparés des filles mais je ne sais pas si c'est tout le temps où si de temps à autre, ils se retrouvent tous.

 

Il y a vraiment tous les âges on dirait. Sur les murs, il y a des fiches avec le prénom de chaque enfant, sa photo et les soins dont il a besoin et ce qu'il est capable de faire ou non.

 

Nous passons dans la pièce suivante. Les massis sont assises au sol et plient des vêtements, changent des draps, ou des petits. C'est aussi l'heure du goûter pour eux. Kalpona est toute contente de pouvoir dire aux autres massis qui je suis. Nous visitons ensuite les toilettes et enfin nous prenons congé.

 

Ce petit moment était agréable et je reviendrai sans doute plus longuement pour voir les enfants lors d'un prochain voyage.

 

Nous sortons de l'orphelinat et décidons d'aller voir le fameux pont de Kolkata le Howrah Bridge. C'est un monstre métallique de 450 mètres de long reposant sur des piliers de 90 mètres de haut. Chaque jour, plus d'1'500'000 personnes empruntent ce pont et un million de voitures, rickshaws, charrettes, taxis, vélos, bus et autres.

 

Le trajet pour aller de Daya Dan au pont est interminable. Nous faisons 20 mètres, nous nous arrêtons 20 minutes, refaisons 20 mètres, etc. La police gère le traffic. Notre taxi ne prend pas la direction que lui a indiqué la police et le ton monte. Mais les forces de l'ordre sont vite obligés de gérer d'autres soucis de circulation et notre chauffeur prend la route qu'il souhaitait dès le départ. Nous voyons enfin au loin les armatures métalliques du pont.

 

Nous descendons au milieu de la circulation, des badauds, et nous commençons cette excursion.

 

Nous voyons avant d'arriver sur le pont même, des vendeurs de fruits et légumes, des marchands de petites bricoles, et on sent que la fête de l'Holi se prépare aussi de ce côté de Kolkata. Une fois sur le pont, nous sentons qu'il vibre en permanence. Il y a la route principale avec une circulation de fous furieux, puis sur les côtés de part et d'autre du pont, il y a un large trottoir pour les piétons. Mais pour accéder à ce fameux trottoir, nous devons d'abord marcher sur la route, frôler toutes les voitures, qui viennent en sens inverse et ensuite passer sous des barrières métalliques pour accéder enfin à l'espace piéton.

 

J'avais lu que c'était l'enfer de marcher sur ce pont. Qu'il y avait un tel monde que tu ne pouvais pas bouger, que ce n'était vraiment pas agréable et pas accessible aux personnes handicapées. Et en fait pas du tout. C'est super ! Il est super large, il y a du monde, c'est sûr mais c'est vraiment raisonnable pour ce que j'ai déjà pu voir et vivre et le sol est tout plat, propre et lisse. C'est vraiment sympa de le traverser. Nous voyons sur notre droite au loin des gaths avec des gens qui se lavent, font leurs ablutions ou leurs lessives. Nous continuons de marcher. Les gens rient de voir Laurent avec son appareil. Certains le mettent en garde car la police n'est pas forcément loin et il est interdit de prendre des photos. Car à l'origine, le pont fut construit en 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale et il était considéré comme un site stratégique et militaire. A l'époque, cette interdiction pouvait se justifier mais maintenant, elle paraît un peu absurde. Du coup, je vérifie toujours qu'il n'y ait aucune force de l'ordre dans les parages.

 

A la sortie du pont, nous descendons des escaliers et passons sous le pont par un petit tunnel. Nous nous retrouvons en plein marché de fruits et légumes. La rue est étroite, le monde impressionnant et on entend toujours en permanence les klaxons des voitures et autres. Nous sortons de la rue. Des urinoirs sont dressés juste à côté mais la plupart des hommes font pipi au bord de la route au milieu des détrituts. L'odeur est assez terrible. Nous traversons pour aller sur les gaths et voir les hommes et les femmes qui se lavent de plus près. Nous passons devant une file d'hommes qui attendent de prendre un billet de train. En effet, c'est ici qu'il y a les guichets. La gare est en fait juste à côté.

 

Nous nous retrouvons sur les gaths. Il y a quelques marches d'escaliers ont sont posés ds gens qui profitent de la vue du pont. D'autres apportent leur lessive dans de gros sacs. Des hommes sont couverts de savon et se lavent pendant que d'autres font leurs ablutions. Un homme rince sa bouteille en plastique avant de la remplir avec l'eau du Gange et de la boire à grandes gorgées. Le Gange est le fleuve où tout se passe. De la vie à la mort, tout passe par ce fleuve. Alors imaginez boire de cette eau est une image un peu spéciale pour nous. Mais le temps s'arrête au bord des gaths... Chacun prend le temps.

 

Nous retraversons le pont dans l'autre sens et admirons un coucher de soleil. Mais avant cela, nous devons à nouveau marcher sur la route au milieu des voitures avant d'accéder aux trottoirs. Nous croisons une manifestation mais d'hommes cette fois-ci. Ils étaient tous habillés en orange et avançaient sur la route comme si de rien n'était. Nous ne savons pas pourquoi ils manifestaient.

 

Personnellement, je n'en peux plus, je suis à bout et je sais que le trajet sera encore long. Nous voyons de ce côté du pont, des péniches qui travserent le fleuve avec des touristes et qui leur font voir le coucher du soleil au milieu de l'eau. Mijo et Hazar ont fait cette petite virée et elles ont trouvé ce moment très paisible même si cela coûte très cher comme excursion. A la sortie du pont, nous voyons le marché aux fleurs qui est presque terminé. Il reste encore beaucoup de pétales au sol mais ce sont surtout des quantités invraisemblables de sacs, de détrituts qui longent le fleuve.

 

Je voulais aller au marché aux fleurs. Mais le meilleur moment pour le faire est 5h du matin quand toutes les fleurs arrivent. Sauf qu'en quelques secondes, le sol devient très vite glissant, le monde double et il est pour ainsi dire impossible de marcher. C'est pour cette raison que nous avons décidé de le voir depuis le pont.

 

Je suis de plus en plus fatiguée, je ne prends plus vraiment de plaisir à regarder tout cela. Je voudrais rentrer. Laurent n'est pas bien non plus. Nous cherchons un taxi mais c'est compliqué car nous ne savons pas dans quelle direction il faut aller. Je finis par demander directement à la police et c'est elle qui arrête un taxi pour nous. Nous rentrons à l'hôtel où je prépare les sacs pour essayer de visualiser les bagages à gérer pour l'aéroport ou pour la poste. Nous n'avons pas encore décidé ce que nous allons faire.

 

La fête de l'Holi a commencé ce soir même si officiellement c'est demain et après-demain, mais nous sommes trop fatigués pour ressortir.

Bonne nuit !

Le 28 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 27 (27 février 2018)

 

Hello everybody !

 

J'ai dormi presque 12 heures d'affilé. Je me suis un peu réveillée la nuit car Laurent n'était toujours pas en super forme.

 

Nous partons aujourd'hui à la poste pour savoir comment faire pour poster un bagage depuis l'Inde. Nous allons à Banerjee Road. Elle ne paraît pas être très loin de notre rue mais cela s'avère faux. Nous longeons de nombreuses rues avant d'arriver devant un tout petit bureau de poste où l'on nous dit que ce n'est pas ici pour poster des colis de cette taille. Il nous faut aller dans la petite rue juste à côté. Là, on nous dit qu'il faut en fait aller à GPO. Nous avions noté sur notre petit carnet une autre adresse dans la même rue mais cela aurait été un envoi privé et non par la poste. Ils nous disent que non, ils ne font pas ce genre de choses. Nous ne savons pas toujours très bien si c'est pour se débarasser de nous ou si vraiment nous ne sommes pas au bon endroit.

 

Au coin de la rue, nous achetons une bouteille d'eau et le vendeur nous dit qu'il faut prendre un mini bus pour aller à BBD Gath. Il attend pour nous que le bus arrive et nous dise dans lequel il faut monter.

 

Mais à ce moment-là, la police arrive et bloque toute la rue. Puis nous assistons à une manifestation de femmes qui brandissent des pancartes et crient un slogan lu par la leader du groupe j'imagine. Elles portent toutes un badge et sont je ne sais combien sur des kilomètres à défiler dans la rue. Le vendeur nous dit que c'est une manifestation sur la condition de la femme. Nous n'en saurons pas plus. Quelques hommes sont au centre et ont l'air de contrôler un peu le bon déroulement de la manifestation. Puis les femmes se mettent toutes sur la droite de la route et continuent de crier leurs slogans mais la circulation sur le côté gauche reprend.

 

Nous montons dans notre premier bus de ville. Alors là, c'était sport. Par chance, la marche n'est pas trop haute et je peux grimper toute seule, mais je n'ai pas le temps de m'asseoir que le bus repart déjà. Je me cramponne en attendant de pouvoir venir m'installer à côté de Laurent. Je dois me cramponner au siège car je glisse. Les gens montent et descendent comme des fous pendant que le bus continue de rouler. Le vendeur de tickets continue de crier ses destinations puis il passent vers les gens pour être payé. Nous sommes tous serrés les uns contre les autres, il fait chaud, il n'y a pas énormément d'air qui passe. Bref, je ne trouve pas cela génial. Mais c'était intéressant à vivre. Evidemment, ce n'est pas du tout adapté aux personnes handicapées.

 

Une station avant notre arrivée, un homme nous prévient quand il faudra descendre. Je ne peux pas me préparer à l'avance, car je ne tiendrais pas debout deux secondes. A l'arrêt, je crie tout le long "wait, wait please !" pour être sûre qu'il ne reparte pas avec moi à moitié dedans.

 

Nous arrivons dans le quartier de l'élite littéraire et culturelle de Kolkata. C'est une ville très riche culturellement et il y a de nombreux écrivains qui viennent de Kolkata. Nous cherchons la GPO.

 

Nous arrivons devant un énorme bâtiment blanc. Nous sommes arrivés. Je vois une énorme file au loin et j'espère que ce n'est pas là que nous devons aller. Nous voyons en face de nous une porte ouverte et un guichet. Nous allons demander ce que nous devons faire. Le guichet est envahi par des prospectus et la petite dame qui nous répond est invisible derrière son comptoir. Elle nous dit que nous ne sommes pas au bon endroit. Que nous devons sur notre gauche en sortant, longer le bâtiment et que là, il y a le service d'envoi des colis.

 

On se croirait un peu dans les douze travaux d'Astérix. Ce n'est jamais le bon bureau, le bon guichet, la bonne personne...c'est drôle à voir à la télévision mais à vivre un peu moins. Mais nous faisons ce qu'elle nous dit. Nous passons devant les vendeurs en papeterie qui ont tout un lot d'enveloppes délavées par le soleil, de la colle, de la ficelle et autres bricoles. Puis nous voyons les couseurs de sacs à envoyer. Ils ont leurs tissus de coton qui attendent de recouvrir ton colis, de le coudre solidement avant qu'il ne parte à l'envoi.

 

Nous arrivons à un premier guichet. L'homme ne paraît pas trop vouloir nous répondre ou nous aider. Il nous dit simplement d'aller au guichet à côté. Nous arrivons avec notre carnet, les mesures de notre colis et nous demandons le tarif pour un envoi de ce genre. Le guichetier nous donne les informations mais nous dit qu'il faut aller au guichet no 6 pour savoir comment préparer son colis avant qu'il ne soit posté.

 

Nous voilà au guichet en question et on nous prévient qu'il faut que le colis soit cousu dans du tissu, qu'il y ait une fiche avec tout le contenu du colis et qu'il ne faut pas venir après 16h car la poste ferme à cette heure-là.

 

Nous repartons et nous décidons d'aller voir les écrivains qui écrivent sur leurs machines à écrire dans la rue et les musiciens qui vendent leurs instruments. Nous ne trouverons finalement que la maison des écrivains et des bureaucrates qui écrivent bien sur leurs machines mais des rapports administratifs. Nous ne verrons aucun musicien ou autre.

 

Je suis terriblement fatiguée, j'ai très chaud et je voudrais prendre un taxi et rentrer. Nous voyons un parc avec une belle étendue d'eau et nous décidons d'aller nous poser un moment, loin des bruits de la ville. Il y a pleins d'hommes qui se reposent, fument, discutent entre eux, sur de gros blocs de marbre qui sont installés tout autour de cette étendue d'eau.

 

Nous commençons à marcher et les hommes me regardent. Laurent est devant et fait des photos. Je finis par lui dire que je pense que nous sommes dans un endroit exclusivement pour hommes. Mais non qu'il me dit, j'ai vu deux femmes.

Nous continuons et un homme me dit de partir. Puis un autre. Nous voulons partir mais de l'autre côté mais il n'y a qu'une sortie. Nous ressortons bien vite.

 

Je veux trouver un taxi car je commence vraiment à me sentir mal. J'ai trop chaud, et je sens que je vais faire un malaise sous peu. Mais aucun taxi ne veut nous emmener à Chandra Bose Road. On marche des kilomètres et nous nous perdons de vue Laurent et moi. Je cherche un taxi de mon côté sur le bord de la route et lui aussi mais de son côté à lui.

 

Nous nous sommes donné la règle de toujours retourner au dernier endroit où nous nous sommes vus tous les deux. Je fais donc cela mais je marche de plus en plus lentement, je vais vraiment tomber sous peu.

 

Laurent me retrouve en cours de chemin et nous arrivons enfin à prendre un taxi. Je suis à moitié comateuse dans le taxi et une fois à l'hôtel nous nous reposons.

Quelques heures plus tard, nous retrouvons Kanta et Audrey et nous allons manger sur la place du marché non loin de notre hôtel. C'est super sympa de voir Kanta en Inde après toute l'aide qu'elle m'a apporté pour faire mon visa.

 

Nous discutons de notre voyage, de nos impressions, nous leur montrons le marché qui est en train de fermer et nous retournons nous coucher tranquillement.

Le 28 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Dehli - Kolkata jour 26 (26 février 2018)

 

La nuit du départ est compliquée. Nous n'arrivons pas à dormir. Pourtant il n'y a plus de bruit dans la rue. Juste un klaxon qui retentit dans toute cette tranquilité. Je me demande bien qui peut le gêner au milieu de la route à 4h du matin. Je crois surtout qu'ils ont des fois un peu la main greffée sur le klaxon. C'est une seconde peau. Car nous avons eu la chance d'avoir quelques fois des chauffeurs qui clairement klaxonnent dans une file où tu n'as pas d'autres choix que d'attendre car le feu est au rouge. Donc tu sais pertinemment que tu vas avoir les tympans en bouilli juste à cause de leur manie de presser sur ce bouton maudit ou magique, c'est selon notre vision sur le moment.

 

Je passe une partie de la nuit à anticiper le jour suivant pour que tout se passe au mieux. Nous savons que nous voulons aller en métro de l'hôtel à l'aéroport. Mais je me souviens avoir vu dans le métro les interdictions suivantes:

 

Nous n'avons pas le droit de transporter des bagages volumineux (on est déjà mal barré)Nous ne pouvons pas avoir de produits inflammables dans les sacs (on juste nos briquets, nos déodorants)Il est interdit d'avoir des liquides sur soi, hormi de l'eau (Les gels pour les mains, les produits de douche, mes crèmes...bref, c'est la cata)

Rien qu'avec cela, on va être fouillé, on devra vider tous nos sacs dans le métro, ils nous prendront nos épices, nos bijoux car c'est sûr que cela va sonner et bien fort, vu la quantité que j'ai prise...

 

Je voyais déjà le tableau de l'horreur, à devoir tout leur laisser, à rater notre avion, etc. Donc à quatre heures du matin, nous décidons que nous prendrons finalement un taxi pour aller à l'aéroport.

 

Le réveil du coup, fut très très difficile. Un peu comme si tu étais dans l'incapacité de te réveiller mais cela dure toute la journée. Le trajet jusqu'à l'aéroport se passe bien, nous sommes largement dans les temps. Par miracle, j'ai réussi à répartir correctement les affaires dans les sacs et à deux cent grammes près, nous ne sommes pas obligés de devoir transvaser des affaires d'un sac à l'autre.

Comme je n'ai pas dormi et que nous sommes partis tôt, Laurent a besoin d'un café et moi de manger quelque chose. J'essaie le Mc Do indien. Eh oui, un petit déj à dix heures du matin avec Chicken Nuggets et frites, c'est sympa. Bon ok, je n'ai pas pris beaucoup de risques. J'ai choisi un aliment qu'ils cuisinent énormément ici. Puis je demande de la sauce curry pour aller avec mes nuggets...et le comble c'est qu'ils n'ont pas ça ! Très surprise mais tout était bon. Tous leurs choix de menus sont indiens.

 

Le passage à la sécurité est plus compliqué car nous sommes dans une file qui normalement fait passer les personnes handicapées en priorité mais les hôtesses de l'air ont le droit de passer devant tout le monde. Sauf que là, elles sont je ne sais combien, puis ce sont des hommes qui nous passent devant sans gêne...On essaie de le faire comprendre qu'il faut faire la queue, mais sans succès.

 

Le vol se passe bien, un petit bout de chou est assis à côté de nous sur les genoux de sa mère. Il est vraiment craquant et super tranquille. L'avion s'arrête à Ranchi, à moins d'une heure de Kolkata. Presque tout le monde descend. Les nouveaux voyageurs pour Kolkata entrent et une fois que tout le monde est installé, nous avons le droit de changer de place et de nous installer en business class. Nous avons bien de la place pour nos jambes, les sièges sont plus confortables...c'est royal !

 

De notre place, nous voyons les hôtesses discuter entre elles, faire leurs annonces en lisant leurs papiers, répondre au responsable du cockpit. Je remarque que les toilettes sont adaptées aux personnes handicapées. Je n'y suis pas allée et déjà la porte n'est pas aux normes de chez nous, mais pourquoi pas. Je constate par contre que c'est par là que passent les hôtesses quand elles veulent aller parler au chef de cabine.

 

A notre arrivée, nous sommes pris en charge par une voiturette qui nous emmène récupérer nos bagages et nous dépose devant les taxis. Nous avons du mal à trouver un taxi qui ne soit pas prohibitif et nous décidons de prendre l'ascenceur et d'aller à l'endroit des départs. En effet, les taxis, déposent les voyageurs et normalement redescendent à la station des sorties et attendent que tu montes dedans. Là, on sait qu'ils n'ont pas à faire ce trajet et qu'ils peuvent nous prendre de suite. C'est le top pour tout le monde.

 

Nous arrivons à Kolkata où il fait bien chaud et nous nous reposons à l'hôtel quelques minutes. J'ai prévu d'aller à Sudder Street pour faire les derniers achats car nous avons un planning bien chargé pour les jours à venir et c'est mieux de le faire maintenant. Laurent reste à l'hôtel. Je retrouve Giovanni, Miriam, Sendip et Audrey. C'est une amie de Kanta qui habite aussi Paris et qui a débarqué hier. Elle ne parle pour ainsi dire que le français mais elle se débrouille. Nous décidons de manger tous ensemble le lendemain soir pour l'arrivée de Kanta.

 

Je retourne à l'hôtel et nous sommes tellement fatigués que nous nous endormons très vite. Je suis au bout du rouleau et je ne demande qu'à dormir. Dehli a été vraiment une super ville mais tellement épuisante. Elle nous a un peu vidé de notre énergie. Entre les avions, les climatisations, la cigarette et la fatigue générale, j'ai le rhume, une oreille à moitié bouchée et j'ai la voix toute éraillée. Mais bon, ce ne sont que de petits détails qui ne me gâchent pas le séjour pour autant. J'espère que je vais pouvoir bien récupérer cette nuit.

Le 28 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Dehli jour 25 (25 février 2018)

 

C'est notre dernier jour à Dehli. Nous avons prévu de faire quelques boutiques et de ramener quelques trucs car c'est vrai que c'est un quartier pas très cher ou du moins, cela l'est moins qu'à Kolkata.

 

Sauf que Laurent n'est pas en super forme ce matin-là. C'est à son tour de tomber un peu malade. J'avais prévu de prendre le minimum indispensable pour Dehli au niveau médicaments et de laisser le reste à Kolkata car cela faisait trop lourd dans le sac pour si peu de temps. Je le laisse se reposer et comme notre hôtel est très bien situé, je peux à tout moment aller le voir. Je pars donc toute seule dans les rues de Main Bazar. Les échoppes commencent à ouvrir. Ici, le quartier ne s'éveille pas avant 10h. Certaines boutiques ouvrent même qu'à 11h30. Il faut dire qu'elles restent ouvertes jusqu'à 21h-22h après.

 

Les commerçants nettoient leurs boutiques. Ils font l'inverse de chez nous. Quand on ferme un restaurant ou un magasin, on nettoie tout, on remet en ordre pour qu'à l'ouverture le lendemain, cela soit tout de suite accueillant et accessible. Ici, ils ferment la boutique à 21h00 et pas une minute de plus, jettent sur le trottoir leurs poubelles sans chercher à les vider dans endroit approprié et s'en vont. Le lendemain, ils ouvrent, balaient le magasin pendant que tu es en train de choisir un vêtement, un bijou ou autre. A tout moment, ils te poussent ton tabouret un peu plus loin le temps de passer le balai et la serpillère, puis ils te font rasseoir là où tu étais au départ. Ils ne travaillent jamais seuls. Ils sont toujours minimum deux. Mais il n'y en a qu'un des deux qui connaît le prix exact des choses. L'autre ne fait que montrer le produit et revient pour te dire combien il coûte.

 

La différence aussi majeure là-bas est qu'ils ont toujours du stock même quand ils n'en n'ont plus. Ils te proposent d'abord tout autre chose et si vraiment ils voient que tu ne veux que ça et rien d'autres, ils prennent une moto, scooter, mobylette ou autre et revienne cinq minutes après avec un tout nouveau stock. En fait, ils se dépannent les uns les autres en allant demander au voisin, moyennant une commission.

 

Je reviens toutes les heures ou presque voir comment se porte Laurent. Je ramène aussi à chaque fois quelques petites affaires et j'en profite pour vider mon sac avant de repartir. Laurent n'est pas encore en état de sortir mais peut-être en début de soirée.

 

C'est difficile de lui dire que je serai là à telle heure car en Inde, ils ont le temps, le prennent et tu te retrouves à passer plus de deux heures au même endroit. Car ils veulent tout te montrer, que tu achètes tout, etc. Chez nous, c'est beaucoup plus expéditif. Et quand je reviens voir Laurent, l'heure est très largement passée et tu n'as fait qu'une boutique. Je négocie vraiment pour la première fois des prix. Comme je ne suis pas douée en anglais, je vois le montant sur la calculette du vendeur, je la lui prends, efface le total et lui dis mon prix à moi. Il rit et refuse et commence alors le jeu du plus cher/moins cher. On finit par s'entendre et tout le monde y trouve son compte.

 

En sortant d'une boutique, j'assiste à un mariage. Je ne sais pas que c'est cela et un homme très bien habillé (tous dans les blancs), est assis sur magnifique cheval blanc qui lui aussi a été habillé pour l'occasion. Deux enfants (garçons je précise) sont assis devant et derrière lui sur le cheval. Ils déambulent dans les rues en tenant chacun une ombrelle colorée et les invités les suivent au son des instruments, des klaxons et de la population générale. C'est très beau à voir et malgré le fait que les voitures klaxonnent derrière car elles voudraient passer, tu sens qu'il y a un respect malgré tout pour ce qui est en train de se vivre.

 

Quelques heures plus tard, je vois un petit spectacle de rue. Deux hommes sont en train de jouer de la musique sur des instruments que je ne connais pas (des espèces de banjo j'imagine) en chantant et une femme est en train de danser sur le trottoir dans un sari rouge et doré. Elle est timide, elle attend qu'une autre danseuse la rejoigne on dirait mais cela semble compromis. Il n'y a pas de chapeau où déposer de l'argent, et une fois la danse terminée, ils repartent comme si de rien n'était. C'était vraiment très beau à voir. L'harmonie des voix était agréable et la performance de la jeune femme était très émouvante. Son jeu de mains était juste magnifique. Ses grelots aux pieds te font les regarder de plus près aussi et tu te demandes des fois comment elle arrive à prendre des postures pareilles.

 

Il est presque 19h. Nous avons rendez-vous pour notre dernière soirée avec Virginie et Jean-François pour manger. Laurent va mieux et nous faisons quelques boutique ensemble avant d'aller avec Jean-François directement à leur hôtel. Le Jyoti Mahal est un magnifique hôtel, à l'écart du bruit. Tout en blanc, avec des énormes statues d'éléphants qui nous accueillent dans l'entrée. Une décoration style du Rajasthan est finement répartie dans tout l'hôtel, c'est vraiment superbe.

 

Nous mangeons sur la terrasse sur le toit. C'est vraiment agréable et reposant comme endroit. Les deux filles de Virginie sont là elles aussi. Elle sont arrivées de Jaipur et repartent dans deux jours pour la France. Nous passons vraiment une soirée hors du temps. Chacun a quelque chose à raconter, une anecdote, un souvenir mémorable, une question, un conseil...Bref, on découvre encore et toujours l'Inde. Cela donne envie de revenir avant même que le séjour ne soit fini. On nous met en garde pour la fête de l'Holi, de ce qu'il faut faire et ne pas faire mais on vous en dira plus au moment voulu.

 

Nous rentrons en sachant que nous allons nous revoir à Lourmarin et nous faisons nos sacs pour repartir à Kolkata. Demain nous avons prévu de prendre le métro pour nous rendre directement à l'aéroport. Cela ne coûte pas cher, et surtout, on évite les bouchons.

Le 24 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Dehli jour 24 (24 février 2018)

 

Hey everybody !

 

Olala mais quelle journée !

 

Dehli est vraiment une ville hallucinante ! Mais que c'est fatigant de voir autant de choses en si peu de temps...Mes yeux emmagasinent tout ou presque mais mes doigts ne courent pas assez vite sur le clavier pour pouvoir tout vous raconter.

 

Nous sommes allés à Chandni Chowk cet après-midi. C'est un énorme marché divisé en quartiers. C'est juste gigantesque !

 

Nous avons décidé d'y aller en métro. Mais c'est génial le métro à Dehli. Il a été construit il y a cinq ans maintenant et depuis sa création, il est resté très très propre. Il y a plusieurs entrées. Nous avons pris celle qui a un ascenseur. Comme tout le monde, nous attendons qu'il arrive et nous pouvons voir  les inscriptions suivantes :

 

Il est interdit de fumer, de prendre des photos, d'avoir des bagages trop volumineux, de cracher par terre (amende de 200 roupies), d'avoir sur soi des produits inflammables, etc.

 

Nous faisons la queue pour prendre nos tickets de métro. La file est grande mais cela va très vite car pas mal de personnes ont des cartes multi-passe. Il y a partout des escalators, des ascenseurs ou si vraiment, des escaliers, mais les marches sont basses et donc faciles d'accès.

 

Comme pour Kolkata, nous devons passer le portail de sécurité. Nous déposons nos bagages sur le tapis roulant et passons au détecteur de métaux. Les femmes ont leur propre file. J'aperçois un homme dont on fouille le sac car il a une espèce de batterie avec lui et cela parait suspect.

 

Nous longeons de longs couloirs, utilisons nos jetons pour passer les barrières et suivont la ligne jaune pour changer de métro. Les lignes jaunes sont en fait des pas jaunes au sol et tu les suis tout simplement. Il y a aussi les pas bleus.

 

Sur le quai, tu as des portiques et entre les portiques l'emplacement où les portes vont s'ouvrir. Sur le sol, tu vois des flèches qui te disent que là, les personnes vont sortir et toi, tu dois attendre juste à côté sur les flèches jaunes pour monter. Un vigile vérifie que tout se passe au mieux. Nous prenons le métro à une heure où il n'y a pas beaucoup de monde.

 

Les wagons sont larges, avec des barres centrales pour te tenir et les stations sont annoncées bien avant que l'arrêt ne se fasse. Puis, une fois que les portes s'ouvrent, tu as vraiment le temps de descendre. Ca, c'est vraiment chouette pour moi, car je ne stresse pas de devoir être debout trop tôt. Par contre, les arrêts se font un peu brusquement je trouve.

 

Nous retournons à l'air libre après avoir fait quelques stations et là, c'est de la folie furieuse. En quelques secondes, tu es parachuté au Moyen-Age. IL y a un monde, mais je ne vous dis pas à quel point c'est inimaginable. Des rickshaws dans tous les sens, des voitures remplies de marchandises, des gens qui portent des énormes sacs au-dessus de leur tête et qui vont livrer dans le quartier situé non loin. Ca klaxonne de partout, un groupe de jeunes fait un meeting ou un show musical ou je ne sais pas trop quoi et c'est un attroupement qui les entoure.

 

On décide de prendre un rickshaw pour aller au quartier des bijoux. Je recherche depuis très longtemps un bijou qui rempli toute la main et il semblerait que je puisse le trouver là-bas car ce sont des bijoux pour les mariages.

 

Le rickshaw nous conduit jusque devant la mosquée. Mais pas où nous avons demandé. Nous souhaitons la visiter mais c'est un peu compliqué entre les esacliers, les chaussures à enlever, tout ce monde, toujours ce monde partout encore et toujours...

 

En fait, le quartier des bijoux se trouve de l'autre côté de la mosquée. On se fait alpaguer par un chauffeur et Laurent décide d'aller trouver un distributeur à billets. Je me retrouve seule avec lui et il devient tellement ingérable que nous choisissons un autre chauffeur pour aller dans le quartier en question, car là, il m'a vraiment mis les nerfs à vif.

 

Chandni Chowk est un marché où beaucoup de femmes viennent pour leur futur mariage. On passe devant une quantité invraisemblable de papeterie où elles viennent choisir leur faire-parts. Puis c'est le quartier des saris. Alors du tissu, en veux-tu, en voilà... Des boutiques, des boutiques et encore des boutiques...En fait pour résumé de manière vraiment grossière, Chandni Chowk, c'est un peu le salon du mariage version India. Il n'y a pas que cela, bien sûr, mais énormément de boutiques dédiées à ce jour-là.

 

On arrive au quartier des bijoux. Ici, tu ne trouves que de l'argent et de l'or. Des parures magnifiques, du raffinement qui dépasse de loin ce que l'on peut voir par chez nous et des prix qui frisent l'apoplexie ! Les femmes qui se marient peuvent se retrouver avec sur elles jusqu'à 15 kilos d'or le jour J.

 

Si tu ne t'y connais pas un peu, tu ne sais pas vraiment quoi chercher et où et tu peux vite t'y perdre. Des jeunes garçons essaient de me vendre de la corde qui fera office de ceinture et ils me font mille et une démonstrations de leur bout de ficelle.

 

Nous ressortons de Chandni Chowk finalement assez vite car je n'en peux plus de ce bruit, de ce monde, de ces bousculades. Je suis fatiguée. Nous longeons la rue et cherchons à boire un tchai. Dehli est sans doute aussi la capitale de la mouche ! Il faut parfois passer des rues en apnée, histoire de ne pas en faire ton repas de la journée. Le tchai est excellent, je peux enfin me poser un peu mais au niveau bruit , c'est toujours pareil...Enfin non, c'est encore pire, car des vendeurs de fruits frais qu'ils coupent sur mesure devant toi avant de verser quelques épices dessus, crient toutes les secondes qu'il faut venir les manger chez eux. Puis c'est le vendeur de chaussures qui sy met...

 

Personnellement je n'en peux plus et nous quittons les lieux. Nous allons visiter la gare de Dehli.

 

Nous passons devant un temple sikk. A nouveau nous voyons le bain de pieds et les marches pour accéder au lieu de prière. On entend un chant de prière qui couvre presque le bruit de la ville. Des hommes boivent trois gorgées de l'eau où les gens trempent leurs pieds avant de se laver les mains aux robinets installés juste à côté.

 

Sur le même trottoir, un sikk est en train de remplir des verres d'eau et la population peut venir de déshaltérer avant de reprendre leur route. Il rince les verres un peu à l'arrache avant de les remplir à nouveau. Laurent et moi remarquons que la plupart des hommes boivent en penchant la tête en arrière, en ouvrant grand la bouche et en laissant l'eau couler sans toucher au verre ou au goulot de la bouteille. Les femmes boivent comme chez nous.

 

Nous ne savons pas trop à quelle distance est la gare et nous prenons un rickshaw pour y aller...

 

Oh mais c'est super la gare de Dehli !

 

Il y a tout d'abord le kiosque à journaux. Tu trouves les best-sellers du moment. Ils sont suspendus au-dessus de la tête du vendeur. Sur les côtés, tu retrouves du Mickael Connely (polar), du Paulo Coehlo et il y a même Mein Kampf de Hitler. Cela fait un peu bizarre. On trouve aussi bien sûr le journal quotidien posé tout devant.

 

Puis tu arrives devant les escaliers qui montent aux quais. Et il y a une file de 22,5 km au bas mot qui attendent de passer le portique de sécurité. Je prends des habitudes indiennes, je dépasse tout le monde. Alors là, le service pour les personnes handicapées est inexistant. Tu dois monter une ribambelle d'escaliers (toujours de petites marches) avant d'accéder à une grande passerelle. Elle doit faire je ne sais combien de kilomètres. Au-dessus de ta tête, tu vois des bandeaux lumineux qui indiquent les voies et les destinations. Et de chaque côté de ce panneau, tu as des escaliers qui descendent pour accéder au train. Tout le long de la passerelle, tu as du grillage et tu vois les milliers de wagons qui attendent de partir. Les rails sont soient dans de l'eau avec des rats qui grouillent dans tous les sens, ou alors tu vois la végétation qui commence à recouvrir les rails.

 

Nous continuons notre chemin et nous voyons les gens qui attendent leur train. Pas de sièges, ni de bancs, ici on s'asseoit par terre.

 

Un haut-parleur indique l'arrivée d'un train ou autre et tu vois en quelques secondes des gens qui courent pour aller sur une autre voie. Enfin qui courent...qui marchent très vite en faisant de tous petits pas. C'est rigolo à voir (je précise que je ne me moque pas, je ne fais que constater).

 

Une femme a une valise trois fois plus grande qu'elle et elle doit la descendre sur la voie. C'est vraiment un cauchemare rien que d'y penser. La passerelle se termine en se divisant en deux. Il y a le sens des allées et le sens des sorties. Un train doit sans doute être arrivé et c'est une marée humaine qui emprunte cette voie. Nous allons jusqu'au bout pour voir ce qu'il y a. La passerelle se termine par un escalator pour accéder à la dernière voie. C'est un peu un comble de voir un escalator uniquement là. Une femme aide sans doute son père âgé à monter les marches. Décidément, c'est vraiment pas accessible tout ça !

 

Je pense que c'est la plus grande gare que nous voyons Laurent et moi. Une fois que nous avons fait le tour, nous décidons de reprendre le métro pour rentrer. On passe devant un énorme bâtiment de la sécurité policière de la gare avant de s'engouffer dans le souterrain. L'air est chaud, nous suivons les pas bleus au sol cette fois-ci.

