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Dons pour l'ouverture d'un centre d'accueil et d'information juridique dans le bidonville de Calais

Organisé pour : Appel de Calais

Bienvenue sur cette cagnotte !

Mise à jour au 7 mars 2016

Le Collectif "Appel de Calais", face au refus de l’Etat à remplir sa mission d’accès au droit et à la protection au titre de l’asile prévu par la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, a mis en place une permanence juridique sur la zone Sud du bidonville de Calais (aujourdh'ui en cours de démantèlement) depuis le 11 janvier 2016.

Ce "Legal center", comme tout le monde l'appelle dans la "jungle", est géré par Marianne Humbersot, qui coordonne le travail des avocats et juristes bénévoles qui se relaient dans la cabane. 

Comme vous le lirez ci-dessous, nous avions prévu au départ un budget de 16000 euros, pour lancer le projet et assurer une permanence jusqu'à fin mars. Mais ce budget est depuis longtemps dépassé, d'où nos relances régulières pour renflouer la cagnotte... Nous savions les besoins d'informations juridiques et de droit d'asile des réfugiés immenses, et Marianne et son équipe (en tout une dizaine de personnes) ont déjà fait un travail collossal pour essayer de les aider au mieux.

Pour l'instant le centre juridique est protégé de la destruction par le jugement du tribunal de Lille, mais quoi qu'il advienne dans les jours qui viennent de la cabane elle-même, ce travail essentiel auprès des réfugiés, devra, lui, perdurer.

Mais pour cela, nous avons besoin d'encore plus de marraines et de parrains, aussi nous comptons sur vous pour faire circuler cet Appel aux dons le plus largement possible.

Merci d'avance !

Christophe Ruggia, pour le Collectif "Appel de Calais"

Pour que vous mesuriez l'étendue du travail effectué par Marianne et son équipe, voilà leur bilan :

"A ce jour, depuis l’ouverture de notre centre, nous avons reçu plus de 503 personnes en entretien résidant cette zone du camp, dont 156 mineurs isolés.

Nous leur avons apporté une information individualisée et confidentielle pour qu’ils se réapproprient leur parcours et qu’ils puissent, à terme, obtenir une protection adaptée à leur situation.

BILAN DE NOTRE MISSION- DE LA SITUATION DES EXILES DE CALAIS

Depuis l'ouverture, notre centre se désempli pas, ce qui prouve l’utilité de notre présence et de la mission que nous effectuons.

 Dans ce cadre, nous informons et soutenons juridiquement les migrants dans les situations suivantes :

-       Information, suivi et référencement vers les acteurs locaux compétents pour aspirants et demandeurs d'asile en France et en Angleterre.

-       La surveillance et le suivi des droits sociaux auxquels ont droits les bénéficiaires de notre centre, en application du droit français.

-       La surveillance des alternatives proposées par l’État : Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO) et camp de l’Etat (CAP)

-       Accompagnement juridique des mineurs et notamment des mineurs isolés étrangers (MIE)

-       Accompagnement juridique des victimes  de violences policières et civiles

-       Un suivi juridique des différents cas par des personnes connaissant les dossiers et la situation propre au Calaisis.

-       Accès au droit par la fourniture de conseils indépendants permettant une effectivité de la lettre du droit.

-       Nous travaillons en harmonie et en complémentarité avec les associations locales et de solidarité présentes sur le bidonville et soutenons leur actions.

-       Nous travaillons en réseau efficace avec les acteurs juridiques locaux, qui tous reconnaissent notre incontournabilité."

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Voilà le texte de l'appel aux dons lancé la veille de Noël 2015.

Dons pour l'ouverture d'un centre d'accueil et d'information juridique dans le bidonville de Calais

Depuis deux mois, avec certains signataires de "l'Appel des 800", nous nous relayons dans le bidonville de Calais pour témoigner jour après jour des conditions catastrophiques de ce camp de la honte. Certains de ces témoignages sont déjà visibles sur la page Facebook de l'Appel et dans les médias partenaires (Libération, Télérama, France Inter, Mediapart, Elle…).

Nous avons tous été frappés par l'absence totale de moyens mis en place par le gouvernement au sein du bidonville pour informer les migrants quant à leurs droits et aux possibilités d'accueil en France, en Angleterre, en Europe et ailleurs… Particulièrement en regard des moyens déployés par l'État pour les empêcher de poursuivre leur route : CRS, canons à eau, matraques, gaz lacrymogène, barbelés…

Aussi, nous avons pensé qu'il était essentiel qu'un "Centre d'accueil et d'information juridique" soit ouvert sur le camp. Pour que ces hommes, ces femmes et ces enfants qui, après avoir fui des pays en guerre, des dictatures, et qui arrivent épuisés dans cette étape cauchemardesque que représente le bidonville de Calais dans leur exil, puissent être décemment accueillis et informés de leurs droits. Et qu'ils puissent prendre le temps de réfléchir et décider librement de la suite de leur chemin, c'est à dire de leur vie. 

Nos amis de "Charpentiers sans Frontières" nous ont offerts gracieusement et avec enthousiasme la construction de la cabane (cf photos). La pièce principale (40m2) servira à l'accueil et à l'information générale, la deuxième (10m2) sera réservée aux entretiens confidentiels.

Pour que ce centre puisse fonctionner de début janvier à fin mars (nous ferons un point après ces trois premiers mois), nous avons besoin de trouver au minimum la somme de 16.000 euros.

Cette somme permettra d'engager une juriste spécialisée dans le droit d'asile. Elle assurera elle-même un suivi juridique des dossiers et coordonnera la venue de juristes et d'avocats bénévoles, de manière à organiser une permanence dans le bidonville à partir du 4 janvier.

Cette somme permettra également de prendre en charge les frais de transports, hébergements, etc… de la coordinatrice comme des juristes et avocats bénévoles (qui viendront, pour certains, de l'autre côté de la France). 

