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Regards Envolés

Organisé pour : Etudiants Arts du Spectacle

Resumé du projet

Nous sommes des étudiants en fin de licence de cinéma à la faculté de Caen, nous avons entre 20 et 24 ans. Depuis trois ans, nous participons à un festival en Tunisie, où nous présentons des courts métrages réalisés dans l'année. 

Cette année, nous avons décidé de réaliser un documentaire qui mettrait en lien la centrale de retraitement des déchets nucléaires de La Hague, avec l'usine de phosphate de Gabès en Tunisie. Nous voulons montrer les différents impacts de ces usines sur le plan environnemental et social.

L'argent récolté servira à nos frais sur place, et ceux des tunisiens qui nous accueilleront et nous aideront sur le tournage.

Le projet a commencé en décembre. Nous nous sommes rendu à La Hague afin d'interroger les habitants. N'ayant pas la possibilité de faire un tournage en Tunisie avant le festival qui se déroulait en février à Chenini, à côté de Gabès, nous avons décidé de tourner une fiction autour des témoignages que nous avions récoltés à La Hague. C'est ainsi que Quand s'éteint le soleil est né. Voici la bande annonce de ce court métrage.

 

 

Nous voudrions continuer en terminant le projet de base, c'est à dire le documentaire, et c'est pour cela que nous avons créé cette cagnotte.

 

 


Détails du Projet : 

 

Introduction

Nous sommes depuis maintenant trois ans dans un processus d’échange franco-tunisien. LAPAT (Les Amis du Printemps Arabe et de la Tunisie) est l’association qui nous a permis de créer cette expérience. Tous les ans, durant le mois de février, nous allons présenter un film au festival des JCMC (Journées Cinématographiques Méditerranéennes de Chénini-Gabès). Le lien se crée et se renforce au fil du temps, au travers de tous nos échanges.

Cette année, notre projet se complexifie, puisqu’il s’étale sur deux tournages : un français et un tunisien. Cela dans le but de créer une vraie relation sur une problématique commune. Quel avenir nous promet le développement d’usines tel que La Hague et l’ICM (Industries Chimiques Maghrébines) de Gabès ? Nous allons donc vous présenter comment le lien s’est créé, et la naissance du projet de cette année 2018.

 

I. Création des relations franco-tunisiennes

 

A. LAPAT (Les Amis du Printemps Arabe et de la Tunisie)

 

L’association LAPAT est une association normande, créée en février 2012, par un collectif de citoyens et d’associations, désireux de concrétiser les vœux de soutien au Printemps Arabe. L’action de LAPAT est de mieux faire connaître cette nouvelle Tunisie, à travers différents domaines d’échanges interculturels tels que le tourisme solidaire, mémoriel, l’éco-tourisme, la protection du patrimoine, de l’environnement, le développement durable. Parmi les activités projetées, on peut relever l’organisation de rencontres, en Tunisie comme en Normandie.

 

B. JCMC (Journées Cinématographiques Méditerranéennes de Chenini-Gabès)

 

Les JCMC sont des journées de projections cinématographiques à ChéniniGabès. Il s’agit d’un festival visant à favoriser les rencontres intercontinentales, organisées par des jeunes réalisateurs Tunisiens. Les thèmes abordés parlent de sujets sensibles comme l’immigration, les femmes, ou encore l’écologie. Le festival a pour but de sensibiliser les habitants sur ces thèmes, mais aussi à l’art. Presque toutes les projections sont en effet gratuites, ce qui favorise l'accès à la culture pour les habitants. Toutes les projections sont suivies d’un échange entre les spectateurs et le réalisateur, ou un spécialiste du thème abordé. Durant les journées, des activités de création de vidéos sont aussi organisées, encadrées par des réalisateur de Chénini. Cet atelier a permis à Timothée Girault et Colin Busnel de réaliser un court métrage documentaire traitant de l’immigration. En effet ils ont mis en parallèle l’interview d’un tunisien exilé en France, pour avoir fuit l’oppression, avec une française qui s’est installée en Tunisie, pour des raisons économiques.

 

C. Projet 2016 : Pourquoi fait-on tout ce cinéma ?

 

Notre implication avec l’association LAPAT a commencé en 2015, avec Ezzedine Hosni, président de LAPAT à cette époque, et Annie Berger, qui était trésorière et aujourd’hui présidente. Ils nous ont proposé en novembre 2015 à deux membres de notre groupe, Timothée Girault et Colin Busnel, de filmer un évènement que l’association organisait. Il s’agissait d’une semaine d’échanges, de débats et de rencontres avec des artistes et personnalités tunisiennes, accueillies en Normandie. Le fruit de ce travail a mené à la création d’un documentaire intitulé Pourquoi fait-on tout ce cinéma ?, d’une durée de quinze minutes. Ce film a été projeté à Chénini-Gabès, en Tunisie, durant les JCMC, en février 2016. Les membres de l’association, contents du résultat, ont proposé à Colin Busnel de constituer une équipe plus importante, afin de créer un projet pour l’année suivante.