 

Nous arrivons dans notre quartier en début de soirée et comme tout est encore ouvert, je fais quelques boutiques. Je vais surtout faire le plein de bindi chez le marchand officiel de la marque que j'achète sur le net. Je dois passer à peu près deux heures dans ce magasin à regarder tous les bindi étalés sur trois étages. Ils m'ouvrent toutes les boîtes, je dois en voir au moins des milliers. Il y a ceux pour le front, mais aussi ceux pour le nombril, ceux pour les mariages, l'henné, bref, je ne m'ennuie pas lol !

 

Je repère les boutiques qui me plaisent et où j'aimerais aller le lendemain. Laurent décide de m'attendre à l'hôtel quand il comprend qu'il y a trois étages juste pour la boutique de bindis ! Je le retrouve dans la chambre et nous repartons presque de suite pour manger. Nous rentrons à l'hôtel et nous prenons comme à notre petite habitude notre smecta !

 

Les photos arriveront demain car là je suis trop naze...Désolé...

 

Bonne nuit tout le monde !

Le 23 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Dehli, jour 23 (23 février 2018)

 

Hello tout le monde !

 

Aujourd'hui était une journée particulière...

 

Quand j'ai préparé mon projet, je souhaitais vivre deux choses principales en Inde. La première c'était d'essayer de reconstituer un peu le puzzle de ma vie en visitant certains lieux, en rencontrant des gens qui étaient là dans les années 80, en essayant peut-être de participer un peu à la vie indienne et de l'orphelinat etc. Et la deuxième était de découvrir ce pays à travers toutes les richesses qu'il contient.

 

La première partie était divisée en 7 étapes. Depuis notre arrivée à Kolkata, j'ai presque vécu toutes les étapes que je souhaitais et c'était même au-delà de mes espérances. Il me reste encore à rencontrer Kalpona Naskar qui était une massi à Shishu Bhavan en 1982 et qui travaille aujourd'hui à Daya Dan. Nous voulions y aller avant notre départ pour Dehli, mais comme je n'étais pas en super forme, nous avons décidé de remettre cela à notre retour.

 

La dernière étape de mon cheminement personnel était d'aller à Dehli. Si nous avons choisi cette ville, ce n'est pas un hasard. Un jour avant mon arrivée en Suisse en juillet 85, j'ai dormi une nuit à Dehli dans l'orphelinat de Mère Teresa. Je souhaitais aller voir à quoi cela ressemblait. Je me disais aussi que si je ne vivais pas cette étape, ce n'était pas non plus capital.

 

Mais ce qui m'intéressait aussi, c'est le fait que mon petit frère qui a été adopté trois ans plus tard, est né dans cet orphelinat. Et je me suis dit que cela pouvait être intéressant de pouvoir y aller, prendre des photos, lui montrer le lieu et peut-être même avoir des informations sur son histoire. Car pour le moment, il n'y est pas encore retourné.

 

En ce début d'après-midi nous sortons de l'hôtel pour aller à l'orphelinat. Un chauffeur de tuk-tuk veut nous y emmener. Mais en voyant l'adresse, il ne peut pas, car c'est trop loin pour lui et qu'il nous faut prendre un taxi pour une aussi longue distance. C'est un de ses amis qui nous conduit jusqu'à la station des taxis. Du moins c'est ce que nous croyons.

 

En fait, il nous dépose devant une agence de voyage. Nous entrons et nous montrons l'adresse où nous souhaitons aller. Ils nous font nous asseoir, nous proposent un café (qui n'arrivera jamais) et commencent à passer je ne sais combien de coups de téléphone. Ils finissent par passer la communication à Laurent qui essaie de lui faire comprendre que nous souhaitons juste prendre un taxi maintenant pour aller à Mathura Road.

 

Pendant ce temps, je demande pourquoi il n'est pas possible de juste demander à un taxi dans la rue et de nous y emmener. J'avais vu sur google map, mappy et cie qu'il fallait 28 minutes pour y aller. Ok, comptons deux heures pour être large. Finalement, ils se sont trompés et effectivement, ce n'est pas si loin que ça et notre chauffeur de tuk-tuk qui a attendu tout ce temps-là, accepte de nous conduire.

 

Nosu pensions que ce serait simple et même pour un petit trajet comme celui-là, c'est une expédition qui commence.

 

Il se fraye un chemin dans la circulation et finalement, nous arrivons à Mother Teresa Jeevan Jyoti Home. Un homme nous fait signer un registre de passage et nous entrons.

 

Il y a partout des photos de Mère Teresa, des sculptures à son effigie et sur la droite une salle de prière. Une soeur arrive et nous installe dans une pièce à côté où il y a juste une table et des chaises.

 

Nous expliquons la raison de notre venue et je sors mon dossier d'adoption. Elle regarde tout en détails et finit par me dire que nous ne sommes pas au bon endroit, car ici, il n'y a pas d'adoption. Elle part chercher son carnet pour nous donner la bonne adresse.

 

C'est une autre soeur qui arrive et qui nous transmet les informations. Je recopie soigneusement toutes les informations sur mon petit carnet et nous repartons.

Ici à Jeevan Jyoti Home, il y a des enfants, mais nous ne pourrons pas les voir car c'est l'heure de la sieste.

 

Devant l'entrée, il y a la première soeur à qui nous avons parlé qui indique à notre chauffeur de tuk-tuk comment y aller.

 

Nous repartons donc pour Mother Teresa Shishu Bhavan mais à Dehli. Le trajet dure trente minutes. Nous apercevons de loin différents monuments et le guide se fait un plaisir de nous expliquer ce que nous voyons. Nous passons devant je ne sais combien de parcs. Ils sont gigantesques et en plein milieu d'un rond point où la circulation est monumentale. Cela fait drôle de voir les indiens pic-niquer ou prendre leur pause dans toute cette pollution.

 

Puis nous arrivons à Shishu Bhavan. Un homme nous ouvre le portail. Il est plus de 15h, les enfants auront fini leur sieste. A nouveau nous signons un registre de passage. Nous attendons dans un hall d'entrée qu'une soeur vienne à notre rencontre. Le lieu est épuré, avec un grand panneau d'affichage où il y a pleins de photos d'enfants adoptés avec leurs nouvelles famille. A côté, se trouve une autre salle où il y a un canapé et une table ronde. Sur un mur, on peut y lire qu'il y a 22 filles et 1 garçon dans cet orphelinat. Les photos sont interdites mais nous sommes seuls et j'essaie d'avoir un maximum de photo pour mon frère.

 

Une soeur arrive. Nous expliquons la raison de notre venue pour la seconde fois. Elle n'est pas en mesure de nous donner des informations sur l'histoire de mon frère pour deux raisons. La première est que la personne chargée des dossiers n'est pas là et la deuxième est qu'il est le seul à pouvoir recevoir ces infos. Personne d'autres ne peut les lui transmettre.

 

Elle accepte ensuite de nous faire visiter les lieux. C'est une autre soeur qui prend la relève. Nous entrons dans un couloir avant de monter des escaliers. Tous les murs sont peins de dessins d'animaux, c'est très coloré, très joyeux et très beau. Dans le couloir, il y a des armoires roses. Sur la droite, c'est la salle de jeux où les enfants viennent passer du temps. Il y des petites chaises spéciales pour les enfants handicapés, à nouveau, pleins de dessins sur les murs, les meubles sont tous colorés.

 

En face du couloir, c'est le dortoir. Les lits sont jaunes. Ils sont vides, à l'exception d'un où une petite fille est encore en train de dormir. A ce moment-là, arrive le seul petit garçon de l'orphelinat. Il tient la main d'une soeur. Nous le suivons dans la pièce située juste à côté. C'est leur réfectoire. Les petites filles sont en train de prendre leur goûter, de la purée de pommes. Elles ont toutes sauf une je crois un handicap moteur. La plupart font de grands sourires pendant que d'autres sont soient encore en train d'un peu dormir, soit un peu plus apathiques que les autres. Des massis et des soeurs les nourrissent. Une petite fille un peu plus âgée et sans doute sans handicap, donne à manger à une de ses copines. Elle est fière d'aider.

 

Dans la pièce d'à côté, c'est la salle de kiné. Des tapis sont installés au sol, des armoires avec des jeux pour les enfants. Une petite dort sur les tapis, une autre range du matériel dans une armoire. Sur la droite, il y a un lit avec une fille de 12-13 ans qui fait de la rééducation avec la kiné. Elle lui tient la jambe avec une sorte de gros élastique et elle doit essayer de faire des mouvements de gauche à droite.

 

Nous passons un peu de temps avec les petites filles. Certaines ont des attelles aux bras, d'autres ont la tête qui penche mais nous ne nous attardons pas trop. La soeur nous indique la sortie. En redescendant l'escalier, nous apercevons par la fenêtre un jardin avec un toboggan et des balançoires.

 

La soeur qui nous a accueilli est Soeur Sharon et elle noue rejoint à la fin de la visite. Elle nous remercie d'être venue, me redemande le prénom de mon frère mais a l'air contente de nous voir partir. C'était un peu expéditif à mon goût. Nous avons réussi à apprendre qu'il y a 23 enfants dans l'orphelinat, qu'ils sont tous abandonnés, qu'ils ont entre 2 et 13 ans, qu'ils ont de la visite mais j'imagine celle de touristes...Et que les adoptions ne se font plus non plus ici à Dehli. Du coup, je me demande ce que vont devenir ces enfants.

 

Il y a au rez-de-chaussée d'autres filles handicapées qui ont l'air un peu plus grandes. Mais nous avons juste le temps de leur dire hello que nous devons partir.

 

Je voulais voir le lieu, mais comme je ne me souviens pas d'être venue ici, cela ne me parle pas. C'est peut-être dans le premier orphelinat que j'ai dormi. Je ne sais pas. Je sais juste que si mon frère veut des informations, c'est ici qu'il les aura. D'une certaine manière, la boucle est bouclée pour moi. Ou presque. Encore une visite à Kolkata et oui, là, les pièces du puzzle de ma vie, seront toutes au bon endroit.

 

Le chauffeur nous a attendu et nous décidons de rentrer à l'hôtel. Le long du chemin, nous voyons le fort rouge (Ambert Fort). Il fait 2 mètres de long sur 2 mètres de large il paraît. Nous voyons aussi un gigantesque parc réservé qu'aux enfants. On voit leurs parents sur les bancs qui les regardent jouer mais c'est interdit au public sinon. Il y a des rappels de signalétique sur l'utilisation du rond point. Mais cela ne sert pas à grand chose il semblerait. De même qu'au sol il est écrit STOP en géant et que personne ne s'arrête. Nous croisons aussi quelques civils un peu fous qui traversent la rue en plein milieu de la circulation. C'est comme si tu voulais traverser le rond-point de l'Etoile à Paris à l'heure de pointe !

 

Notre chauffeur nous explique qu'il habite dans la rue de notre hôtel et qu'il aimerait nous inviter dans sa modeste demeure pour manger un de ces jours. Il nous montre aussi les photos de son mariage. A côté de notre hôtel, nous prenons un tchai et croisons une parisienne qui est arrivée il y a quelques heures. Nous discutons quelques instants puis nous montons nous reposer avant de ressortir le soir.

 

Car nous avons rendez-vous avec Virginie et Jean-François qui tiennent la boutique indienne "Namasté" à Lourmarin. Ils nous ont donné rendez-vous à trois pas de notre hôtel dans le restaurant Metropolis. Nous mangerons sur la terrasse située sur le toit. L'endroit est charmant et la nourriture vraiment excellente. Une amie à eux Carine qui est de Reims et qui tient elle aussi une petite boutique indienne par chez elle nous rejoint. Le repas est joyeux, nous apprenons beaucoup de l'Inde, échangeons sur notre premier voyage et sur les choses à voir, à découvrir.

 

Nous apprenons que les hommes qui portent des turbans sont des sikks. C'est une religion Indo-musulmane. L'autre soir, nous vous avons dit qu'ils servaient des repas. En moyenne dans ce lieu, 22000 repas sont offerts par jour à qui le veut. Ils ont de grandes cuisines tout autour du temple et ce sont des bénévoles Sikks qui font les repas chaque jour.

 

Nous notons aussi quelques infos utiles pour la suite de notre voyage et nous nous quittons pas loin du restaurant. Des jeunes hommes nous prennent en photo et c'est la première fois que je me fais draguer en Inde.

 

Sur le retour, ils reviennent pour faire d'autres photos. Ils n'ont pas compris que je ne voyage pas seule et ils nous laissent finalement repartir tranquillement.

 

La rue de notre hôtel est un peu moins déserte que hier soir. Il y a un nouveau vendeur de tchai juste devant.

 

Nous rentrons nous coucher car il est déjà minuit passé et que demain sera une nouvelle journée pleine de découvertes.

 

Les photos que vous allez voir des orphelinats ne sont pas toutes de super qualité car il est interdit de filmer ou photographier les lieux et les enfants et nous l'avons quand même fait quand elles ne nous regardaient pas.

 

A demain !

Le 22 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Dehli jour 22 (22 février 2018) de 19h à ...

 

On sort dans la rue pour aller manger. Il est déjà tard et nous ne savons pas trop ce qui sera encore ouvert. Il ne reste plus que les vendeurs d'habits qui rangent leurs stocks, des tatoueurs à l'henné qui ont toujours mille modèles plus beaux les uns que les autres à te montrer et les enseignes de bars qui clignotent. Nous avançons en se disant que l'on va bien finir par trouver un truc.

 

Ce ne sont plus que des vendeurs de poulets frits qui longent les trottoirs et je ne me sens pas de manger un truc trop gras. Un vendeur de bibelots à remisé tout son stock sur sa charrette et s'apprête à partir. Je me demande un peu comment il va faire pour ne pas tout renverser. Les rues ne sont pas désertes mais la circulation a très nettement diminué. Il y a toujours des tuk-tuk qui ont toute la place sur la route et qui klaxonnent quand même pour qu'on les laisse passer mais bon...

 

On passe devant un bar à bières. Ils ont je ne sais combien de sortes différentes. Les indiens ne boivent pour ainsi dire pas d'alcool car c'est plus ou moins interdit et les prix sont prohibitifs mais là, c'est franchement raisonnable. Puis on passe devant un bar "music live". On aimerait y aller mais il y a un vigile à l'entrée avec son détecteur à métaux. On attend un peu pour écouter le genre de morceaux mais rien ne filtre. On passe notre chemin. On reviendra un autre soir.

 

La rue est de plus en plus déserte. Un vendeur de pommes de terre nous propose son plat, mais à nouveau ça baigne dans l'huile. Par contre, cela sent super bon. C'est aussi la rue des vendeurs de sablé. J'en goûte à chaque coin de rue. Ca me coupe un peu la faim et comme cela se mange sans fin...

 

On croise un rickshaw vélo et nous lui demandons où nous pouvons manger. Il nous propose de nous y emmener. Il a de la place sur la route et il prend soin de ne pas rouler sur les nids de poule. C'est finalement pas très loin.

 

Nous arrivons sur une grande place avec un énorme portique inscrit New Dehli. D'ici peu nous irons dans un autre endroit qui est le Old Dehli. Mais chaque chose en son temps... Là, nous tout ce que l'on veut, c'est manger.

 

Nous voyons des restaurants de rues mais il ne s'arrête pas. Il continue quelques mètres et nous voilà sur un boulevard avec des restaurants à perte de vue. Il y en a pour tous les goûts. Enfin, si on veut. Dans cette rue, ce ne sont que des restos végétariens. Nous, nous voulons un peu de viande. Nous tentons de passer notre chemin, mais on nous harcèle en nous tendant les cartes de menus. Et là dans une autre rue, tu es au royaume des restaurants de nuit. Tu as tout ce que tu veux et à tous les prix. Du monde à gogo et on sait que l'on nous servira encore malgré l'heure tardive.

 

Nous choisissons un restaurant mais nous ne voyons pas qu'il est végétarien lui aussi. Mais ce n'est pas un problème pour le serveur car il demande vite à son voisin de nous préparer la viande que nous avons commandé. Il y a vraiment beaucoup de gens qui viennent manger. C'est un vrai défilé. Il y a une salle sans doute à l'étage car cela n'arrête pas de monter et descendre des plats.

 

Je ne le dis pas à Laurent mais de mon côté, je vois aussi l'envers du décor au niveau de l'hygiène et d'un coup j'ai envie de rendre. Heureusement, il finit très vite son plat et nous repartons juste à temps. Il est plus de minuit quand nous partons et nous demandons à quelle heure ils ferment. Et en fait, ils ne ferment pas...C'est du non stop jour et nuit. Des équipes se relaient.

 

Nous reprenons un rickshaw vélo qui lui ne nous épargne pas niveau bosses et trous. La rue est calme, sans un bruit, sans personne. Cela fait bizarre. La vie s'est arrêtée. Je me dis que nous allons pouvoir dormir tranquillement et effectivement nous n'entendons plus rien depuis notre chambre.

 

Par contre, c'est triste de voir tous les détritus qui restent sur la route et qui ne seront pas nettoyés d'ici à demain matin.

 

On dirait un peu une image apocalyptique. Ou comme si tu venais de faire trois jours de carnaval. Il reste les confettis, les canettes de bières, les mégots de cigarettes, des assiettes en carton et autres. Mais tu sais que d'ici quelques heures, le service des éboueurs sera passé et c'est comme si ces trois jours n'avaient pas eu lieu. Or ici, il n'y a pas vraiment d'éboueurs. Juste des petits balais de paille qui seront bien inutiles face à la quantité de déchets au sol.

 

Nous rentrons nous coucher car demain est une autre journée...

 

Bonne nuit !

Le 22 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Dehli jour 22 (22 février 2018) de 11h à 19h

 

Hello everybody !

 

Oh my God ! Dehli is a very crazy town ! Bon je vais continuer en français, car je crois que mon niveau d'anglais s'arrête là...

 

Non sérieux, Dehli, c'est de la folie furieuse ! Je vous passe le départ à l'hôtel jusqu'au nouveau puisque nous ne pouvions pas rester tout le séjour dans le même... Ah mais non, je ne peux pas car il y a trop de choses à dire...

 

Nous quittons donc l'hôtel pour aller dans un autre situé dans le quartier de Pahar Ganj à Main Bazar... Nous prenons un tuk-tuk. Il ne sait pas où nous devons aller mais il nous dit oui. Ils sont beaucoup à faire cela. Ils lisent le quartier, et s'ils connaissent un ou deux mots que tu as écrit sur ton carnet, ils te disent ok. Pour le reste, ils verront plus tard. Il y a ceux aussi qui négocient le prix avec toi et puis te sortent une excuse comme quoi ils ont un pneu crevé et ils font travailler leurs copains. Ou alors ceux qui sont méchants avec leurs semblables pour être sûrs que cela soit toi qui monte dans leur rickshaw....Bref...

 

Nous commençons donc notre voyage vers le nouvel hôtel. Je dis bien "voyage" car c'est dingue la circulation qu'il peut y avoir à Delhi. En comparaison, Kolkata est un petit village et Mallalapuram (le village de pêcheurs dans le Sud), devient un hameau. Quand je râle que cela prend des plombes à Kolkata, qu'il faut s'y prendre toujours 100 ans à l'avance si tu veux arriver à peu près dans les temps, eh bien à Dehli, tu ne râles pas, tu ne t'énerves pas et tu prévois le truc 1000 ans, voir 10000 ans à l'avance et voilà tout ! C'est vraiment hallucinant comme c'est long...

 

Donc nous traversons une circulation de malade, des petites rues, à nouveau de grandes avenues et sur le plan, tu crois vraiment que c'est à côté. Puis tu vois un autre rickshaw arriver à ta hauteur et il heurte le tien. Le chauffeur est mal à l'aise et il sourit en même temps. Ton chauffeur a l'air de lui dire "Bon fais gaffe la prochaine fois, calcule mieux ta distance de sécurité !" Et l'autre dodeline de la tête et repart comme si de rien n'était. Tu comptes quatre voies sur la route et trente secondes plus tard, c'est comme si nous étions sur une autoroute à six voies sauf que c'est limité à 40 km/h. La sandwich party recommence et tu ne sais pas si tu préfères être coincé entre deux gros bus avec pleins de gens qui te font coucou de la main en souriant ou si tu préfères slalomer entre les différentes voitures pour essayer de gagner du temps...

 

Nous arrivons dans le quartier en question. Le chauffeur demande à ses collègues où se trouve notre hôtel. Certains lui disent à droite, puis à gauche, puis par ici et enfin par là...Bref, on fait le tour du quartier et il ne trouve toujours pas. Nous pendant ce temps, on essaie d'immortaliser cette vie trépidante et de repérer aussi l'hôtel par la même occasion. Et on comprend pourquoi il ne trouvait pas aussi facilement. La pancarte se fond parmi je ne sais combien de magasins, échoppes, annonces publicitaires, habits qui flottent dans le vent et qui cachent les panneaux. C'est presque un miracle qu'il ait trouvé.

 

L'hôtel, se situe dans une toute petite ruelle et c'est une deuxième vie qui commence. On dirait un mini-village dans la ruelle. On voit un vendeur de tchai, pleins de gosses qui courent partout, des femmes étendent le linge, et au milieu de tout cela, il y a notre hôtel. Nous prendrons le temps d'explorer cet univers  en détails.

 

La chambre se situe au premier étage. Nous dormons dans un lit rond avec un lit superposé pour enfant. On dirait que l'on est dans un petit chalet en bois. Alors qu'on s'entende bien, il n'y a absolument aucun accès pour personne handicapée. De plus, que tu dormes dans la rue ou dans cette chambre, c'est à peu près pareil. Tu entends tout. Nous avons droit à une fanfare qui déboule sous tes fenêtres et "s'installe" un bon bout de temps avant de choisir un autre coin du quartier.

 

Nous nous reposons et décidons de sortir un peu plus tard. En effet, cette ville est hallucinante mais épuisante aussi. Quelques heures plus tard nous ressortons pour voir ce qui se passe dans la rue. Il y a de tout...et partout ! Laurent à peine sorti de l'hôtel, ne fait que mitrailler. Je pense qu'il doit faire à peu près une photo toutes les trois secondes, tellement il y a à voir.

 

Nous découvrons des marchands d'épices mais comme sur les cartes postales. Les jolies montagnes de couleur et ça sent tellement bon ! Je marche très lentement, car Dehli est une ville terrible pour marcher avec des béquilles. Tout est sale, tu peux glisser sur n'importe quel déchet à tout moment. Mais sérieux, c'est vraiment très très très sale Dehli je trouve. La circulation est toute concentrée dans ces petites rues.

 

Tu as juste envie de voir un panneau "interdit à la circulation" pour profiter au mieux de tous ces marchands. Mais non, tu dois te pousser tout le temps, tu rases des camions qui viennent livrer, des poulets dans leurs cages qui attendent d'être égorgé et tu avances péniblement au milieu de tout cela.

 

Puis tu vois que la circulation s'arrête...parce que Madame la vache n'est pas prête à se pousser. Ici, pas de klaxon, chacun prend son mal en patience, essaie quand même de la contourner mais elle a décidé de prendre du temps pour brouter le bout de salade qui traîne sur le bitume. Quelques secondes plus tard, elle fait trois pas sur la gauche et le festival de klaxons recommence comme si de rien n'était.

 

Nous prenons une petite ruelle et là, c'est le marché aux légumes. Les couleurs sont magnifiques, les légumes sont si joliment présentés. C'est pas comme chez nous. Ici ils font de superbes pyramides assez hautes en plus et qui tiennent la route. J'ai une envie de ratatouille monstrueuse. Je sens que les légumes frais me manquent. Nous croisons un indien qui se veut être notre guide pendant quelques temps. Il nous explique ce qu'il y a à voir et nous fait circuler dans des dédales de rues. On croise les coiffeurs, les poissonniers qui écaillent leur marchandise sur de grosses lames arrondies, les vendeurs de chaussures, de tchai, les boucheries, les épiceries de quartiers. Une femme est en train de balayer à côté de deux grosses bennes à ordures. Pour moi, l'odeur est atroce et je traverse ce bout de rue en apnée. J'ai vraiment du mal avec les odeurs. Elles me retournent vite l'estomac.

 

Le jeune nous suit toujours et nous conduit chez deux marchands de vêtements et bibelots situés au bord de la route. Déjà que la circulation est pénible dans les ruelles, la retrouver sur l'artère principale ne nous intéresse pas et nous rebroussons chemin. Nous préférons les marchands de rues plutôt que les grandes surfaces.

 

Nous traversons la rue des fabricants de matelas. Nous les voyons choisir leur mousse, mettre une couche de colle style néoprène (on sent à l'odeur que c'est très fort et que cela doit bien coller), puis il rajoute la deuxième couche de mousse par-dessus. Ils réajustent la position en faisant glisser leurs doigts entre les deux mousses de manière très rapide.

 

Juste à côté, il y a le couturier pour matelas qui attend que tu aies choisis le tissu que tu veux et qu'il te le couse à la dimension du matelas que tu viens de te faire faire.

 

On débouche finalement sur une énorme rue de boutiques...C'est "just the paradise for me" ! Je ne peux pas décrire tout ce que je vois, tout ce que je touche, tout ce que je voudrais ramener, tout ce que je voudrais offrir. Je me vois déjà habiter dans mille maisons différentes pour pouvoir les décorer chacune différemment !

 

On s'arrête à peu près partout et on cherche un endroit où se poser et boire un tchai. Le comble est que nous n'en trouvons pas ou alors il n'y a plus de siège de libre. On recherche notre hôtel, on s'est un peu perdu. Un vendeur nous fait goûter des sablés. Ils tuent tellement ils sont bons ! On les mangera en buvant notre tchai, si on en trouve un !

 

Finalement, on retrouve notre hôtel et juste devant, il y a un vendeur qui lui aussi nous faire boire un tchai vraiment excellent.

 

Nous rentrons à l'hôtel nous poser un moment avant de ressortir pour manger.

 

La suite toute à l'heure ou demain...

Le 21 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 21 (21 février 2018)

 

Salut les amis !

 

Eh bien après dix heures de sommeil d'affilé, je me sens nettement mieux. Je n'ai rien pris comme médicament ce matin et on dirait que ça le fait !

 

On finit de libérer la chambre, et nous prenons un taxi direction l'aéroport. Notre vol part à 15H15 pour Dehli. Nous commençons à connaître ces paysages mais c'est toujours étonnant et triste de voir des endroits si beaux en Inde et juste à côté, de voir que cela peut aussi ressembler à une décharge à ciel ouvert. La circulation est dense (étonnant non ?!) et nous mettons plus d'une heure pour arriver à l'aéroport. Nous croisons une ambulance sur l'autoroute. Alors oui comme nous, elle a la priorité quand elle met ses feux et son girophare et nous voyons les voitures et autres se pousser, mais cela ne dure pas. Les bouchons prennent vite le relais et elle se retrouve à attendre comme tout le monde !

 

Il y a aussi beaucoup de panneaux publicitaires. Et ce qui est très étonnant et même drôle je dirais, c'est qu'ils sont en hauteur (10-12 mètres de haut, peut-être plus) et qu'il y a trois spots lumineux pour éclairer juste un numéro de téléphone. Sans aucune autre information sur le panneau !

 

Depuis notre arrivée, on ne compte plus le nombre de voitures de mariage que l'on croise. Toutes décorées de fleurs, elles se fraient un passage tant bien que mal parmi le reste de la circulation. Le premier jour, juste au coin de notre rue, nous avons vu une mariée dans la voiture, toute belle, avec ses mille bijoux partout et toute sa famille qui l'entourait et qui pleurait de la laisser partir. Le futur marié était à l'avant et attendait que l'on ferme le coffre qui était rempli de cadeaux. On croise un énorme camion avec je ne sais combien d'hommes dessus qui se rendent sans doute au travail. Ils nous font de grands signes et sourient sur les photos.

 

A notre arrivée à l'aéroport, nous présentons nos passeports et nos billets d'avion mais sur l'ordinateur à un vigile. Et je le vois qui crie le nom d'un homme. Sur le moment, je me dis que c'est parce que nos billets ne sont pas valables car nous ne les avons pas fait imprimer avant et en fait non pas du tout...Une voiturette arrive et nous grimpons avec nos sacs. Le chauffeur nous fait traverser tout l'aéroport sur sa voiture et nous gagnons un temps précieux.

 

Nous attendons dans le hall d'embarquement et nous ne percutons pas que les passagers entre dans l'avion en fonction de leurs sièges pour éviter de faire des queues trop longues. On le saura pour la prochaine fois. De plus, ce qui est impressionnant ici, c'est que tu sors extrêmement vite de l'avion et bien souvent, tu n'as même pas le temps d'arriver devant les halls pour les bagages qu'ils sont déjà en train de tourner sur le tapis roulant.

 

Le premier jour de voyage, nous avions fait escale de quelques minutes à Dehli et nous en avions profité pour aller voir à quoi ressemblait la ville jsute devant l'aéroport. Nous avions remarqué que les taxis n'étaient pas les mêmes qu'à Kolkata.

 

A notre sortie de l'aéroport, nous ne voyons que des taxis prépaid. Du coup, nous ne nous faisons pas harceler. Nous devons longer l'aéroport pour trouver les rick-shaw et autres.

 

Nous prenons un tuk-tuk. Nous en avons pour 45 minutes environ avant d'arriver à notre hôtel situé à Ashoka Road, juste à côté de la Connaught Place, un lieu où il semblerait qu'il y a ait beaucoup de choses à faire, à voir, etc. Nous avions choisi cet hôtel aussi pour ça.

 

Et là, on commence le trajet dans la circulation de Dehli. Enfin dans les bouchons de Dehli. Et les bouchons de Dehli, ce ne sont pas les bouchons de Kolkata...

 

Sur le moment, on voit que les voitures s'arrêtent. On se dit c'est normal, il y a un feu rouge, donc elles attendent. Puis, les bus, les motos, rick-shaw et autres, arrêtent leurs moteurs. Là tu te dis que cela sera un peu plus long que prévu. Petit à petit, des gens sortent de leurs véhicules pour essayer de voir ce qu'il se passe au loin. Puis tu vois un vendeur de galettes arriver et monter dans le bus pour vendre sa marchandise et faire patienter les gens. . Les chauffeurs de tuk-tuk discutent entre eux, comparent les prix qu'ils ont demandé aux touristes pour la course et retournent attendre que le traffic reprenne. Certains voyageurs n'ont pas la patience d'attendre et descendent du bus et continuent leur trajet à pieds sur le bord de la route. Arrive à ce moment-là, un vendeur de pop-corn, de chips qui déambulent au milieu des voitures. Un autre vend des ballons ou je ne sais quoi... Une vache et son petit broutent ou mangent les détrituts qu'il y a sur le bord de la route.

 

Laurent sort aussi et en profite pour faire des photos. De ma place, je vois une passerelle au-dessus de ma tête où se mêlent piétons, motos et vélomoteurs. Eux au moins, ils n'ont pas autant d'embouteillages. Nous croisons un bus d'écoliers et les enfants nous font de grands sourires quand nous les prenons en photos. Les indiens adorent être pris en photo. Que cela soit avec leurs amis, leur famille ou en train de travailler, tu sens toute la fierté qu'ils ont à poser et à se regarder ensuite.

 

Le trajet prend plus de temps que prévu bien évidemment et nous arrivons devant un complexe. Il paraît que notre hôtel est là...au bord de la route, avec rien autour, la fameuse Connaught Place n'est pas si proche que ça finalement...

Nous allons à la réception...18 ans plus tard nous pouvons voir la chambre. Nous avons réservé pour 5 jours mais sans connaître la raison exacte, nous ne pourrons que dormir deux jours maximum.

 

La chambre est très spacieuse, les portes sont larges, la salle de bain tout à fait accessible aux personnes à mobilité réduite et nous sommes au rez-de-chaussée. Par contre, il fait froid, il faut mettre du chauffage car on se les pèle et c'est trop cher pour ce que c'est. Nous décidons de chercher autre chose pour le lendemain.

 

Puis nous allons manger dans la rue juste en face. Laurent a repéré des petits restaurants et nous allons voir ce qu'ils proposent. On passe devant des gens qui dorment dans la rue, certains ont installé des lits de camp. Puis on trouve les petits restaurants en question. On décide d'abord d'aller voir s'il y a autre chose ailleurs. Nous longeons une grande avenue toute marbrée au sol avec de grands pots de fleurs de chaque côté.

 

On voit que les hommes portent des turbans sur la tête et d'autres des foulards. Les femmes ont toutes les cheveux recouverts d'un voile. Nous arrivons sur un magnifique monument blanc, avec pleins de moulures. Le bâtiment principal comporte une coupole dorée. A l'étage inférieur, il y a des guichets où l'on dépose ses chaussures. Nous ne savons pas ce qu'il s'y passe mais nous voyons remonter des gens avec des assiettes de riz et des pois chiches. Nous ne descendons pas.

 

Nous découvrons par la suite que le bâtiment en question est le musée du Sikk. Les gens sont tous pieds nus, ils accèdent aux escaliers en trempant leurs pieds dans un petit bain, comme pour se les rincer avant. Puis ils longent un couloir tout doré avant d'accéder je présume au musée. Je n'arrive pas bien à le décrire alors je vais m'arrêter là et laisser les photos parler pour moi.

 

Nous, de notre côté, nous cherchons toujours s'il est possible de manger car il est bientôt 23h. A Kolkata, les restaurants ferment plus tôt qu'à Dehli. On continue notre chemin et on voit une file de personnes qui attendent avec leur assiette qu'on leur serve une sorte de chapati avec une louche de lentilles. A chaque fois qu'un chapati est posé sur l'assiette, le "cuisinier" chante une louange et la foule répète. Puis une deuxième louange arrive avec les lentilles. A nouveau la foule répète. Et ainsi de suite pour chaque assiette.

 

Il n'y a plus rien à voir de ce côté et nous rebroussons chemin. Nous retournons dans les petits restaurants de rue et je souhaite juste manger encore du riz blanc pour ne prendre aucun risque. Mais ils n'en n'ont pas. Je prends des nouilles. Une femme me les prépare en direct. Elle accepte de ne pas mettre de piment. C'est très très bon. Laurent de son côté, se choisit un assortiment de mets frits et nous mangeons cela en regardant les riverains venir prendre un petit tchai. Ils ont l'air d'être les seuls dans le quartier à faire à manger et donc il y a toujours un peu de monde qui s'arrête.

 

Nous rentrons à l'hôtel tranquillement.

 

A demain !

Le 20 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Salut tout le monde,

 

Nous avons une bonne nouvelle pour vous...

 

Laurent vous a mis toutes les photos de notre voyage que nous avons déjà traitées sur la page suivante :

 

https://tutu137.wixsite.com/inde

 

Par contre, le texte restera sur leetchi...