Ces 16000 euros sont un minimum, car les besoins en aide juridique à Calais (6000 personnes) et à Grande-Synthe (3000 personnes), pour ne parler que des deux plus gros camps de la région, sont immenses.

Les sommes qui seront perçues en plus permettront d'offrir une aide supplémentaire, soit en engageant une deuxième juriste, soit en mobilisant des avocats spécialisés pour suivre certains dossiers de demande d'asile de A à Z. 

Ce projet nous tient particulièrement à coeur. Il suffit de passer quelques heures dans le bidonville de Calais pour n'avoir plus qu'une seule idée en tête : qu'est-ce que je peux faire pour aider concrètement ces gens à sortir de là !?

Cette cabane est à ce jour la meilleure réponse que nous ayons trouvé.

C'est pourquoi nous avons décidé de vous solliciter pour nous aider à réunir cette somme.

Votre nom sera inscrit sur un des murs de la cabane, comme marque de votre engagement.

Merci.

Bonnes fêtes de fin d'année à toutes et à tous !

 

Christophe Ruggia,

pour le Collectif "Appel de Calais"

 

Ici vous pouvez directement et en un clic, participer à cette cagnotte.

  • Chacun participe du montant qu'il souhaite.
  • Tous les paiements sont sécurisés

Merci à tous

50 733 €

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Actualités

Le 18 mars 2016 Christophe Ruggia a écrit :

Hier, 17 mars 2016, la cabane juridique a brûlé. 

Voici un communiqué de presse de l'Appel de Calais, ainsi qu'un lien pour un article du Monde:

"Hier soir, le centre juridique à l’initiative de "l'Appel de Calais", qui était censé être protégé comme les autres "lieux de vie" de la zone sud du bidonville par le jugement du Tribunal administratif de Lille, a entièrement brûlé. 

Par son existence même, le centre juridique rappelait sept jours sur sept les insuffisances de l'État français auprès des réfugiés de la "jungle".

Depuis le 11 janvier 2015, la « cabane » juridique recevait les migrants afin de leur procurer des informations sur le droit d’asile et des conseils juridiques personnalisés. Plus de 600 dossiers, dont près de 200 concernant des mineurs isolés y ont été traités. Par ailleurs, de nombreuses plaintes concernant les violences subies par les migrants de la part de la police ou des milices d’extrême droite y ont été reçues.

Situé dans la partie sud du bidonville, la cabane était un des derniers édifices encore debout au milieu d’une zone entièrement vidée par la force depuis quelques jours.

Quels qu'en soient le ou les coupables - forces de police, calaisiens, passeurs ou réfugiés en colère...-, comment ne pas y voir une marque supplémentaire et symbolique de la violence avec laquelle s'est déroulée le démantèlement de la zone sud du bidonville de Calais, poussant des centaines de réfugiés au désespoir.

Aujourd’hui, si nous avons de nombreuses interrogations, nous savons au moins une chose : ce n'est pas parce que la "cabane" abritant le centre juridique a été détruite que le travail d'accueil et d'information prodigués par les juristes et avocats bénévoles auprès des réfugiés pour palier aux manquements de l'État s'arrêtera. Une cabane, ça se reconstruit."

Le collectif « Appel de Calais », le 18 mars 2016

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/03/18/le-centre-juridique-de-la-jungle-de-calais-incendie_4885566_1654200.html

 

 

 

Le 7 mars 2016 Christophe Ruggia a écrit :

CLAP DE FIN

Journal LIBÉRATION — 6 mars 2016

Appel des 800 : la fracture détaillée

Par les cinéastes : Laurent Cantet, Catherine Corsini, Pascale Ferran, Romain Goupil, Nicolas Philibert, Christophe Ruggia, Céline SCIAMMA 

(Lors du démantèlement de la jungle de Calais, le 29 février. Photo Aimée Thirion)

Quatre mois après, les signataires du texte publié dans «Libé» fustigent la décision du gouvernement d’évacuer la «jungle».

                       Appel des 800 : la fracture détaillée

Monsieur le président de la République, monsieur le Premier ministre, monsieur le ministre de l’Intérieur,

le 21 octobre 2015, nous étions à l’initiative de l’Appel de Calais, signé par 800 personnalités de la société civile. L’Appel, qui se faisait l’écho de nombreuses associations sur place, demandait des conditions de vie décentes pour les réfugiés et la création rapide d’un véritable camp aux normes internationales. Dans les heures qui suivaient, Bernard Cazeneuve insistait pour nous recevoir. Il nous annonçait la construction d’une structure d’hébergement et nous assurait que l’accueil des réfugiés dans de bonnes conditions lui tenait à cœur autant qu’à nous. Nous l’avons écouté et avons décidé d’accorder à votre gouvernement le bénéfice du temps. Nous serions donc des observateurs vigilants de la réalisation de cette promesse. Depuis lors nous nous sommes relayés à Calais presque chaque jour : cinéastes, photographes, écrivains, sociologues, dessinateurs, philosophes, chercheurs...

Quatre mois plus tard, le démantèlement de la «jungle» est en train d’avoir lieu : la destruction des habitats de plusieurs milliers de personnes alors même que votre structure d’hébergement ne peut plus en accueillir que quelques centaines. Des bus affrétés pour envoyer - au hasard des maraudes de la préfecture - des réfugiés dans des «centres d’accueil et d’orientation» qui pour beaucoup sont des centres de vacances ouverts dans la précipitation, sans traducteurs ni soutien juridique. Rien qui permette aux migrants de s’informer de leurs droits ou de faire avancer leur demande d’asile. Vous aviez promis ce démantèlement sans violence et il n’est que flashball, gaz lacrymogènes, canons à eau et bulldozers. Des réfugiés meurtris sont livrés à eux-mêmes et vont devoir se réorganiser ailleurs dans des conditions de vie sans doute pires encore. Vous avez donc choisi, comme d’autres gouvernements avant vous, de déplacer une nouvelle fois le problème, sans aucune vision, aucune pensée à long terme.

