Thiaroye44

Organisé pour : Abibou,Senghor, Mabon

Bonjour,

Avec ma recherche sur les prisonniers de guerre "indigènes" durant la Seconde Guerre mondiale, j'ai mis à jour un mensonge d'Etat qui dure depuis plus de 70 ans. Il s'agit du massacre prémédité, le 1er décembre 1944 au camp de Thiaroye près de Dakar, d'ex-prisonniers de Guerre originaires de l'AOF maquillé en rébellion armée.

Une machination a été mise en œuvre pour construire un récit mensonger, camoufler le nombre de victimes jetées dans des fosses communes – ce n'est ni 35 ni 70 mais vraisemblablement entre 300 et 400 -, condamner des innocents et couvrir la spoliation des soldes de captivité restées dans les caisses de l'Etat.

Pour une raison que je ne peux comprendre, le mensonge d’État a été réitéré en 2014 après que j'eus alerté les plus hautes instances. En effet, le Président Hollande devant les tombes de Thiaroye, s'il a reconnu que ces hommes n'avaient pas perçu leur dû a indiqué que l'endroit de leur sépulture demeurait mystérieux et que ces hommes s'étaient rassemblés d'eux-mêmes pour crier leur indignation. En réalité l’État français connaît l'endroit des sépultures qui fut longtemps recouvert d'un dépôt d'ordures et ces hommes ont été rassemblés sur ordre devant les automitrailleuses pour être exécutés. Ils avaient osé réclamer leurs soldes de captivité que l'administration ne voulait pas leur verser.

En tant qu'historienne, je ne me suis pas détournée de ce mensonge d'Etat et j'ai assumé ma responsabilité sociale avec cette exigence de vérité.

J'ai saisi le tribunal administratif pour avoir accès aux archives apparemment restées auprès des forces françaises au Sénégal jusqu'en 2011 et, avec un fils de victime et un fils de condamné, nous avons également déposé deux recours au TA pour obtenir le libellé caviardé du motif d'une sanction  infligée à un officier amnistié par la même loi que les condamnés.

Toutes les requêtes ayant été rejetées le 27 septembre 2017 (malgré une conclusion favorable du rapporteur public), il fallait estimer la faisabilité de se pourvoir en cassation. Le pourvoi devant être présenté par le ministère d'un avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, j'ai sollicité l'avis de celui en charge d'une autre affaire en cours et en qui j'ai toute confiance. Après étude du dossier, il estime que le pourvoi sur les archives « secrètes » a peu de chance d'aboutir car trop aléatoire. De plus le jugement mentionne que la requérante pourra à nouveau déposer une nouvelle demande de communication au cas où de nouvelles informations permettent de présumer l'existence et la conservation de ces documents. Les personnes qui savent vont peut-être accepter, un jour, de témoigner...

Par contre pour les deux requêtes (Yves Abibou /Armelle Mabon et Biram Senghor) demandant à connaître le motif de la sanction un pourvoi est envisageable. Cet officier a réuni la veille du massacre, à son domicile, un lieutenant de vaisseau, diligenté spécialement pour commander les trois automitrailleuses parce que considéré comme bon tireur et un Capitaine commandant la batterie du 6ème RAC qui a procédé à presque toutes les arrestations.

Si le Conseil d'Etat nous donne raison, ce jugement fera jurisprudence et comblera un vide juridique. Il n'existe aucun jugement, ni aucun texte sur la possibilité de communiquer un libellé caviardé d'un original alors qu'il n'existe aucun autre document. Les juges et le ministère des Armées estiment qu'il faut considérer ce document comme détruit. Les juges n'ont pas retenu l'argument avancé par le ministère comme quoi la loi d'amnistie du 16 août 1947 fait obstacle à la communication du document. Le jugement indique : « aucune disposition légale ou réglementaire ne prévoit l'obligation pour l'administration d'établir un nouveau document en réponse à une demande ».

Ce motif de la sanction qui est le fait matériel peut apporter des éléments nouveaux permettant au Garde des Sceaux ou aux familles de saisir la commission d'instruction de la Cour de Cassation pour le procès en révision des 34 condamnés.

Ce pourvoi contribue à la recherche de la vérité. Son coût nous oblige à faire appel à la solidarité

 

Le coût de la procédure devant le Conseil d’État est de 4200 euros.