 

Belle découverte !

 

A bientôt

Le 20 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata, jour 20 (20 février 2018)

 

Salut tout le monde,

 

Bon ben comment dire...Je suis malade ou du moins je n'échappe pas à la tourista.

 

Du coup, le programme d'excursion que nous avions prévu pour la journée est repoussé à notre retour à Kolkata. Je ne voulais pas prendre le risque d'être trop loin de l'hôtel et d'être mal.

 

Donc on a passé la journée dans la chambre, à gérer les photos, et à rester en position couchée pour moi, pour éviter de trop déranger mon petit estomac.

 

Mais le soir nous sommes quand même sorti, histoire de prendre l'air et de manger un bout.

 

Nous sommes juste allés au marché qui est à 800 mètres de l'hôtel et on s'est baladé dans les dédales de ruelles.

 

Puis on a mangé sur place dans un restaurant. Du riz blanc pour moi et c'est tout. Du coup, c'est un peu difficile quand tu sens les bonnes odeurs du plat de Laurent en face.

 

Mais bon, demain est une longue journée. Nous quittons Kolkata pour cinq jours. Nous partons visiter la capitale et nous reviendrons pour l'arrivée de Kanta et pour fêter l'Holi, (la fête des couleurs). Je voudrais être sûre de ne pas être à l'article de la mort et pouvoir profiter de la ville au mieux.

 

Il y aurait toujours quelque chose à dire sur ce que l'on voit au fil de nos petites balades, mais là, veuillez m'excuser mais ce sera pour une prochaine fois. Je suis naze et pas en super forme...

 

Alors bonne nuit à toutes et tous !

Le 19 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 19 (19 février 2018)

 

Namasté tutti !

 

Pour moi la journée a un peu mal démarré. J'ai très bien dormi mais sans doute dans une mauvaise position et du coup, j'ai la nuque et les épaules qui me font mal.

 

Aujourd'hui, on part à Central Avenue. C'est le quartier des informaticiens pour voir s'il est possible de récupérer les photos que nous avons sur notre carte SD.

 

En Inde, il n'y a pas d'heure de pointe je pense. C'est tout le temps la mauvaise heure pour rouler. Le trajet n'est pas très long mais au final cela le devient. Le taxi doit s'arrêter toutes les 30 secondes car il ne peut pas avancer plus, il essaie tant bien que mal de se faufiler entre les bus, rickshaws et piétons et nous arrivons devant un grand complexe commercial, le E Mall.

 

Tous les vendeurs en informatique sont réunis sur deux ou trois étages. Nous essayons le premier magasin. Mais ils nous disent qu'ils ne réparent pas ce genre de cartes, mais qu'ils peuvent nous en vendre.

 

Idem pour le second, le troisième, etc. Nous comprenons que ce n'est pas ici que l'on pourra nous aider.

 

Nous pensons que les réparateurs dans la rue seront peut-être plus à même de nous aider. Nous sillonnons les rues mais sans succès. On imagine qu'ils sont super calés dans le domaine.

 

Au cours de nos pérégrinations, nous cherchons le Chandni Market. Nous demandons à des jeunes et ils nous disent que nous y sommes et en plein cœur. Laurent explique son problème et à plusieurs, ils essaient de le résoudre mais en vain.

 

Nous laissons donc tomber et nous nous baladons. Alors là, c'est le marché extérieur des vendeurs de pièces détachées d'ordinateurs, de câbles, de cartes mémoire, etc. On retrouve toujours les vendeurs de pacotille. On croise un vendeur de tabac. Il sort de son gros sac son tabac en vrac et le conditionne dans de petits sachets. Puis il y a le vendeurs d'enseignes lumineuses, cela clignote dans tous les sens avec des slogans publicitaires qui défilent.

 

Nous ne nous attardons pas. Laurent souhaite retourner à Kalighat pour essayer de refaire quelques photos de la journée de "perdue" au cas où à notre retour, nous n'arriverions pas à récupérer ces données.

 

Nous nous séparons sur ce marché. Je vais à Shishu Bhavan et lui part à Kalighat. Le trajet est très long et en plus le chauffeur ne sait pas où se trouve Shishu Bavhan. Je lui explique mais il n'est jamais sûr d'être dans la bonne direction. Shishu Bahvan se trouve au no 178 je crois de Chandra Bose Road et je vois que nous sommes qu'au no 6A de cette même rue. Je sens que cela va être très long. Le chauffeur s'impatiente et je lui dis qu'il peut encore rouler un moment, que nous ne sommes pas prêts d'être arrivé.

 

En effet, cette rue est juste gigantesque et en plus, il y a tellement de numéros...Ce n'est pas comme chez nous. Tu as pair ou impair et ca se suit...Ici, tu as par exemple 2B A.J.C Bose Road, 2C A.J.C Bose Road, 6A A.J.C Bose Road, etc.

 

Et quand tu sais que tu dois aller au no 178, comment dire, va vraiment falloir prendre ton mal en patience...lol

 

J'arrive et je sais que Giovanni travaille car c'est un jour où les bénévoles qui veulent travailler dans les différents centres de Mère Teresa viennent pour se faire enregistrer. Sauf qu'aujourd'hui, il y a un monde fou. Il sont je ne sais combien. Je dirais bien entre 200 et 300 futurs bénévoles qui attendent sur des bancs qu'on les appellent. Des groupes entiers de toutes les nationalités sont là et attendent patiemment leur tour.

 

Certains trouvent le temps long, d'autres ont soif et demandent à partir et qu'on leur garde leur place, bref, c'est l'administration indienne. Une sœur est en train de préparer les petites cartes avec les noms des bénévoles qui leur permettrons de travailler aux endroits qu'ils auront choisi. Sur les bancs, il y a les différents lieux où l'on peut être bénévoles avec leurs descriptions.

 

Je passe lui dire bonjour. Je croise Sendip qui était à Darjeeling puis à Varanasi. Il aide aussi au recensement.

 

Puis je monte voir les enfants. Rien ne change du jour d'avant. Je me demande si ces petits sortent un peu prendre l'air. Les grands, nous savons qu'ils jouent dans la cour pendant deux heures environ, mais les petits, je ne les ai encore jamais vu dehors.

 

Et là, je commence à me sentir mal. J'ai très très chaud, mal à la tête et je suis à deux doigts de tomber dans les pommes.

 

Je décide de vite rentrer à l'hôtel. Je n'ai sans doute pas assez bu ou je suis tout simplement fatiguée.

 

Laurent n'est pas encore rentré. Je dors un petit moment et je ressors au marché car il y a un deuxième étage avec uniquement des tissus, des saris, des turka, etc.

 

Je vois toujours dans la rue les indiennes porter de magnifiques tenues avec des broderies dorées partout, des étoles assorties et moi je n'en ai pas encore trouvé. Et maintenant je comprends pourquoi. Les indiennes en fait achètent leurs tissus et se fabriquent elles-mêmes leurs saris, leur turka. Il existe des modèles prédécoupés mais impossible de trouver un modèle déjà tout prêt.

 

Je rentre en sentant les bonnes odeurs d'épices des plats qui sont en train de cuire et je retrouve Laurent qui est déjà à l'hôtel.

 

Nous ne ressortirons pas ce soir car demain est une grosse journée. Je me réjouis déjà de vous la raconter mais bon, il va falloir attendre qu'elle se passe non ? lol

 

Belle soirée à vous toutes et tous !

 

PS: Nous n'aurons pas les photos de la journée à Kolkata jour 17 car il semblerait que les données soient irrécupérables...

Le 19 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 18 (18 février 2018)

 

Hello everybody !

 

Aujourd'hui, ça a été une journée off pour nous ou presque off. En effet, comme on avait bien cavalé hier, on en a profité pour se reposer un peu.

 

Laurent a trié une partie de ses photos et moi je suis allée à Shishu Bhavan auprès des enfants. Quand je suis arrivée, il y avait une énorme pile de chaussures devant l'entrée et j'ai pensé qu'il y avait beaucoup de visiteurs aujourd'hui.

 

Les grands jouaient dans la cour. Une famille est arrivée et leur a distribué des chocolats. Ils se sont tous mis à la queue leu-leu pour être sûr d'avoir chacun leur part et sont repartis jouer.

 

Les plus petits étaient dans leurs habits du dimanche. Ils portaient de petites chemises à carreaux ou de jolies robes à fleurs. En effet, le dimanche est le jour des visites des parents. J'ai vu pour la première fois des familles venir voir leur enfant et jouer avec eux.

 

Un père passait un moment privilégié avec sa fille dans le couloir et une mère était en train de regarder son petit jouer avec les bénévoles en souriant avant de le récupérer et de le bercer.

 

J'ai appris que certains petits allaient être opérés. Un dont je ne me souviens plus le nom a de l'eau dans le cerveau et une grosse bosse dans le dos, remplie d'eau elle aussi. Il ne peut pas marcher et ils ne savent pas en revanche si l'opération va réussir et s'il pourra se déplacer seul par la suite. Mais ils vont quand même tout tenter. Il sera opéré au RCFC comme moi.

 

Le petit qui ne bouge pas et qui aime qu'on lui caresse l'arête du nez lui par contre, on sait qu'il ne marchera jamais.

 

Shoana est en réalité une petite fille. Je me suis sentie bien bête quand je l'ai appris ! Je la voyais toujours habillée avec des habits pour garçons et je n'ai pas percuté...

 

Quand je suis arrivée, elle est venue tout de suite dans mes bras faire un câlin avant de courir chercher un hochet sur le tapis.

 

J'ai revu Mijo et Hazar qui sont aussi là pour s'occuper des enfants. Je ne suis pas restée longtemps car je voulais voir Sister Marianne mais elle était occupée avec une famille qui voulait que leur enfant handicapé soit placé ici.

 

Le soir, nous sommes juste sortis pour manger dans le petit restaurant de rue situé à côté de chez nous où nous avions mangé de la cervelle de singe. Le gérant voulait que nous nous asseyions face à un mur alors qu'il y avait de la place en face de deux hommes. Il ne voulait pas que l'on s'installe là.

 

Puis la table d'à côté s'est libérée et nous nous sommes assis. Je ne sais pas du tout si c'est à cause de cela ou non, mais dans ce restaurant, il n'y a jamais de femmes qui mangent. Je suis toujours la seule. Peut-être que c'est dérangeant ou offensant que je mange en face d'hommes ? En tous les cas, nous avons été l'attraction de la soirée.

 

Nous rentrons à l'hôtel tranquillement. On voit les marchands faire les comptes de leur journée, d'autres qui remplissent leurs chariots de denrées alimentaires qu'ils iront livrer au petit jour. Des enfants font la course pieds nus sur le trottoir pendant que leurs mamans discutent sur des marches d'escaliers. Le vendeur de mais du bout de la rue rentre chez lui en poussant sa charrette.

 

Demain nous irons à Centrale Avenue. Nous avons profité de notre soirée pour checker nos prochaines réservations de transports et hôtels car nous allons quitter Kolkata mercredi pour quelques jours. Nous avons réussi à faire tout ce qu'il fallait sans y passer la nuit ! On devient de plus en plus fort ! Lol...

 

Voilà, ce fut une petite journée mais une journée toujours remplie de petits riens qui sont intéressants à Kolkata.

 

Bonne nuit tout le monde !

Le 17 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 17 (17 février 2018) de 14h45 à 21h

 

Nous sortons du temple à 14h45 et la surprise de Laurent a lieu à 15h35.

Nous ne sommes pas très loin mais comme je ne lui ai rien dit, j'ai fait un plan sur mon carnet, pris la boussole au cas où et j'ai prié pour trouver rapidement sans devoir lui dire ce qui allait se passer.

 

Je lui ai fait croire qu'on allait à une sorte de fête et qu'il fallait être à l'heure pour ne pas se faire remarquer ! Lol...

 

Mais en réalité, Giovanni a fixé le rendez-vous avec quelqu'un et comme il a dit ok pour 15h35 précisément, je stressais de ne pas y être à l'heure.

 

Nous cherchons un tuk-tuk pour nous y rendre mais personne ne veut nous prendre. C'est bizarre, ils sont tous vides au bord de la route, comme si personne ne travaillait ce jour-là. Puis on nous dit que nous ne sommes pas loin, mais qu'il faut aller dans la rue en face, puis nous ne sommes pas dans la bonne direction, puis le taxi ne veut pas nous prendre car nous sommes trop proches...

 

Bref, le stress monte et mon impatience aussi car je ne savais pas ce que signifiait 15h35 pour le rendez-vous. Et si on arrivait trop tard et que tout soit gâché ? Un taxi nous dépose devant un rickshaw vélo et s'en va. Mais je suis incapable de monter. C'est vraiment trop compliqué. Je lui fais comprendre que c'est impossible mais le problème est qu'il est le seul à connaître le lieu exact. Il pousse son rickshaw le plus près du trottoir et je monte tant bien que mal, en m'éclatant à moitié le genou mais bon, au moins on sera à l'heure.

 

Effectivement, trois minutes après, nous sommes arrivés. Nous entrons dans une ruelle et je ne vois pas de pancarte de publicité pour le lieu en question. Nous demandons dans un bureau situé au rez-de-chaussée où cela se trouve et ils nous disent que c'est au deuxième étage.

 

Et nous voilà en train de grimper ces deux étages. Je n'en peux plus, il est tout juste 15h35 quand nous arrivons. Je vais repérer les lieux pour que Laurent ne voit pas la surprise avant. Et j'arrive directement sur une habitation. Je frappe à la porte, pas de réponse. Je pousse le rideau, appelle, toujours pas de réponse. On doit donc rebrousser chemin.

 

On redescend nos deux étages et nous demandons aux deux hommes qui sont dans le bureau s'ils sont sûrs que c'est bien là car personne ne répond. Ils acceptent de téléphoner pour nous. Et là, enfin la personne concernée nous dit de monter, qu'elle était bien là mais qu'elle ne nous avait pas entendu...

 

Nous voilà reparti à grimper ces étages...Je n'en pouvais plus...On entre chez lui, nous enlevons nos chaussures et nous traversons une cuisine puis une autre pièce, avant d'arriver dans son studio d'enregistrement.

 

Laurent voulait visiter un studio de musique en Inde et j'ai profité de faire des recherches pendant qu'il était à Darjeeling et essayer de lui organiser une visite privée d'un studio de musique avec l'aide de Giovanni.

 

J'avais choisi ce studio car il avait de très bons commentaires et parce qu'il était situé à côté de Kalighat et que cela nous permettait aussi de faire d'autres visites dans le coin.

 

Le studio est en fait tout petit. Avec juste une table de mixage, deux petites enceintes, une carte son avec huit préampli et son ordi. Dans la pièce d'à côté, c'est la cabine de prise. Des micros sont installés, des câbles un peu partout et surtout ça sent le moisi des vieilles caves.

 

Mais Pussab est vraiment super sympa. Il nous explique qu'il est en train de mixer un morceau en bengali où c'est sa femme qui chante. Elle est aussi dans la pièce avec une autre personne.

 

Nous écoutons un bout de la chanson. Elle a vraiment une très belle voix et c'est surprenant d'entendre un morceau aussi prometteur avec aussi peu de moyens. Comme quoi c'est le talent qui prime avant le matériel...

 

Pussab fait aussi des musiques de film et il nous montre sur l'ordinateur le trailer d'un thriller qui va bientôt sortir. On écoute encore une autre musique en bengali mais nous aimons moins. Enfin, nous écoutons une version de "Love me like you do" de Sia chantée par sa femme.

 

Nous discutons encore son et film un moment avant de partir.

 

C'était vraiment un chouette moment en sa compagnie... Laurent était content, c'est le principal.

 

Nous traversons de petites rues pour rentrer et découvrons un tout autre quartier. Des enfants jouent au cricket au milieu de la rue et les voitures les contournent pour passer. C'est comme si c'était un autre monde. Il n'y a presque pas de bruit, la circulation est présente mais les klaxons ne sont pas incessants, l'ambiance est vraiment très différente. Nous avons même traversé un bout de rue où il n'y avait aucun bruit. Trop bizarre la sensation...Lol

 

On retrouve toujours ce côté bidonville un peu partout mais c'est moins prenant que sur Chandra Bose Road où nous dormons.

 

Nous marchons, traversons des petits marchés, puis décidons de manger car je suis au bout de mes limites. J'ai mal aux mains, mes jambes ne suivent plus et il faut vraiment que je me pose.

 

Nous mangeons dans un restaurant de rue. Nous goûtons un plat du sud de l'Inde, le masala dosa. C'est une grande crêpe fourrée aux pommes de terre, légumes et piments. Avec à côté une sauce à la noix de coco et poivre très pimentée, une autre qui ressemble au dhal. Nous nous régalons et repartons en taxi à l'hôtel.

 

Le trajet est long et en Inde, à chaque grand carrefour, tu vois un compteur qui te dit quand tu pourras passer. Du coup, chaque chauffeur éteint son moteur et t'emboucane quand il redémarre.

 

Il a aussi un compteur à l'intérieur du taxi. On ne sait pas trop à quoi il sert puisqu'il te dit le tarif avant que tu ne fasses la course. On remarque quand même que lorsqu'il est arrêté, il y a un compteur qui indique combien de temps il est resté à l'arrêt. Mais les secondes semblent être plus rapides que les nôtres...Lol...

 

Voilà pour cette journée !

 

Bonne nuit !

 

 

Le 17 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 17 (17 février 2018) de 12h à 14h45

Salut tout le monde,

Aujourd'hui a été une journée très chargée. Laurent allait découvrir la surprise que je lui avais préparée pour son anniversaire.

Mais avant cela, j'ai dû attendre que Giovanni me confirme que tout était ok pour la surprise.

Nous sommes donc allés à Park Street en taxi juste devant l'entrée du métro. Nous avons testé ce nouveau moyen de transport.

Lorsque j'ai préparé mon projet, je m'étais renseignée sur le métro mais je n'avais trouvé des informations que sur celui de Dehli. Il est équipé d'escalators, d'un ascenseur et il y a des emplacements spécialement réservés pour les personnes handicapées.

Pour Kolkata, j'avais appris par Mijo et Hazar qu'il y avait beaucoup d'escaliers et pas d'ascenceur.

Nous entrons donc dans le métro à Park Street. Les escaliers ne sont pas si nombreux et en plus, ce sont de petites marches faciles à descendre. Nous voyons un panneau interdisant de fumer et de prendre des photos. Le métro est extrêmement propre.

Dans un coin, nous voyons un militaire armé. Puis, tout le monde passe un portique de sécurité. On demande à Laurent de ranger l'appareil photo qu'il a autour du coup dans son sac à dos. Les couloirs sont longs mais larges, il est facile de circuler sans se faire bousculer.

Puis nous devons prendre nos billets au guichet. Je trouve que le système est ingénieux et très simple. Le guichetier te vend ton trajet pour 5 roupies (0,03 euros) et te remet un jeton jaune, comme ceux que l'on te donne dans les fêtes foraines pour monter sur un manège.

Mais nous ne savons pas où nous devons aller exactement. Je savais qu'il ne fallait pas prendre la direction "Dum-dum" mais l'opposé. Mais tout est écrit en hindi. On demande à deux surveillants assis sur leurs chaises la bonne direction. ILs nous indiquent que nous sommes au bon endroit. Ils prennent nos jetons et les passent sur la machine et les battants s'ouvrent. Puis ils nous rendent nos jetons.

Nous attendons que le métro arrive. Il n'y a pas foule, tout est calme, certains sont assis et consultent leurs portables, d'autres regardent des clips qui passent sur une télé.

Des écrans indiquent l'heure qu'il est et l'heure à laquelle doit arriver le métro. Nous patientons quelques instants. Une personne est en train de balayer pendant qu'une autre passe la serpillère juste après elle. Tout est clean, pas un seul papier ne traîne.

Puis le métro arrive. Il est bondé à craquer, un peu comme à Paris aux heures de pointe, sauf que là il est 13H30 et que le métro qui est passé juste avant est tout aussi bondé.

Beaucoup de monde descend et nous montons. Une femme me laisse sa place assise. Il fait chaud, l'air ne passe pas beaucoup et tout le monde s'accroche aux barres métalliques suspendues. Il n'y a pas de barres verticales. Une vois indique largement avant l'arrêt le nom de la prochaine station. Je trouve cela très agréable car en France, tu dois toujours être sur le qui-vive et les portes se referment très vite.

Nous devons descendre à la cinquième station "Kalighat". Nous nous dirigeons vers la sortie. Il nous suffit de glisser nos deux jetons jaunes dans la fente de la machine et nous voilà prêts à ressortir aux grand air. Il y a encore avant un escalator et des escaliers à monter. Mais à nouveau, les marches sont basses et l'air arrive, c'est très agréable.

Nous avons 1H30 devant nous avant la surprise. Je propose à Laurent d'aller voir le temple de Kali. Nous prenons un tuk-tuk qui nous dépose presque devant l'entrée.

Un guide vient à notre rencontre. Sur la droite, nous devons enlever nos chaussures. Puis nous allons juste en face où un homme vende des couronnes de fleurs rouges et jaunes. Le guide arrache quelques fleurs de la couronne, me demande mon, prénom et me pose sa grappe sur le front en faisant une prière. Il fait de même avec Laurent.

Il nous emmène ensuite voir le temple des sacrifices. Sur le chemin, nous voyons des tâches et des traînées de sang au sol et nous avançons doucement pour les éviter. Le temple ds sacrifices est une petite maison où il y a beaucoup d'encens noir qui fume, avec des gens qui prient. La fumée monte vers le dieu noir pour enlever tout ce qu'il y a de négatif pour toi, ta famille et tes amis.

Puis nous arrivons dans une cour où l'on peut faire des offrandes pour aider les enfants entre autres. Du moins, c'est ce que j'ai compris. Enfin, on arrive au temple de Kali en question. Il faut monter des marches étroites et mouillées et nous passons devant une statue où des gens son agenouillés et prient, d'autres jettent des fleurs de leur couronne avant de repartir. Le guide nous met un point rouge sur le front et nous sortons. Nous n'avons pas vraiment prié ou pas vraiment eu le temps, on va dire cela comme ça.

Nous redescendons des marches toutes aussi étroites et allons dans un autre lieu de prière. Le guide me pose des fleurs sur le front et je dois répéter 3x "Namasté Kali". Puis idem pour deux autres dieux dont j'ai oublié les noms.

Puis il arrache à nouveau des fleurs de ma couronne et me les pose à nouveau sur le front. C'est une prière cette fois-ci pour mon père, puis ma mère, ma sœur, mes frères, chien, mariage ou futur mariage, bébé, maison et travail.

Puis il prend une dernière fleur que je dois garder dans mon sac. Et il pose les restes de couronnes devant une statue. Ensuite, il me donne un large anneau en plastique que je dois poser sur le tronc d'un arbre et lui pendant ce temps m'attache autour du poignet un bracelet de coton rouge et orange. Mon vœu se réalisera une fois que le bracelet se sera détaché tout seul.

Je dois donner mille roupies pour Kali, puis aller m'agenouiller et dire 51x "Namasté Kali". Idem 51x pour le deuxième et le troisième dieu.

Enfin, nous allons remettre nos chaussures, faire un don pour les couronnes de fleurs et pour le guide.

Nous sortons de là impressionnés de voir la ferveur des indiens, La prière est vraiment très importante chez eux. On voit souvent au bord de la route des petits temples où ils viennent en vitesse déposer une roupie et prier quelques secondes dans le vacarme des klaxons et des passants.

Mais nous sommes aussi un peu mitigés. Cela se fait trop vite, de l'argent à donner à tout moment et on n'arrive pas vraiment à être dans cette ferveur je trouve. Mais c'était bien de visiter ce temple malgré tout.

Je ne sais pas si nous pourrons vous montrer des photos car la carte SD n'est plus lisible sur l'ordi. On dirait qu'on a perdu toutes les photos de la journée...Alors on va voir ce que l'on peut faire pour récupérer nos données et on essaiera de vous les montrer. La suite dans le prochain article...

Le 17 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 16 (16 février 2018)

 

Hello tutti !

 

Aujourd'hui nous devions régler un souci technique sur l'appareil photo de Laurent et nous sommes donc partis dans un magasin spécialisé.

 

Nous sommes allés en tuk-tuk sur la place de l'Esplanade. C'est pas très loin de Shishu Bhavan mais le traffic est tellement intense que tu mets vraiment trois plombes pour y arriver.

 

L'Esplanade est une énorme place qui dessert une entrée de métro, le début des marchés de rues, et la fameuse Market Place dont on vous a déjà parlé. On voit des fourgons de police avec des gens à l'intérieur. Les fenêtres du véhicule sont grillagées mais la porte est grande ouverte avec un CRS qui dort sur le siège passager !

 

Nous avons repéré les différents lieux où nous devons aller pour l'appareil photo et en arrivant dans la rue, une manifestation se prépare aujourd'hui ou dans les jours prochains. Car une armada de CRS, de policiers en tout genre, habillés en uniformes blancs ou bruns avec des matraques en bois et en plastique pour certains à la main, surveillent la rue sans bouger. Des barrières de sécurité vont être mises en place sous peu. Il y a quelques femmes dans le lot mais elles sont peu nombreuses.

 

Nous devons aller dans la rue en face. C'est un CRS qui nous fait traverser car là, même avec toute la bonne volonté du monde, on n'y serait jamais arrivé. De l'autre côté de la rue, ce sont des civils qui stoppent un bus pour que l'on ne se fasse pas écraser.On sait que la circulation à Kolkata est énorme et on a l'habitude de la voir généralement sur de grandes artères. Et là, elle se concentre sur des rues comme chez nous, et c'est vraiment l'enfer, entre le bruit, la pollution et les passants.

 

On découvre un premier magasin de photos. Puis une rue plus loin, on en découvre un deuxième. Puis un troisième. On finit par comprendre qu'on est dans la rue des vendeurs d'appareils photo et de réparateurs spécialisés dans le domaine. C'est particulier de voir toutes ces échoppes qui vendent la même chose. Au bout de la rue, il y a aussi les réparateurs de vitres de téléphones portables.

 

Chez nous c'est sûr, c'est pareil, mais tout n'est pas aussi concentré.

J'avoue que c'est pratique pour moi de ne pas devoir traverser toute la ville pour trouver ce que l'on cherche.

 

Nous allons de l'un à l'autre, demandons les tarifs pour une réparation ou un éventuel achat (peut-être que cela est intéressant d'en acheter un ici, on ne sait jamais). Et plus on avance dans la rue, plus les tarifs baissent. On rigole en se disant qu'il sera gratuit au bout de la rue mais non, les tarifs remontent ! On note tout, on compare avant de faire notre choix.

 

Au milieu de cette rue, se vendent aussi les chaussures, les chemises et caleçons pour hommes. Il y a un ou deux magasins de vente de miroirs. Ils font aussi de la découpe sur mesure. C'est impressionnant de voir deux hommes porter un miroir de 8 mètres de long et qui reposent sur un turban posé sur leurs têtes. Ils crient sans doute de laisser le passage libre au fur et à mesure qu'ils avancent.

 

Nous entrons dans un magasin bondé, pas très grand. Il n'y a que des hommes. Certains transpirent d'attendre qu'on les servent et s'essuient le front avec un mouchoir.

 

Tout le monde me regarde. Peut-être que je ne devrais pas être là avec Laurent dans cette boutique mais attendre dehors. En tout cas c'est le sentiment que j'ai lorsque nous repasserons devant la boutique plus tard. On effet, une femme attend dehors comme si c'était interdit pour elle.

 

En effet, dans la rue, il n'y a pas de femmes ou alors elles se comptent sur les doigts d'une main.

 

Nous continuons de parcourir la rue pour aller à un tout autre endroit où quelqu'un devrait être en mesure de nous renseigner.

 

Et là, j'avoue que j'ai commencé à perdre ma patience. Nous avons traversé une quantité de trottoirs, avec du monde à gogo qui te bouscule, pousse le voisin qui retombe à moitié sur toi et où tu vois toujours les mêmes échoppes. Des vendeurs de tournevis, de coques de portables et ça, sur des kilomètres.

 

Laurent par contre a une patience d'ange. Il est prêt à attendre, à discuter, à négocier et à réexpliquer les choses quand ils ne comprennent pas. Alors que moi, dès que je vois qu'ils ne comprennent pas, je sens que cela va prendre une éternité pour avoir ce que nous souhaitons et je veux tout se suite partir ou chercher quelqu'un d'autre qui comprend tout de suite. L'Inde pour cela, est une magnifique école de la patience. Peut-être que je réagirais aussi autrement si je savais que nous restions six mois ?

 

Nous trouvons le croisement où se trouve la rue que nous cherchons. Nous remarquons la manière très différente d'indiquer une rue, un quartier. Tu penses que c'est dans l'ordre chronologique ou les chiffres pairs et impairs sont en face l'un de l'autre et non pas du tout. Tu ne comprends rien et tu es obligé de demander ton chemin.

 

Depuis le début du voyage, nous ne nous sommes toujours pas habitués au oui et au non des indiens. Leur dodelinement de la tête est si particulier qu'à chaque fois nous prenons ça pour un non et nous nous en allons. Ou alors on a l'impression que cela les dérange et en fait pas du tout. Il en est de même pour nous. Nous disons non aux vendeurs incessants, mais notre non à nous, et évidemment que pour eux... cela veut dire oui. Et ils ne comprennent pas pourquoi on part plus vite que prévu ! On vous redira dans six mois si on s'est habitué à leurs mouvements de tête ! Lol...

 

Quelques indiens finissent par nous indiquer l'emplacement exact et il s'avère être un immeuble au fond d'une cour sans pancarte et le magasin en question est au quatrième étage. Cela fait déjà deux heures et demi que nous marchons et nous voulons nous poser quelques minutes. On cherche un bar ou un restaurant mais on ne voit rien. On demande à un jeune et il nous répond qu'il n'y a rien ici. Cela fait bizarre de trouver des rues sans bars, sans restaurants, etc.

 

On rebrousse donc chemin et on découvre que chaque corps de métier a sa rue. On passe devant les vendeurs de tissus, essentiellement pour hommes dans ce quartier-là. Puis ce sont les couturiers qui prennent la suite ainsi que les réparateurs de machines à coudre. Nous voyons de superbes machines à l'ancienne.

 

La rue est très longue et on arrive dans l'univers de l'aluminium. Des barres par milier s'entassent dans de petites boutiques, pendant que certains coupent la dimension demandée par un client ou que d'autres en portent trois sous le bras ou sur des rickshaws.

 

On longe encore un peu plus loin et ce sont toutes les poignées de porte qui sont en exposition dans les magasins. Le luxe côtoie le kitch, ou encore le juste pratico-pratique. Il y a vraiment de tout en Inde et dans la rue surtout.

 

Il y a les vendeurs de matelas. Ils te coupent la mousse sur mesure et tu vas ensuite dans une échoppe plus loin pour choisir le tissu qui va le recouvrir. Nous croisons ensuite un vendeur de néons, pendant que des sacs remplis d'embouts en caoutchouc pour les pieds de table, de chaises ou de béquilles attendent au sol de trouver preneurs.

 

On s'arrête pour boire un verre dans un petit restaurant de rue au bord de la route et on voir notre premier tram. Il n'est pas bondé comme j'aurais pu l'imaginer et je le trouve joli en plus.

 

Nous sommes fatigués et nous décidons de retourner dans la rue des appareils photos pour choisir la boutique qui répond à nos besoins. Mais avant cela, nous souhaitons acheter une valise pour ramener quelques souvenirs. Et là, on peut dire que cela a été mytique.

 

Déjà, il y a aussi une rue pour les vendeurs de valises, sacs et cie. On commence à regarder une première valise et là immédiatement, on nous fait nous asseoir sur un banc et on nous montre des modèles alors que nous n'avons même pas dit ce que nous recherchions. Nous expliquons notre requête et je le vois en apporter une d'un certain format. Puis on demande à voir le modèle un peu plus grand. Sans attendre, ils courent dans leur réserve et arrivent avec le format qui pourrait nous convenir mais ils ont encore plus grand ! Et à chaque fois que tu veux te lever pour partir car rien ne te convient vraiment, ils te tapent sur l'épaule pour que tu te rassois et te disent "sit, sit" ou alors ils prennent leur calculatrice et te courent après dans la rue en te criant "very good price, very good price" !

 

Et cela a été comme cela pour toutes les boutiques. Certains ont mis le paquet pour nous la vendre. S'accrochant à l'épaule de Laurent, un vendeur a escaladé la valise pour nous prouver sa solidité. D'autres ont donné des coups de points. Laurent a voulu faire de même et avec lui, il y a eu un bruit suspect...Lol ! Bref, la bataille fut rude mais on est reparti avec une valise qui nous convenait à tout niveau. Mais tout cela prend une éternité.

 

Une fois nos emplettes terminées, nous avons parcouru encore quelques rues avec des vendeurs des vendeurs d'habits pour hommes exclusivement et j'ai craqué une fois de plus pour certaines turkas (habit le plus porté en Inde par les femmes après le sari).

 

Le chauffeur de taxi nous dépose à côté de la scène qui a été spécialement installé pour la fête de la Saint-Valentin et nous voyons des hommes (à nouveau il n'y a qu'eux) installés sur des chaises en plastique et qui attendent que le show commence. Nous ne savons pas ce qui doit se passer exactement. Nous restons quelques minutes et on nous propose de nous asseoir. Mais la musique qui passe dans les enceintes est si stridente et le son mal géré que nous préférons rentrer.

Une fois à l'hôtel, nous sommes trop fatigués pour ressortir manger et nous commandons par le biais de l'hôtel.

 

Demain est une journée spéciale car j'ai prévu une surprise pour l'anniversaire de Laurent. Nous vous en dirons plus en temps et en heure.

 

Je sais que nous n'avons pas encore fait le récit de l'expédition de Laurent dans le grand Nord mais nous attendons de pouvoir vous montrer les photos qui vont avec. De plus, c'est un peu compliqué de raconter les aventures de quelqu'un d'autre sans l'avoir vécu. Cela me demande un peu plus de temps mais cela se fera car ça vaut vraiment le détour.

 

Voili voilou pour le moment.

 

Bonne nuit !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 17 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 14 (14 février 2018) et... pour Laurent

 

Hai everybody !

 

Tout d'abord, je vous souhaite une très belle Saint-Valentin. C'est un jour où chaque sourire, chaque regard est une manière de dire aux gens qu'on les aime. Alors souriez...

 

Aujourd'hui a été une journée riche... en rencontres surtout.

 

Ce matin, je ne suis pas sortie de ma chambre d'hôtel car je l'ai passé à faire des recherches en tout genre pour notre future destination.

