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Solidarité avec les victimes de violences policières

Organisé pour : Observatoire National des Pratiques et Violences Policières

Cette cagnotte a été lancée dans le but de soutenir les familles de victimes de violences policières qui ont éclaté ces derniers jours, en lien avec le confinement. Elles ont toutes porté plainte et ont décidé d'articuler leur combat collectivement. Aidez-les à aller au bout.

Depuis la mi-mars, en effet, les témoignages et vidéos montrant des interpellations violentes ne cessent d’inonder les réseaux sociaux. De Strasbourg à Marseille, en passant par les Ulis, Torcy, Aubervilliers ou encore Montreuil, à chaque fois les mêmes images : des hommes et des femmes, souvent jeunes, insultés, frappés, tasés, voire même tamponnés par des agents des forces de l’ordre.

Ils s’appellent Ramatoulaye, Chems-Eddine, Sofiane, Yassim, Mohamed et Walid. Ils viennent de Torcy, des Ulis, d’Aubervilliers, de Montreuil ou encore de Montceau-les-Mines. Leurs histoires sont sensiblement différentes mais ils ont tous fini avec plusieurs jours d’ITT et un important traumatisme psychologique après avoir été violemment interpellés par des policiers ces dernières semaines. Ils ont donc décidé de porter plainte.

Pour eux, comme pour les proches et les avocats qui les accompagnent dans leurs démarches : rien, absolument rien ne peut justifier les violences et les méthodes que les forces de l’ordre ont employé contre eux. Ni l’absence d’attestation, ni l’utilisation d’une attestation manuscrite au lieu d’une attestation imprimée, ni le non-respect du confinement, ni les tentatives d’échapper aux policiers ne peuvent expliquer ou légitimer de tels déchaînements de violence de la part des dépositaires de l’autorité publique.

En plus des insultes racistes, des attouchements et des humiliations, plusieurs victimes de ces violences policières racontent qu’elles se sont vus mourir, qu’elles n’arrivaient plus à respirer, qu’elles ont eu peur pour leur vie. Pour leurs proches, cela pose une question fondamentale : contre qui l’État est-il en « guerre » ? Contre le coronavirus ou contre les habitants des quartiers populaires ? Contre le coronavirus ou contre celles et ceux qui n’ont pas le bon patronyme, la bonne couleur de peau, la bonne adresse ?

Conscientes que ces affaires sont loin d’être des cas isolés et que les habitants des quartiers populaires subissent une pression policière continue depuis des décennies, les victimes et leurs proches ont décidé d’unir leurs forces et d’articuler leurs combats collectivement. Ils invitent toutes les personnes qui ont eu à subir des abus policiers ces derniers jours à se constituer partie civile et à les rejoindre. Ils estiment que « ces violences ne doivent pas rester impunies » et que « loin d’en protéger les habitants, l’état d’urgence sanitaire tel qu’il est appliqué dans les quartiers populaires les met, au contraire, en danger. »

Une cagnotte de soutien aux familles a été lancée :

Dans le détail :

Le 19 mars 2020

À Torcy, c’est Chems, 17 ans, qui a été agressé par des policiers. Il attendait un ami en bas de sa tour lorsque des policiers l’ont contrôlé. Chems reconnaît qu’il n’avait pas d’attestation et qu’il a commencé par donner un nom fictif avant de décliner son identité. En réponse, un agent de police lui saute dessus et l'étrangle au point qu’il n’arrive plus à respirer, pendant que son collègue scande des insultes racistes aux témoins inquiets qui criaient par leurs fenêtres face à cette scène de violence.

Une plainte a été déposée.

Le 19 mars 2020

À Aubervilliers, c’est Ramatoulaye, 19 ans, qui a été frappée, insultée et tasée par des agents alors qu’elle était sortie faire des achats de première nécessité pour son bébé âgé de 6 mois. Arrivée à proximité de son domicile, et en présence de son petit frère âgé de 7 ans, Ramatoulaye a été contrôlée par huit policiers qui décidèrent que son attestation manuscrite ne suffisait pas. Le ton est monté et un policier a soudainement envoyé un coup de taser à la poitrine de la jeune femme. Résultat ? 5 jours d’ITT, et là encore, des blessures psychologiques invisibles.

Une plainte a été déposée et le Défenseur des Droits a été saisi.

Le 23 mars 2020

Aux Ulis, Yassin, 30 ans, a été tabassé par des policiers alors qu’il sortait de son immeuble pour aller acheter du pain. Il n’a même pas eu à présenter son attestation ou à justifier sa sortie, puisque les agents, qui étaient « déchaînés » selon son témoignage, l’ont directement pris à partie. Plaquage contre le mur, coups de pied, coups de matraque lui ont valu 5 jours d’ITT.

Une plainte a été déposée.

Le 24 mars 2020

Aux Ulis toujours, Sofiane, qui avait oublié son attestation, a été pris de panique à la vue des policiers et a tenté de les fuir. Au lieu d’être arrêté et verbalisé, il a subi des violences physiques aggravées de la part d’agents de la BAC. Ce passage à tabac lui a valu 4 jours d’ITT, 15 jours d’arrêt maladie prescrit par un psychiatre, et un important traumatisme.

Une plainte a été déposée.

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Organisé par

Hinde De Brito