Face à cette tribune, nous pouvons presque deviner ce que sera votre réponse médiatique. Vous nous opposerez un principe de réalité et fustigerez notre éloignement idéaliste du terrain. Vous plaiderez pour votre gestion volontariste, mettant en avant votre synthèse entre fermeté sécuritaire et humanisme. Vous légitimerez l’usage de la force en réaction à des soulèvements de migrants et de militants de No Border.

Mais en ce qui nous concerne, cet argumentaire ne tiendra pas, car il ne reflète pas la réalité dont nous pouvons témoigner. Et nous sommes pourtant nombreux à être allés à Calais ces quatre derniers mois. Nous avons dialogué avec de très nombreux migrants et bénévoles. Nous avons même créé au cœur de la jungle la structure d’aide juridique que vous avez toujours refusé de mettre en œuvre. Nous y avons recueilli des centaines de témoignages de réfugiés, effarés que la patrie des Lumières et des droits de l’homme leur réserve le pire accueil parmi les nombreux pays qu’ils avaient traversés.

La réalité, c’est qu’après avoir proposé l’actuel emplacement pour éloigner les migrants du centre-ville en avril 2015, vous avez maintenu le bidonville dans une zone de non-droit. La réalité, c’est que vous n’avez mis en place aucun centre d’accueil administratif ou juridique envers les réfugiés au sein du campement. La réalité, c’est que vous n’avez pas pris en charge les mineurs isolés comme l’impose pourtant la loi française. La réalité, enfin, c’est que vous avez pratiqué une politique de dissuasion systématique envers les réfugiés induisant l’idée nauséabonde de migrations de confort. Comme si quitter la Syrie ou l’Erythrée aujourd’hui était une question d’opportunité. Depuis le début du démantèlement du camp, ce sont des images d’une grande violence qui nous parviennent de la jungle. Faire la guerre à ceux qui la fuient, cela n’a pas de nom.

Force est donc de constater que l’Appel de Calais a échoué. Nous cherchions à nous faire entendre de vous et vous êtes restés sourds. Pire, vous avez employé la force. L’échec est complet.

Mais la reconnaissance de notre échec est aussi un acte de rupture.

Car en refusant de nous entendre, monsieur le président de la République, monsieur le Premier ministre, monsieur le ministre de l’Intérieur, c’est vous qui nous avez perdus. Pour 2017 d’abord, puisque cette échéance semble être au cœur de toutes vos décisions. Vous nous avez perdus en transformant la situation calaisienne en enjeu national, là où il aurait été possible d’améliorer pragmatiquement la vie de tous ceux qui vivent sur place, migrants et calaisiens, en écoutant leurs expertises et celles des associations de terrain. Vous nous avez perdus en ne saisissant pas cette opportunité de renouer avec les valeurs humanistes et universalistes qui fondent notre République. Vous nous avez perdus avec le discours indécent de Manuel Valls à Munich contre la politique d’Angela Merkel qui sauve pourtant l’Europe du déshonneur. Vous nous avez perdus parce que vous avez menti et que vous avez usé de violence à l’encontre de ceux qui la fuient. Vous nous avez perdus alors même que sur les questions nationales vous trahissez, chaque jour un peu plus, les idéaux d’égalité et de justice sociale qui sont ceux de la gauche.

Aujourd’hui nous reconnaissons notre échec mais c’est votre défaite qui s’annonce. Notre engagement, quant à lui, n’en est que renforcé.

Laurent Cantet, Catherine Corsini, Pascale Ferran, Romain Goupil, Nicolas Philibert, Christophe Ruggia, Céline SCIAMMA, cinéastes.

L’intégralité des témoignages est à retrouver sur :www.facebook.com/appeldecalais

Cagnotte participative à l’initiative de l’Appel pour une cabane juridique :www.leetchi.com/c/solidarite-appeldecalais

 

Le 7 mars 2016 Christophe Ruggia a écrit :

Dans la «jungle», des avocats au service des migrants (LIBÉRATION du 7 mars 2016 - Par Frantz Durupt)

Créé en janvier, le «Legal Center», animé par des avocats et des élèves-avocats, aide les exilés à s'informer sur leurs droits, à mener des démarches administratives, à réagir en cas d'interpellation policière, et tente de s'occuper des mineurs abandonnés.

  Dans la «jungle», des avocats au service des migrants

«Si vous vous faites arrêter par la police, quel numéro voulez-vous appeler ?» Norma pose la question en anglais, plusieurs fois, car il y a une ligne à compléter sur le formulaire qu’elle va donner au migrant assis devant elle. Ce formulaire, c’est le Legal Center (centre juridique) de la jungle de Calais qui l’a conçu, afin que les habitants du lieu puissent faire valoir leurs droits – et notamment celui d’être accompagné par un interprète – quand ils sont interpellés. «La plupart ne savent pas qu’ils y ont droit», dit cette élève-avocate spécialisée en droit des étrangers, qui vient presque quotidiennement dans la jungle depuis janvier, date d’ouverture de ce centre juridique.

Il s’agit concrètement d’une cabane, située à l’intérieur de la jungle, construite en un temps record par Charpentiers sans frontières, à la suite de l'«appel de Calais» lancé en octobre 2015 dans Libération. Il y fait chaud comme dans un chalet, avec un poêle, un bureau, quelques petites tables et un lit de camp pour s’asseoir et patienter, et la porte est ouverte chaque jour, depuis le début du mois de janvier, de 14 heures à 17 heures. Une cagnotte sur Internet a permis de récolter les 25 000 euros nécessaires au fonctionnement de l’association jusque fin mars, mais la chargée de mission Marianne Humbertot insiste : le centre juridique a de nouveau besoin de sous, et vite.