 

Puis à 15h, j'avais rendez-vous avec Giovanni à Shishu Bhavan. Il travaille au recensement des futurs bénévoles. Mais avant, je vais manger un bout et je choisis un dahl makhani car je le fais à la maison. Et bien, on peut dire que je suis à des années lumière du leur... Je n'ai retrouvé à aucun moment leur goût à eux. Les gens du restaurant sont super sympas et chaleureux et à chaque fois que tu passes devant leur resto, ils te demandent comment tu vas, même si tu passes quinze fois par jour.

 

Puis je vais à la Mother House pour rencontrer Sister Prema. Elle est la seule sœur qui parle le français. Sauf que j'avais oublié que cela n'ouvrait qu'à 15h.

 

Je ne sais pas trop si je vais attendre et au moment où je m'apprête à partir, je vois dans la petite échoppe juste à côté, Diote que nous avions rencontré le premier soir de notre arrivée. Je discute un moment avec lui. Il a des soucis avec son visa car il a expiré depuis deux jours et il ne peut plus repartir à Rome. Si j'ai bien compris, il doit attendre samedi qu'on lui tamponne un papier ou un truc du genre. Puis je rencontre au même endroit Bedoin un français qui est arrivé en juillet dernier et qui vient faire une année d'études dans une université en je ne sais plus quelle matière. On discute un peu de ce qu'il a déjà visité à Kolkata et en Inde de manière générale.

 

Le temps file et je fonce à Shishu Bhavan.

Au moment où j'arrive, il y a une énorme queue devant la porte d'entrée de Shishu Bhavan. Les gens attendent de recevoir leur ration de riz, de bouteilles d'eau et autres. Il y a une dispute. C'est la première fois que j'entends des indiens élever le ton.

 

Sur le bord de la route, je vois une petite femme (plus petite que moi) qui marche avec un déambulateur. Elle a récupéré son sac de riz et essaie d'arrêter un taxi. Je lui propose mon aide. Mais les taxis ont du mal à s'arrêter et je me mets presque sur la route pour les prévenir.

 

Un premier s'arrête. Elle explique où elle doit aller et je ne comprends pas ce qu'ils se disent mais en tout cas, il repart en nous laissant à nouveau au bord de la route. Je ne sais pas si c'était pas son trajet ou si son déambulateur lui a fait peur ou si c'est parce qu'il aurait dû mettre son sac de riz dans le coffre...Mais bon, je recommence à stopper les taxis.

 

Un autre s'arrête et une femme vient la rejoindre. J'ai peur qu'elle veuille lui prendre sa place mais non, elles vont faire un bout de trajet ensemble. Je replie le déambulateur de la femme, met son sac de riz à ses pieds et elles s'en vont.

 

Après avoir fendu la foule qui attend devant la porte, je vois Giovanni est en train de discuter avec deux italiens qui viennent visiter l'orphelinat pour la première fois. Mais comme il doit repartir travailler, je leur fais visiter. Gessica et son copain découvre le lieu et tombent eux aussi sous le charme des enfants.

 

Je montre à l'étage des bébés et commence à plier le linge, faisant des piles des bavoirs, des petits pantalons à carreaux, des couvertures et autres. Puis une massi les range dans une armoire ou les pose sur le meuble à langer.

 

La pièce des nouveaux-nés est ouverte mais on ne peut pas y entrer. Les petits dorment encore.

 

Je donne le goûter à Shoana puis à Shanti.

A ce moment-là, arrivent deux bénévoles que je ne connais pas. Elles donnent à leur tour à manger aux autres petits. Je remarque que les massis sont un peu plus fermes que d'habitude ou alors elles osent un peu plus hausser la voix, maintenant qu'elles nous connaissent. Je ne sais pas. Mais en tout cas, dès qu'une massi lève la main, je vois que l'enfant a peur et ferme les yeux. Cela me fait un peu bizarre.

 

Gessica et son ami arrivent à l'étage puis nous descendons ensemble jouer avec les grands dans la cour. Son ami habite en Italie mais vient du Sud. Il parle le bengali. Giovanni nous retrouve et les enfants courent dans ses bras, s'agrippent à lui, ne veulent plus le lâcher. Ils crient "Anti, Anti" dès qu'il les repose. On joue avec eux pendant une heure.

 

Puis nous sortons et allons voir les enfants handicapés dans l'autre aile. A 17h, cela ferme et nous repartons chacun de notre côté. Je retourne à l'hôtel quelques minutes puis demande un taxi pour Sudder Street. Je grimpe pour la première fois sur un Rickshaw Wallah. Mais c'est très compliqué de monter. Le personnel de l'hôtel qui m'a commandé le taxi m'aide et je pars comme ça à la Sudder Street.

 

Je suis à la fois contente d'essayer ce mode de transport et à la fois mal à l'aise. En effet, il me demande une misère et il va parcourir plus de 15 minutes à pieds. J'ai l'impression que je dois peser une tonne sur son rickshaw et que cela est tellement épuisant qu'il ne s'en remettra pas.

 

Mais parallèlement à cela, c'est un mode de transport que j'aime bien car tu prends beaucoup de hauteur et voir plus de choses. Je comprends mieux aussi les gens qui passent à côté de toi qui sont sur le rickshaw et qui te regardent intensément. Tu fais exactement pareil une fois que c'est toi qui es dessus.

 

On traverse pleins de petites ruelles et je suis toujours étonnée de voir un bidonville mêlé aux rues commerçantes de manière aussi simple.

 

On arrive à destination et je parcours les rues toute seule tranquillement. J'entre dans un magasin pour voir les saris car j'aimerais pouvoir m'en ramener un mais c'est plus compliqué que je ne le pensais pour en trouver et qui te conviennent.

 

Sauf que je n'avais pas compris que c'est une boutique de tissus et que tu choisis tes tissus et ils te le font sur mesure. Je m'asseois donc sur un de leurs tabourets et ils me donnent quatre magazines avec des exemples de saris. Moi je crois que je dois choisir celui que je veux et j'en montre un. Puis un homme va chercher le tissu en question. C'est là que je percute. Du coup, je m'excuse pour le dérangement et je repars.

 

Devant une petite échoppe je croise Mijo et Hazar, les deux bénévoles qui ont donné à manger aux petits avec moi cet après-midi. Elles sont libanaises mais habitent à Paris. Elles essaient de trouver la boutique où je suis allée hier pour changer de l'argent. Je les conduits. Enfin, je les conduis...Je nous perds et nous devons rebrousser chemin !

 

Nous croisons deux autres connaisances à eux et nous nous donnons rendez-vous dans un café juste à côté.

 

Nous faisons notre shopping et nous allons retrouver ces deux jeunes hommes. Un est DJ à Lausanne en Suisse et vient en Inde depuis plus de vingt ans, le deuxième vient d'Avignon si j'ai bien compris mais habite le Nord maintenant et une autre dame est là et vient en Inde depuis huit ans. Nous buvons un verre tous ensemble avant de partir manger. Ils en profitent pour choisir ce qu'ils vont visiter demain. Ils ont prévu d'aller au marché aux fleurs mais il faut se lever très très tôt si on veut en profiter. Du coup on laisse tomber le repas et les filles et moi on rentre de notre côté à pied.

 

En arrivant devant le début de la rue où il y a mon hôtel, on entend de la musique à fond, une foule s'amasse devant un chanteur et des musiciens l'entourent. On ne sait pas trop ce qu'il se passe mais on n'ose pas aller voir car il n'y a que des hommes. On filme de plus loin.

 

De retour à l'hôtel, je demande ce qui se passe dehors. Le gérant me dit qu'ils fêtent la Saint-Valentin et les femmes. Je trouve bizarre puisque je n'en vois aucune. Mais bon...Aujourd'hui c'est aussi la fête de Shiva, je pensais que c'était plus pour cela.

 

J'ai appris aussi aujourd'hui que si il n'y a plus d'adoption à Shishu Bhavan, c'est parce que les sœurs ont du mal à accepter le mariage pour tous. Il semblerait que cela vienne de là.

 

Laurent de son côté va bien. Il rentre demain, je me réjouis. Et vous pourrez en savoir un peu plus pour le coup...

 

Voilà pour la journée !

 

Bonne nuit

 

PS: J'ai fait une video du concert mais je ne sais pas pourquoi je n'arrive pas à la publier. Je vais attendre le retour de Laurent pour voir ce qu'on peut faire pour vous la montrer...

 

Le 14 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata et ... (pour Laurent) jour 13 (13 février 2018)

Salut les amis !

Ce matin je me lève de bonne heure et je vais à Shishu Bhavan pour voir s'il est possible de faire du bénévolat. Je ne sais pas à qui m'adresser et je vais voir du coup Sister Marianne. Je sais que ce n'est pas la personne responsable mais au moins elle pourra me dire vers qui me tourner.

Elle est surprise de me voir, car elle savait que nous avions prévu de revenir qu'à la fin du mois. Je lui explique du mieux que je peux ce que l'on a fait et je demande s'il est possible de faire du bénévolat.

Elle n'est pas contre mais c'est en fait un peu compliqué car je ne reste pas assez longtemps. En effet, Laurent rentre jeudi et nous aimerions visiter Kolkata et rencontrer aussi entre autres, Kalpona Naskar qui a travaillé ici en 1982.

Elle m'explique que les massis et les sœurs qui s'occupent des enfants ont des habitudes et que cela n'est pas évident d'expliquer le fonctionnement de chaque secteur pour si peu de temps. Elles perdent justement plus de temps à être avec toi au début à tout te montrer comment il faut faire.

Je pense avoir compris ce qu'elle m'a dit et lui dis que je voudrais voir par moi-même comment fonctionne l'orphelinat de l'intérieur. Elle me dit que dans ce cas, je peux aller partout et faire un peu de tout mais que cela est assez physique.

Effectivement, le deuxième jour de notre arrivée, nous avons vu la manière qu'elles ont pour faire la lessive et je sais que ce n'est pas possible pour moi. En revanche, pour les massis, c'est très utile que des bénévoles s'occupent des enfants et vérifient que tout se passe bien car pendant ce temps, elles peuvent faire d'autres choses.

Du coup, je fais un peu de tout. Je prépare les biberons de lait en poudre pour les bébés, j'en donne à trois nouveaux-nés, ils sont tellement mignons et si minuscules dans mes bras que j'ai peur de leur faire mal en les tenant. Puis, j'habille les plus grands des plus petits. Les massis ont déjà préparé leurs vêtements. Elles ne regardent pas toujours si c'est vraiment adapté à leur sexe ou leur âge. En effet, les cinq petits que j'ai à habiller sont des garçons et ils finissent tous en rose avec des fleurs sur leurs t-shirt. Puis je donne à manger à Shoana. Je commence par lui car je sais qu'il met plus de temps que les autres. A nouveau, je ne veux pas le brusquer et une massi arrive et me prend la cuillère des mains et lui enfourne dans la bouche alors qu'il n'a pas encore fini. Comme on ne se comprend pas, elle me montre sa montre.

Puis j'enlève tous les draps de leurs lits, fais une pile au bout du couloir et soulève tous les matelas pendant qu'une massi passe le balai derrière moi. Une sister vient récupérer le linge qui finira comme sur les photos que vous avez pu voir à la laverie.

Une des sœurs me dit que je peux aller aider au premier étage. Je lave des pommes et prépare des bananes pour leur goûter de 9h. Ils sont encore à l'école à ce moment-là. Les draps sont déjà enlevés et je balaie le sol de leur réfectoire. On dirait qu'il est fait de paille et que tu n'arriveras pas à balayer comme on le ferait chez nous mais cela fonctionne très bien.

Puis, à 9h, j'attends qu'ils sortent de l'école et les fais patienter pendant que les massis leur préparent des pichets d'eau. Nous sommes autour d'eux pendant qu'ils mangent et surveillons que tout se passe bien.

Puis ils partent se laver. Là, une massi me demande de remonter au second étage. Des femmes enceintes qui sont cachées sont en train de nettoyer les jouets ou les baby relax avec un spray, mais comme cela ne sent rien, je pense qu'il n'y a que de l'eau dedans. Je les aide, puis je vais enlever les draps des bébés pendant qu'une sœur tient le bébé dans ses bras et qu'une autre remet immédiatement un nouveau drap.

C'est vraiment incroyable comme c'est propre ce lieu. Une fois cela terminé, je redescend et balaie la petite salle de jeux des plus grands. J'entends les enfants courir dans la pièce d'à côté.

Enfin on me dit que le travail est terminé et que je peux revenir cet après-midi pour jouer avec les enfants.

Mais j'ai rendez-vous avec Giovanni pour changer mes euros en roupies. Nous allons manger et nous retournons à la Sudden Street chez son ami qui tient une boutique. Il y a beaucoup de monde assis sur le grand tapis. Et chaque fois que tu demandes à voir quelque chose, il te le montre en dix mille couleurs différentes et en je ne sais combien de temps.

A Mallalapuram, nous avons fait faire une lessive par le biais de l'hôtel. Alors oui le linge était propre mais il sentait extrêmement mauvais. Du coup, j'en ai profité pour acheter un ou deux habits supplémentaires. En effet, personne des connaissances que l'on s'est faites ici ne sait où l'on peut laver son linge ni même où l'on peut acheter du produit de lessive.

A mon retour à l'hôtel, je dépose mes affaires et repart car il y a un autre marché de l'autre côté de la route sur notre gauche en sortant de l'hôtel. Quand j'arrive au passage pour piétons inexistants, des services de police me font traverser. Le marché est immense. Il y a d'abord tout ce qui est vêtements, bijoux, bindis, chaussures, étoles et babioles. Puis, tu t'enfonces un peu plus et tu as toute la partie nourriture avec des hommes derrière leur comptoir assis devant leur balance à peser.

Et encore plus loin dans le fond, tu as les restaurants de rues.

Je suis un peu fatiguée et je retourne à l'hôtel tranquillement. Je veux ressortir pour vite manger un petit quelque chose mais l'hôtel propose de téléphoner pour nous et du coup j'accepte.

Voilà, ce fut une chouette journée mais pas la plus passionnante quand même.

Laurent de son côté m'a écrit en me disant que l'endroit où il est n'est pas un endroit pour moi et que je n'aurais pas apprécié. Il va bien et vous en saurez plus tout bientôt.

Bonne nuit !

PS: J'ai fait des photos qui sont toutes floues et je ne l'ai vu qu'au moment de les décharger...Donc ce soir, pas de photos. Je vous avais dit que je n'étais pas super douée non ?!

Le 12 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Salut tout le monde,

 

Depuis deux jours Laurent et moi essayons de vous mettre toutes les photos du voyage sur une plateforme où vous pourriez aller les voir sans problème. Mais cela ne fonctionne pas. Nous cherchons d'autres solutions...Nous sommes vraiment désolés, nous ne pensions pas que ce serait si compliqué de publier des photos sur leetchi.

 

Alors en attendant, essayez de demander à des amis qui ont facebook de vous montrer notre lien et nous on continue de faire le maximum pour que vous ne soyez pas lésés.

 

https://www.facebook.com/reveindien

 

Encore désolé pour tous ces contre-temps...

 

Laurent et Ivy

Le 12 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Mallalapuram jour 12 (12 février 2018) de 7h à...

Salut à toutes et tous,

Le taxi arrive comme promis à 8h devant l'hôtel. Nous découvrons quelques temps après notre arrivée qu'il y a quand même un homme qui gère l'établissement, Andrew. Il est très gentil, serviable et il s'occupe de nos bagages. Nous voilà en train de quitter Mallalapuram pour l'aéroport de Chennai.

La circulation est très très dense ce lundi matin. Nous croisons bons nombres d'hommes et de femmes qui partent travailler des tuk-tuk chargés d'écoliers en uniformes qui nous font de grands sourires lorsque nous les croisons. Nous serions bien restés un jour de plus mais voilà, nous avions réservé nos billets d'avion.

Nous arrivons à l'aéroport dans les temps. Nous prenons un vol pour Kolkata. Et à l'arrivée, Laurent et moi, nous nous séparons.

Il partira de son côté dans les montagnes de l'Himalaya et moi je retourne à Kolkata. Nous avons mis beaucoup de temps à nous décider mais personnellement je souhaitais retourner à l'orphelinat pour faire du bénévolat et voir surtout comment tout fonctionne de l'intérieur pour mieux comprendre comment on s'occupe des enfants. Et je savais qu'en cinq jours, je n'aurais pas pu le faire et je ne voulais pas être frustrée.

Laurent quand à lui avait envie de faire quelque chose de spécial. Nous vous en parlerons à son retour. Ce ne fut pas facile pour moi quand même de me dire que nous allions être séparé. J'aime faire ce voyage avec lui, partager tous ces moments intenses, farfelus, intimes, drôles et déroutants et me retrouver seule est une première.

Mais il va revenir ! Lol... Dans trois jours. Ce ne fut pas évident de le laisser partir tout seul. Je sais qu'il sait se débrouiller et je ne me fais pas de souci à ce niveau-là mais c'est plus pour le côté partage, échanges, etc.

Il a fallu gérer beaucoup de choses avant notre séparation. Notamment les sacs. Car il part dans le grand froid et nous ne sommes pas vraiment équipés pour. Nous avons donc transvasé beaucoup d'affaires dans les miennes pour qu'il ne parte pas chargé. Je suis repartie moi de mon côté avec tout le reste des bagages à l'hôtel.

Vous devez un peu vous demander ce qui se passe car ce n'est pas vraiment ce que nous vous avons raconté hier. En effet, pour ne pas tout vous dire de suite, nous avons préféré vous dire que nous prenions des billets de train pour tous les deux alors qu'en réalité c'était juste pour lui. Mais nous voulions vous raconter un peu l'expérience d'une gare, de son atmosphère et nous avons choisi cette solution.

Nous sommes donc arrivés à Kolkata à 14h45 et lui a dû reprendre un autre vol pour sa destination dans la foulée. Il est arrivé tard ce soir. J'ai eu des nouvelles via Facebook. Mais je n'en sais pas plus pour le moment.

De mon côté, je n'ai pas voulu prendre de service handicapé car c'est un peu long parfois et je me suis débrouillée pour récupérer les valises et prendre un taxi, direction notre hôtel (le même que la dernière fois).

Dès mon arrivée, j'ai déposé nos sacs et je suis partie voir les enfants. Il me restait une heure avant que cela ne ferme et que les massis ne commencent à les préparer pour la nuit.

Je suis heureuse de me retrouver là. Les enfants me reconnaissent, me font de grands sourires et je jouent avec eux. Puis je monte voir les petits. Je remarque de suite, que le grand tapis jaune posé au sol n'est plus là. A la place, il y a les enfants qui sont dans des chaises à roulettes et ils se déplacent tant bien que mal Mais cela doit être un jour sans. Beaucoup pleurent, nous avons du mal à les calmer. Les sœurs les mettent là dedans, le temps qu'elles préparent les autres. Je joue avec Shoana mais comme les autres, il a décidé de pleurer.

Je tourne la tête et là, je fais une découverte. Juste à côté des lits, je vous avais dit qu'il y avait un réfectoire où ils mangent. Et bien juste à côté, il y a une autre porte battante et je vois douze touts petits bébés dans des hauts berceaux en rotin tous identiques. Je ne connaissais pas cette pièce. J'avais remarqué un jour qu'il y avait un tout petit bébé posé dans un baby relax et je me disais qu'il devait être le plus petit mais non, il n'est pas tout seul.

Je vais pour les voir, les porte un peu et je retourne jouer avec les autres enfants. J'aperçois du coin de l'œil une massi qui utilise un masque à oxygène sur un petit durant une vingtaine de minutes avant que cela ne soit un autre qui prenne la relève.

Il est déjà l'heure de partir. Je reviendrai demain pour demander si je peux faire un peu de bénévolat. Je rentre à l'hôtel et contacte Giovanni. Il était malade. Il est presque guéri mais ne sortira pas ce soir. Je contacte Miriam et Chiara et nous allons manger toutes les trois ensemble au restaurant. C'est une première de devoir me débrouiller avec mon anglais très particulier...Mais je ne sais comment, on arrive à communiquer sans trop de difficultés. Par contre, s'il fallait traduire mots pour mots ce que je raconte en anglais, je pense que ce serait vraiment du petit chinois !

Je retrouve ces rues, ce bruit, cette animation en permanence, ces odeurs, ces visages familiers. J'adore ! Mais c'est un soir où les vendeurs de tchai et autres ne sont pas présents. Du coup, le trottoir est large, personne ne se bouscule pour passer. Je vois un homme qui dort sur sa paillasse devant Shishu Bhavan avec son rickshaw posé au bord de la route.

Les gens me reconnaissent et me saluent. Mais je ne tarde pas trop car je n'ai pas envie qu'il m'arrive quelque chose toute seule dans les rues de Kolkata.

Je rentre à l'hôtel où je prévois de regarder un film indien car nous avons envie de bouger encore un peu mais nous ne savons pas encore forcément où. Et il y a pleins de passages peut-être intéressants. Il y a une destination que je ferai dans tous les cas car elle est importante pour moi mais ça, nous vous le dirons plus tard.

En attendant, sachez que vous qui nous lisez, vous allez perdre au change niveau photo. Car comment dire...Je suis plutôt super archi nulle en photos. Alors oui, je vais faire de mon mieux mais je préfère mettre en valeur les photos grâce au scrapbooking que de les faire. Donc veuillez m'excuser d'avance si vous ne retrouver par la qualité que vous avez eu jusqu'à présent.

Laurent rentre jeudi mais si j'ai des nouvelles et qu'il a le temps de m'en dire un peu plus avant son retour, je vous transmettrai les infos.

Good Night !

PS: Pour cette fin d'après-midi et ce soir il n'y aura pas de photos car il est encore au fond de mon sac...Promis, demain je le prends avec moi. Laurent aura des photos de ce matin je pense et nous les mettrons dès son retour.

Le 12 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Mallalapuram jour 11 (11 février 2018)

 

Laurent se lève de bonne heure pendant que je dors encore un peu. Il va se prendre un café et parcourt les ruelles juste derrière. Il voit les mandalas dessinés au sol puis va se baigner dans la mer.

 

A mon réveil, je discute avec ma voisine de chambre et ses amies arrivent pour boire le café. On papote entre filles quelques instants. L'une d'elle habite Pondicherry, une autre tient une boutique de tapis exportés dans le Var et la troisième vient faire un séjour de yoga.

 

Puis nous décidons d'aller manger dans un restaurant qui a la connection internet. Nous choisissons du poisson et des légumes. Le serveur nous installe à une table située juste à côté de la plage. C'est un plaisir de "travailler" dans ces conditions.

 

Puis des fillettes arrivent les bras chargés de bracelets et colliers en bois et essaient de nous en vendre. Elles "offrent" à Laurent un collier et un bracelet assorti en bois noir et on décide de leur donner quelque chose. Mais elles ne veulent pas et reviennent plus tard pour qu'on leur donne plus d'argent. Nous refusons et aimerions leur donner à manger mais on ne sait pas si l'hôtel accepterait. On ne fait rien.

 

Derrière nous, des québecois sont là pour deux semaines et je les entends se plaindre qu'ils n'arrivent pas à utiliser leurs cartes bancaires pour retirer. C'est vrai qu'ici, c'est compliqué parfois d'obtenir de l'argent ou alors les commissions sont trop importantes.

 

A la fin de notre repas, une petite fille nous apporte deux parts de framboisier. Elle fête ses sept ans aujourd'hui. Il est excellent et c'est un peu bizarre de manger un dessert de chez nous ici.

 

On décide d'aller se baigner mais nous nous rendons compte que nous n'avons pas assez pour payer. Je suis convaincue qu'ils refuseront qu'on leur apporte les 40 roupies manquantes plus tard et au contraire , ce n'est pas un problème pour eux. Je ne suis pas sûre que nous aurions pu faire cela en France.

 

Nous commençons par nous installer dans notre nouvelle chambre au rez-de-chaussée. Elle est super spacieuse, un fauteuil roulant pourrait facilement se déplacer à l'intérieur mais malheureusement, il y a des marches étroites pour accéder à l'hôtel, et la porte de la salle de bain est à nouveau trop étroite.

 

Je demande à Laurent à ce que l'on se pose pas trop loin de l'hôtel pour se baigner car je ne vais pas y aller avec mon orthèse. Je vais éviter que du sable ne vienne enrayer le mécanique. C'est donc sur une jambe que nous allons nous baigner. Mais c'est difficile quand même, car il faut contourner les déchets de poissons, les milliers de tongs oubliées, les coquillages et les immondices qui jonchent le sable. L'odeur devant l'hôtel rappelle celui des égoûts et plus l'on se rapproche de la mer et plus l'on respire l'air marin.

 

L'eau est trop agréable, c'est génial mais les vagues sont un peu violentes et en quelques secondes, je dérive déjà de 10 mètres. Il fait beau et chaud, les touristes sont venus se balader pour le week-end, c'est la fin de journée pour les pêcheurs. Ils remballent méticuleusement leurs filets pour qu'ils ne s'emmêlent pas le lendemain. C'est tout un art et vraiment impressionnant à regarder leur savoir-faire. Les fillettes continuent de sillonner la plage pour vendre leurs bracelets pendant que des femmes font de même avec des écharpes, sacs et autres babioles. La police fait sa ronde et l'on pourrait s'attendre à ce qu'ils les remballent, mais non, au contraire. Ils essaient à eux aussi de leur vendre leurs marchandises.

 

Nous rentrons nous changer car nous aimerions visiter les temples mais il est trop tard. Nous allons donc en ville pour trouver un taxi pour le lendemain matin et pour retirer de l'argent. Nous croisons la dame qui dessine les mandalas devant les portes des maisons et des femmes sont en train de balayer la rue car il y a eu un marché aux fleurs dans la journée. Cela sent super bon et c'est magnifique à voir tous ces pétales étalés au sol. Nous découvrons d'autres rues très bruyantes, le traffic est dense et c'est presque irréel d'entendre tous ces klaxons dans un lieu aussi calme.

 

Les distributeurs sont à secs et on sillonne les rues pour trouver la compagnie de taxis. Nous demandons le temps nécessaire pour se rendre à l'aéroport et un tuk-tuk nous répond deux heures. Sauf que faire deux heures de tuk-tuk à 8h du matin avec tous nos bagages est impensable. En voyant notre refus, il propose de nous emmener en 1h30! Nous rions car on pense qu'après négociations, on aurait peut-être pu être à l'aéroport en dix minutes ! Lol...

 

On trouve un taxi, son tarif nous convient mais nous n'avons pas par coeur l'adresse de l'hôtel. Il accepte de nous emmener pour repérer les lieux. Il sera là le lendemain à 8h au rendez-vous.

 

Nous rentrons préparer nos affaires avant d'aller manger. Nous croisons la française qui nous conseille d'aller manger chez son amie au "Yogi". C'est un restaurant tenu par une française et un indien. L'endroit se trouve au premier étage. C'est super cosy, des tables basses sont installées partout avec de gros coussins confortables autour. L'ambiance est chaleureuse et il y a une connection internet. Mais c'est un peu trop compliqué pour vous écrire car l'endroit est prisé et nous souhaitons profiter aussi de ce moment tranquillement.

 

Nous rentrons par les petites ruelles et nous nous endormons assez vite car le lendemain, le levé sera très matinal.

 

 

 

 

 

 

 

Le 12 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Pondicherry - Mallalapuram Jour 10 (10 février 2018)

 

Namaskar tutti !

 

Oui nous sommes toujours en vie mais la connection Internet est très mauvaise. Nous avons attendu d'avoir plus de réseau pour vous envoyer notre journal de bord.

 

Nous avons passé une nuit très compliquée en la passant à chercher où et comment aller à notre prochaine destination. Puis, il fallait faire des réservations de vol, d'hôtel, calculer le temps qu'il nous faudrait pour arriver de notre point A à notre point B.

 

Une fois que tout cela a été défini, les ennuis techniques ont commencé. Ni Laurent, ni moi n'arrivons à nous connecter à notre messagerie. Tant bien que mal, nous réussissons à avoir nos billets et nos réservations.

 

Il est déjà extrêmement tard et le levé se fait un peu violemment car nous ne savions pas que nous devions libérer la chambre à 10h. Nous étions encore en pleins rêves.

 

15 minutes top chrono pour faire nos sacs et pendant notre petit déjeuner, nous goûtons notre premier fruit frais l'ananas. Nous croisons une marseillaise qui est aussi à la guest house et nous discutons de ce qu'il y a à voir dans le Sud. Elle nous explique qu'elle est allée à Mallalapuram où nous avons réservé pour ce soir. Elle nous en dit que du bien.

 

Je vais récupérer ma bague achetée la veille et nous partons annuler la réservation pour l'hôtel moisi avant de filer à la gare. En effet, nous aimerions savoir s'il est possible de faire le trajet en train Pondicherry-Chennai plutôt qu'en bus. Nous souhaitons quitter Pondicherry plus tôt que prévu non pas parce qu'il ne se passe plus rien après 22h mais bien parce que nous avons envie de voir autre chose.

 

Nous arrivons dans un hall avec un grand tableau d'information des départs. Sur la gauche à l'entrée, il y a un service d'informations pour les touristes. Mais le guichetier n'a aucune envie de répondre à nos questions et nous allons directement aux guichets principaux. Alors il faut déjà savoir à quel guichet aller. Puis, une fois que tu es dans la file, il faut jouer des coudes pour garder sa place. Mais cela ne suffit toujours pas.

 

Car pendant que Laurent explique s'il est possible de prendre un train pour Chennai un homme pressé arrive pour prendre un billet. Bon pour celui-là, je peux comprendre, son train attend sur le quai depuis déjà vingt-cinq minutes, n'a pas l'air d'être prêt à partir mais nous le laissons passer devant nous. Ce sera bien le seul...Enfin, après que trois autres personnes se collent contre Laurent et passent sans scrupule. La notion de respect n'est pas vraiment la même que chez nous mais nous nous adaptons et tout cela se fait avec une lenteur quelque peu exaspérante.

 

Le guichetier nous aide pour remplir un formulaire de demande mais à chaque fois quelqu'un d'autre passe devant nous. Nous essayons de voir le guichetier d'à côté. C'est pareil. Derrière nous, des voyageurs attendent et nous regardent en souriants. D'autres courent sur la voie avec des sacs pleins de provisions pour leur voyage. Nous ne sommes pas dans une très grande gare, il n'y a pas une foule énorme. Toutes les classes sociales sont représentées car le train est le mode de transport le plus utilisé en Inde et il ne coûte vraiment pas cher.

 

Nous remplissons les formulaires demandés mais nous ne comprenons pas tout. Cela demande encore plus de temps pour retourner au guichet à chaque fois. Il faut indiquer son nom, prénom, son sexe, son âge, la couleur du slip que l'on porte (non là je rigole mais c'est vrai qu'ils demandent beaucoup d'informations qui nous paraissent parfois bien inutiles). Une fois que tout est rempli, on obtient enfin nos billets de train. Alleluia ! Une heure trente pour avoir des billets mais nous les avons!

 

Mais nous comprenons trop tard que le train ne part que le lendemain. Nous allons donc prendre le bus à la Bus Stand.

 

Le chauffeur de rickshaw est super sympa et nous dépose vraiment devant le bon bus. On hésite un peu car l'on voit que les sièges ne sont pas aussi confortables qu'à l'aller. On veut être sûr de monter dans le bon bus. C'est bien le cas. Une fois de plus, Laurent doit me soulever pour grimper car la marche est à nouveau trop haute et là, on sait que le trajet va être long et difficile. Ce n'est plus du tout le même genre de bus. Il ressemble plus au bus de ville. Pour les courtes distances c'est gérables mais pour 4h heures, cela devient un peu plus compliqué. Les sièges ne sont pas confortables, il y a beaucoup de monde à la différence du premier où nous pouvions nous étaler comme nous le souhaitions. Le vendeurs de billets crie "Chennai, Chennai, Chennai !" pendant que le bus commence à partir. Il n'est pas très commode. Mais c'est quand même impressionnant de savoir que nous allons faire un voyage aussi long et que nous avons payé un peu moins de deux euros par personne. Un vendeur de pois chiches monte dans le bus avec son seau et demande qui en veut. Cela sent super bon.

 

Le bus démarre et là c'est l'enfer qui commence. Entre le chauffeur et son klaxon, c'est une grande histoire d'amour, peut-être même la plus belle. Il s'en donne à coeur joie et nos tympans explosent. Nous mettons aussitôt les bouchons. Le monde envahit le bus à chaque arrêt et me voilà serrée comme une sardine entre Laurent et un homme un peu corpulent. Le chauffeur met de la musique indienne durant le trajet. Je vois des indiens chanter à voix basse, le vendeur de billets fredonne en dodelinant de la tête et le chauffeur accorde le rythme de son klaxon à celui de la musique on dirait.

 

Puis nous nous endormons serrés l'un contre l'autre. A mon réveil, si on peut appeler cela dormir, je vois assise à côté de moi une femme magnifique. Elle porte une boucle d'oreille en or avec une chaînette qui rejoint sa tresse qui est toute ornée de fleurs. Elle porte des bagues et ses avant-bras sont recouverts de bracelets rouge foncés. Son sari de couleur vert et bleu est orné de petites pierres précieuses. On dirait une mariée. Je ne peux détacher mon regard d'elle et j'espère que celui-ci n'est pas trop insistant.

 

Un nouvel arrêt sur une aire pour se dégourdir les jambes et il est l'heure de repartir. Avant de remonter dans le bus, je vois une femme âgée en sari qui a bien du mal elle aussi à monter, elle grimpe presque à quatre pattes.

 

Le trajet pour nous n'est plus très long et j'évite de me rendormir pour être sûre de ne pas rater l'arrêt. En effet, les arrêts sont très rapides. Les voyageurs montent alors que le bus commence déjà à rouler. Le vendeur de billets nous dit qu'il faut descendre au prochain arrêt. Nous nous dépêchons de regrouper nos affaires et nous arrivons enfin à Malalapuram.

 

Malalapuram est situé entre Pondicherry et Chennai au bord de la mer. C'est un village de pêcheurs où le temps semble presque s'arrêter. Nous avons choisi cette destination grâce à Mathieu qui y est déjà allé et qui nous a dit que c'était vraiment sympa. De plus, nous ne nous sentions pas de retourner directement à Chennai et prendre un vol dans la foulée.

 

Un rickshaw nous emmène à l'hôtel. C'est la première fois que nous voyons un établissement tenu uniquement que par des femmes. Elles nous font de grands sourires dès notre arrivée. Nous sommes malheureusement installés au deuxième étage mais la vue est superbe. Demain, nous changeons de chambre, nous serons au rez-de-chaussée. Nous découvrons celle-ci, elle est correcte. Nous avons surtout une immense terrasse que nous partageons avec d'autres voyageurs, la mer et la plage à perte de vue.

 

Au loin, on aperçoit des temples. On dirait qu'ils se trouvent juste à côté mais ce n'est pas le cas. Nous irons peut-être les visiter demain. Il faut prendre un tuk tuk car ils sont éparpillés un peu partout et les distances entre chacun semblent être importantes.