Si le ministère est condamné aux dépens, les sommes déposées seront remboursées

 

Avec nos remerciements

Armelle Mabon

 

Chateaubriand : « Si le rôle de l'historien est beau, il est parfois dangereux »

        

 

Thiaroye44 est un mensonge d'Etat

 

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Actualités

Le 3 novembre 2017 Armelle Mabon a écrit :

Bonjour,

Tout d'abord, je tiens à vous remercier pour votre contribution et vous rassurer. D'autres contributions sont arrivées sans passer par la cagnotte et nous allons pouvoir déposer les pourvois en cassation. Le reliquat potentiel servira pour les autres requêtes qui seront déposées par le même avocat - si le ministère des Armées ne répond pas ou négativement aux demandes des familles - afin de récupérer les sommes spoliées (soldes de captivité, prime de démobilisation, pécule, ..) et pour l'attribution de la mention "mort pour la France". Mes travaux servent à la justice et la justice servira l'Histoire mais ce n'est pas pour autant une judiciarisation de l'Histoire. Tout aurait été plus simple si, en 2014, l'Elysée et le ministère de la Défense avaient pris en compte l'avancée des connaissances mais c'est la réitération du mensonge d'Etat qui a prévalu et il y a bien une raison.

Je publierai le livre sur l'Affaire Thiaroye en 2018 concomitamment avec la BD de Pat Perna et Nicolas Otéro aux Arènes... Il faut  l'exhumation des corps et le procès en révision.

Bien à vous

Armelle Mabon 

Régine FEZAI a participé 50 €

Pat Perna a participé 50 €

dominique thébaud a participé 30 €

Catherine Vannier a participé 75 €

florence ribaucourt a participé

Gilles Ausias a participé

Jean-Louis Hervé a participé

jean philippe aoudia a participé

KLOUIS GOURVENNEC a participé

Ousmane Dary a participé

magali rosier a participé

Michel COLETTA a participé

Yves PHAM VAN a participé

Anonyme a participé

Marc BORIES a participé

Anonyme a participé

Tidiane Diakho a participé

Tanguy VIEL a participé

Odile BIYIDI AWALA a participé

ABIBOU Louis Marc a participé

Jean-Louis CALMETTES a participé

Thérèse Collinet a participé

Djibril NDIAYE a participé

Bernard GAUTIER a participé

Le 19 novembre 2017
Régine FEZAI
Coucou Armelle , j espère de tout coeur qu'avec les 9 jours qu' il reste , la cagnotte va arriver au montant dont tu as besoin .... J 'encourage ta détermination... Je t'embrasse très affectueusement . Régine
Le 6 novembre 2017
Jean-Louis Hervé
Bon courage Armelle ! Entre recherche de la vérité et réalité de la recherche votre action s'inscrit dans cette grande tradition humaniste de l'Université . Au delà de la petitesse des crédits et de l'étroitesse de certains esprits nous avons au moins la satisfaction de savoir que des chercheuses creusent toujours, et de participer modestement à cette recherche, ne serait-ce qu'au nom de la probité intellectuelle. Continuez à oser déranger !
Le 6 novembre 2017
jean philippe aoudia
l'amour de la vérité n'est pas le besoin de certitudes et il est bien imprudent de confondre l'un avec l'autre ( A. Gide." Journal"21 10 1929)
Le 4 novembre 2017
magali rosier
je suis très heureuse de participer à cette collecte qui, grâce à ta persévérance, va enfin faire éclater la vérité
Le 23 octobre 2017
Yann Lignereux
Bon courage! Yann
Le 19 octobre 2017
Françoise Jofa
Pour la vérité... enfin.
Le 17 octobre 2017
Josette-Alice Bos
Meilleur souvenir de Besançon, Armelle ! Haut les coeurs : votre travail - et notre bagarre - sont historiques. Chaleureuses salutations
Le 16 octobre 2017
Geoffrey Williams
Tiens bon Armelle, ton action est important des un pays où la délation est redevenue la norme.
Le 15 octobre 2017
Gilles BOURRIEN
J'espère que la persévérance et la mobilisation seront la clé de la réussite de ce noble combat.