Le but originel du lieu et de la dizaine de personnes qui le gèrent est d’aider les migrants dans leurs démarches administratives et légales pour obtenir la régularisation en France, ou le droit de traverser la Manche pour gagner l’Angleterre. «Beaucoup viennent pour demander : "comment je fais pour aller en Angleterre ?" Alors on essaye de voir», dit Norma. «Il y en a qui n’ont pas de lien avec la Grande-Bretagne, pas de famille là-bas, donc on doit leur dire qu’ils ne peuvent pas.» Et pour ceux qui en ont, le plus dur est d'«expliquer que ça va prendre du temps», parfois au moins dix mois, et à condition de se conformer à toutes les exigences des administrations française et britannique.

Un symbole de la complexité du droit des étrangers dans l’Union européenne, le règlement «Dublin III» : celui-ci établit que, si un migrant dépose une demande d’asile dans un pays de l’UE (le plus souvent, un des pays frontaliers de l’Union), c’est ce pays qui doit traiter l’intégralité de sa demande. S’il est arrêté dans un autre pays, ce dernier contacte le pays d’arrivée en vue d’y renvoyer le demandeur d’asile. Mais ça, c’est une version simplifiée, car résumé sur des fiches disponibles au Legal Center de la jungle, le règlement Dublin III ressemble plutôt à ça :

Et ce n’est que le recto.

Les mineurs dans un vide juridique

Le centre s’occupe également de mineurs isolés, qu’il estime à 400 sur le camp. Parmi eux, près de 200 ont un dossier en cours auprès du centre juridique. Et parmi ces 200, «plus de 80% ont un membre de leur famille en Angleterre», selon Me Orsane Broisin, une avocate qui s’occupe plus spécifiquement de ces questions. En vertu du même règlement de Dublin, la Grande-Bretagne est dans l’obligation de les accueillir si un membre de leur famille se trouve sur place, mais comme pour tout, les délais sont longs, et le gouvernement britannique traîne des pieds. Le centre a au moins permis que quelqu’un commence à s’occuper de leur cas. «On attend une réponse dans trois mois pour un mineur qui a un dossier complet», dit Me Broisin, en n’imaginant pas que les autorités britanniques le refusent – sans quoi, «ça voudrait dire qu’ils n’accepteront personne».

Et puis il y a, bien sûr, les violences, dont plusieurs attribuables à la police. Au début du mois de février, le Legal Center a accompagné le dépôt de dix plaintes de migrants pour violences, dont huit concernaient des officiers de police. Depuis, le nombre de plaintes est passé à vingt, «la grande majorité contre la police», dit Marianne Humbersot. Gaz lacrymogènes, mais aussi coups et humiliations : sur le camp, des migrants montrent volontiers leurs bandages et les irritations de la peau de leur visage, expliquant qu’ils les doivent à la police. Il n’y a pas forcément besoin de leur parler longtemps pour que le sujet soit abordé de leur propre initiative. «Six dossiers sont sur le bureau de l’IGPN», la «police des polices», selon Marianne Humbersot.

Frantz Durupt (pour LIBÉRATION)

Le 7 mars 2016 Christophe Ruggia a écrit :

Voilà, comme promis, les noms des marraines et des parrains inscrits sur les murs de la cabane juridique smiley 

(même si une mise à jour s'impose déjà...)

Le 26 février 2016 Christophe Ruggia a écrit :

Entretien avec Marianne Humbersot par Béatrice Turpin.

 

Le 22 février 2016 Christophe Ruggia a écrit :

Calais : pour en finir avec la communication chloroforme

Par Nicolas Klotz , Cinéaste — Libération, 22 février 2016

Signataire de «l'Appel de Calais», le cinéaste Nicolas Klotz vient de passer dix jours dans la «jungle». Il pointe la défaillance totale de l'Etat et souligne le travail des juristes bénévoles sur place.

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Calais : pour en finir avec la communication chloroforme

Comme beaucoup de cinéastes, philosophes, sociologues, artistes, j’ai signé l’Appel de Calais il y a quelques mois. Et comme beaucoup, j’ai vu passer des articles, des reportages, des prises de position sur «la jungle» de la part du personnel politique et médiatique ; mais comme en accéléré, déjà chassés par d’autres informations, par d’autres débats, infinis, transformant mon cerveau en une sorte de drive-in permanent où le monde entier fait irruption sans cesse, sans que je puisse avoir la moindre prise. Comme pour beaucoup aussi, cette masse informe d’informations et de débats hypermédiatisés engendre surtout un immense sentiment d’impuissance. Une impuissance quasi-historique face aux défis explosifs et planétaires du monde dans lequel nous vivons parmi tant d’hommes et de femmes qui tentent de survivre sous nos yeux. Un brouillard d’impuissance à travers lequel Calais, les manifestations de l’extrême droite contre les migrants, les violences policières, les souffrances infinies des migrants, la pression infernale créée par la fermeture des frontières avec l’Angleterre peuvent nous sembler très loin. Flotter, très loin de nous, de nos propres soucis, de nos vies, de nos avenirs.

Lorsqu’on m’a proposé de venir passer quelques jours dans la jungle, avec ou pas l’idée de filmer, j’ai aussitôt mesuré l’écart abyssal qui sépare l’idée que je m’en faisais de la réalité. Cela fait presque dix jours que j’y suis. J’ai fait beaucoup de rencontres avec des migrants de tous âges venus de Syrie, d’Irak, d’Erythrée, d’Ethiopie, d’Iran, du Soudan, du Tchad, d’Afghanistan, du Koweit. Migrants politiques et migrants économiques. Les guerres contemporaines sont autant politiques qu’économiques. Aussi dévastatrices, aussi meurtrières. Aussi fatales. Aussi entremêlées, les unes dans les autres, dans ce monde mondialisé. Que ces tragédies humaines à l’échelle du monde se retrouvent concentrées à ce point à Calais n’est pas un hasard.