 

Les pêcheurs sont en train de ramasser leurs filets, les touristes arrivent pour le week-end et se baignent. L'eau est à 27 degrés en moyenne. Des femmes se baignent en sari, l'hôtel de luxe situé un peu plus loin balance une musique assourdissante et le soir va bientôt arriver. Il est difficile de marcher dans le sable et je vois que cela n'est pas mieux pour les personnes valides. Elles ont soudain une dégaine particulière, à faire de grandes levées de jambes pour ne pas trop s'enfoncer et cela me fait rire.

 

Nous souhaitons aussi aller nous baigner mais il y a vraiment beaucoup de vent et nous sommes fatigués. Nous nous reposons un moment avant d'admirer le coucher de soleil. Les gérantes de l'hôtel acceptent de nous laver nos vêtements après avoir compté combien il y avait exactement de pièces à laver. Puis nous partons manger au Fisherman.

 

Nous souhaitons goûter des produits de la mer. Le restaurant est au bord de la plage et Laurent trouve sympa les chaises qui s'enfoncent car tu peux ajuster la position de ta chaise.

 

Nous consultons la carte et le cuisinier ou le gérant arrive avec deux assiettes. Elles contiennent des poissons pêchés le jour-même. Il nous explique qu'il peut nous faire goûter cela si nous le souhaitons. Laurent accepte et je prends un mélange de fruits de mer et de nouilles. Nous profitons de ce moment pour admirer les jolis abats-jour en tissus de toutes les couleurs qui ornent le restaurant. Le personnel est très accueillant et tout est très bon.

 

Nous repartons par une petite ruelle située à l'arrière du restaurant et nous débouchons sur des petites maisons de toutes les couleurs. Les habitants vivent derrière les hôtels qui longent la plage. Certaines ont des portails sculptés, d'autres sont un peu plus délabrés. Il paraît que très tôt le matin, une femme passe de maisons et maisons et leur dessine sur le sol de grands mandalas et que c'est magnifique à voir.

 

Au bout de la ruelle, nous débouchons sur une très grande artère et là, c'est le jour et la nuit. Nous pensions arriver sur d'autres rues toutes calmes, typiques des maisons de pêcheurs du coin et c'est en fait un alignement de boutiques, de restaurants, et de bars. Nous ne nous attendions pas à cela. La rue s'agrandit, la circulation se fait de plus en plus dense, le monde est partout. Je ne peux m'empêcher d'entrer à nouveau dans de petites échoppes et je ressors avec un sac ou deux de merveilles. Les rues parallèles semblent être identiques à celles-là et nous décidons de rentrer à l'hôtel.

 

Nous fumons une cigarette sur la terrasse et une française qui dort dans la chambre d'à côté se joint à nous. Elle vient de Nice mais habite en Espagne depuis quelques années maintenant et cela fait douze ans qu'elle vient en Inde pour ainsi dire chaque année. Sa meilleure amie tient un restaurant pas loin et elle vient l'aider. Nous parlons voyage, de notre périple réalisé jusqu'à présent, des différences entre le Nord et le Sud, puis nous allons dans la chambre pour trier les photos et écrire l'article en attendant le lendemain pour pouvoir le publier.

 

Enfin, nous prenons notre petite dose de smecta, notre anti-palu et nous nous couchons avec le doux bruit des vagues dans nos oreilles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 12 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Pondicherry Jour 9 (9 février 2018)

Namasté tout le monde !

Ce matin nous changeons d'hôtel car ce n'était pas possible de rester dans celui où nous sommes allés. Je mets mon premier bindi acheté en Inde.

En sortant de l'hôtel, on découvre que la "Promenade des anglais" est ouverte à la circulation la journée. Nous allons déposer nos affaires dans notre nouvel hôtel "La villa créole". L'accès n'est pas adapté aux personnes handicapées une fois de plus, mais la chambre est sympa, avec un lit très haut. Le personnel est super gentil et c'est très bien situé. Nous sommes dans le quartier français. La terrasse couverte est ombragée et par cette chaleur cela fait du bien. On peut y manger français, italien ou indien. Il y a une télé qui passe des clips indiens bien kitch et où le romantisme est un niais à notre goût mais c'est rigolo à voir.

Nous savons que nous ne pouvons pas rester deux nuits d'affilé car c'est déjà réservé et nous revoilà parti pour chercher un nouvel hôtel. Cela se complique un peu pour nous car c'est très prisé et le choix devient vite restreint pour une réservation du jour au lendemain. On passe à nouveau trop de temps à notre goût pour trouver un lieu où dormir cette nuit.

Puis on décide de partir balader et d'en profiter pour aller voir à quoi ressemble la future chambre d'hôtel.

En sortant, juste en face il y a une boutique. J'entre et je suis comme une gosse devant toutes ces merveilles. Mes yeux brillent devant ces statuettes de ganesh, de ces éléphants finement sculptés dans le marbre. A nouveau, des tissus à perte de vue, et au fond de la boutique, il y a les bijoux. De vrais bijoux en argent. Je ne sais plus où donner de la tête. Je sais que je reviendrai le soir après avoir visité la ville.

Nous prenons un rickshaw et en arrivant à l'hôtel, on découvre à nouveau que la chambre n'a pas de fenêtre et que cela sent le moisi ! Le problème est que je suis déjà un peu tendue d'avoir perdu autant de temps à faire ces recherches que je suis pour prendre cette chambre juste pour la nuit et après on retourne à la villa créole, car on sait qu'il a de la place pour toute la semaine. C'est difficile aussi d'annuler une réservation à la dernière minute.

On reprend notre route et on croise des vendeurs ambulants qui veulent nous vendre tout et n'importe quoi. Il y a le vendeur de jouets pour enfants, la vendeuse de bijoux en bois, le marchand de percussion qui nous fait un live avant de marcher sur son instrument pour nous prouver sa solidité et que c'est très facile que je le porte dans ma sac à main ! Puis arrive le vendeur de peinture bindi. Il nous montre l'exemple en nous tatouant deux dauphins sur la main et il me fait un bindi à la peinture rouge sur le front. Le jeu des négociations commence mais nous ne sommes pas intéressés.

Je prospecte pour des bijoux et trouve rapidement mon bonheur. Je dirais même que je suis au paradis. Je suis madame bijoux et si je pouvais j'aimerais bien que l'on me greffe plus de doigts pour que je puisse porter plus de bagues en même temps !

Je fais mes petites amplettes et d'autres vendeurs arrivent, en essayant de nous refourguer leur came. Ils deviennent insistants et nous prenons un peu la fuite. Dans un coin un peu plus calme, une dame vend des chapeaux. Le soleil est bien présent et Laurent se prend un chapeau de cowboy noir. On croise une vingtaine de personnes pieds nus qui sortent d'un ashram. Ils vont récupérer leurs chaussures dans la rue en face. On découvre à nouveau de jolies statuettes de Ganesh, un couturier est en train de faire un habit sur mesure, pendant qu'un autre attend que l'on vienne acheter ses ustensiles de cuisine.

On arrive sur la plage tranquillement, les routes sont comme chez nous, même si de temps à autre il manque un peu de béton. Tout est très propre. Le bruit est largement supportable, on va même dire qu'ici c'est vraiment très calme. Je dirais même que c'est trop calme pour nous.

La plage est en fait une plage de sable fin mais avec de gros rochers qui donnent sur la mer. Et il est interdit de se baigner mais nous ne le savons pas. Laurent avait repéré le soir d'avant un coin avec du sable et on décide d'y aller. On prend quelques photos de la mer en souvenir et on déambule sur ce sable fin. Une plage qui par contre à l'inverse de la rue est sale, pleine de déchets, enfouis depuis longtemps.

On passe devant l'Alliance française, on admire une gigantesque sculpture de Gandhi et moi j'en ai marre de marcher ! Je n'ai pas envie de me baigner alors on se sépare Laurent et moi. On décide de se retrouver à l'hôtel.

Je pars de mon côté et juste au moment où je vais choisir un rickshaw, j'entends Laurent qui me crie qu'il y a un bazar juste à côté.

Je vais voir et je découvre la caverne d'Ali baba. C'est un peu une énorme foire couverte. Les stands sont numérotés et on vend de tout. Je fais encore quelques emplettes car je n'arrive pas à résister et je décide de retourner à l'hôtel. Devant le bazar, une scène est installée, des techniciens sont en train de gérer le son et sans doute qu'un concert va avoir lieu le soir. Nous irons peut-être faire un tour.

Je fais un crochet par la boutique d'en face et achète une bague avec une inscription indienne qui dit que la vie sans couleur n'est pas la vie. Elle n'est pas à ma taille et je la fais ajuster. Je devrai la récupérer le lendemain matin.

Je ne sais pas si Laurent est déjà de retour de sa baignade mais je prends le temps de discuter avec le gérant. Cela fait un an qu'il tient l'hôtel et qu'il voit passer des gens du monde entier. Faut dire que son lieu est très accueillant et très bien noté dans les différents guides et sites internet.

A la différence de la rue où la vie s'arrête à 22h, lui continue de servir à manger jusqu'à passé 23H.

Je retrouve Laurent qui est déjà à la chambre. Nous nous reposons et partons manger. Il m'emmène au restaurant "La Terrasse". Alors non, nous ne sommes pas revenu à la Bastidonne (84240) pour manger dans le restaurant qui porte le même nom. Nous sommes bien dans un restaurant situé à deux pas de l'hôtel et qui est en fait tenu par une française. Elle propose de la nourriture indienne, chinoise et française.

Nous prenons le temps de discuter et nous goûtons notre premier jus de fruit et notre première eau locale. Bon, elle est filtrée quand même !

Nous sommes dans le quartier le plus riche de Pondicherry et nous nous trouvons assis juste à côté des enceintes. Nous avons droit à du Polnareff, Marc Lavoine et d'autres remix de chansons françaises. La gérante est vraiment très gentille et nous indique les noms des plats en français.

Puis nous lui demandons où dans Pondicherry il est possible de voir de l'animation dans les rues après 22h. Il n'y en a pas. On réfléchit donc à quitter la ville peut-être plus tôt que prévu. Nous pensions aller dans une réserve naturelle en remontant vers le Nord mais elle nous dit que cela ne sert à rien car on ne voit pas les animaux. On laisse donc tomber cette idée. On sait que nous n'allons pas rester sur Pondicherry et nous profitons donc d'aller encore voir la mer une dernière fois.

A nouveau, la rue est calme, la circulation s'est arrêtée et nous rentrons à l'hôtel.

Nous décidons de partir au plus vite et éviter aussi pour le coup l'hôtel moisi.

On a un peu de mal à se décider sur ce que l'on va faire vraiment mais on se met d'accord sur un point de chute que vous découvrirez demain.

Belle nuit à toutes et tous !

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 12 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Pondicherry jour 8 (8 février 2018 de 19h à 23h59)

 

Pondicherry est une ville grouillante, active, et qui paraît être très jeune et dynamique. Nous descendons au terminus. Ici il n'appelle pas les bus station mais les bus stand. Nous prenons un tuk-tuk qui nous emmène à notre hôtel. Il se situe au bord de la mer. Il faut savoir que le tarif pour le week-end n'est pas le même. Il double voir triple à partir du vendredi. Nous voulons prendre deux nuits mais en fait, cela ne sera pas possible vu la chambre.

 

Alors comment dire...lol

On savait que nous quittions un hôtel de luxe pour retrouver des chambres de standing normal mais c'est vrai que là ce fut un peu rude. La chambre n'a pas de fenêtre, le moisi imprégné dans les murs te dégage les sinus avec une telle force que tu es sûr de ne plus avoir de rhume pour un bon bout de temps.

 

Nous demandons à voir une chambre avec une fenêtre, cela n'existe pas dans leur hôtel. Il est déjà passé 19h, on fera avec pour la nuit. On ne paie qu'une nuit et on se met illico à la recherche d'un autre hôtel...Enfin illico...Après avoir vu que la connexion était un peu pourrie voire beaucoup, nous demandons à avoir d'autres codes pour pouvoir faire nos recherches. Nous arrivons finalement à avoir un peu de réseau (en étant presque collé à la porte d'entrée de notre chambre, mais bon, on se débrouille) et on réserve un hôtel appelé "La Maison créole".

 

Le sol est mouillé, les draps humides, et on met la clim et le ventilateur en même temps pour essayer de faire de l'air un maximum. L'eau n'est pas chaude ou alors il faut vraiment attendre très longtemps, on entend tous les voisins comme s'ils étaient avec nous dans la chambre. Bref, vous vous doutez bien que je ne recommanderai pas cet hôtel.

 

Nous décidons d'aller manger et de profiter de cette balade pour repérer l'hôtel pour demain.

 

Nous allons voir la mer. Mais il fait très nuit et on ne voit pour ainsi dire pas grand chose. Nous nous promenons sur la plage et admirons les vagues qui viennent lécher les rochers avec force. On ne sait pas trop si les gens se baignent. Ici la rue est calme car piétonne. Aucun véhicule n'a le droit de passer et des policiers sont stationnés devant chaque entrée de route et s'assurent que personne ne déroge à la règle.

 

C'est super agréable de se balader. Il fait encore chaud, il y a beaucoup plus d'air, on voit plus d'hommes que de femmes. Certains couples sont assis sur les rochers ou dans un mini jardin situé juste à côté. C'est romantique à souhait. Mais ce qui est extrêmement agréable est ce calme qui envahit tout l'espace. C'est vraiment reposant.

 

Nous cherchons notre futur hôtel et de quoi manger. Il est déjà très tard. J'entends deux femmes parler français. Je les accoste et leur demande si elle savent où se situe "La Maison créole". Elles ne s'en souviennent plus. On discute de nos voyages respectifs et nous prenons un tuk-tuk pour aller manger dans un quartier animé.

 

Et en fait tout est mort...Pas de vie, pas de coin où manger indien dans la rue, ou très très peu...Bref, c'est pas génial. Le chauffeur nous amène dans une cafétéria indienne en nous disant qu'ici c'est excellent. Nous descendons, prenons son numéro de téléphone car il accepte de nous faire visiter la ville dans les jours qui suivent si on a besoin.

 

Après son départ, Laurent regarde s'il n'y a vraiment pas un petit restaurant de rue plutôt que ce restaurant à la chaîne.

 

Pendant ce temps, j'achète mes premiers bindis. Comme il fait nuit, je ne les vois pas forcément très bien, mais le prix me fait halluciner. Je les ai payé 0,01 ct d'euros alors qu'en France ou sur le net, je paie une plaquette 1,10 euros au minimum. Je sais que j'en ramènerai chez moi.

 

Puis Laurent revient et nous allons finalement manger dans cette cafétéria. Nous sommes les derniers à commander. Nous ne savons pas trop quoi prendre.

 

Pendant que nous choisissons, je les vois en train de nettoyer les plans de travail en inox. Alors question hygiène, y'a encore du boulot ! Finalement, ce n'est pas mauvais mais cela ne vaut pas du tout les repas pris dans la rue. Ils sont en train de fermer alors que nous mangeons encore. En effet, le restaurant ferme à partir de 22h ou 22h15. Et en quelques minutes, tout est bouclé. Et ils attendaient un peu sur nous pour fermer.

 

On rentre à l'hôtel en Tuk-tuk et on vous dit à demain pour la découverte de jour de Pondicherry !

 

Bonne nuit

Le 8 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Voyage en Inde Jours 7 et 8 (7 et 8 février 2018) 

 

Hier a été une journée off pour nous. Vous savez que nous sommes partis de Kolkata. Nous nous sommes levés à 8h et à 9h on quittait l'hôtel. Nous allons revenir à Kolkata à la fin du mois pour vivre la fête des lumières, revoir les petits et visiter aussi un peu la ville car cela a été un marathon ces six derniers jours.

Nous avons adoré cette ville, les gens, la nourriture, les rencontres, le bruit (enfin pas toujours, mais ça manquerait presque quand on ne les entend plus...), les couleurs, la vie en générale.

 

Ce fut très difficile pour moi de quitter les petits pour un mois. Je sais que je reviendrai donc je pars le coeur moins lourd mais quand même. D'autant plus que je n'avais pas envie de partir tout court. Ou du moins j'aurais aimé pouvoir me poser un ou deux jours de plus, juste pour pouvoir souffler et découvrir aussi la ville et non découvrir la ville par le biais de mon histoire personnelle.

 

Mais comme je sais que je reviendrai, nous ferons encore tout cela avant notre départ.

 

Nous avons donc pris un taxi, direction l'aéroport. Comme il était tôt, la circulation n'était pas très dense. Et on dirait même que certaines artères n'étaient pas encore autorisées à la circulation.

 

Nous sommes arrivés très en avance car nous étions limités à 15 KG de bagages par personne et avant de partir, Laurent les dépassait déjà. On se voyait déjà en train de transvaser de ses affaires dans les miennes. Mais au final, on n'a rien eu besoin de faire, car c'était le poids pour les deux bagages qui ne devait pas dépasser les 30 KG. Donc tout était ok.

 

Dès mon arrivée à l'aéroport, on m'apporte un fauteuil roulant et je dirais même que l'on me force à m'asseoir et à y rester. On étiquetette aussi mes béquilles, c'est une première pour moi. Puis on nous valide nos billets d'avion. On finit par ajouter sur mon billet au stylo bleu "with problem". Je ne tilte pas de suite que c'est pour "annoncer" que je suis handicapée. Puis une hôtesse d'accueil souhaite me pousser mais je dis que je ne vais pas tout de suite aller dans le hall d'embarquement et que du coup, je n'ai pas besoin du fauteuil. A ce moment-là, on me reprend mon billet d'avion, le déchire et on me le réimprime sans rajouter "with problem".

 

Nous allons nous installer dans le hall d'embarquement et Laurent en profite pour commencer à faire le tri de ses photos. C'est vrai que pour moi, c'est plus rapide d'écrire le récit de la journée mais pour lui, c'est une énorme quantité de photos à gérer par jour avant de pouvoir publier un album. Cela ne se fait  évidemment pas aussi vite.

 

Nous embarquons et nous nous envolons pour Chennai. Ville où il n'y a pas grand chose à faire mais où nous avons décidé de faire escale pour la nuit et se reposer. Car Kolkata a été très intense à tout niveau mais surtout émotionnellement et nous souhaitions pouvoir nous poser et recharger les batteries avant de repartir et ainsi mieux profiter de la suite du voyage.

 

Le vol se passe bien, j'aide Laurent à trier ses photos, une femme assise à côté de moi doit prendre l'avion pour la première fois car elle ne sait pas comment mettre et enlever sa ceinture de sécurité. Elle passe une bonne partie du voyage à roter. Si je me souviens bien, en Inde roter est un signe qui montre que nous sommes en bonne santé.

 

Puis je dors et nous faisons un atterrissage un peu particulier mais nous sommes en vie. Nous sortons avec nos bagages et là, pas de taxi, pas de klaxons et c'est propre ! On voit de suite la différence avec Kolkata. Nous ne sommes pas happés par des chauffeurs dès notre sortie. Nous prenons un taxi jusqu'à l'hôtel. Nous en avons pour 45 minutes de trajet. Nous contemplons le paysage. Enfin, on va dire que nous contemplons les building en éternelle construction, des échaffaudages partout, des peintures de façade pas terminées, on se demande un peu ce que c'est comme ville.

 

Comme tout se ressemble, je dors un peu. Puis nous arrivons à l'hôtel.

 

Nous avions passé la moitié de notre dernière journée si ce n'est plus à essayer de réserver des hôtels à Chennai. Nous en avions trouvé un au bout de longues heures de recherches et je savais que nous allions payer un peu plus cher.

L'hôtel s'avère être un hôtel de luxe. Chez nous, au niveau tarif, c'est un hôtel standard, et ici c'est un hôtel 5 étoiles au minimum. Avec piscine, jacuzzi, salle de sport, sauna. Bref, tout est d'une propreté qui détonne tellement avec ces six derniers jours.

 

Nous allons à l'accueil et demandons à voir la chambre avant. Elle se situe au dernier étage de l'immeuble mais la vue donne sur la route. Nous demandons une chambre qui donne sur le lac. On nous montre une suite avec cuisine pour pouvoir faire soi-même à manger...(bon là fallait pas trop rêver pour que je fasse ça). Mais le prix est forcément plus cher. Nous retournons à l'accueil et demandons à avoir la première chambre que nous avons vu. Ils nous expliquent que nous pouvons avoir la suite pour le même prix. Pour le coup, on dit oui, mais ça ne change rien... Je ne cuisinerai pas !

 

Tout est parfait, on avait juste besoin de cela pour se détendre. On enfile nos maillots de bain et nous allons à la piscine qui est située sur le toit. Il y a une vue sur tout Chennai. Mais bon, cela ressemble à une banlieue géante et on ne trouve pas cela super intéressant. Il faut quand même savoir que Chennai est la quatrième plus grande ville de l'Inde.

 

Laurent se baigne mais moi non. Le jacuzzi n'est pas assez chaud pour moi et il y a un vent qui ne me motive pas à entrer dans l'eau. Après quelques longueurs, nous retournons à la chambre où nous nous reposons avant de ressortir manger.

 

L'hôtel se situe sur une très grande artère avec uniquement des boutiques autour et de petites échopes. De temps à autres, il y a des restaurants de rue. Nous entrons dans une boutique car j'ai envie de toucher les tissus et on profite de regarder les gérants ranger leurs écharpes et étoles. Je leur demande de me montrer des turka. C'est l'ensemble que porte une très grande majorité d'indienne. Cela se compose d'une tunique, d'un pantalon léger assorti et d'une étole élégamment posé sur l'épaule gauche. La vendeuse en porte un superbe et je demande à voir des modèles du même genre. Elle me dit qu'elle n'en a pas mais m'en montre d'autres. Ils sont tous beaux. En plus, tu peux si tu le souhaites faire toi-même tes ensemble. Et tout cela à un prix dérisoire. Je ne prends rien car on ne veut pas alourdir nos sacs qui sont déjà trop lourds.

 

Puis juste à côté je vois une bijouterie. J'entre car je voudrais connaître les prix des bijoux en Inde. A Kolkata, je n'ai vu que des bijoux de pacotille vendus sur les marchés et ce n'est pas cela que je recherche.

 

Nous ne trouvons pas de restaurant de notre côté de rue et décidons de traverser pour aller voir ce qu'il y a en face. Les rues sont très difficiles. Ils ont comme chez nous de jolis pavés qui sont posés les uns à côté des autres mais comment dire...Ils sont tous à des hauteurs différentes. Le sol n'est jamais vraiment plat, droit mais plutôt cabossé, défoncé, inégal, impraticable... Du coup, je passe plus mon temps à regarder mes pieds que les gens ou la ville.

 

Nous attendons que la circulation s'arrête pour nous laisser passer et c'est une marée humaine qui traverse en même temps que nous. Nous nous installons dans un restaurant végétarien et je goûte un dhal encore tout différent des deux premiers que j'avais goûté. Laurent prend un plat aux légumes qui est juste divin.

 

Nous rentrons et je prends une douche dans une douche à l'italienne, avec de l'eau chaude qui coule dans la seconde et qui dure aussi longtemps que tu le souhaites. Tout est grand ici. Je sais que je vais recommander cet hôtel car tout est accessible ou presque. En effet, la largeur de la porte d'entrée est ok pour les fauteuils roulants mais pas celle pour la salle de bain. En revanche, l'hôtel met à disposition des fauteuils roulants qui eux sont aux normes de leurs porte. L'accès pour aller à la piscine et autres est tout aussi parfait.

 

Nous terminons la soirée tranquillement tous les deux en préparant notre petit smecta du soir que l'on verse dans une bouteille. C'est vrai que depuis notre arrivée, nous n'avons eu aucun souci de santé. Nous prenons un smecta par jour et le médicament contre le paludisme et c'est tout. Et on croise les doigts car pour le moment, tout est ok.

 

Puis on tombe comme des masses.

 

Le lendemain, c'est grasse matinée. On libère la chambre pour midi et on décide de prendre le bus pour Pondicherry. La standardiste de l'hôtel nous indique le chemin à prendre et le no de bus. Mon sac est très lourd et Laurent le porte en plus de sa valise. A la dernière minute les gens dans la rue nous indique un autre chemin et on décide de prendre un tuk tuk même si nous n'avons que quelques mètres à faire.

 

Le chauffeur nous dépose devant un arrêt important où une ribambelle de gens sont déjà en train d'attendre. Nous attendons le bus mentionné sur notre feuille et le chauffeur nous dit que c'est le bon et d'autres nous disent que non. On ne sait pas trop si ce que nous faisons est bien mais on monte. Nous partons. Le bus est grand, les sièges ne sont pas encore tous pris à cette heure de la journée.

 

Monter dans un bus est impossible pour une personne en fauteuil roulant, une personne aveugle, c'est compliqué aussi car les marches sont inégales. J'y suis arrivée car j'ai de la force dans les bras, mais bon c'est pas génial. Par contre voyager en bus est intéressant. Tu vois pleins de paysages, bon ici du bitum, de la poussières et des buildings, les gens sont sympas et il y a ce petit air frais qui t'arrive sur le visage, c'est vraiment agréable. Evidemment, toutes les fenêtres sont ouvertes, c'est le moins que l'on puisse faire pour ne pas mourir de chaud.

 

Et on peut dire que nous n'avons pas à nous plaindre car nous avons choisi la meilleure période pour partir. Il ne fait pas trop chaud, ni trop froid, les moustiques ne nous attaquent pas et on peut profiter de tout sans être des larves terrassées par la chaleur.

 

Le trajet paraît bien long et on s'assure que c'est le bon bus. Un homme assis devant moi me parle en hindi. Je lui réponds que je ne le parle pas mais que je suis née à Kolkata. Il m'explique qu'il va lui aussi à la CMBT mais pas à Pondicherry. Il accepte de nous indiquer la route une fois que nous serons arrivés.

 

Le trajet dure 1h30 pour y aller et on jongle entre la pollution, le traffic, le bruit et le décor inintéressant ou presque. Décidémment, nous n'aimons pas trop cette ville.

 

Nous arrivons enfin à la Bus Station de Chennai. Nous dégoulinons, nos habits collent à la peau et nous descendons pour chercher notre bus pour Pondicherry. Et par miracle, il est devant nous. Nous lisons les mêmes informations que sur notre billet, sauf que le bus est vide.

 

L'homme du bus nous dit qu'il faut aller plus loin. Nous y allons et nous arrivons sur une grande esplanade remplie de bus avec le nom des destinations affiché en hindi. On ne sait pas trop où aller. On demande à un homme en uniforme et il nous indique que les départs pour Pondicherry ne se font pas ici mais de l'autre côté de la gare. Laurent part en exploreur pendant que je garde les bagages.

 

C'est effectivement bien de l'autre côté qu'il faut aller. Nous traversons un énorme hall couvert. Des gens attendent, d'autres dorment sur leur paillasse à même le sol ou sur des bancs, d'autres courent attraper leur bus.

 

Nous arrivons de l'autre côté et là, de nouveau, pleins de bus qui attendent mais nous ne savons pas où aller. Je demande à un vendeur de beignets où se trouve le bus pour Pondicherry et il me dit que c'est juste là, devant nous.

 

Nous voyons le vendeur de billets et il nous confirme que c'est bien ce bus. Nous sommes les premiers à monter. Le bus est bien vieillot mais les sièges sont déjà plus confortables que dans le premier que nous avons pris. L'allée principale est très étroite et mesure 38 cm. Mon sac par exemple est trop volumineux pour le mettre dans les box au-dessus de nos têtes. Nous avons la chance de pouvoir choisir nos places car nous ne serons pas obligés de les porter sur les genoux pendant 4h.

 

Le vendeur de ticket crie toutes les deux secondes "Pondi, Pondicherry, Pondi, Pondicherry !" et des indiens commencent à monter. A 14h15 le bus démarre et nous en avons pour 3h30-4h de trajet. Une fois que le bus est parti, il continue de crier "Pondi, Pondicherry, Pondi, Pondicherry !" pour les gens au bord de la route puissent monter en court de route.

 

Je profite de ce voyage pour écrire un peu de mon article et dormir. C'est là qu'un élément important du voyage entre en jeu : Les boules quiès ! Même si elles ne coupent pas totalement le bruit, tu peux dormir plus facilement, les klaxons te paraissent plus doux et tu n'entends presque plus les aigus.

 

Les paysages se succèdent, la végétation est luxuriante. Des lianes épaisses s'entortillent autour des arbres. Les palmiers tordus, très tordus même, sont imposants et très nombreux. Nous traversons de petits villages, passons devant des stations essences au bord de la route encore des hôtels au milieu de nulle part.

 

Nous nous arrêtons sur une "aire d'autoroute" pour faire pipi. Depuis le bus, je vois les latrines au loin. Elles me coupent l'envie direct !

 

J'avais prévu d'acheter un urinoir pour fille et apprendre à m'en servir avant le départ mais je n'ai pas pu le faire. Cela aurait été pratique pour aujourd'hui. Mais je dois reconnaître que depuis le début du voyage, je n'ai pas à me plaindre des toilettes que j'ai pu utiliser. J'avais prévu à peu près tout ce qu'il faut pour pouvoir y aller sans finir avec le typhus, la peste ou le choléra et au final, je n'en ai pas plus besoin que ça. Je pensais que cela serait vraiment un handicap et ce n'est pas le cas.

 

Presque tout le monde descend. Il y a une échoppe où l'on peut acheter à boire et à manger, un espèce de bar où il passe de la musique à fond. Certains fument, d'autres se dégourdissent les jambes.

 

Je sors fumer une cigarette. Mais je suis incapable de remonter dans le bus. La marche est beaucoup trop haute. Elle doit mesurer au moins 50 cm, de hauteur. Laurent est obligé de me porter. A l'intérieur, chacun a acheté de quoi boire et manger. Les déchets de cacahuètes sont jetés à même le sol.

 

Le bus repart, il a un bon rythme de croisière mais faut pas déconner non plus, il ne dépasse pas les 60 km à l'heure. Les klaxons me paraissent moins violents qu'à Kolkata mais ceux que l'on entend sont vraiment terribles pour nos oreilles.

 

Le jour décline et le coucher du soleil est magnifique. L'architecture des maisons en allant vers Pondicherry est tout le temps la même. Je ne vais pas la décrire ici, car Laurent a sans doute pris des photos. Je vous dirai juste que les maisons sont très colorées.

 

Les lumières intérieures du bus s'allument, la nuit est en train de tomber. Et elle tombe très vite ici.

 

Quelques minutes plus tard, nous voilà arrivé.

 

La suite toute à l'heure...

 

 

 

 

Le 7 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Bonjour à toutes et tous ! 

 

On espère que vous allez bien et que vous n'avez pas trop froid. 

 

Je vous écris ce petit mot pour vous dire que c'est très compliqué de mettre les photos sur leetchi, une fois sur deux il ne le fait pas, alors nous allons essayer au plus vite de trouver une plateforme d'hébergement pour que vous puissiez aller voir toutes les photos. Car il y en a déjà plusieurs centaines et évidemment je ne peux pas les publier ici. Nous vous tenons au courant et vous transmettrons le lien dès que l'on aura trouvé tout cela.

 

On vous embrasse

 

Laurent et Ivy

Le 7 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Voyage en Inde - Jour 7 (7 février 2018)

 

Hello tutti !

 

Nous sommes bien arrivés... Mais où ?

 

On se repose et on vous en dira peut-être plus demain...😉

 

Bonne soirée à tout le monde.

Le 6 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 6 (6 février 2018)

 

Hello tout le monde !

 

C'est notre dernier jour à Kolkata avant de revenir dans un mois. Cela a été une journée compliquée. Comme tout prend un temps monstrueux ici, il faut sans cesse réfléchir à ce que l'on veut ou peut faire vraiment car au final, tu n'en fais pas la moitié.

 

On a commencé par chercher un hôtel qui correspond aux critères que j'ai défini dans mon projet. Cela nous a pris un demi-siècle et du coup c'était frustrant de perdre du temps devant un ordinateur alors que nous aurions pu être dehors ou avec les petits ou... Et en plus pour ne pas savoir si concrètement, l'hôtel sera correct.

 

Car ici, tout ne se fait pas en un clic pour les réservations quelles qu'elles soient. On est habitué à ce que les choses se fassent vite, eh bien ici, faut savoir prendre son temps...vraiment...

 

Une fois que tout cela a été réglé, nous sommes allés voir les enfants à Shishu Bhavan car nous ne les reverrons que dans un mois.

 

A notre arrivée, les plus grands sont dans leur réfectoire en train de manger des quartiers de pommes. Certains ont déjà fini et partent jouer dans la pièce d'à côté, pendant que d'autres prennent leur temps ou empilent leur plat au bout de la table.

 

Nous allons ensuite voir les plus petits qui viennent de terminer eux aussi leur goûter et attendent de pouvoir sortir jouer dehors devant l'entrée. Je prends la main d'un petit bout de chou et l'emmène dans le couloir avant qu'une sœur ne le récupère.

 

Comme ils joueront pendant deux heures dans la cour, nous avons le temps d'aller voir les bébés au deuxième étage. Rien ne change, ils sont toujours aussi mignons et il y a roulement entre ceux qui ont déjà pris leur goûter, ceux qui sont changés et ceux qui jouent au sol en attendant qu'on les prépare. Les sœurs et les massis font cela un peu à la chaîne et ne tiennent pas toujours compte du bébé qui pleure pendant qu'elles les nettoient. Il faut aller au plus vite.

 

Vous avez sans doute compris que je suis tombée en amour pour Shoana et je prends plus le temps avec lui. Je lui chante une chanson à l'oreille rien que pour lui et il me fait de grands sourires. Je profite de ce moment car je sais que je ne le reverrai pas avant notre retour ici. Je suis en train de calculer comment le mettre dans ma valise lors du retour...sourire...

 

Laurent immortalise chaque instant car on ne sait pas ce qui peut nous arriver durant ce mois et si pour X raisons nous ne pouvions pas revenir les voir, au moins nous aurons un maximum de souvenirs.

 

Nous allons dans la cour de jeux des plus grands. La vie des enfants est toujours la même mais ce jour-là des bénévoles venus de Hollande s'ajoutent à cette ribambelle d'enfants qui courent, rient et crient. Ils sont aux nombres de dix. Deux professeurs les accompagnent. Ils sont là pour dix jours et chaque matin, ils donnent des cours aux plus grands. Ils sont émerveillés de voir des enfants qui adorent aller à l'école et qui sont très curieux et attentifs.

 

Quand ils les revoient dans la cour de jeux, c'est la fête. Ils se retrouvent autour des balançoires et des étudiants les poussent tout en chantant tous en chœur "Jingle Bell". Les petits ne connaissent pas la chanson mais restent silencieux et écoutent avec un plaisir non dissimulé.

