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SOUTIEN POUR UNE MERE ET SES ENFANTS VIOLEMMENT SEPARES

SOUTIEN POUR UNE MERE ET SES ENFANTS VIOLEMMENT SEPARES


Les hasards de la vie m’ont fait croiser la route d’une personne en grande détresse à la recherche de soutien. Sa situation m’a touchée pour ne pas dire révoltée. J’ai eu l’élan de l’aider, et avec quelques autres personnes, ça nous a pas mal occupé depuis 4 mois maintenant : écoute, soutien émotionnel et matériel, accompagnement à ses rendez-vous avec ses enfants, son avocate, reformulation ou traduction de courriers, mobilisation de personnes ressources...

J'ai lu aussi, beaucoup : des témoignages de parents, des articles, des tribunes d'avocats, des rapports....et je me suis rendu compte que sa situation n'est pas un cas isolé et que de nombreuses personnes, dont les premiers concernés, les enfants placés, pointent les graves dysfonctionnements du système de protection de l'enfance.

Son histoire particulière est aussi révélatrice des discriminations subies par les mères célibataires, qui plus est étrangères et ayant choisi un mode de vie et d'éducation qui sort de la norme, et de l'oppression systémique envers les enfants. Et ça, ça me fait réagir et j'ai envie de contribuer de ma place de femme un peu plus privilégiée.

Je vais essayer de vous expliquer sa situation, tout en respectant son anonymat et sa vie privée... son nom a été modifié et je vous partage ces éléments avec son consentement.

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Amy est mère de 2 enfants, elle est la seule détentrice de l’autorité parentale et a élevé seule ses enfants depuis leur naissance dans un pays qu’elle ne connaissait pas et dont elle ne parlait pas la langue.

Suite à un différent avec le propriétaire de la maison qu’elle loue, et alors qu’elle avait posé son pré-avis et finalisait son déménagement, sa voisine (qui est de la famille du propriétaire) fait un signalement : "enfants non scolarisés, très timides qui ne se lient pas avec les autres enfants, non suivis médicalement, la mère crie et les enfants ont des bleus sur les jambes". Suite à ce signalement, ses enfants lui ont été retirés brutalement par 4 gendarmes et placés en foyer.

Elle conteste tout ce qui lui est reproché. Les enfants étaient instruits en famille. Elle avait fait une déclaration en bonne et due forme à la mairie et à l’éducation nationale, validée par un membre de l’association Les Enfants d’Abord (Led'A). Ils sont suivis médicalement et des attestations de médecins en témoigne. Les enfants étaient sociabilisés et participaient à des activités avec d'autres enfants (musique, sport, équitation). Pour les potentiels cris et coups, cela semble totalement mensonger et démenti par plusieurs personnes de son entourage. J’ai pu également discuter de ses principes éducatifs et observer comment elle interagit avec des enfants : elle est d’une telle douceur, patience et respect, malgré sa situation, que je n’y crois pas une seconde.

Mais les éléments mentionnés dans le signalement n’ont pas vraiment été vérifiés : il n’y a pas eu d’enquête sociale digne de ce nom. Une assistante sociale s’est présentée un jour à l’improviste alors que la famille était en plein déménagement et a fait son rapport sur la base de cette conversation de 5 minutes au bord de la route. Le juge, sur cette base a ordonné un placement provisoire de 6 mois renouvelable.

Aucun contradictoire n’a été possible : Amy n’a pas pu se rendre à l’audience où le placement a été ordonné car elle n’a jamais reçu la convocation. La convocation a probablement été envoyée à son ancienne adresse en courrier normal (alors qu’elle aurait dû être envoyée avec accusé de réception).

Cela fait 5 mois que ses enfants sont placés dans des conditions qui limitent drastiquement le lien familial. Elle ne peut les voir que 35 minutes tous les 15 jours, et elle n’a eu aucune visite pendant le premier mois. Les visites et les appels sont médiatisées et les éducateurs leur interdisent de parler anglais entre eux alors que c'est leur langue maternelle. Ses enfants ne lui répondent que par oui ou par non. Les conversations ne peuvent pas être fluides et spontanées. En 5 mois elle aura vu ses enfants à peine 3h. Elle a des droits d’appel, normalement illimités, mais l’organisation du foyer fait qu’elle ne les a au téléphone qu’une fois par semaine (au mieux, car souvent le foyer lui supprime des appels).