Ils le répètent depuis des mois, la plupart des migrants vivant dans la jungle veulent aller en Angleterre, en Irlande, en Ecosse. Après des mois de voyage, parfois même des années, après avoir échappé à plusieurs guerres, aux prisons en Libye, aux traversées insensées sur des bateaux de fortune, ils butent maintenant contre la police française qui les expulse à nouveau systématiquement dans la jungle, où ils puiseront à nouveau leurs forces pour tenter à nouveau le voyage. Dès le lendemain.

France no future

Il faut parler des ratonnades «citoyennes» organisées par les milices d’extrême droite qu’ils subissent quotidiennement à Calais, de la peur entretenue à leur encontre par l’ignorance et par les professionnels de la haine de l’autre. Il faut parler de l’ahurissante menace imminente d’expulsion brutale de 3 451 personnes, 145 familles et 169 femmes, 445 enfants dont 305 sont seuls. Des CRS et des bulldozers. Ce projet hautement préfectoral est de raser purement et simplement les petites habitations, lieux de vie, abris contre la pluie et le vent, restaurants, épiceries, écoles, églises, mosquées, bibliothèques, construits par les migrants avec les associations et les bénévoles. De réduire à néant tous ces efforts financiers, humains et urbains, qui suppléent tant bien que mal, dans des conditions souvent très difficiles, l’impuissance de l’Etat français dont la seule présence ne semble être que policière.

La France n’est-elle que répression, violence policière, haine, et peurs ? La France no future. Serait-ce au nom de ces valeurs-là qu’ils devraient demander l’asile ici ? Et cela d’autant plus qu’ils voient l’Angleterre comme leur terre promise. Comment leur expliquer que la police française fait ce sale boulot à la place de la police anglaise ? Que l’Angleterre ne veut pas d’eux. Qu’elle a fermé ses frontières à leurs espoirs, même si leurs familles y vivent, même s’ils parlent anglais, qu’ils sont jeunes, dynamiques, et pour beaucoup font des études et veulent continuer. L’hypocrisie du gouvernement, la confusion, l’intox des équipes de communication, la violence pure, la peur, le repli sont tels, qu’on se demande bien comment, sans un véritable engagement européen d’une ampleur historique, éviter l’explosion générale dans les mois qui viennent. Car ce n’est qu’un début.

Au sein de ce maelström, l’Appel de Calais a donné naissance à un centre juridique qui s’est installé depuis trois mois dans la partie sud de la jungle, menacée aujourd’hui de destruction imminente. Une dizaine d’avocats et de juristes y travaillent en permanence. Le jour, ils reçoivent les migrants, consignent leurs récits, les renseignent sur leurs droits systématiquement bafoués, les aident dans leurs formalités administratives, enregistrent les plaintes de plus en plus nombreuses pour violences policières notamment contre les mineurs, plaintes pour violences civiles. La nuit, ils analysent ce qui s’est passé dans la journée, rédigent des rapports sur les violences policières, pour les droits de l’homme, la protection des mineurs, correspondent avec des avocats anglais, rédigent des communiqués de presse, cherchent de financements pour pérenniser et élargir leur structure de travail. Leur présence hyperactive dans la jungle et l’aide qu’ils apportent aux migrants là aussi, marquent le signe flagrant de la défaillance totale de l’Etat. Défaillance, mollesse, impuissance d’Etat.

Hystérie et rejet

Cette nuit-là, les bénévoles du centre juridique se réunissent pour parler entre autres sujets des mineurs. Pour leur donner une voix. Une voix juridique et politique. Les enfants ont le droit d’exprimer leurs idées et leurs opinions. A la suite de leur action, un juge a été nommé pour venir constater la situation des mineurs et évaluer les dégâts que la destruction de la partie sud de la jungle pourrait entraîner pour eux en termes de logements. Sans relogements appropriés garantis pour les 438 mineurs qui y vivent, l’expulsion des 3 450 personnes recensées par l’association l’Auberge des migrants pourrait être suspendue. A vrai dire, c’est la ville-monde entière qui est aujourd’hui suspendue à cette décision, car si la moitié sud de la jungle est rasée mardi, l’autre moitié sera détruite peu de temps après. Et le gâchis préfectoral sera total.

Où iront tous ces réfugiés ? Où recommenceront-ils à se regrouper pour survivre ? Les dizaines de conteneurs biométriques que la préfecture leur impose ne permettent aucune intimité, aucune vie réelle. La France attend quoi pour peser enfin autrement sur l’Europe ? Attend-elle juste l’explosion pour laisser tomber la communication chloroforme et s’engager sur l’état réel du monde ?

Il est urgent de filmer la jungle autrement que ne le font les médias et les reportages qui s’enchaînent les uns aux autres. Urgent de produire des images et des sons autres que ces images – déchets qui circulent toujours lorsque les pouvoirs veulent rendre compte des migrants qui vivent dans la jungle. Filmer autrement les réalités des migrants passe aussi par le travail juridique exceptionnel accompli par cette petite équipe de travailleurs bénévoles. Plus que les journalistes, les télévisions et les politiques de tous bords, ils se confrontent concrètement aux situations d’urgence et aux réalités quotidiennes de toutes ces personnes qui sont véritablement des héros contemporains. Grâce à leur travail, à la confiance qui s’est installée entre eux et les migrants, nous pourrons peut-être commencer à filmer les réfugiés autrement ; donner à voir, à entendre, des réalités trop souvent inaccessibles à nos regards. Ce combat pour filmer la réalité passe autant par la manière dont nous produisons ces images que par l’accès des migrants à leurs propres droits. En cela, la pérennité et l’élargissement de l’équipe juridique, est un pas très important vers une autre donne sociale.