 

Je m'assois sur une balançoire et une petite fille me jette un volant de badmington. Elle joue avec une massi et fait exprès de me le jeter sur moi à chaque fois pour que je le lui redonne. Un garçon fougueux s'approche et s'amuse avec mes béquilles. Il fait des ronds sur le sol avant de les reposer très vite et de repartir en courant.

 

Puis je vois accroché au bras d'une massi la petite fille au bonnet bleu. Elle me regarde avec son sourire qui illumine tout le jardin et je m'approche d'elle. Mais je pense qu'elle est vraiment de nature craintive ou je ne sais pas car elle n'est jamais avec les autres enfants. Elle est toujours avec une massi et seulement elle. Quand je monte voir les bébés, elle est aussi là à chaque fois. Peut-être qu'elle aime le calme ou parce que les bébés ne l'embêtent pas.

 

Puis nous prenons le temps d'aller voir les enfants handicapés au 2è étage. Il est interdit de prendre des photos mais nous sommes autorisés à le faire car maintenant, on considère que je suis "de la maison".

 

Un bénévole joue de la musique relaxante sur un grand tapis. Certains dessinent, d'autres tapent sur les touches d'un petit piano en plastique. Une lance une balle contre Laurent. Elle était installée sur une chaise haute en position debout mais où elle ne pouvait pas s'asseoir si elle le souhaitait. J'imagine qu'elle doit passer un certain temps par jour sur cette chaise pour sa rééducation.

 

Le physiothérapeute est là comme chaque jour et pendant qu'il donne un soin, nous discutons. Il m'explique qu'il est là juste pour un mois et après il reviendra s'installer plus longuement. Il est en train de faire craquer des vertèbres du dos d'une petite fille qui portent des orthèses mais sans armature métallique.

 

Sur le grand tapis, des massis ont chacune un enfant dans les bras et leur donnent des soins de rééducation. Certains les massent, d'autres les balancent d'avant en arrière, elles leur apprennent à tourner la tête dans un sens puis dans l'autre...Les enfants dont on ne peut s'occuper dans l'instant sont installés sur des fauteuils spéciaux ou sur un gros pouf. Des bénévoles venus des quatre coins du monde s'occupent d'eux à tour de rôle pour pouvoir profiter de chacun.

 

Un petit bébé dort dans un lit immense. Il est à croquer et on ne peut détacher ses yeux de lui. Il paraît si minuscule dans ce lit. D'ailleurs il est calé par de grands coussins en forme de boudin. Je pense que c'est le plus petit enfant de cette section. Je ne sais pas par contre quel handicap il a.

 

A l'entrée de leur espace, il y a quelques enfants dans des lits. Ils sont aveugles. Je m'approche et serre la main d'un petit. Il se retourne. Je lui parle, lui caresse le bras et il commence à gesticuler dans son lit. Je ne reste pas trop car il ne connaît pas ma voix et il n'aime peut-être pas ça. Du moins c'est ce que je ressens.

 

Nous repartons pour aller prendre un rickshaw. J'ai le cœur serré de savoir que je ne les reverrai pas avant longtemps. Je me suis attachée...

 

Nous avons décidé d'aller voir l'hôpital où je suis née le Nilratan Sarkar Medical College Hospital. C'est le 5ème hôpital le plus performant au monde. Il se situe dans la même rue que Shishu Bhavan. Nous pensons que ce serait chouette de prendre un rickshaw car nous imaginons qu'il ne se situe pas loin. Et en fait, c'est la galère !!!

 

Aucun rickshaw ne veut nous emmener. C'est sans doute trop loin et il faut prendre un taxi. Rebelotte galère ! Nous ne sommes pas du bon côté de la route et une fois que c'est le cas, aucun n'est disponible. On décide de retourner à l'hôtel et de demander au personnel d'appeler pour nous un wuber taxi (taxi qui se réserve par le biais d'une application et où l'on peut suivre son trajet en temps réel).

 

Nous faisons maximum dix minutes de voyage et nous arrivons devant un énorme bâtiment délabré avec des gens au bord de la route. Le chauffeur nous dit que c'est là. Je lui demande si c'est bien le cas, car j'avais vu des photos de l'hôpital en amont et c'était un super beau bâtiment colonial rouge. Et là, c'est un peu tout le contraire. Je demande à ce qu'il nous dépose devant l'entrée. Il ne sait pas où c'est et s'arrête pour demander à des connaissances la bonne direction à prendre. Ils nous disent que tous les bâtiments que nous voyons autour de nous, c'est le Nilratan Sarkar Medical College Hospital !

 

Ah ben on est mal barré ! On explique que nous souhaitons aller au service maternité. On nous indique l'entrée et nous faisons les quelques mètres qui nous séparent de l'entrée principale. Le taxi nous dépose et nous découvrons un tout autre monde. Les gens s'amassent devant l'hôpital, tout est sale, vétuste, cela sent mauvais, un seul et unique taxi, un seul et unique rickshaw pour tout ce complexe de soins !

 

Nous voyons l'entrée. Un policier est stationné devant. Nous entrons. Sur la droite, il y a un banc avec une famille qui attend. Sur la gauche, deux policiers sont assis et regardent qui entre et qui sort.

 

En face de nous, nous avons les ascenseurs. Ils sont au nombre de 5. Le sixième est en travaux. On peut voir les énormes bambous qui vont faire office de structure de base.

 

Nous consultons le tableau des étages et apercevons néonathologie au deuxième étage. Au rez-de-chaussée, il y a la gynécologie. Nous ne savons pas très bien où aller et nous allons au deuxième. L'ascenseur s'ouvre, des gens sortent et nous entrons. Un homme referme deux grilles et nous montons.

 

Sur notre gauche, se trouve le service. Il faut savoir que l'odeur est partout la même. Un mélange d'antiseptique avec celle de la transpiration, de l'odeur de la ville. C'est supportable mais inhabituel pour nous où tout est aseptisé surtout dans ce genre d'endroits.

 

Nous entrons dans le service. C'est en fait un couloir avec des chambres. Sur la gauche, on voit des éviers avec des l'eau qui coule en continu. Une femme est en train de boire pendant qu'un chat regarde l'objectif de Laurent avec des immondices autour. Le sol est à peine visible et on se dit que ce n'est pas là...On espère aussi de tout cœur de ne pas avoir besoin de passer par la case urgence durant notre séjour.

 

On continue et on voit un panneau écrit en hindi et avec le dessin d'une femme enceinte. Au moins, nous savons que nous sommes au bon étage. Puis sur notre droite, c'est inscrit en anglais babyroom si je me souviens bien, door 4. Nous entrons. Deux femmes viennent à notre rencontre. Nous essayons d'expliquer pourquoi nous sommes là. Elles ne comprennent pas tout. Elles s'en vont et pendant ce temps un couple arrive. La femme est enceinte. L'homme reste à la porte et elle s'en va dans le couloir. Peut-être que les hommes ne sont pas autorisés dans ce service.

 

Les deux femmes reviennent et nous disent que c'est par ici. Mais je ne suis pas sûre qu'elles nous aient compris, de plus je n'avais pas pris mon sac à dos où il y a mon mini-dictionnaire anglais. Du coup on ne trouvait pas les mots exacts pour tout expliquer, mais finalement nous entrons.

 

J'ouvre une porte battante et je vois des infirmières qui papotent derrière. Nous expliquons à nouveau la situation et elles me disent qu'ici c'est le service de néonathologie et qu'il y a des enfants qui...et là je n'ai plus rien compris. Elles m'ont juste montré du doigts des lampes à ultra violet et j'ai compris que nous n'étions pas au bon endroit. Nous faisons demi-tour.

 

Nous reprenons l'ascenceur et au rez-de-chaussée, je vois inscrit gynécologie à gauche. Sauf que lorsque je regarde à gauche, cela semble être un couloir délabré. Nous faisons trois pas mais la police nous dit que non, il ne faut pas aller par là et que nous devons sortir.

 

Nous sortons et cherchons la gynécologie. Car on ne sait pas s'il existe réellement un service maternité. Et à ce moment là, une flic arrive, suivi de deux autres. Ils nous demandent quelles photos nous avons prises. Et là, je me revois quelques années en arrière quand j'avais passé des vacances en Tunisie. J'avais sans le savoir photographié le bâtiment de la police car il était super beau et en fait c'est interdit. J'ai fini au poste à devoir effacer toutes mes photos.

 

Je me suis dit qu'ils allaient nous demander de faire pareil et intérieurement je stressais car je ne voulais pas qu'ils nous demandent d'effacer toutes les photos de la journée. J'aurais été trop frustrée.

 

Des curieux arrivent et essaient de savoir ce qu'il se passe. En quelques secondes, nous sommes encerclés.

 

Laurent leur montre les photos qu'il a prise de l'hôpital et nous demande pourquoi on fait ça. J'explique la situation pendant qu'ils continuent de regarder.

 

Le cercle s'agrandit et nous sommes l'attraction du moment.

 

Au fur et à mesure que Laurent faisait défiler les quelques photos qu'il avait prises, je vois des sourires fendre leurs visages. A la fin, ils nous disent que c'est ok et que nous pouvons y aller. Nous laissons tomber le service gynécologie. Je crois en avoir assez vu pour ce lieu.

 

Je suis très contente d'y être allée et de voir à quoi ressemble aussi un hôpital indien mais je n'avais pas besoin de plus finalement.

 

Nous prenons le seul tuk tuk garé devant l'hôpital et nous demandons à rentrer à l'hôtel. Nous indiquons Shishu Bhavan pour que cela soit plus facile. Et en fait, il ne savait pas du tout où il devait aller. Les dos d'éléphants ont fait craindre le pire à mon dos et en plus, il n'a même pas pu nous emmener là où l'on voulait car il aurait été obligé de passer devant la police et sur une artère principale. Nous descendons et rentrons à pieds.

 

Ce bout de journée m'a vidé et Laurent me fait un massage avant de trier ses photos. Puis nous retournons manger dans le resto de rue de hier et rentrons pour faire nos sacs. En effet, demain nous partons pour de nouvelles aventures !

 

Belle nuit à toutes et tous !

Le 5 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 5 (de 20h à ...) - 5 février 2018

 

Re tout le monde !

 

Nous n'avions pas spécialement prévu de ressortir mais on a quand même un peu faim et on décide d'aller grignoter un petit truc dans la rue. On repart dans ce nouveau quartier derrière notre hôtel et que nous avons découvert ce matin.

...

Dans la première ruelle sur notre droite, il y a des hommes qui jouent. On ne sait pas très bien à quoi et comme il n'y a que des hommes, je laisse Laurent y aller tout seul pour prendre ses photos. Ils sont en train de jouer au carambol. D'autres sont au bord de la route et pour eux la journée est terminée. Ils dorment déjà sur leur paillasse.

 

L'odeur du dhal et des chapatis est juste à tomber par terre mais on décide de continuer encore un peu pour voir ce qu'il y a plus loin. On s'enfonce dans une ruelle de plus en plus sombre et je n'ai qu'une envie, c'est de faire machine arrière. Mais la curiosité l'emporte. Quelques pas de plus et nous voilà en plein cœur d'une vie nocturne trépidante. C'est le paradis pour Laurent qui s'en donne à cœur joie et ça crépite dans tous les sens.

 

Mais au bout de la rue, on décide de revenir en arrière et on essaie le rickshaw vélo. Alors la galère est de monter, ça c'est sûr que ce n'est pas le moyen de locomotion recommandé pour les personnes à mobilité réduite. Mais c'est super sympa de prendre de la hauteur et de parcourir ces rues.

 

Tu en prends pleins les yeux, frissonne aussi de le voir frôler de si près les autres véhicules et les dos d'âne sont...comment dire... des dos d'éléphant ?

 

On profite de toute cette animation. Certains ont déjà fini de cuisiner et son en train de tout remballer, d'autres se font couper les cheveux, on voit des hommes repasser des piles de linge, d'autres font de la couture, on a vu des boucheries qui rivalisent sans aucun doute avec celle que vous avez pu découvrir hier. Dans le style gore, ils font fort ! On dirait que la vie ne s'arrête jamais.

 

Le rickshaw nous dépose devant le petit restaurant de rue que nous avions vu à l'allé et pendant que je descends, Laurent prend une photo d'un singe.

 

Nous demandons des chapatis, du dhal et un peu de viande et le cuisinier finalement nous fait tout goûter.

 

Puis nous sommes rentrés tranquillement nous coucher.

 

Voici la photo des plats que nous avons mangé. Parmi ceux-ci, nous avons goûté pour la première fois de la cervelle de singe. A vous d'essayer de nous dire lequel de ces plats il s'agit...

 

Good luck !

 

Le 5 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 5 (de 9h à 20h) - 5 février 2018

 

Namaskar everybody !

 

Hier soir, c'est Laurent qui a eu du mal à s'endormir. On va dire que l'on fait un roulement au niveau sommeil...lol

 

J'avais mis le réveil à 9h car nous allons à Daya Dan rencontrer Massi Kalpona Naskar qui s'occupait des enfants à Shishu Bhavan dans les années 80.

Puis nous avons rendez-vous avec Gautam et son épouse Tulika pour manger à midi.

 

Mais je stresse un peu car le trajet est long pour aller à Daya Dan et long aussi pour aller au centre Sanchar Arod où vivent Gautam et Tulika. On décide de reporter la visite à Daya Dan à un autre jour car nous sommes attendus chez eux alors que fondamentalement, personne ne nous attend à Daya Dan.

 

Nous décidons de prendre un tuk tuk pour aller au centre. Celui-ci se trouve à 50 minutes de Shishu Bhavan. On pense que c'est intéressant de parcourir cette distance en tuk tuk car cela ne coûte vraiment pas cher. En sortant de l'hôtel, nous prenons sur notre gauche pour rejoindre les tuk tuk. Enfin nous pensons qu'ils doivent se trouver de ce côté car sur l'artère principale de Chandra Bose Road, il n'y en a aucun.

 

On découvre qu'il doit peut-être exister des artères où les taxis ont le droit de rouler et d'autres où se sont les tuk tuk qui sont autorisés. Car la concentration de certains véhicules se fait à des endroits précis et non à d'autres.

 

Ce quartier est très sympa, les rues animées et on profite de ce moment pour découvrir encore une partie de la ville. Mais pas contre, pas de tuk tuk en vue. On finit par prendre un taxi pour retourner devant le neuroscience hospital car c'est là qu'on les trouve principalement. Le chauffeur fait le chemin inverse de ce que nous avons fait à pied. Nous sommes déjà en retard et cela me stresse un peu. Je ne sais pas s'ils nous attendent vraiment pour midi pile. Je suis encore dans mes habitudes suisses ou françaises de respecter les horaires mais je ne sais pas trop si c'est comme cela que cela se passe ici.

 

La circulation est infernale car c'est l'heure de pointe et aucun tuk tuk ne veut nous prendre. En réalité, la distance est trop loin pour eux et cela ne se fait qu'en taxi. On zigzag entre les différents moyens de locomotion, les klaxons sont impossibles et on perd un tympan en route mais on trouve finalement un taxi et c'est parti pour 50 minutes de trajet.

 

On découvre de nouveaux quartiers, mais j'avoue que je suis un peu perdue dans mes pensées. Je réfléchis aussi aux questions que je souhaite poser à Gautam pour ne pas les oublier et surtout pour ne pas être frustrée. Il fait chaud, c'est le premier jour où l'on sent vraiment la chaleur. Nous ouvrons les fenêtres mais la pollution est trop prenante. Laurent utilise mon foulard pour se protéger au maximum et prend des photos. Je sais que si je ne vois pas forcément "tout", je pourrai revoir des bouts de Kolkata à travers son regard.

 

Nous arrivons devant le centre une heure après. Une femme vient nous ouvrir et nous emmène voir Tulika. A côté de la porte d'entrée, il y a une plaque commémorative de l'inauguration de ce lieu faite par Jo et Brian Millar. Nous la prenons en photo. Tulika nous attend dans son bureau. Nous nous asseyons en face d'elle et commençons à discuter de nous, de notre voyage et de leur centre.

 

A ce moment-là, Marika Millar, la fille de Jo et Brian (les fondateurs de Miblou et de Divali adoption service par lequel je suis passée) appelle Tulika. Celle-ci lui explique que je suis dans son bureau en ce moment-même. Elle me passe la communication et nous parlons en français quelques minutes.

 

Puis nous prenons un thé avec des petits biscuits et poursuivons notre discussion avec Tulika. Elle nous explique que nous allons aller chez elle pour retrouver Gautam et manger. Nous nous levons en prenant le temps de découvrir ce lieu, même si nous n'avons pas l'occasion de tout voir.

 

Le trajet jusque chez eux se fait à pied. Je rencontre Gautam. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais c'est lui qui a fait le trajet en avion de Kolkata à Genève le 21 juillet 1985 avec moi. Nous discutons, me demande ce que je deviens et ce que nous faisons à Kolkata.

 

Je lui dis que j'ai pris des photos avec moi et on décide de les regarder après le repas.

 

Tulika et sa fille commence à dresser la table. Elles nous ont préparé un festin. On commence par des épinards épicés, du riz avec du dhal, des galettes de je ne sais pas quoi, puis du poisson à la sauce tomate (une merveille comme plat), des chapatis et enfin en dessert une espèce de boule de jus de dattes mélangé à du lait, du fromage. C'est super bon. Un autre dessert qui y ressemble beaucoup mais on dirait un baba au rhum. Ce sont les premières sucreries que nous mangeons en Inde.

 

Puis Tulika retourne travailler en nous disant qu'elle repasserait nous voir dans l'après-midi. Nous lui demandons si c'est possible d'imprimer des documents pour nous et Laurent la rejoint au bureau avec sa clé usb.

 

Pendant ce temps, je montre les photos que j'ai sur mon ordinateur. Sur l'une d'elle, on voit le centre où j'ai été après mon opération durant trois mois (RCFC). Sur la photo suivante, je lui montre l'infirmière qui s'est occupée de moi pendant ma convalescence. Je lui demande à tout hasard s'il se souvient de son nom où s'il sait où elle pourrait travailler à l'heure actuelle. Il me dit qu'il va chercher car il ne s'en souvient plus dans la minute.

 

Je lui montre ensuite mes autres photos en commentant du mieux que je peux avec mon anglais très approximatif. Je lui explique que Sister Marianne m'a donné les coordonnées du RCFC où je pourrai me rendre si je le souhaite mais que je n'étais pas sûre de vouloir y aller car les personnes qui étaient là dans les années 80 n'y sont plus et que le bâtiment est presque délabré. Je sors mon dossier d'adoption et lui montre les papiers du RCFC.

 

Gautam me dit que le RCFC est à quinze minutes d'ici. Il prend une feuille de papier et me dessine le plan pour y aller. Puis il prend son portable et appelle le centre pour savoir s'il est ouvert. Il explique la situation et me demande si c'est ok pour nous d'aller le visiter demain. Je lui réponds que je souhaiterais passer à Shishu Bhavan et que pour moi ce serait plus pratique de le visiter aujourd'hui, vu que nous sommes à côté. La personne au bout du fil lui dit que c'est ok. Il me demande de lui remontrer la photo de l'infirmière et il me dit qu'elle s'appelle Rita. Elle est mariée avec Ashoke qui travaille aussi là-bas si j'ai bien compris. Il rappelle le centre et demande si Ashoke est là ou si Rita travaille bien toujours là.

On lui répond que oui et qu'elle travaille aujourd'hui et que du coup, elle va nous attendre.

 

Il me dit tout cela et je suis à dix mille lieux de comprendre que je vais voir ce centre, la personne qui s'est occupée de moi il y a plus de 30 ans maintenant et que tout cela va se passer dans moins d'une heure. En plus, je n'avais vraiment pas prévu d'aller là-bas. Mais je vois Gautam qui passe un autre coup de téléphone et qui me dit qu'il est désolé mais que le chirurgien qui m'a opéré le 16 avril 1985 n'est pas là aujourd'hui mais qu'il aurait beaucoup aimé me rencontrer !!! Il est trop loin pour nous rejoindre à temps. Mais je sais qu'il s'appelle Dr. Subrata Mukherjee et qu'il forme des étudiants en chirurgie orthopédique depuis longtemps.

 

Nous attendons que Laurent revienne avec Tulika et pendant ce temps, je demande à Gautam s'il m'a connu bébé. Il me dit que non, qu'il m'a rencontré au moment où je suis arrivée au RCFC. Je lui demande aussi s'il se souvient du genre d'enfant que j'étais, plutôt calme, turbulante, qui pleurait souvent, etc. Il me répond que j'étais très calme.

 

Il me donne encore le numéro de téléphone du centre et Laurent arrive. Il prend quelques photos, je lui dis que je suis à deux doigts de défaillir et que je lui dirai plus tard ce qu'il en est et qu'il peut remettre ses chaussures car nous allons partir sous peu. La fille de Gautam et Tulika appelle un taxi et nous descendons pour aller au centre. Tulika n'a pas pu quitter son travail avant notre départ. Nous remercions encore Gautam pour tout et nous partons pour le RCFC.

 

Le trajet dure quinze minutes. Mais elles me paraissent être une éternité et trop courtes à la fois. Le chauffeur de taxi nous dépose devant la porte et un homme nous demande ce que nous voulons. J'essaie d'expliquer qui je suis et pourquoi je suis là mais il ne comprend pas.

 

A ce moment-là, une femme au téléphone est à la fenêtre d'un étage et lui crie que c'est Ivy et que nous sommes attendus. L'homme nous montre l'escalier qu'il faut prendre pour rejoindre cette dame. Je demande à Laurent de mitrailler à fond car je touche pas terre et on commence à monter les escaliers. Le long du mur de l'escalier, il y a des photos d'enfants. Et là je me vois !!! Je cris à Laurent que c'est moi sur cette photo et que je sais exactement où elle a été prise. En effet, on me voit sauter à la corde. La photo date de 1986 ou 87 je pense. Je sais que c'est moi car j'ai cette photo dans mon album de famille et encore une autre de ce même jour. Cela me fait trop bizarre.

 

Nous montons à l'étage et après avoir salué cette dame, nous sommes emmenés dans un bureau. Un secrétaire est là et nous faisons les présentations. Je sors mon dossier d'adoption, lui montre les documents administratifs et médicaux liés au RCFC et je lui montre des photos du centre il y a plus de trente ans en arrière.

Il demande à ce que je les lui envoie par mail et me tend la carte de visite du RCFC. Puis comme Rita n'est pas encore là, il nous propose de visiter les lieux.

 

Nous descendons au rez-de-chaussée, sortons dans la cour et sur la gauche, il y a une pièce qui est la salle de rééducation à l'heure actuelle. Nous voyons des enfants avec leurs mères qui leur donnent des soins pendant que le physiothérapeute de l'établissement s'occupe d'un petit dans un box pendant que sa maman lui caresse les cheveux. Nous prenons une photo ensemble et ressortons.

 

Sur le côté, nous découvrons un jardin avec une grande allée et de très hauts arbres. Il me demande si je me souviens. Je lui réponds que non. Il m'explique suite à ma question, qu'il y a 40 enfants qui viennent ici. Mais peu dorment car les parents viennent les chercher le soir. Je crois que c'est cela...Je ne suis pas sûre d'avoir tout compris. Et comme Laurent prenait des photos, il ne pouvait pas confirmer ou traduire.

 

Puis nous entrons dans un bâtiment. Il nous demande d'enlever nos chaussures. Nous sommes au rez-de-chaussée et sur la gauche il y a deux portes battantes. Il les ouvrent et nous marchons dans un petit couloir. Puis il ouvre une première porte sur la gauche et me dit que c'est la salle de rééducation où il y a les équipements mais que ce n'est plus trop utilisé. C'était là qu'avaient lieu les séances de massage et tout dans les années 80 et depuis qu'ils ont reçu des fonds du Japon, ils ont construit l'autre espace que je vous ai décrit un peu plus haut. Puis sur la gauche toujours, il ouvre une porte et nous découvrons le bloc opératoire et que c'est là que le chirurgien Mukherjee m'a opéré. Je lui demande si c'est bien le même bloc, la même salle et tout et il répond que oui, rien n'a changé sauf le matériel médical. J'hallucine, tout est dingue !

 

On sort et nous montons à l'étage. Des femmes sont là et le secrétaire leur explique qui je suis. Elles me disent qu'elles se sont occupées de moi et qu'elles s'en souviennent. Je ne suis pas sûre de bien réaliser ce qui se passe. Elle me demande si moi en retour je me souviens d'elles. Elles me demandent aussi si je me rappelle une telle ou une telle. Je leur réponds malheureusement non à toutes leurs questions.

 

Puis nous entrons dans l'espace de convalescence. Quelques enfants sont dans des lits mais cela est bien différent de la photo que j'ai dans mon album. Il y avait à l'époque une grande fresque colorée au mur qui égaillait la pièce et là, c'est froid et impersonnel.

 

Nous ressortons et nous allons au bout du couloir à gauche. Nous entrons dans une pièce où il y a un grand matelas au sol et un écran de projection. Sur les murs on peut voir des photos de Miss Jane Webb, une infirmière anglaise qui est la fondatrice de ce lieu. On nous explique que nous sommes dans son espace. Cette pièce est dédiée aux enfants quand ils souhaitent voir des films. Sur la gauche, nous entrons dans une autre pièce qui est la chambre de Jane et qui est restée en l'état depuis sa mort. Des photos d'elles sont partout et il y a un espace de recueillement.

 

Nous ressortons de là et retournons vers l'escalier principal. A ce moment-là Rita arrive. Elle devait travailler ailleurs ou peut-être que j'ai mal compris ce que l'on m'a dit. Elle me reconnaît et me tend la main. Les autres femmes lui parlent de moi et elle dit que oui, elle se souvient de tout. C'est le secrétaire qui me traduit car Laurent prend des photos des enfants pendant ce temps-là. Nous discutons et chacune d'elles se présente. Elles étaient toutes là en 1985. Je n'ai malheureusement retenu que le nom de Rita et de Kalpana.

 

Je leur demande à elles aussi si elles se souviennent du genre de petite fille que je pouvais être. Elles répondent toutes à l'unanimité que j'étais une enfant vraiment très tranquille. Je les remercie toutes de s'être occupée de moi et Laurent prend des photos de ce moment.

 

Nous redescendons avec Rita, les autres nous disent au revoir en haut de l'escalier. Nous remettons nos chaussures. Laurent sort le premier et admire le jardin. Rita me dit avant de partir que j'étais une petite fille qui était toujours assise en position de lotus et que je souriais beaucoup mais ne disais pas grand chose.

 

Nous nous séparons et continuons la visite avec le secrétaire. En remontant l'allée du jardin, nous voyons arriver des enfants. Pour certains, ils sont avec leurs parents. Ils ont des orthèses et se déplacent en boitant un peu. Ils sourient et entrent dans le bâtiment. Durant le trajet, le secrétaire m'explique que les enfants sont gratuitement appareillés et suivis. Ce sont essentiellement des familles très très pauvres qui viennent. Les équipements sont offerts par le Japon en grande partie. Il y a en moyenne 120 enfants qui viennent chaque année pour être appareillé dans ce centre.

 

Je demande d'où proviennent les orthèses, béquilles etc. Et il nous dit que tout se fabrique sur place. Nous longeons un bâtiment et on entre dans la fabrique des orthèses. Tout est fait maison. Du début à la fin. On voit les moulages, les coques, des photos de personnes appareillées au mur, des centaines de sangles, des morceaux de cuir dans des boîtes en carton... bref un atelier équipé mais à l'ancienne.

 

Il me montre une orthèse et je lui explique que la mienne est en carbone et que le système de déverouillage de la jambe ne se fait plus qu'avec un fil. Il répond que le carbone va prendre la relève d'ici un an car il le sait que c'est trois fois plus léger, mais que cela sera plus long pour le système de déverouillage. Il demande à voir le mécanisme. Je lui montre en soulevant la jambe de mon pantalon. Il trouve cela vraiment indispensable et espère que cela pourra se mettre en place rapidement chez eux.

 

Enfin, je lui demande ce qu'il y a dans le bâtiment en face et il me dit que c'est dédié à la fabrication de prothèses auditives mais que nous ne pouvons pas aller le visiter car cela va bientôt fermer. En effet, il est presque dix-sept heures.

 

La visite est terminée et un taxi est commandé. Nous patientons et Laurent en profite pour aller acheter de l'eau. De mon côté, je me fais bouffer par les moustiques ! Nous nous disons au revoir, promettons d'envoyer les documents liés au centre que j'ai en ma possession et nous repartons sans trop comprendre tout ce qui vient de se passer.

 

Dans le taxi Laurent et moi essayons de poser des mots sur cette journée et il me dit qu'il ne pensait pas que ce voyage serait aussi intense. Il pensait que la plupart des lieux ou des gens auraient changé et que du coup, tout serait plus impersonnel et en fait, c'est tout le contraire. Tout le monde est attentionné et bienveillant et ils considèrent que je suis chez moi, partout où je vais.

 

Nous retournons à l'hôtel et terminons notre journée tranquillement. Enfin tranquillement...ça fourmille toujours autant dans ma tête...mais ça c'est une autre histoire...

 

Demain est notre dernier jour entier à Kolkata. Nous avons prévu de retourner voir les enfants à Shishu Bhavan et pendant qu'ils feront la sieste, nous en profiterons pour aller visiter l'hôpital où je suis née. Nous reviendrons à Kolkata à la fin de notre séjour et je prendrai le temps d'aller voir Kalpona Naskar à Daya Dan.

 

Voilà, c'est tout pour le moment, belle soirée à vous !

 

En attendant les photos du jour, je vous mets déjà celles que j'ai en ma possession à l'époque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 4 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata jour 4 - 4 février 2018

 

Salut tout le monde,

 

La journée a été bizarre...

 

Tout d'abord, elle a commencé très tôt ou très tard, c'est selon. Je n'ai pas réussi à dormir avant 6h ce matin. J'avais encore toutes ces belles images d'enfants devant les yeux et je les repassais en boucle...

 

Du coup le réveil a été tardif. Laurent était déjà réveillé et triait ses photos de son côté. Nous avons pris le temps de mettre à jour nos écrits et nos photos et nous avons commencé à planifier la suite de ce voyage car vous le savez, nous ne resterons pas un mois à Kolkata. Nous n'avions rien planifié avant notre départ mais maintenant, il fallait quand même un minimum anticiper pour prendre un billet de train ou d'avion ou de bus...

 

Bref, nous savons que ce nous allons faire mais cela a été la galère. Je ne parle pas du choix de la destination, mais les recherches sur le net pour trouver les meilleurs prix, le meilleur trajet, et surtout être capable de payer en ligne... Pour vous donner un ordre d'idée, cela nous a pris 4h ! Mais nous y sommes arrivés et nous savons où nous irons après Kolkata. Mais ne nous demandez pas, nous ne vous le dirons pas maintenant...Chaque chose en son temps...

 

Nous sommes donc sortis de l'hôtel à 16h. Nous avions prévu d'aller au marché que nous avions reperé le soir d'avant avec Giovanni et Allen. Il se trouve dans un quartier animé et cela nous semblait être intéressant de partir de ce côté-là. Nous avons besoin d'acheter quelques habits car nous n'avons pas pris grand chose.

 

L'hôtel nous fait venir un taxi qui ne coûte pas cher quand on le commande via une application. Il arrive moins de dix minutes plus tard.

 

Nous faisons en fait à peine 5 minutes de voiture (cela nous a paru plus long hier soir) et nous demandons à être déposé devant le neuroscience hospital. Allen nous avait dit que le marché se trouvait juste à côté. On regarde un peu partout et on marche sans trop savoir où l'on va. Et dans une ruelle, c'est les slums (bidonvilles)...

 

On y va pour découvrir aussi cette vie-là de Kolkata. On commence par voir des enfants qui cassent des caillous ou des bouts de bois. Puis sur la gauche, c'est l'entrée du service des urgences. La foule qui attend devant est gigantesque. En gros, il ne faut pas être pressé. La police est dans les parages et gère les entrées et les sorties des ambulances, Mais pour la plupart, elles sont plus petites que les voitures que nous connaissons.

 

Juste devant l'entrée, une odeur de décharge emplit nos narines, une énorme benne à ordure est posée juste là. Les corbeaux y ont élu domicile et tournoient au-dessus et autour de toi quand tu t'approches de trop près. L'odeur est terrible, en tout cas pour moi et on continue.

 

La rue est interminable, on voit au-dessus de nos têtes des vêtements en train de sécher sur toute la longueur. Un homme demande à être photographié avec sa maman assise en tailleur devant la porte de leur "maison". Il est heureux et demande à faire une photo avec ses enfants. Le sourire qui fend leur visage est magique.

 

On poursuit notre route et les odeurs d'épices, de plats qui se préparent car il est bientôt l'heure de manger envahissent nos narines. Mais la seconde d'après, les odeurs d'égout prennent la relève. Tout se mélange dans cette rue. Un homme se lave, cela sent le savon, une femme cuit ses chapatis accroupie, des enfants nous tirent la manche "How are you ?", des chèvres boivent de l'eau à même un petit robinet avant de retourner dans leur petite maison. Les corbeaux survolent toujours le bidonville et le fourmillement des hommes et des femmes continuent.

 

Nous ne savons pas s'il est bon de poursuivre dans cette direction car le sol est trempé et très glissant pour moi et parce que l'on ne voit pas le bout de cette rue. Mais un attroupement de femmes nous indique qu'il n'est plus possible d'aller plus loin ou du moins elles ne le souhaitent pas. Nous faisons demi-tour.

 

Juste à côté des enfants qui cassent des cailloux et des bouts de bois, cinq hommes demandent à être pris en photos. Il me font de grands gestes de la main et je demande à Laurent de répondre à leur demande. Ils sont ravis de pouvoir se voir sur les photos. Ils nous remercient mais ne disent pas un mot. Puis une des cinq personnes applaudit la photo réussie de Laurent en agitant les bras en l'air. Je comprends qu'ils sont tous sourds. Ils acceptent que l'on prenne aussi leurs enfants qui sont sourds aussi comme me l'indique un des papas sans doute.

 

Nous sortons du bidonville et essayons de trouver le fameux marché. On prend la première rue à gauche et ce sont des échopes, des bazars avec tout et rien qui s'étalent devant nous. Nous voyons un tout petit magasin de vente de shampoing. Nous n'avions pris que des échantillons pour le voyage en attendant d'en acheter sur place. Nous cherchons les shampoings indiens mais c'est un peu compliqué de s'y retrouver. On découvre en arrière-boutique des shampoings très connus et nous attendons que le vendeur arrive. Il n'est pas dans son échope. Il arrive, grimpe sur un tabouret pour passer par dessus sa devanture. On finit par prendre un shampoing qui sent très très bon.

 

On continue, nous croisons une boucherie locale. Je n'en dirai pas plus sur elle, car la photo est plus parlante que les mots. Ce que nous croyons être un marché est en fait des petits magasins de rues mais en aucun cas ce que nous recherchons.