Une enquête sociale ordonnée par le juge a débuté après le placement. L’enquêteur que j’ai rencontré avoue lui-même qu'il y a un grand écart entre la famille décrite dans l'ordonnance et celle qu'il observe : « une mère aimante, avec de belles valeurs éducatives, très impliquée, une famille soudée. »

L’école dans laquelle les enfants ont été scolarisés ainsi que le foyer ont également loué les qualités des enfants : très bon niveau scolaire, belle écriture, enfants créatifs et empathiques qui apportent au groupe.

Et pourtant ses enfants sont toujours placés et ne sont pas conssentant au placement. Ils souffrent terriblement de ce placement, leur état de santé se dégrade, ils sont également soumis à une violence qu’ils n’ont jamais connu par d’autres enfants aux comportements difficiles. Leurs intolérances alimentaires ne sont pas prises en compte et aucun menu adapté n’est proposé. Ils ont été séparés (chambres éloignées, classes différentes)... et malgré tout ils s'adaptent, mais à quel prix? Ils ne demandent qu'à rentrer avec leur mère, mais leur parole n'est pas entendue.

Elle a fait appel de la décision du juge dans les 15 jours légaux, et pourtant, aucune audience ne lui a été proposée dans les délais prévus par la loi (4 mois). Le placement ayant été ordonné pour 6 mois et l’enquête éducative devant se terminer dans les mêmes délais, il va falloir tenir jusque là. Son premier avocat ne s’est pas réellement investi pour sa défense, et c'est seulement depuis un mois qu'elle a pu en changer.

Cette situation traumatisante pour ses enfants et pour elle-même occasionne également de nombreux frais très difficilement supportables pour une famille mono-parentale à revenus modestes et c’est pour cela qu’elle a besoin de soutien.

Comme le dit son avocate spécialisée dans ce genre d’affaire : « quand vous êtes dans cette situation, on peut tout vous reprocher, tout et son contraire. Et le placement crée des problèmes qui n’existaient pas auparavant et qui peuvent devenir des obstacles au retour des enfants dans leur famille : perte d'emploi, de revenu, soucis de santé à cause du stress et du profond traumatisme, dépression, angoisse, perte de liens sociaux »... C'est ce qu'il faut éviter.

Toutes les démarches engagées par Amy depuis 5 mois ont épuisé ses ressources financières. Elle ne peut pas bénéficier de l’aide juridictionnelle et a besoin d'aide pour payer les frais d'appel (2000€), d'un avocat pour sa défense et d'un autre pour ses enfants (1500 à 2000€), les frais de déplacement au foyer, ainsi que tous les frais quotidiens : entre autres, loyers d'un terrain agricole, d'une maison, et d'un box de stockage dans l’attente de la finalisation de son déménagement, le tout pour 1600€ par mois mais aussi les frais concernant les activités de ses enfants au foyer (le coût des activités est à la charge de la personne ayant l'autorité parentale). Le placement étant intervenu en plein déménagement, elle a dû trouver une solution en urgence pour rapatrier ses animaux et rester proche de ses enfants, tout en conservant la ferme qu'elle louait. Mais cette situation qu'elle pensait être transitoire dure. Tout c'est de plus en plus difficile à assumer dans un tel contexte de vie qui ne lui permet pas de travailler sereinement et a déjà occasionné d'importantes pertes de production.

Lorsqu’elle aura récupéré ses enfants, Amy souhaiterait engager des démarches qui pourraient faire jurisprudence et ainsi servir à d'autres. Car de nombreux témoignages nous montrent que cette situation n'est malheureusement pas un cas isolé. Ces futures démarches auront également un coût non négligeable mais il est très important que des familles puissent aller jusque-là, pour que ce système évolue.

Sur cette cagnotte solidaire, vous pouvez faire un don de manière sécurisée. L'intégralité de vos dons seront reversés à Amy. Chacun peut contribuer du montant qu'il souhaite et en partageant la cagnotte autour de soi.

De tout coeur, merci pour eux.

1 820 € Collectés

0 Jour restant
58 Participations

Organisateur

Sophie

Profil vérifié

Bénéficiaire

Amy et ses enfants