En se fermant sur elle-même, la communauté s’ouvre à l’hystérie et au rejet. Il convient alors d’éliminer du champ, du sol, tous ceux qui peuvent apparaître comme arrivant du hors-champ. L’altérité devient pure menace ou pur déchet et l’élimination de cette menace se transforme en «tâche» pour la communauté régnante. L’histoire nous a montré comment, tranquillement et inexorablement, la tâche se mue en crime et comment la perpétration du crime peut devenir ensuite un projet politique.

Nicolas Klotz Cinéaste 

 

Le 22 février 2016 Christophe Ruggia a écrit :

Vendredi matin (le 19/02/16), un référé en suspension a été déposé conjointement par des associations d’aide aux migrants et par des migrants au tribunal administratif de Lille. « En plus de ces associations qui se présentent comme co-requérants avec les migrants, huit associations de terrain, dont L’Auberge des migrants, Médecins du monde, Emmaüs et le Secours catholique, soutiennent ces migrants », précise Didier Degremont, vice-président de l’antenne régionale du Secours catholique. L’audience est prévue mardi à 14 h au tribunal administratif de Lille. (Source : La Voix du Nord)

Ce référé s'appuie - entre autres - sur un recensement effectué - entre autres - par l'Auberge des Migrants (tente par tente), il y a 3451 personnes dans la partie Sud du bidonville, 145 familles,  445 enfants, dont 305 sont seuls. Sur ces 305 mineurs, 88 ont de la famille en Angleterre.

Ce référé est appuyé par un certain nombres "d'interventions volontaires", à la fois de migrants (école du chemin des Dunes...), de lieux de culture (le dôme théâtre, la bibliothèque), etc... "La cabane juridique de l'Appel de Calais" via Marianne Humbersot, la coordinatrice du centre juridique pour "l'Appel de Calais" a fait une "intervention volontaire" sur les arguments suivants : 

CARENCE DE L'ETAT

Sous l'impulsion de l'Appel de Calais face au refus de l’Etat à remplir sa mission d’accès au droit et à la protection au titre de l’asile prévu par la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, nous avons mis en place une permanence juridique sur la zone Sud depuis le 11 janvier 2016.

A ce jour, depuis l’ouverture de notre centre, nous avons reçu plus de 503 personnes en entretien résidant cette zone du camp, dont 156 mineurs isolés.

Nous leur avons apporté une information individualisée et confidentielle pour qu’ils se réapproprient leur parcours et qu’ils puissent, à terme, obtenir une protection adaptée à leur situation.

BILAN DE NOTRE MISSION- DE LA SITUATION DES EXILES DE CALAIS

Depuis l'ouverture, notre centre se désempli pas, ce qui prouve l’utilité de notre présence et de la mission que nous effectuons.

 Dans ce cadre, nous informons et soutenons juridiquement les migrants dans les situations suivantes :

-       Information, suivi et référencement vers les acteurs locaux compétents pour aspirants et demandeurs d'asile en France et en Angleterre.

-       La surveillance et le suivi des droits sociaux auxquels ont droits les bénéficiaires de notre centre, en application du droit français.

-       La surveillance des alternatives proposées par l’État : Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO) et camp de l’Etat (CAP)

-       Accompagnement juridique des mineurs et notamment des mineurs isolés étrangers (MIE)

-       Accompagnement juridique des victimes  de violences policières et civiles

-       Un suivi juridique des différents cas par des personnes connaissant les dossiers et la situation propre au Calaisis.

-       Accès au droit par la fourniture de conseils indépendants permettant une effectivité de la lettre du droit.

-       Nous travaillons en harmonie et en complémentarité avec les associations locales et de solidarité présentes sur le bidonville et soutenons leur actions.

-       Nous travaillons en réseau efficace avec les acteurs juridiques locaux, qui tous reconnaissent notre incontournabilité.

 

Le 12 février 2016 Christophe Ruggia a écrit :

Jungle: une dizaine de plaintes déposées suite aux agressions de migrants «par la police et les milices» (Nord Littoral, le 12/02/2016)

Le centre juridique basé dans la Jungle a tenu une conférence de presse ce vendredi matin pour dénoncer « l’augmentation des violences » à l’encontre des migrants. Une dizaine de plaintes vont être déposées « dans les jours à venir ».

« Les policiers sont clairement identifiés, assure Marianne Humbersot, coordinatrice de l’Appel de Calais. Le nombre de violences est en nette augmentation. Nous avons une cinquantaine de témoignages et nous allons remettre 10 plaintes au procureur dans les jours à venir. »

Aux côtés des signataires de l’Appel de Calais, les associations humanitaires Médecins du monde et Médecins sans frontières évoquent « une recrudescence des blessures. Depuis quelques semaines, nous avons répertorié 101 consultations dont 90 concernaient des blessures suites à des violences policières selon les témoignages (des migrants). »

Raymond Blet, avocat à la retraite, confirme les « attaques gratuites » orchestrées par « les agents de la police nationale, les CRS et les gendarmes mobiles » et souligne également la présence de milices créées par des « civils ». « Il y a dans certains cas la volonté de tuer. »

« Nous n’avons aucun souci avec les policiers qui se défendent (lors d’émeutes ou d’affrontements directs) mais nous ne sommes pas dans ce cadre-là. Nous apportons aujourd’hui des témoignages et des preuves. Des enquêtes doivent être menées. »

Le 11 février 2016 Christophe Ruggia a écrit :

Voilà une nouvelle qui vous réjouira surement autant que nous ! Encore un immense merci à tous !

http://www.nordlittoral.fr/calais/calais-le-chef-des-batonniers-demande-l-aide-des-ia0b0n283167

Calais : le chef des bâtonniers demande l’aide des barreaux français pour une maison du droit dans la Jungle (Nord Littoral, le 11/02/2016)

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Le président de la Confédération nationale des bâtonniers et Avocats sans frontières ont appelé jeudi, lors d’un déplacement dans la Jungle de Calais, à la création d’une maison d’accès au droit dans le bidonville, financée par les barreaux de France, a constaté un correspondant de l’AFP.