 

La nuit est tombée et dans une ruelle on entend un homme chanter la prière des musulmans. Le son se répercute dans toutes les rues. Laurent enregistre tout en marchant. Mais je ne suis pas à l'aise. Les hommes me dévisagent, cela commence à devenir vraiment sombre. Nous ne savons pas où nous allons. Nous entrapercevons une salle de prière et nous faisons marche arrière. Je comprends qu'il n'y a aucune femme dans ce coin. Je veux partir au plus vite. D'autant plus que la ruelle d'à côté ressemble à un coupe-gorge. On refait le chemin en sens inverse et je me sens mieux dès que je vois de la lumière, des femmes et de la vie.

 

Nous ne sommes toujours pas au bon endroit, Cependant, je ne peux m'empêcher de rester quelques minutes devant ces milliers de bracelets bling bling de toutes les couleurs et de toutes les tailles. J'ai envie d'en prendre quelques-uns, mais le choix est trop grand pour moi pour le moment.

 

Je passe mon temps à lever et baisser la tête car il y a des trous au sol...Mais quand je dis des trous, ce sont des vrais trous...un trou qui ferait que ta béquille s'enfoncerait au point de ne plus pouvoir la ressortir. Du coup, je ralentis un peu le rythme pour éviter un bête accident.

 

Je dois reconnaître que je m'attendais à pire que cela au niveau des routes à Kolkata. Franchement, c'est plutôt tranquille. Alors oui, c'est tout sauf plat, mais vraiment gérable. Par contre, pour un fauteuil roulant, c'est tout bonnement un combat de se balader dans ces rues. Les trottoirs sont très hauts, des amats de pierres s'entassent, tout est défoncé, l'eau savonneuse qui s'étale nous ferait vite glisser sur les pavés et je ne parle pas des arbres qui poussent en plein milieu.

 

Au bout de la rue, nous demandons où nous pouvons trouver un marché pour acheter des habits typiquement indiens et non made in china.

 

On nous répond que c'est à la market place qu'il faut aller. On cherche un taxi. Une famille descend et le mari me dit que l'on peut monter mais en réalité ce n'est pas le cas. Il essaie de nous attraper un taxi au vol car la circulation est juste dingue à cette heure de la journée.

 

Nous voyons les rickshaws jaune et vert et on décide de tester ce mode de transport. Mais pour cela, il faut vraiment avoir envie de vivre car traverser la rue est juste une aventure à elle toute seule. Les passages pour piétons sont pour ainsi dire inexistants, et quand ils existent, on ne sait pas très bien à quoi ils servent. Nous réussissons à aller sur le trottoir d'en face.

 

Nous attendons qu'un rickshaw arrive et pendant ce temps Laurent prend une photo d'un homme avec des singes sur son épaule. Mais le singe s'excite, sort les griffes et les dents et bondit sur l'appareil photo de Laurent qui recule au plus vite. Quelques secondes après, notre moyen de transport est là. Nous grimpons pendant que l'homme aux singes veut de l'argent pour la photo. Mais il comprend qu'il n'aura rien car la photo est râté suite à la réaction du singe.

 

Le voyage en rickshaw est génial. L'air frais qui te fouette le visage, tout va vite...On dirait même que la règle est de ne jamais s'arrêter...Le chauffeur contourne les piétons, les voitures, les bus, les frôlent de très très près mais l'expérience est magique. Pour vous donner un ordre d'idées même si je suis nulle en orientation et tout, je pense que nous avons dû faire facilement dix à quinze minutes de trajet et nous avons payé 1,50 euros.

 

Le chauffeur nous dépose devant l'entrée du marché. Le monde est déjà beaucoup plus important que ce que nous avons pu vivre jusqu'à présent et on décide de bien accorder notre cadence pour ne pas se perdre, On sait que si vraiment c'était le cas, le point de rendez-vous serait l'hôtel.

C'est immense mais ce sont des magasins en fait qui vendent leurs habits sur le trottoir. Nous on recherche des échoppes de la rue et typiquement indien. On continue et on en prend pleins les yeux de toutes ces couleurs, toutes ces matières. On se croirait un peu aux puces de Saint-Ouen.

 

Je trouve facilement mon bonheur mais on se fait happer toutes les deux secondes et on décide de poursuivre pour voir s'il y a mieux ailleurs. On négocie pour la première fois nos achats et on continue. Nous ne trouvons pas de vêtements pour Laurent. On ne sait pas où cela se trouve.

 

En fait, les vêtements pour hommes ne sont pas dans la même rue. Ici , on est du côté des femmes. On se dirige "chez les hommes" en se faufilant entre les taxis, les rickshaws, les vélos, les piétons. Le bruit des klaxons est incessant et difficile parfois à gérer quand il t'arrive directement dans l'oreille.

 

Le marché est immense et nous faisons une pause cigarettes assis sur des tabourets en plastique. Nous finissons par trouver et nous repartons en sens inverse pour reprendre un rickshaw.

 

Mais on a faim. On décide de manger dans la rue. On s'assoit comme au restaurant à une table. Laurent montre ce qu'il veut manger. On ne sait pas ce que c'est mais on connaît au moins les chapatis. De mon côté, je vois en arrivant une femme et sa petite fille devant un grand plat de nouilles aux légumes avec des oignons sur le côté. Je demande à goûter cela.

 

Pendant que nous mangeons, devant nous, un jeune homme est assis et fait des chapatis. Une fois sa pâte étalée, il la dépose sur une petite poêle et la faire cuire quelques secondes pas plus sur des braises. Il le retourne, fait cuire à nouveau avant de le retirer de la poêle et le mettre directement sur la braise. Le chapati en une demi seconde se gonfle comme un ballon de baudruche. Il le retourne le pose à nouveau sur les braises avant de le retirer très vite. Et il recommence cette manière de faire avec une autre boule de pâte.

 

Nos deux plats sont très bons, moyennement épicés, enfin les épices arrivent en deuxième dans la bouche mais c'est tout à fait gérable.

 

On repart de là repus et content d'avoir découvert de nouveaux plats. Le retour se passe sans encombre jusqu'à notre hôtel. Nous avons marché pendant cinq heures, la fatigue commence à arriver mais c'était vraiment agréable de se balader à un rythme tranquille.

 

Nous avions prévu d'aller voir l'hôpital où je suis née mais il était déjà un peu tard pour pouvoir faire des photos dans de bonnes conditions. Nous irons sans doute mardi à midi.

 

Voilà pour cette journée...Et maintenant la "minute fille", car il faut toujours une minute fille dans un voyage...

 

Je décide de tester ce nouveau shampoing. Et en me brossant les cheveux, j'hallucine...je n'ai aucun nœud, pas un seul ! Rire, non franchement c'est super agréable de se peigner sans devoir y passer des heures...Voilà, la minute fille est terminée !

 

Demain sera à nouveau une journée chargée avec des jolies rencontres en perspective...

 

Alors bonne nuit tout le monde !

 

 

 

 

 

 

Le 4 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Jour 3 à Kolkata - My name is Ivy (3 février 2018)

 

Je vous ai dit que j'avais reçu des informations me concernant...Je peux donc me présenter maintenant...autrement...

 

My name is Ivy...

...

C'est une sœur anglaise qui était là en 1982 qui m'a donné mon prénom. C'est peut-être Sister Margaret Mary qui était la 11è sœur de la communauté de Mère Teresa. Mais Sister Marianne qui officie à l'heure actuelle ne peut pas le confirmer.

 

Ma mère s'appelle ou s'appelait Aroti, elle avait 18 ans quand elle m'a eu. Elle est venue se réfugier dans l'orphelinat de Shishu Bhavan à 7 mois de grossesse, sera cachée durant les derniers mois au deuxième étage de l'établissement et elle accouchera le 11 janvier 1982 à la maternité du Nilratan Sarkar Medical College Hospital.

 

Je suis née à 11h32 et je pesais 1kg 950 gr... Une toute petite crevette quoi !

 

Ma mère était de religion hindou, pas mariée et incapable de s'occuper de moi. Elle m'a remise auprès des sœurs à Shishu Bhavan le 14 janvier 1982.

 

La photo que vous voyez est celle que j'ai découverte dans mon dossier...

 

Vous me reconnaissez ?

 

Le 4 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Jour 3 à Kolkata... (3 février 2018)

 

Salut les amis,

 

Notre journée démarre à 10h30 ce matin. Nous avons rendez-vous avec Sister Marianne dans son petit bureau...

 

Nous arrivons à l'heure et la porte est ouverte. Il y a deux bureaux. Une femme est assise et consulte des registres. Nous demandons à voir Sister Marianne. Quelques secondes plus tard une sœur arrive. Elles se ressemblent toutes et je ne suis pas sûre que c'est elle. Mais c'est elle. Nous nous présentons, et nous nous asseyons en face d'elle sur deux petits tabourets. Elle est petite, a un sourire bienveillant et est curieuse de savoir qui nous sommes, d'où nous venons et ce que nous faisons dans la vie.

 

Puis, Sister Marianne prend une feuille et me demande d'écrire mon prénom et mon nom, puis ma date de naissance. Elle prend avec elle une fiche à remplir et s'en va chercher dans les archives de l'établissement mon dossier.

 

Elle revient quelques minutes plus tard avec un dossier pas très épais. Sur le dessus on peut y lire des informations techniques propres à leur établissement. Dès que je l'ouvre, je vois des photos que mes parents ont envoyé et que je connais déjà pour la plupart.

 

Puis je commence à tourner les pages et je vois à nouveau des documents administratifs, juridiques, etc. que je connais aussi. Du coup, je tourne un peu les pages rapidement mais tout d'un coup c'est le choc...Je vois en vitesse une photo de moi bébé, enfin une photo de moi encore plus petite que celles que j'ai déjà pu voir...Je ne suis pas sûre que c'est moi alors je respire un grand coup et recommence à tourner les pages du dossier pour tomber "tranquillement" sur cette photo de moi petite. Je demande si c'est vraiment moi car j'ai du mal à me reconnaître et c'est vraiment une très grosse émotion pour moi qui arrive. Je ne m'attendais pas du tout à voir une photo de ce genre.

 

Je vois que la sœur a aussi rapporté sa "fiche technique" avec elle et elle s'apprête à me dire ce qu'elle contient, mais une famille arrive dans son bureau. Ils ont rendez-vous avec elle. Elle me demande si je peux revenir l'après-midi vers 16h40...Pour nous, évidemment que nous serons là, la question ne se pose même pas.

 

Nous sortons donc de son bureau et je suis incapable de parler, de bouger, de comprendre aussi je crois. Il me faut quelques minutes pour m'en remettre et nous décidons d'aller voir les enfants. Nous ne sommes pas arrivés à la même heure qu'hier, du coup, nous ne savons pas où ils sont et ce qu'ils font.

 

A notre arrivée, la sœur que nous avions déjà vu plusieurs fois, nous dit qu'ils sont en train de prendre leur bain. Certains sont dans une pièce en train de se dévêtir ou de s'habiller, un autre est couché à plat ventre sur les genoux d'une massis pendant qu'elle lui verse de l'eau sur la tête avec une petite cruche en plastique.

 

Les enfants sont devant nous à tirer sur mes béquilles qui les fascinent toujours autant. Nous les laissons se préparer et allons juste en face où le même rituel a lieu chez les filles.

 

Nous montons ensuite à l'étage voir les bébés. Dans l'escalier, nous croisons deux bénévoles françaises qui sont là pour quelques jours. Nous échangeons quelques mots.

 

Puis, je revois Shoana ou Shoani, (les sœurs lui donnent les deux noms quand elles l'appellent)... Il me fait un grand sourire. Je m'assois sur un petit banc et regarde ces petits qui s'agitent sur le grand tapis. La petite fille au bonnet bleu est là elle aussi, toujours timide mais toujours aussi souriante. Je voulais lui demander son prénom mais je ne la verrai plus de la journée.

 

L'heure du repas arrive très vite pour eux. Je demande si c'est possible de donner à manger à Shoana. Nous allons dans la pièce d'à côté qui est leur réfectoire.

 

Une massi est assise à côté de moi et donne déjà à manger à un petit. Elle lui remplit la bouche d'une purée de légumes j'imagine et n'attend pas trop qu'il ait avalé sa cuillerée pour lui en remettre une dans la bouche. Cela me met un peu mal à l'aise mais je ne dis rien. Je commence à donner à manger à Shoana et je remarque qu'il lui faut beaucoup de temps pour avaler la cuillerée. Une bénévole me confirme qu'il a besoin de plus temps que les autres. Je m'adapte donc à son rythme et ne tient pas compte de la sœur qui est à côté de moi et qui me demande de le nourrir un peu vite.

 

Les autres bébés sont installées sur les petits bancs et chacun mange. Enfin certains sont récalcitrants ou préfèrent faire les pitres plutôt que manger. Un en particulier crie et il faut un peu le tenir pour qu'il reste à sa place. Je regarde tout ce petit monde pendant que je continue à donner de la purée à Shoana.

 

Laurent prend la relève et je prends des photos à sa place. Le repas n'est pas encore fini et une bénévole nous remplace. On décide de partir et de revenir l'après-midi.

 

Nous retournons à l'hôtel pour nous reposer car la nuit a été très courte. Je repars vers 15h auprès des enfants. Ils sont dans leur petit espace de jeux à l'intérieur et attendent que les massis les autorisent à sortir. Une famille débarque avec pleins de cadeaux emballés dans des sacs et une petite fille court dans tout l'orphelinat avec son sac pendant que trois sœurs et deux massis la pourchassent. Tout le monde rigole. Enfin tout le monde, non pas vraiment...

 

Un petit est tout seul dans un lit et pleure sans personne autour. Je ne sais pas pourquoi il pleure ni pourquoi il est là et non avec les autres.

 

Les enfants attendent dans l'entrée que les portes s'ouvrent. En effet, les chauffeurs de bus doivent d'abord enlever les véhicules devant l'entrée, Tous les enfants attendent en s'agrippant aux tabliers des bénévoles ou aux grilles de la porte. Je vais pendant ce temps chercher ce petit qui est resté tout seul dans ce lit. Je le fais plus pour moi je pense car cela me fait mal de le voir tout seul sans que personne s'en occupe.

 

Au moment où j'arrive devant la porte d'entrée, je m'attends à ce qu'une sœur me dise qu'il ne peut pas venir tout de suite pour x ou y raisons mais elle me remercie d'être allé le chercher. Il a arrêté de pleurer.

 

Les sœurs ouvrent la porte d'entrée et les enfants courent jouer. Des touristes sont nombreux à être venus aujourd'hui pour jouer avec eux. Sur le moment, je me dis que ce sont des familles adoptives qui viennent voir leur futur enfant mais j'oubliais que les adoptions ne se font plus à Shishu Bhavan. Les deux derniers enfants adoptés sont partis il y a deux mois maintenant pour l'Italie.

 

Je demande où sont les enfants plus grands qui jouent dans la cour de récréation car je ne les vois pas. La sœur m'explique qu'ils sont à la Mother House pour la journée et c'est comme cela tout les premiers samedi du mois.

 

Je monte ensuite au deuxième étage pour jouer avec les touts-petits. Je passe beaucoup de temps avec un petit installé dans un fauteuil à bascule et qui ne bouge pas. Je l'avais déjà aperçu hier. Il a une très grosse bosse sur la tête et on a l'impression qu'il regarde dans le vide. Une bénévole me dit qu'il aime qu'on le caresse l'arête du nez en remontant sur le front. Je le fais longtemps et il sourit.

 

Puis je vais voir un bébé qui est dans son lit à plat ventre avec une peluche. Il est tellement craquant. Je le prends dans mes bras de longues minutes avant que Shoana vienne me tirer le pantalon. Je fais mille bisous à ce petit avant de le reposer dans son lit et part jouer encore quelques minutes avec Shoana.

 

En sortant, je croise deux français qui sont venus à Shishu Bhavan pour visiter et s'inscrire pour travailler durant quelques jours de la semaine prochaine. Nous discutons un peu de nos voyages respectifs et nous allons à notre rendez-vous avec Sister Marianne.

 

Elle nous attend avec mon dossier posé sur sa table. Elle me pose quelques questions et je lui réponds que j'ai déjà beaucoup d'informations sur mon histoire. Je lui explique ce que je sais et je la vois faire un immense sourire. Elle me dit qu'elle en a d'autres et me tent la feuille qu'elle voulait me montrer le matin.

 

Et là, c'est un tsunami d'émotions car j'ai eu toutes les informations que je souhaitais ou presque sans rien demander. Je lis un document intitulé Additional details concerning the girl Ivy...

 

Sur ce document, je peux lire le prénom de ma mère biologique, l'âge où elle m'a eu, sa religion, les raisons pour lesquelles elles m'a laissé à l'orphelinat. Je découvre aussi mon heure de naissance et mon poids.

 

C'est un peu trop pour moi tout ça mais je suis super heureuse de découvrir tout cela. Cependant, cela ne change rien à ma vie, je ne vais pas chercher plus à la retrouver, je suis en paix avec mon histoire. J'aime ma vie, mes parents, ma famille. Je me sens complète, sereine, debout et heureuse d'être en vie et d'aimer tout ce que je vis.

 

Nous continuons de discuter avec la sœur pendant que Laurent prend un max de photos de ce dossier car je ne pourrai pas le récupérer. Il restera dans leurs archives et je vois quand même un ou deux documents que je ne connais pas.

 

Pendant qu'il mitraille, je montre mon dossier d'adoption à la sœur et je sors mon ordinateur et lui montre les photos de moi qu'il y a dans mon album de famille. Je les détaille toutes et j'en profite pour lui demander si elle sait par hasard quelle sœur anglaise m'a donné mon prénom car sur le document qu'elle vient de me remettre, c'est précisé que ce sont les sœurs qui me l'ont donné et non ma mère biologique. Mais ça, je le savais déjà.

 

Elle nous dit qu'il y a une centaine d'enfants à Shishu Bhavan, confirme qu'ils ne sont pas abandonnés, que les parents viennent les voir dès qu'ils le peuvent. Mais surtout, il y a les enfants handicapés...

 

Je lui dis que j'en ai vu au deuxième étage et elle me dit qu'elle ne parle pas de ces enfants-là, mais de ceux qui sont dans l'aile droite en entrant à Shishu Bhavan. On lui explique que nous ne savions pas qu'il y avait encore d'autres enfants. Les parents qui ont des enfants handicapés (tout handicap confondu), se retrouvent ici car ils reçoivent des soins et sont nourris chaque jour. Elle ne sait pas si j'étais à l'époque dans une aile séparée ou non. Elle décide de nous montrer leur lieu de vie.

 

Mais avant de partir, elle nous offre à chacun une médaille de sœur Marie, là mère de Jésus avec sur la gauche une photo de Mère Teresa. A l'arrière de la photo, il y a une citation d'elle.

 

Nous sortons donc de son bureau et montons deux étages. On entend déjà les cris des enfants. Devant la porte, une montagne de pantoufles, chaussures et chaussettes d'aglutinent.

 

On entre et on découvre les mêmes lits que dans l'autre aile mais ils sont jaune de ce côté. Il y a des enfants en fauteuil roulant, d'autres sur des chaises à bascule, d'autres encore sur un grand tapis. Et il y a un homme, un seul. C'est le physiothérapeute qui vient tous les jours leur faire des massages, des soins et de la rééducation. On a le droit de prendre quelques photos et de revenir jouer avec eux quand nous le voulons.

 

Je demande si ces enfants ont un espace où jouer dehors rien que pour eux car nous ne les avions encore jamais vu avec les autres de l'orphelinat. Elle me répond qu'ils sortent aussi mais pas en même temps, car certains ont des réactions imprévisibles. Mais deux fois par semaine, ils prennent le bus et vont faire un grand pic-nic toute la journée et qu'ils adorent cela. Certains en revanche ne sortent pas.

 

Elle nous demande de partir car les enfants vont être bientôt mis au lit.

 

Dans l'entrée, elle nous demande ce que nous allons voir à Kolkata. Je lui explique que je souhaitais si cela est possible de voir l'hôpital où je suis née, le centre où j'ai passé ma convalescence après mon opération mais que je ne sais pas vraiment s'il est encore ouvert. Elle nous demande de patienter car elle va passer un coup de fil pour avoir la réponse dans la minute. Elle revient quelques instants plus tard avec l'adresse exacte. Mais elle me dit que le bâtiment est bien abîmé et qu'il y a encore des gens mais que ce ne sont pas des personnes qui étaient là dans les années 80. Je prends le papier mais je ne suis pas sûre encore de vouloir y aller. Cela n'a pas une importance capitale pour moi.

 

Nous la remercions encore pour tout et nous sortons rempli à nouveau de toutes ces belles émotions et de toutes ces informations.

 

Nous avons faim et décidons de goûter la cuisine des rues. On choisit un mais grillé, des beignets de crevettes et des beignets aux légumes ou à je ne sais pas quoi. Nous sommes à une minute de l'hôtel et nous allons manger cela tranquillement dans notre chambre.

 

C'est super bon, épicé mais vraiment mangeable. Nous nous reposons un peu en attendant de retrouver Giovanni pour le repas du soir. Il est avec un ami Allen.

 

Allen à 23 ans, habite à Kolkata, finit dans deux mois ses études d'enseignant en biologie.

 

Ils nous emmènent en taxi jusque dans un restaurant mexicain. Le restaurant se trouve au quatrième étage d'un énorme complexe de luxe de supermachés. On se croirait à Plan de Campagne. On retrouve toutes les enseignes que nous connaissons déjà.

 

Le repas se déroule dans la bonne humeur et nous profitons de ces instants pour faire plus connaissance avec Allen, les mots hindi et sur les choses à voir à Kolkata. On apprend que hier, les enfants criaient "Anti" et non "Tanti" à Laurent pour qu'il les prenne en photo et cela veut dire oncle en hindi. On apprend d'autres mots mais on les oublie vite.

 

Nous reprenons le taxi pour rentrer à l'hôtel, découvrons sur la route que les feux de signalisation sont au nombre de 5 et non 3. On ne sait pas trop à quoi correspondent les couleurs...Le quartier est plus animée de ce côté de la ville.

 

Comme demain nous n'avons aucun rendez-vous de prévu, nous décidons de nous lever quand nous le voulons et de partir dans cette direction. Nous profiterons aussi de cette journée de "libre" pour aller voir l'hôpital où je suis née.

 

J'espère pouvoir rencontrer Gautam lundi après-midi après ma visite à Kalpona...

 

Mais cela est une autre histoire...

 

Bonne nuit à toutes et tous !

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 4 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Kolkata, jour 2... de 10h30 à 23h00

 

Nous repartons de l'orphelinat rempli...d'émotions qui n'ont pas de mots pour être écrits, rempli de ces sourires qui te donnent la banane mais aussi de toute cette simplicité qui est présente depuis que nous sommes arrivés à Kolkata.

 

Notre hôtel est situé 10 mètres à côté de la Mother House où l'on peut venir se recueillir sur la tombe de Mère Teresa, voir la chambre où elle a vécu et une exposition qui retrace toute sa vie... Tout est intéressant mais j'avoue que je n'ai plus de pieds, que je commence à avoir sommeil et nous passons un peu rapidement sur l'exposition.

 

Nous retournons donc à l'hôtel, faisons nos sacs et demandons un taxi pour aller dans le nouvel hôtel que nous avons trouvé mais qui hélas, lui aussi ne répond pas aux critères pour les personnes à mobilité réduite. Cependant, il coûte deux fois moins cher.

 

Une fois installé dans notre nouvel hôtel, nous faisons une sieste avant de repartir pour Shishu Bhavan.

 

A 16h, nous arrivons donc tranquillement devant la porte de l'orphelinat et là, c'est la joie, les cris, les rires, les couleurs, ça éclate de vie ! Les enfants les plus petits sont devant l'entrée avec des massis et des sisters qui les portent, les poussent sur leurs petites voitures,leur font des chatouilles ou les poussent sur les mini-balançoires. Nous nous mettons sur le côté et nous regardons tout ce petit monde qui tournicote autour de nous. Laurent prend une photo des enfants mais une massis refuse que l'on continue. On reste donc au milieu d'eux à les regarder.

 

Personnellement, j'avoue que je ne sais pas très bien comment me comporter. J'ai à la fois envie de jouer avec eux et en même temps je n'ose pas car j'ai peur de trop m'attacher peut-être et que cela soit difficile une fois que nous partirons. Et puis, les petits sont aussi timides au début. Ils ne nous connaissent pas et il y a un temps d'apprivoisement...qui a duré pour eux je pense à peu près une minute et demi !

 

Une petite fille avec un palmier sur la tête en guise de coiffure s'accroche à une de mes béquille. Les massis interviennent mais elle revient. Puis c'est une autre petite fille qui s'approche. J'ai dans une main un sac avec des feutres, des crayons de couleurs, de la peinture à doigts et du matériel scolaire que nous sommes venus leur apporter. Elle commencer à tirer sur le sac car elle voit toutes ces couleurs. Puis c'est un petit garçon qui me fait des sourires. Je le pousse sur sa petite voiture. Laurent prend le relais pendant que je suis appée par d'autres enfants qui veulent toucher mes béquilles.

 

Sur le côté, il y a une soeur qui est en train d'expliquer qui je suis et elle accepte de suite que Laurent prenne des photos. Et là la magie d'un enfant est toujours la même, quel que soit la distance, la langue ou son histoire. Les enfants se prennent au jeu, demandent à être photographié, prennent la pose évidemment et surtout veulent voir le résultat...et il faut recommencer... car ils aiment !

 

Au fond de la cour, il y a un portail, nous savons que c'est la cour de jeux pour les grands mais nous ne nous étions pas arrêté le matin. Nous voyons que la grille est ouverte, il y a des enfants et nous entrons...

 

C'est une énorme cour avec des jeux partout, des murs peints de toutes les couleurs avec des motifs d'animaux, Ca flash, ça vit !. Dès notre arrivée dans la cour, la petite fille de ce matin nous reconnaît, nous sourit, est toujours aussi timide mais suit Laurent comme son ombre. Elle porte toujours son bonnet bleu Nike sur la tête mais pas question de l'approcher de trop prêt. Elle rit et repart en courant avant de revenir à petits pas furtifs. Les enfants, rient, courent partout, se poussent, poussent les autres pour récupérer leur petite voiture, pleurent aussi, se font gronder puis repartent en rigolant...

 

Il y a tellement à voir, à entendre...Je joue avec eux, les poussent sur la balançoire, leur prend la main pour les relever et comme pour les tout-petits, l'objectif de Laurent les fascinent. Ils défilent devant lui, prennent aussi la pose et s'il ne fait pas les photos, lui crie "Tanti". Nous ne savons pas ce que cela veut dire mais nous savons qu'une fois que la photo est prise, ils sont contents !

 

Au fond de la cour, il y a une toute petite maison où se trouvent une ou deux massis. Elles sont avec trois enfants plus lourdement handicapés. Elles ont créé un espace rien que pour eux.

 

Nous continuons de jouer avec tout ce petit monde en essayant d'emmagasiner le plus de souvenirs possibles. Je m'apprête à partir et la petite fille au bonnet bleu revient vers moi, me prend la main et montre l'appareil photo. J'appelle Laurent pour qu'il profite de ce moment et elle rit, se laisse immortaliser mais ne veut pas que je la regarde. C'est l'objectif que je dois regarder et rien d'autre !

Il est presque 17h. Les massis appellent les enfants qui sortent en file indienne de la cour pour rejoindre leurs dortoirs. SI je me souviens bien, ils vont manger, prendre un bain et se coucher.

 

Au moment de partir, la fille bénévole espagnole que nous avons croisé le matin a fini son "service" et nous discutons encore quelques mots avec elle.

 

Après son départ, nous nous retournons pour regarder une dernière fois cet endroit avant le lendemain et je vois une petite main qui s'agite et se cache derrière un rideau à l'étage. Je prête plus attention et je remarque que c'est la petite fille au bonnet bleu qui nous regarde et nous dit au revoir.

 

Plus loin nous remarquons qu'il y a du monde pas très loin de la porte d'entrée. C'est en fait des gens qui attendent des soins. Le dispensaire est encore ouvert. Laurent souhaite prendre des photos, mais c'est refusé. Nous sortons et au moment d'arriver vers la porte, Sandip arrive !

 

Sandip est italien, il a 36 ans, a été adopté comme moi en 1985 par une famille italienne pas très loin de Rome et il est venu voir l'orphelinat aussi pour la première fois il y a quelques jours. Giovanni lui avait parlé de moi et nous devions nous rencontrer. Mais cela n'avait pas encore pu se faire.

 

Il doit faire faire des papiers pour pouvoir travailler en tant que bénévole pour l'orphelinat et nous l'attendons à la sortie.

 

Il nous offre un tchai au bout de la rue près de notre hôtel et nous donne rendez-vous à 19h30 devant Shishu Bhavan pour aller manger ensemble.

 

Nous rentrons à l'hôtel et je profite de cette heure de pause pour reposer mes pieds certes, mais aussi pour vous raconter la première partie de la journée que vous avez déjà pu lire...

 

Il est 19h30, l'heure de partir. Je pars devant et c'est la première fois que je me balade seule dans Kolkata. Alors relativisons un peu les mots...le mot balade se résume à faire 800 mètres et toute seule, c'est difficile de se sentir seule dans Kolkata...!

 

J'attends devant la porte d'entrée de l'orphelinat que Sandip arrive. Laurent nous rejoindra car il règle une dernière formalité avec l'hôtel. Personne n'est au rendez-vous. Je ne stresse pas mais je ne suis pas à l'aise malgré tout. Le temps passe, les bus bondés, heu non, hyper ultra archi bondés défilent, freinent les uns derrière les autres en laissant une distance de sécurité à peu près égale à zéro...

 

La soirée est déjà bien entamée mais la population n'est pas encore prête à aller dormir. Je regarde de tous les côtés, car Sandip arrivera par la gauche et Laurent par la droite. Je ne suis toujours pas à l'aise mais étonnée de ne pas être embêtée...Je suis comme eux sans doute, ma banane est cachée par mon long foulard violet, je ne suis pas si touriste que ça...Ou alors il fait déjà trop noir et je passe inaperçue...

 

Sandip arrive avec Chiara et Miriam. Elles sont aussi bénévoles mais dans un autre orphelinat. Nous discutons mais en italien cette fois-ci. Laurent arrive au pas de course, on fait les présentations et nous retournons manger dans le restaurant de hier. Nous mélangeons anglais et italien mais tout le monde se comprend. Pendant que nous choisissons nos menus, nous apercevons Giovanni et un autre bénévole devant le restaurant. Nous mangeons tous ensemble. On se croirait entre étudiants à la fin des cours !

 

Puis chacun repart dans son hôtel, ou sa guesthouse respectif.

 

Encore quelques photos le long du chemin et il est 23h. Le temps de se préparer à rencontrer Soeur Marianne demain matin.

 

On vous souhaite une très belle nuit, ici il est 00h15, le temps de mettre les photos et de vous retrouver demain en fin de journée j'imagine...

 

 

 

 

 

Le 4 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Namaskar friends !

 

Jour 2 à Kolkata...de 7h à 10h30...

 

Après une nuit assez courte pour moi, j'ai réussi à dormir je pense deux heures maximum...On se lève pour retrouver Giovanni à 8h devant la porte de Shishu Bhavan. On découvre le petit déjeuner indien... Des espèces de pâtes ou vermicelles avec une sauce pois chiche et pimentée. Ils disent que c'est "not spicy" but...

 

J'ai goûté et j'ai trouvé très très bon et surprenant d'être capable de manger cela aussi à 7h du matin...

 

On est un peu à la bourre mais Giovanni nous attend...La petite porte sur le côté est ouverte. La grande porte ne s'ouvre en réalité que pour faire sortir les bus des missionnaires de la Charité.

 

On arrive dans une entrée avec justement ces bus qui prennent toute la place et il y a sur la gauche un couloir et au bout de ce couloir l'entrée de Shishu Bhavan...

Je n'ai pas été surprise dans le sens où j'avais déjà vu des photos de cette entrée qui a été totalement repeinte dans les tons bleus. Mais cela reste émouvant de me retrouver là...On prend quelques photos souvenirs et Giovanni m'explique la répartition des différents espaces...

 

Il y a le bureau de la Soeur en chef Sister Marianne, responsable des adoptions; un espace de petit jardin, la cour de jeux pour les enfants, l'école, les dortoirs, etc...

 

Mais je ne l'écoute que d'une oreille...Car je vois à travers la porte d'entrée ouverte un alignement de lits à barreaux roses et je ne fixe que cela. Je ne l'écoute plus, je cherche les enfants...Je les entends mais je ne les vois pas...

 

Une soeur arrive, elle savait que je viendrais avec Giovanni ce matin et elle nous dit que nous pouvons entrer et aller où nous voulons, comme nous voulons.

 

Nous entrons presque de manière religieuse, je suis incapable de parler, les mots me manquent sans doute et je regarde partout et tout à la fois. Je demande à Laurent de bombarder avec ses photos pour que je puisse par la suite revoir tout cela dans quelques mois ou moins à tête reposée...

 

Sur le côté, les plus petits ont "école". Ils sont assis sur de petits bancs et apprennent en chantant l'alphabet. Laurent fait une photo mais une des massis nous dit que cela n'est pas possible. Elle commence à nous parler et nous expliquons pourquoi nous sommes là. Elle accepte finalement qu'on fasse des photos.

 

Puis on continue la visite...Les lits se suivent et se ressemblent...Je prends l'allée centrale et je vois sur le côté, deux bébés tout seuls, chacun dans leur lit dans une pièce à part. On ne sait pas pourquoi ils ne sont pas avec les autres enfants mais ils nous regardent. L'émotion est forte et émouvante.

 

Sur le côté droit, il y a une petite pièce avec des bancs et des chaises minuscules, c'est l'endroit où ils prennent leurs goûter. Et tout au bout de ces lits sur la droite, se trouve la couturière qui répare et confectionne des habits pour les petits. Je lui parle de Kanta et que je l'ai déjà vu en photo. Tout le monde sait déjà que je devais venir aujourd'hui.

 

A la sortie de ce couloir, nous arrivons dans l'espace de laverie. Tous les jours, il y a nettoyages de draps, vêtements des petits, et préparatifs des repas. Ce sont les massis (nounous) qui font les lessives en faisant chauffer de l'eau dans de grandes marmites et font bouillir les habits.

 

Laurent prend beaucoup de photos, elles rient, acceptent de poser pour lui et nous admirons leur savoir-faire...C'est vraiment très impressionnant ! Des bénévoles viennent par la suite les rejoindre car il y a vraiment beaucoup de linge à laver. Une autre est en train de retirer le linge sec avec un bambou car les vêtements sont suspendus très haut au dessus d'elles.

 

Nous poursuivons la visite et nous voyons des massis nettoyer aussi le linge des soeurs de la Charité. On entend le bruit des casseroles dans la petite cuisine à côté.