«Le contexte actuel se dégrade et les phénomènes de violences augmentent: violence entre migrants, violence policière et maintenant des phénomènes de violence venant de l’extérieur, type milice, qui se multiplient», a déclaré Yves Mahiu, tandis qu’il visitait la «Jungle».

«On ne peut pas demander aux barreaux de Boulogne-sur-mer) et de Dunkerque de supporter seuls tous les efforts, (...) il faut envisager un financement de structure pour une réponse à l’accès aux droits de façon permanente», a-t-il souligné, après avoir visité le centre d’accueil de jour Jules Ferry, en lisière du camp d’environ 4.000 migrants.

Pour Francois Rosseel, bâtonnier du barreau de Dunkerque, qui l’accompagnait avec son confrère du barreau de Boulogne, «la justice doit venir sur place dans le camp (...) Les migrants aujourd’hui ne vont pas dans les structures existantes à l’extérieur du camp car ils n’ont pas confiance dans le système français», a-t-il expliqué.

«C’est la première fois en 19 ans d’existence qu’Avocat sans frontières (ASF) travaille en France», a souligné le président de l’ONG, François Cantier. «Ici il y a des hommes et des femmes qui sont des êtres humains et qui ont des droits fondamentaux, qui en aucun cas ne sont liés à leur situation administrative».

Les avocats ont visité le camp pendant deux heures, se rendant notamment dans la «cabane juridique» installée dans la lande depuis le 11 janvier. Cinq avocats bénévoles — un Français, deux Anglais et une Italienne — y tiennent des permanences.

Cette structure débordée — elle a accueilli en un mois 500 consultations juridiques -, non permanente et informelle a vocation à être développée et pérennisée, estiment les avocats.

«J’ai le regret de ne pas avoir agi plus tôt, il faut maintenant rattraper le temps perdu», a lancé M. Mahiu. «Il va falloir mobiliser la solidarité de tous les barreaux de France», que ce soit via le déplacement d’avocats à Calais ou via un apport financier.

Le 3 février 2016 Christophe Ruggia a écrit :

Welcome to this crowdfunding page!

 

Donations to open a Legal Information Centre in the shantytown of Calais

 

For the past two months, together with the signatories of the “Appeal of the 800”, we have been reporting daily from the shantytown of Calais to testify about the dire conditions at this place of shame.  Some of our testimonies can already be read on the Facebook page of the Appeal (French) and on partnering media (Libération, Télérama, France Inter, Mediapart, Elle…).

 

We all have been shocked by the complete absence of governmental initiatives in the slum to inform migrants of their rights and of the options they to claim asylum in France, the United Kingdom and elsewhere in Europe…  And by the measures taken by the State to stop them from pursuing these routes to asylum:  riot police, water cannons, batons, tear gas, barbed wire…

 

As a result, we thought it essential to open a “Legal Information Centre” in the makeshift camp of Calais. The Centre will be there to welcome and inform of their rights the men, women and children who, having fled war-torn countries and dictatorships, arrive after an exhausting journey into exile at this nightmarish place. The Centre will allow them to reflect and decide freely on the direction of their journey and their lives.

 

Our friends “Carpenters without Borders” kindly and generously offered to build for us a cabin (see pictures). The reception area (40m2) will be used to offer information and the adjoining room (10m2) will be used for private meetings and interviews.

 

For this centre to work from early January to the end of March (we will carry out a review after these first three months), we will need to find a minimum of 16,000 euros (12,150 GBP).

 

This sum of money will allow us to hire a lawyer or caseworker specialised in immigration and asylum law.  S/he will manage the Centre’s caseload and will coordinate volunteer lawyers and caseworkers to ensure that everything will run sustainably from the 4th of January onwards.

 

This sum will also allow us to cover the transport, lodging and other costs of the coordinator and our volunteers (who might come from the other side of France).

 

Given the high demand for legal assistance in Calais (6000 people) and in Grande-Synthe (3000 people) - to only mention the two largest camps of this region - these 16,000 euros are the minimum we ask for.

 

The funds received above our target will allow us to offer more assistance, either by hiring a second lawyer or caseworker, or by mobilising specialist lawyers to work from start to finish on certain refugee claims.

 

This project is particularly important to us. To understand this, all you need to do is spend a few hours in the slum of Calais and you will soon have only one idea in mind: what can I do to help people get out of there?

 

This cabin is the best answer we have found so far.

 

This is why we have decided to ask you to help us raise this money.

 

Your name will be inscribed on one of the walls of the cabin.

 

Thank you.

 

We wish you all a happy new year.

 

Christophe Ruggia,

for the Collective “Appeal of the 800”

 

You can participate to this crowdfunding appeal with one click.

·         You can donate any amount you want

·         All payments are secure

Thank you

Le 17 janvier 2016 Christophe Ruggia a écrit :

Interview de Laurent Cantet (extrait) à propos de la création du centre d'accueil et d'information juridique dans le bidonville de Calais, par Delphine KWICZOR (Nord Littoral, 14/01/2016)

Comment s’est créé ce centre ?