 

Après avoir fait le tour, on retourne devant l'entrée et une soeur nous dit que les enfants qui sont plus grands vont sortir de l'école et venir prendre leur collation à 9h dans leur petit réfectoire. L'escalier qui monte à l'école est trop raide et Laurent va prendre des photos pour moi...Ils sont en train eux aussi d'apprendre l'alphabet.

 

Puis, je les vois descendre en s'agrippant à la rampe et entrer dans le dortoir avant que les massis ne les installent dans leur réfectoire. Le temps qu'ils prennent leur collation, nous montons à l'étage qui est celui des bébés et nouveaux-nés.

 

Idem que pour le rez-de-chaussée, les lits se succèdent avec une allée au milieu. Et au bout de cette allée, se trouve un grand tapis avec des soeurs et des massis qui s'occupent des touts-petits. Certaines leur donnent à manger, d'autres jouent avec eux au sol ou leur donnent des jouets d'éveil tout en écoutant des musiques entraînantes sur l'amour de Dieu, Alleluia. Elles frappent dans leurs mains et les enfants font de même.

 

Ils sont trop mignons...Je pourrais les regarder pendant des heures. Je m'assois et prends dans mes bras Shoana et on joue avec son hochet.

 

Puis arrive une petite fille d'environ 6 ans avec un bonnet sur la tête, qui fait des sourires de fou et qui est très timide. Elle ne veut pas se faire prendre en photo, mais elle veut quand même, mais elle ne veut plus, et enfin elle veut mais ne veut pas...

 

Elle se cache en rigolant dans les bras d'une bénévole mais celle-ci doit se lever pour s'occuper d'un bébé et cette petite fille se jette dans mes bras sans prévenir...Elle est adorable, vraiment. On reste encore quelques temps et on fait aussi le tour de l'étage.

 

Depuis l'entrée, sur la gauche, il y a un tout petit espace où des lits sont posés et deux jeunes futures mères enceintes de 6 ou 7 mois sont cachées. Elles resterons*t dans cette pièce jusqu'à leur accouchement. Elles sortent un peu dans l'orphelinat quand il n'y a plus personne pour les voir.

 

D'après ce que nous avons compris, ce deuxième étage est celui des bébés qui sont abandonnés. Pour le rez-de-chaussée, ce sont des enfants qui sont là car leurs parents travaillent beaucoup. Ils viennent les voir dès qu'ils le peuvent mais ne sont pas considérés comme enfants abandonnés. Il y a peut-être quelques exceptions. Nous avons eu cette information de la part d'une bénévole espagnole qui est là pour dix jours.

 

Nous finissons par sortir car il nous faut changer d'hôtel avant midi. Mais nous savons que nous allons revenir l'après-midi car j'ai rendez-vous avec Soeur Marianne, qui est la responsable des adoptions.

 

Cette matinée a été très riche, j'ai eu beaucoup de réponses sans poser de questions, je me sentais bien de voir ces bébés dont on s'occupait vraiment...C'était une parfaite matinée à Shishu Bhavan...

 

La suite toute à l'heure, nous partons manger avec Sandip...Mais qui est Sandip ??? Vous le saurez bientôt et vous aurez les photos en prime de cette journée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 1 février 2018 Ivy Lovy a écrit :

Hello everybody !

 

Ben voila, c'est fait ! Nous sommes en Inde depuis une journée et c'est juste incroyable...

 

Pour commencer, merci à Aurélie de nous avoir emmené si tôt à l'aéroport... La nuit a été courte mais malgré mes 4 petites heures de sommeil, j'étais suffisamment réveillée pour partir à l'heure.

 

Le vol s'est super bien passé, hormis peut-être l'escalier pour monter dans le premier avion qui lui a été bien galère et pas du tout aux normes handicapées. Par contre le service Lufthansa pour les personnes à mobilité réduite assure vraiment très bien. On en a profité pour prendre tous les raccourcis en ascenseurs et se retrouver directement devant la porte d'embarquement.

 

Vous le savez sans doute ou pas encore, mais je suis très très nulle en orientation, en géographie et en notion de fuseau horaire...Du coup, je pensais que nous avions 17 heures de vol et en fait...Pas du tout...lol

Nous avons en réalité volé durant 11 heures...On a dormi un peu dans l'avion et nous sommes arrivés à Dehli à minuit pour eux et 19h30 pour nous, heure française.

 

Nous sommes sortis prendre un peu le pouls de la ville devant l'aéroport avant de repartir pour Kolkata.

 

Malheureusement pour nous, nous avons été séparés dans l'avion car ils n'avaient plus de place côte à côte. Mais bon, le trajet n'était pas très long, donc ce n'était pas trop grave.

 

A notre arrivée devant l'aéroport, nous avons été accosté par des chauffeurs de taxi qui voulaient tous que nous montions évidemment dans leur taxi et non dans celui de leur voisin. Nous avions été prévenu par Kanta qu'il fallait prendre des yellow taxi et non des prepaid taxi. Nous avons réussi à avoir un taxi tant bien que mal et c'est parti dans la folie des routes indiennes et surtout parmi une circulation où anarchie est le mot d'ordre.

 

Dix minutes après notre départ, le taxi s'arrête, et là, un joli coup de flippe car on voit le chauffeur sortir de la voiture, ouvrir le coffre...et en fait, en plein milieu de la route, il fait monter à l'avant un autre passager...

 

Et on repart dans ces rues folles, bien que plus calmes vu qu'il est 5h du matin pour eux.

 

Notre chauffeur est en fait très sympa et il nous dépose comme convenu devant la Mother House où j'avais donné rendez-vous à Giovanni à 6h30.

 

Kolkata est en train de s'éveiller et il faut savoir que le jeudi est le jour de prière. Du coup, la Mother House, l'orphelinat et les dispensaires sont tous fermés. On entend les soeurs chanter des cantiques. C'est très joli même s'il faut tendre rudement l'oreille car les klaxons font déjà rage de si bonne heure.

 

Giovanni arrive à l'heure dite et nous emmène au premier hôtel situé à 10 mètres de la Mother House. Nous demandons à voir la chambre avant et là, c'est l'infection...Une odeur de moisi qui te prend au ventre...On demande à ouvrir les fenêtres mais elles ne s'ouvrent pas...On refuse car elle ne correspond à aucun critères d'accessibilité pour les personnes handicapées, puis Giovanni nous dit que nous devrions prendre la chambre juste pour cette nuit et que nous chercherons mieux le lendemain. On fait comme il propose. De toute manière, nous sommes quand même très fatigué et effectivement, on prendra le temps pour chercher un meilleur hôtel.

 

On convient de se retrouver à 14h devant l'hôtel car il nous faut un peu dormir avant. Et le sommeil arrive vite !

 

A 14h, Giovanni nous emmène à notre demande faire du shopping car nous avions décidé de ne mettre qu'un t-shirt et un short dans nos valises. Il nous emmène dans la Sudden Street et au fond de la rue dans l'arrière boutique d'un magasin de fringues.

 

Et là, on se retrouve dans le repère des baba cool ! Un grand tapis est installé au sol, des jeunes de toutes les nationalités sont ici et fument, achètent des fringues, des bijoux, mettent leurs morceaux préférés sur l'ordinateur...C'est en fait le lieu où tous les bénévoles de tous les orphelinats et dispensaires du coin se retrouvent après leur journée de travail où lors de leurs temps libre. Bref, une super ambiance, tout le monde se connaît, on est présenté très vite, les échanges se font dans toutes les langues et on est bien. Mon anglais n'est pas si mauvais que ça finalement et je suis la première surprise à voir que j'arrive à me faire comprendre sans trop de difficultés.

 

Ensuite on commence à faire notre choix de vêtements. C'est la caverne d'Ali Baba et j'ai pour ma part envie de tout toucher, tout regarder, tout acheter aussi...c'est tellement beau !

 

On reste facilement une heure, si c'est pas plus, et ensuite Giovanni nous emmène en plein centre de Kolkata pour prendre la température de la ville. On se régale de tout, c'est un tel bordel, mais tout est génial à voir. Pour ma part, j'ai adoré sentir les odeurs qui se répandent partout, tout le monde est super gentil, Laurent aime cette anarchie qui règne en tout temps et cette bienveillance qu'ont les indiens avec nous.

 

Puis nous rentrons à l'hôtel et nous allons manger dans le restaurant juste à côté avec Giovanni. C'est super bon, pas trop épicé et on se régale. Juste avant de manger, deux soeurs de l'orphelinat entrent dans le restaurant et Giovanni me présentent à elles en leur expliquant en deux trois mots mon histoire.

 

Là, nous sommes dans la chambre et nous nous préparons à une nouvelle journée qui sera sans aucun doute intense car l'orphelinat sera ouvert...

 

Le rendez-vous est fixé à 8h...

 

Bonne nuit tout le monde et à demain les amis !

 

 

 

Le 31 janvier 2018 Ivy Lovy a écrit :

Namasté les amis !

 

Ben voilà, on est le jour J !

 

Après trois ans de préparation de ce projet, nous voilà fin prêts à partir !

 

Quand vous lirez ce message, nous serons peut-être dans l'avion entre Dehli et Kolkata ou nous serons arrivés depuis peu.

 

Pour le moment, nous sommes encore bien au chaud chez nous, avec nos petites habitudes, nos manières de faire, notre langage et notre routine bien rassurante. Et d'ici quelques heures, tout cela va être pulvérisé en quelques secondes !

 

Nous nous réjouissons de toute cette aventure qui se profile et nous savons que vous serez avec nous durant ce voyage ! On vous racontera ce périple du mieux possible, nous essaierons de répondre au maximum à vos messages et nous vous souhaitons un très beau mois de février...

 

C'est celui des crêpes, des déguisements à gogo, du jour où l'on dit je t'aime à tout le monde, de l'anniversaire de notre Fanny nationale et bien sûr il n'y a pas de mois pour être celui de la musique !

 

Alors oui on va profiter à fond de ce voyage, mais rassurez-vous... pas besoin d'aller aussi loin pour profiter de chaque instant, de croquer la vie à pleines dents et de s'en mettre partout ! Alors vivez, régalez-vous et à tout bientôt !

 

Pour nous suivre si leetchi fait des siennes et que vous avez facebook :

 

www.facebook.com/reveindien

 

On vous aime !

 

Laurent et Ivy

 

Le 31 janvier 2018 Ivy Lovy a écrit :

J-1 !

 

Olala, quelle course aujourd'hui ! Pas eu une seconde pour souffler ! Le temps passe trop trop vite !

 

- Fin des nettoyages de printemps- Fermer la maison de son papa- Sacs et valises bouclées- Récupération de matériels scolaires pour l'orphelinat (merci Gégé )- Départ chez Ivy pour la dernière nuit- Passage chez Aurélie à la pizzeria pour lui rappeler qu'on part le lendemain à 6h- Dernier petit repas français- Au revoir imprévu à Micka et Laurie- Première prise de médicaments contre le paludisme

 

Au lit à passé minuit et réveil à 4h...

 

A demain ou toute à l'heure...

 

Le 31 janvier 2018 Ivy Lovy a écrit :

J-2...

 

Nettoyage de la maison, dernières visites à gauche et à droite...

installation de logiciels pour les photos afin de pouvoir mettre en place une jolie expo à notre retour et visite surprise de Chouchou Laurent Montavid) ! Yeahhh !

 

Merci à Kanta Navin Vk pour ses dernières informations très précieuse et j'espère vraiment qu'on va se voir à la fin de notre séjour à Kolkata...Bons préparatifs à toi et bon voyage ! Profite bien de tes dix jours ! Kisses

 

Et merci aussi à Giovanni Cinaglia pour son aide et ses réponses rapides ! Je me réjouis de te rencontrer et de découvrir aussi Kolkata à travers ton expérience !

 

Le 31 janvier 2018 Ivy Lovy a écrit :

J-3...

 

Sacs presque prêts...

Pulvérisation de produits antimoustique sur nos trois petits habits que l'on prend avec nous... Bizarre de prendre si peu de fringues...

Et check-up du matos informatique à prendre... -> OK

Le 31 janvier 2018 Ivy Lovy a écrit :

J-4...

 

Dernière petite soirée au café villageois très sympa... Et on souhaite une belle route à Cat et Alexis qui quittent la région...

 

Des bisous !

Le 31 janvier 2018 Ivy Lovy a écrit :

J-6...

 

Carnet de vaccination -> OKDernière consultation médicale -> OKDébut du traitement pour préparer les pieds à la marche -> OKAchats de dernière minute -> OKVêtements prêts à être pulvérisés de spray antimoustique -> OKContrat bancaire signé -> OKTransfert d'argent -> OK

 

Ca avance, ça avance !

 

 

 

 

 

 

Le 31 janvier 2018 Ivy Lovy a écrit :

J-10...

 

Enfin, on peut compter sur ses doigts les jours restants avant le départ...

Installation de logiciels pratiques sur la tablette et clôture de la cagnotte leetchi...

 

Le 31 janvier 2018 Ivy Lovy a écrit :

Salut à toutes et tous !

 

J-11...

 

La trousse à médicaments est prête, en double au cas où un bagage se perd, les papiers officiels sont scannés, imprimés et sous pochette plastique, la liste des derniers petits achats à faire est prête, et moi... je suis en train de tomber malade !

 

Ouais !!!!

 

Bref, dix petits jours pour me remettre...

 

Allez je retourne me coucher

 

Le 17 janvier 2018 Ivy Lovy a écrit :

Bonjour à toutes et tous,

 

J-14... Et à cette heure-ci, nous serons dans l'avion entre Munich et Dehli...

 

Le 16 janvier 2018 Ivy Lovy a écrit :

Bonjour à toutes et tous,

 

J-15... dans 5 jours, la cagnotte leetchi s'arrêtera et nous récupérerons le montant pour la mise en place du projet...

 

Alors merci à toutes celles et ceux qui ont participé à tout ça !

 

 

Le 16 janvier 2018 Ivy Lovy a écrit :

J-17...nos billets d'avion...of course !

 

Et un bon voyage à Marie Kalari qui s'envole demain pour le Kerala et à Giovanni qui part de Rome et qui retourne à Kolkata à l'orphelinat...je le retrouverai là-bas à mon arrivée...

 

 

 

Le 11 janvier 2018 Ivy Lovy a écrit :

Salut à toutes et tous !

 

En ce jour d'anniversaire, j'ai le plaisir de vous montrer nos deux sésames que nous avons reçus hier...

 

Alors à J-20, je peux dire, "Sésame, ouvre-toi !"

 

Kisses

 

PS: C'est lequel le plus beau ? Lol

 

 

 

Le 6 janvier 2018 Ivy Lovy a écrit :

Bonjour à toutes et tous !

 

Laurent et moi vous souhaitons une très belle année 2018 !

 

Remplie de voyages, d'aventures, de rencontres, de joies, d'apéros, d'amour, de retards d'avion, d'embouteillages, de tuk tuk...

 

On retourne à nos derniers préparatifs, car dans 25 jours on s'envole !

 

On vous embrasse !

 

Laurent et Ivy

 

 

Le 25 décembre 2017 Ivy Lovy a écrit :

Laurent et moi-même vous souhaitons un Joyeux Noël à toutes et tous !

 

Shub Naya Baras !Bara din mubarak ho !

 

मेरी क्रिसमस

 

Qu'il vous soit doux, heureux et rempli d'amour !

 

On profite de ces quelques jours de fêtes avant la dernière ligne droite pour Kolkata ! (C'est dans 37 jours !!!!)

 

 

 

Le 6 décembre 2017 Ivy Lovy a écrit :

 

Bonjour à toutes et tous,

 

Petit retour sur la soirée de soutien de vendredi dernier au café villageois de Lauris.

 

Après quelques mois à préparer cette soirée, nous voilà arrivé au jour J.

 

Stressée évidemment, heureuse et excitée à l'idée de vous présenter ce projet.

 

J'avais mille choses en tête, la peur de ne pas être à la hauteur de ce que nous avions préparé, que la présentation soit trop longue et que vous vous ennuyiez, que les vidéos ne s'enclenchent pas au moment voulu, que le son grésille, que vous ne m'entendiez pas bien, que mon timing sur les diapos ne soit pas respecté, que...

 

Bref, un coup de flip et finalement tout s'est enchaîné comme par magie ou presque...

 

C'est passé très vite et heureusement aussi je dirais, car j'avais les jambes qui faisaient des castagnettes derrière ma nappe noire, tellement je tremblais ! Lol

 

Et de voir autant de monde réuni dans ce petit lieu était émouvant, touchant et rassurant toute à la fois.

 

La mise en place du repas et du dancefloor s'est faite dans un joyeux bordel et tout a été très convivial.

 

Vous avez été plus de 80 personnes à venir découvrir ce projet et à avoir participé à cette belle soirée !

 

Grâce à votre présence et vos dons ce soir-là, il nous reste plus que 1485 euros pour mener à bien ce projet. On espère encore trouver l'argent manquant d'ici à mi-janvier. Alors n'hésitez pas à en parler autour de vous, à donner le lien leetchi et à faire connaître ce projet.

 

Nous avons décidé pour celles et ceux qui n'ont pas facebook, de vous informer de notre périple sur la page leetchi. La cagnotte s'arrêtera comme prévu au 11 janvier 2018 mais la page restera ouverte pour que vous puissiez nous suivre. Nous mettrons des photos, ça c'est sûr. Pour ce qui est des videos, je ne sais pas encore si nous y arriverons facilement sur leetchi, mais nous ferons tout notre possible.

 

Laurent et moi vous remercions encore pour tout et on revient très vite vers vous pour la suite de cette belle et grande aventure humaine !

 

A tout bientôt !

 

Kisses

 

Laurent et Ivy

 

PS: A défaut d'avoir des photos de la soirée, voici des images du diaporama qui vous a été présenté ce soir-là.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 6 décembre 2017 Ivy Lovy a écrit :

Bonjour à toutes et tous,

Je reviens de Paris après trois jours...comment dire...rocambolesques, chaotiques et épuisants mais obligatoires...

 

Jour 1

 

Arrivée en fin de journée à la place Monge où Kanta, une amie indienne née aussi à Shishu Bhavan m'hébergeait et m'accueillait pour ces trois jours. Une soirée agréable en sa compagnie à discuter de ses voyages en Inde, des papiers que je devrais remplir les deux jours suivants, etc.

 

Jour 2

 

Un levé aux aurores pour être sûre d'avoir le temps de tout faire, et c'est parti...direction l'Ambassade indienne...

 

Des métros interminables, des escaliers sans fin, des rues qui ne s'arrêtent jamais, des queues de 15 kilomètres, des attentes qui n'en finissent plus, les mêmes questions posées 150 fois, bref, une matinée épuisante mais à la fin, mon affidavit (papier obligatoire pour faire ma demande de visa) en main.

 

Je repars, refais les chemins inverses et je vais retrouver Kanta pour aller remplir ma demande de visa dans un cyber café.

 

Une fois dans le métro, une annonce réjouissante: la station où l'on devait descendre est perturbée et il nous faut sortir avant l'heure.

 

Et c'est reparti pour X kilomètres...Vu de loin la Tour Eiffel, Notre Dame, traversé la Seine, l'Institut du Monde Arabe pour arriver devant le cyber café situé juste en face de la station de métro où nous aurions dû sortir...

 

Kanta m'aide à remplir les formulaires et une concentration de fou est obligatoire car la moindre petite erreur commise = visa refusé. Après 15 minutes de remplissage de papier, une jolie fenêtre s'ouvre sur notre écran pour nous annoncer que l'ordinateur en question a décidé de faire ses mises à jour, pile à ce moment-là...En gros, il fallait tout recommencer.

 

Par chance un des responsables du cyber a réussi à contourner le "truc" et nous avons pu terminer sans encombres supplémentaires.

 

Une fois les papiers imprimés, on décide d'aller manger un thali dans le quartier indien. Mais j'étais tellement épuisée que je n'ai pas vraiment profité du quartier, mais juste du repas et de la compagnie de Kanta.

 

On rentre, règle les derniers détails pour le lendemain et je m'endors en quelques secondes.

 

Jour 3

 

Je pouvais ce jour-là prendre le temps le matin sans courir, car j'avais juste à déposer mon dossier au vsf pour ma demande de visa. Mais étant de nature stressée, j'ai préféré partir tôt au cas où...

 

J'arrive au vsf toute contente d'avoir tout préparé à l'avance et de n'avoir qu'une photocopie à faire. Du coup je n'avais en poche juste de quoi faire ma copie, rien d'autre en monnaie à part ma carte bleue.

 

Je fais ma photocopie et je dois attendre de passer au guichet. J'étais la 38è personne à passer et on était au n°8 ! Donc je m'assois et attends tranquillement.

 

Puis je vois passer des gens avec d'autres papiers que les miens et je commence un peu à stresser.

 

Du coup, je retourne à l'accueil et leur demande de regarder mon dossier pour être sûre que j'ai tout ce qu'il faut. Et il me manquait un papier.

 

Par chance, comme je n'avais plus de monnaie, il restait encore de l'argent en trop dans la photocopieuse et on me fait la copie. Je la remplis et grâce à mon attestation de personne handicapée à 80%, je passe devant tout le monde.

 

Et la nana me dit que le document n'est pas valable car il n'est pas tout écrit en majuscule ! Quelqu'un me prête les 15 centimes qui me manquaient et on me réimprime la feuille. Je prends cette fois-ci le temps de bien tout écrire en majuscule et je retourne au guichet. Et là, la nana me dit que le document n'est pas valable car on m'a imprimé le document pour les chinois et non les indiens !

 

J'ai cru que j'allais défaillir. Elle me voit tellement dépitée, qu'elle m'imprime le papier depuis son poste à elle et je le remplis à nouveau.

 

Et là, je me dis "yes ! c'est fini, enfin j'ai tout et tout est ok...". Je paie mon visa et part.

 

Et la nana revient juste au moment où je franchissais la porte d'entrée du vsf et me dit "revenez Madame, il y a un souci."

 

Mon coeur commence à s'emballer et je la suis. Je retourne au guichet elle me dit "Il me semblait bien qu'il manquait quelque chose...Vous êtes suisse non ? Alors il me faut aussi votre billet d'avion..."

 

Je ne l'avais pas, on a pris des billets en ligne, j'avais juste un mail de confirmation sur la boîte mail de Laurent.

 

"Allez au bout de la rue, il y a un cyber café, vous imprimez vos attestations de vol et vous revenez me voir, je vous ferai passer devant. "

 

Je ressors de là dépitée, à appeler Laurent en pleurs tellement j'en pouvais plus pour qu'il m'envoie par mail nos confirmations de vol, à retraverser toute la rue, sans trouver de distributeur pour pouvoir retirer de l'argent pour aller dans le cyber.

 

J'arrive dans le cyber café à bout et lui demande où trouver un distributeur. Il me donne un itinéraire de fou pour y aller et là je m'effondre car il me restait plus beaucoup de temps pour tout faire. Et si tu n'as pas fini, tu dois retourner le lendemain...et ça c'était impossible car je devais reprendre mon train dans l'après-midi.

 

Et super sympa le mec, il me laisse imprimer mes 4 feuilles gratuitement.

 

Je retourne au pas de course au vsf et la nana me dit "Mais ce n'est pas le bon document !"

 

Je n'avais rien d'autres, je lui dis que je ne pouvais rien faire de plus, qu'il y avait mon nom sur le papier avec mon n° de vol et mon n° d'embarquement et toutes les escales et que je ne savais pas ce que je pouvais imprimer de plus, car je n'avais vraiment rien d'autre comme papier...

 

Du coup, elle me dit qu'elle va se débrouiller avec ça et je peux enfin partir.

 

Et je suis repartie reprendre mon train pour Aix en Provence.

 

Je saurai la semaine prochaine si ma demande de visa a été acceptée ou non.

 

Au moins j'aurai eu la chance de partager de jolis moments avec Kanta qui m'a vraiment été d'une grande aide durant ces deux jours de paperasse. Alors encore mille mercis Kanta !

 

Et maintenant, il faut s'occuper du visa de Laurent... Hem !

 

Suite au prochain épisode...

 

 

 

Le 6 décembre 2017 Ivy Lovy a écrit :

Bonjour à toutes et tous,

Je reviens de Paris après trois jours...comment dire...rocambolesques, chaotiques et épuisants mais obligatoires...

 

Jour 1

 

Arrivée en fin de journée à la place Monge où Kanta, une amie indienne née aussi à Shishu Bhavan m'hébergeait et m'accueillait pour ces trois jours. Une soirée agréable en sa compagnie à discuter de ses voyages en Inde, des papiers que je devrais remplir les deux jours suivants, etc.

 

Jour 2

 

Un levé aux aurores pour être sûre d'avoir le temps de tout faire, et c'est parti...direction l'Ambassade indienne...

 

Des métros interminables, des escaliers sans fin, des rues qui ne s'arrêtent jamais, des queues de 15 kilomètres, des attentes qui n'en finissent plus, les mêmes questions posées 150 fois, bref, une matinée épuisante mais à la fin, mon affidavit (papier obligatoire pour faire ma demande de visa) en main.

 

Je repars, refais les chemins inverses et je vais retrouver Kanta pour aller remplir ma demande de visa dans un cyber café.

 

Une fois dans le métro, une annonce réjouissante: la station où l'on devait descendre est perturbée et il nous faut sortir avant l'heure.

 

Et c'est reparti pour X kilomètres...Vu de loin la Tour Eiffel, Notre Dame, traversé la Seine, l'Institut du Monde Arabe pour arriver devant le cyber café situé juste en face de la station de métro où nous aurions dû sortir...

 

Kanta m'aide à remplir les formulaires et une concentration de fou est obligatoire car la moindre petite erreur commise = visa refusé. Après 15 minutes de remplissage de papier, une jolie fenêtre s'ouvre sur notre écran pour nous annoncer que l'ordinateur en question a décidé de faire ses mises à jour, pile à ce moment-là...En gros, il fallait tout recommencer.

 

Par chance un des responsables du cyber a réussi à contourner le "truc" et nous avons pu terminer sans encombres supplémentaires.

 

Une fois les papiers imprimés, on décide d'aller manger un thali dans le quartier indien. Mais j'étais tellement épuisée que je n'ai pas vraiment profité du quartier, mais juste du repas et de la compagnie de Kanta.

 

On rentre, règle les derniers détails pour le lendemain et je m'endors en quelques secondes.

 

Jour 3

 

Je pouvais ce jour-là prendre le temps le matin sans courir, car j'avais juste à déposer mon dossier au vsf pour ma demande de visa. Mais étant de nature stressée, j'ai préféré partir tôt au cas où...

 

J'arrive au vsf toute contente d'avoir tout préparé à l'avance et de n'avoir qu'une photocopie à faire. Du coup je n'avais en poche juste de quoi faire ma copie, rien d'autre en monnaie à part ma carte bleue.

 

Je fais ma photocopie et je dois attendre de passer au guichet. J'étais la 38è personne à passer et on était au n°8 ! Donc je m'assois et attends tranquillement. Puis je vois passer des gens avec d'autres papiers que les miens et je commence un peu à stresser.

 

Du coup, je retourne à l'accueil et leur demande de regarder mon dossier pour être sûre que j'ai tout ce qu'il faut. Et il me manquait un papier.

 

Par chance, comme je n'avais plus de monnaie, il restait encore de l'argent en trop dans la photocopieuse et on me fait la copie. Je la remplis et grâce à mon attestation de personne handicapée à 80%, je passe devant tout le monde.

 

Et la nana me dit que le document n'est pas valable car il n'est pas tout écrit en majuscule ! Quelqu'un me prête les 15 centimes qui me manquaient et on me réimprime la feuille. Je prends cette fois-ci le temps de bien tout écrire en majuscule et je retourne au guichet.

 

Et là, la nana me dit que le document n'est pas valable car on m'a imprimé le document pour les chinois et non les indiens !

 

J'ai cru que j'allais défaillir. Elle me voit tellement dépitée, qu'elle m'imprime le papier depuis son poste à elle et je le remplis à nouveau.

 

Et là, je me dis "yes ! c'est fini, enfin j'ai tout et tout est ok...". Je paie mon visa et part. Et la nana revient juste au moment où je franchissais la porte d'entrée du vsf et me dit "revenez Madame, il y a un souci."

 

Mon coeur commence à s'emballer et je la suis. Je retourne au guichet elle me dit "Il me semblait bien qu'il manquait quelque chose...Vous êtes suisse non ? Alors il me faut aussi votre billet d'avion..."

 

Je ne l'avais pas, on a pris des billets en ligne, j'avais juste un mail de confirmation sur la boîte mail de Laurent.

 

"Allez au bout de la rue, il y a un cyber café, vous imprimez vos attestations de vol et vous revenez me voir, je vous ferai passer devant. "

 

Je ressors de là dépitée, à appeler Laurent en pleurs tellement j'en pouvais plus pour qu'il m'envoie par mail nos confirmations de vol, à retraverser toute la rue, sans trouver de distributeur pour pouvoir retirer de l'argent pour aller dans le cyber.

 

J'arrive dans le cyber café à bout et lui demande où trouver un distributeur. Il me donne un itinéraire de fou pour y aller et là je m'effondre car il me restait plus beaucoup de temps pour tout faire. Et si tu n'as pas fini, tu dois retourner le lendemain...et ça c'était impossible car je devais reprendre mon train dans l'après-midi.

 

Et super sympa le mec, il me laisse imprimer mes 4 feuilles gratuitement.

 

Je retourne au pas de course au vsf et la nana me dit "Mais ce n'est pas le bon document !"

 

Je n'avais rien d'autres, je lui dis que je ne pouvais rien faire de plus, qu'il y avait mon nom sur le papier avec mon n° de vol et mon n° d'embarquement et toutes les escales et que je ne savais pas ce que je pouvais imprimer de plus, car je n'avais vraiment rien d'autre comme papier...

 

Du coup, elle me dit qu'elle va se débrouiller avec ça et je peux enfin partir.

 

Et je suis repartie reprendre mon train pour Aix en Provence.

 

Je saurai la semaine prochaine si ma demande de visa a été acceptée ou non.

 

Au moins j'aurai eu la chance de partager de jolis moments avec Kanta qui m'a vraiment été d'une grande aide durant ces deux jours de paperasse. Alors encore mille mercis Kanta !

 

Et maintenant, il faut s'occuper du visa de Laurent... Hem !

 

Suite au prochain épisode...

 

 

 

 

 

Le 27 novembre 2017 Ivy Lovy a écrit :

Bonjour,

Pour celles et ceux qui n'ont pas eu l'occasion de voir l'article de Gilbert Lebre paru dans La Provence le vendredi 24 novembre, le voici...

Un autre va paraître cette semaine dans Vaucluse matin mais je ne sais pas encore quand exactement.

Bonne journée !

 

Le 24 novembre 2017 Ivy Lovy a écrit :

Bonjour à toutes et tous,

Voici l'article qui est paru dans le journal La Provence ce matin...

 

http://www.laprovence.com/article/edition-vaucluse/4722363/au-dela-du-handicap-ivy-voudrait-revoir-son-inde.html

 

A vendredi prochain j'espère...

 

Le 22 novembre 2017 Ivy Lovy a écrit :

Bonjour à toutes et tous !

 

Le temps passe vite... Plus que quelques jours avant la soirée de soutien et de présentation de notre projet "Au-delà des frontières, des origines et du handicap".

 

Elle aura lieu le vendredi 1er décembre à 19h30 au café villageois à Lauris.

 

Repas indien sur réservation au 07 82 31 95 24.

 

Et dancefloor avec Tutu pour terminer la soirée.

 

Le lieu est petit, ne tardez pas trop pour réserver si vous souhaitez manger...

 

Au plaisir de vous voir peut-être à cette occasion.

 

Bises

Le 7 novembre 2017 Ivy Lovy a écrit :

Bonjour à toutes et tous,

 

Une soirée de présentation du projet « Au-delà des frontières, des origines et du handicap » aura lieu :

 

le vendredi 1er décembre à 19h30 au café villageois à Lauris (Rue de la Gare à LAURIS, à l’entrée Sud du village).

 

La soirée se déroulera en trois temps.

 

Il y aura une première partie qui est la présentation du projet en lui-même. Je vous expliquerai comment il est né, les différentes étapes de réflexion, pourquoi je souhaite le réaliser et sur ce qui se passera à mon retour de voyage.

 

Puis on mangera tous ensemble. On profitera de ce temps pour échanger autour d’un repas indien concocté par le café villageois. Réservation vivement conseillée si vous souhaitez manger.

 

Vous pourrez aussi découvrir des objets qui seront à la vente au profit de ce projet.

 

Enfin, Tutu prendra les commandes de la fin de soirée et mettra le feu au dancefloor, avec écran géant.

 

J’espère avoir le plaisir de vous voir lors de cette soirée indienne.

 

Amicalement

 

Ivy

Organisé par

Ivy Lovy
Le 10 janvier 2018
Laure Campoy
Très touchée par ton projet Ivy, projet qui va se concrétiser dans peu de temps... Bonne continuation dans les préparatifs et surtout Beau voyage à toi, à vous! On t'embrasse. Laure et Ben
Le 9 janvier 2018
dominique leydet
beau voyage ma belle ! de tout cœur ...
Le 8 décembre 2017
chantal bouder
Je souhaite à cette jeune fille de faire un merveilleux voyage.
Le 23 novembre 2017
Brian John MILLAR
Ivy Lovy I love you! You must go for it! You can do anything! Jo did! brian
Le 9 novembre 2017
Gérald
Si difficile soit le chemin, il faut aller vers soi-même. Tu y trouveras aussi les autres.
Le 10 octobre 2017
Stéphanie NA
Je te souhaite de pouvoir réussir ce projet pour toi et pour tous les autres que cela pourra énormément aider. Gros bisous Stéphanie
Le 29 septembre 2017
michelle chanus
Avec nos meilleurs voeux de réussite pour ce voyage si important et toute notre affection Michelle et Gérard
Le 27 septembre 2017
Estelle Mallet
Bonjour Ivy, Ton projet est merveilleux. Je suis contente te t'aider un tout petit peu. Nous nous sommes rencontrées plusieurs fois pour les sons du Lub, pour la formation de secourisme à Beaumont et le festival sur l'Inde à Lauris. J'ai changé de nom de famille entre temps. C'est Mallet au lieu de Lefevre. Que ton projet se réalise enfin, à bientôt, Estelle
Le 12 septembre 2017
Eric & Viviane VINAI du groupe 109
Ivy, on s'est croisé plusieurs fois lors de nos concerts ou de ceux de Kzou. Tu mérites de pouvoir réaliser ton rêve et sommes de tout coeur avec toi. Bon courage pour ce long voyage plein d'émotions et de bonheur. A bientôt!
Le 12 septembre 2017
Mara Bertelsen
Mon frère et ma soeur étant adoptés de l'Inde, je suis d'autant plus touchée par votre projet. Je vous souhaite un très beau voyage.