« Ça s’est fait dans la foulée de l’Appel de Calais, signé par 800 personnes du monde de la culture, des philosophes, des cinéastes, etc. On a voulu faire une espèce de relais pour témoigner, le plus souvent sur les conditions de vie des gens qui vivent ici et qui nous paraissent inadmissibles. Les assos font un travail considérable pour apporter des moyens de survie aux gens qui se retrouvent coincés dans ce cul-de-sac. Grâce aux nombreux séjours que nous avons faits, on a compris qu’il y avait un vrai manque, que le gouvernement n’apportait pas d’informations juridiques. Alors on a lancé un appel à fonds participatifs pour créer ce centre (lire ci dessous). Et Charpentiers sans frontières nous a fabriqué le lieu.»

L’Etat organise des maraudes pour inciter les exilés à demander l’asile.

« Nous, nous leur donnons les infos sur la suite de leur parcours, sans les influencer. Il y a une vraie méfiance des gens ici sur les centres d’orientation et d’accueil (proposés par l’Etat, NDLR), ils ont tellement vu leurs copains partir en centre de rétention. Et pour eux, l’Etat c’est la police, c’est ceux qui leur envoient des grenades lacrymogènes toutes les nuits. Nous voulons restaurer un peu de confiance et de dignité. Ce lieu c’est aussi une façon de s’adresser au gouvernement, on vient faire ce qu’ils auraient dû faire. »

Le 12 janvier 2016 Christophe Ruggia a écrit :

11 janvier 2016 : Premiers entretiens dans le centre d'accueil et d'information juridique du bidonville de Calais. (Photo : François Calame, de "Charpentiers sans Frontières")

Le 10 janvier 2016 Christophe Ruggia a écrit :

Bonsoir,

Juste un petit mot pour vous dire que le centre d'information juridique ouvrira finalement ses portes demain 11 janvier à 10 heures, en présence de Laurent Cantet.

L'aménagement intérieur de la cabane est encore en cours, le poêle - par exemple - ne sera installé que demain matin, mais le temps presse et, pour l'essentiel, tout est prêt : documents en anglais, arabe, pachtoune... groupe électrogène, ordinateur, imprimante... En dehors de Marianne, notre coordinatrice, une juriste et un avocat sont déjà sur place et assureront ce début de permanence.

Le GISTI a fourni les documents, Médecin Sans Frontières nous aide pour le mobilier et la coordination (on vous en dira plus très bientôt), la Plateforme de Services aux Migrants (PSM) pour la formation et la coordination, l'Auberge des Migrants pour tout... Vraiment, un très grand merci à eux !

Maintenant que le centre d'information juridique existe, de nombreux juristes et avocats nous proposent bénévolement leur aide, et la cabane ne devrait pas désemplir, d'un côté comme de l'autre.

Nous vous tiendrons bien sûr régulièrement au courant de l'histoire de cette cabane, qui est aussi la vôtre...

Vous êtes maintenant 449 marraines et parrains ! Un immense merci à vous !

Bonne année à toutes et à tous !

Christophe Ruggia, pour le Collectif "Appel de Calais"

 

Le 28 décembre 2015 Christophe Ruggia a écrit :

Le 28 décembre 2015 Christophe Ruggia a écrit :

Un immense merci à vous pour votre soutien et vos messages qui nous font plus que chaud au coeur. Le centre d'accueil et d'information juridique du bidonville de Calais a réuni en cinq jours 359 marraines et parrains, et de quoi fonctionner pour les trois mois qui viennent ! Vous dire que nous sommes touchés serait un faible mot...

Nous vous tiendrons naturellement au courant aussi régulièrement que possible du fonctionnement de cette cabane.

Merci encore, et bonnes fêtes de fin d'années à toutes et à tous !

 

Christophe Ruggia, pour le Collectif "Appel de Calais"

Organisé par

Christophe Ruggia

Raymond Blet a participé

marc charret a participé

Sébastien Dollé a participé

beatrice Tollu a participé

christiane boischot a participé

Elise Martinez a participé

veronique rajaud a participé

jean-félix Gross a participé

prune w. a participé

Khorshid Farkhondeh Fadavi a participé

Delphine de Vigan a participé

Daniele Pitrolo a participé

Lucie Grunstein a participé

dicky van loef a participé

katell le guen a participé

Tim Potter a participé

Jo Renshaw a participé

Henri FERRAGU a participé

Cécile Bonnet a participé

Elise DELAHAYE a participé

Francine Protat a participé

Brigitte Azéma-Peyret a participé

Mathilde Arnaud a participé

Michael Neuman a participé

Le 29 mars 2016
Elise Martinez
Bonjour, je suis loin, je suis en train d'entendre le reportage de France Culture sur votre travail et le soutien que vous apportez aux "jungliais". Du coup, voilà, un petit coup de pouce, qui sera utile j'en suis sûre. Merci pour eux. Pour moi. Pour l'humanité. Bonne continuation.
Le 23 mars 2016
Jo Renshaw
You have the full support of the refugee lawyer community here in uk for your brave stance.
Le 22 mars 2016
Francine Protat
De tout cœur avec vous! Courage !
Le 22 mars 2016
Brigitte Azéma-Peyret
Avocate honoraire, je soutiens de tout cœur les jeunes confrères qui poursuivent courageusement leur mission . Je suis révoltée contre les imbéciles et lâches incendiaires qui ont détruit l'abris qui leur avait été offert par une belle solidarité. BAP
Le 21 mars 2016
Etienne CASASSUS
Super initiative ! Merci de leur consacrer du temps ! Etienne
Le 21 mars 2016
Loïc Schneider
De tout cœur avec vous. Votre action fait honneur à notre pays.
Le 21 mars 2016
Christine Siebert
Merci pour cette initiative ! Bon courage !
Le 21 mars 2016
Richard Harvey
Lawyers everywhere owe you a debt of gratitude for your courage in putting your lives on the line for those who have been driven into seeking asylum by our own governments' criminal complicity in the destruction of their homes and environments.
Le 21 mars 2016
Marie-Claude Saliceti
Il faut faire gagner la solidarité
Le 20 mars 2016
flod grimbert
Tenez bon!