 

D. Projet 2017 : Portraits de femmes

 

 

a. Mise en place du projet

 

Colin Busnel a alors contacté Camille Dayan, David Diboué- Black, Chloé Du Pasquier et Violette Rettien pour créer un nouveau projet. Nous nous sommes donc rendus aux réunions de LAPAT à leurs cotés, réfléchissant ensemble à la prochaine réalisation. Nous en sommes devenus membres, et ces réunions se sont révélées être des occasions de partages et d'expression libre. Le thème du onzième festival des JCMC est alors « La femme au cinéma ». Notre premier échange franco-tunisien a lieu en novembre 2016 : cinq photographes et réalisateurs tunisiens viennent à Caen pour une semaine de projections et de débats, organisés par LAPAT. Cette pluralité de points de vue nous a permis d'échanger diverses idées, et de trouver l'angle sous lequel réaliser notre court-métrage.

 

b. Réalisation

 

Nous réaliserons avec l'aide des Tunisiens, des premiers portraits de femmes, en leur posant des questions dans le centre ville de Caen. Certaines se prêtent au jeu, d'autres refusent timidement. « Comment définiriez-vous la femme en un mot ? » est la principale question qui est leur est posée. « Maternelle », « passionnée », « libre » sont des adjectifs que l'on entendra souvent. Quelques semaines plus tard, nous décidons de réaliser le même exercice lors de notre voyage en Tunisie. Nous comparerons ainsi leurs réponses, en liant d'une certaine manière la femme tunisienne à la femme française, cherchant leur différences et leurs points communs. Une musique est composée par Colin Busnel pour le court-métrage. Le thème français sera repris avec des sonorités orientales pour le thème tunisien. Nous sommes arrivés en Tunisie le 24 février 2017, veille du premier jour du festival. Notre court-métrage étant projeté le dernier jour, nous avions quatre jours pour finir de le filmer et monter. Grâce à l'aide des Tunisiens sur place ce fut chose faite. Le tournage fut un moyen de rencontrer les habitants de l'Oasis, d'apprendre quelques premiers mots en arabe et d'en savoir plus sur la place de la femme dans la société tunisienne. Les femmes de Chenini se définissent principalement comme « maternelles », « le centre du foyer familial », « l'être donnant la vie ».

 

c. Compte rendu

 

Les difficultés se sont posées avec le temps imparti, et surtout le temps de sous-titrage arabe. Mais le final nous plaît. Les retours sur notre travail furent positifs. On nous proposera de participer à nouveau l'année d'après, avec une fiction plus longue. Cet échange nous a permis de découvrir la Tunisie, un pays musulman dans lequel la culture se trouve être si différente de la nôtre. Nous avons ainsi pu élargir nos horizons en vue d'un futur projet.

 

II. Projet 2018 : Quand s’éteint le soleil

 

A. Réflexion et constitution du nouveau projet

 

Au court de l’année 2017, nous avons reçu le nouveau thème imposé pour le festival. Pensant en février que celui-ci porte sur « la résistance », notre scénariste Violette se met à composer un film sur un jeune garçon, vivant dans un monde de caméra de surveillance, et qui va se rebeller grâce au cinéma. L’été passe, et nous apprenons à la rentrée que le thème porte finalement sur « le cinéma et la terre ». À partir de cela, nous nous sommes réunis avec une nouvelle équipe. Timothée Girault nous quitte, et Clément Priou-Börner, étudiant en écologie, intègre le groupe. Avec en tête la difficulté du temps de l’année précédente, nous décidons de tout tourner et monter avant de nous rendre en Tunisie. Notre première idée était de partir sur la réalisation d’un documentaire écologiste. Après une discussion avec une élève de sciences politique en écologie, nous nous sommes renseignés sur le nucléaire, et en particulier sur l’usine de La Hague, en Normandie. L’idée était alors d’établir un parallèle entre une usine française et une usine tunisienne, afin de faire écho au pays qui nous accueillait.

 

B. Réalisation et remise en question

 

Un des membres de l’équipe vivant à Cherbourg, nous a permis d’entrer en contact avec la population locale, et de nous rendre compte de la difficulté du sujet. Beaucoup de personnes ne souhaitent pas témoigner devant la caméra, mais acceptent tout de même de nous parler en off. Le but de notre documentaire était principalement d’informer, de montrer que des grands problèmes écologiques sont en jeu pour notre avenir ; mais aussi de nuancer le propos en montrant que le nucléaire est important pour les populations locales car il est créateur d’emplois. Nous possédions pour ce documentaire que de courtes interviews, ce qui n’était pas assez pour construire notre propos. De plus, notre demande de visite d’usine à la Hague a été ignorée. Au vu de la difficulté de rassembler des propos, nous décidons de partir sur un docu-fiction. Nous avons alors mêlé les deux genres pour créer un scénario postapocalyptique où le nucléaire aurait fini par dévaster le pays. En effet, notre synopsis est le suivant : trois individus en 2076, survivent dans un monde postapocalyptique. Ils tentent de trouver une raison à leur existence, jusqu’au jour où l’un d’entre eux tombe sur un CD. Ce CD leur permet alors de retracer leur mystérieux passé, puisqu’il contient de nombreuses archives sur le monde avant sa démolition. Ces scènes ont été tournées en janvier, sur cinq jours. Nous rencontrons alors des difficultés de tournage classiques : problème de lieux de tournage, d’acteurs, intempéries… et nous avons alors terminé le montage juste avant de partir. Chloé et Violette se sont rendues en Tunisie une semaine au préalable, dans le but de sous-titrer en arabe l’intégralité du film, afin que l’ensemble du public puisse le comprendre.

 

C. Retours

 

Le choix de la fiction nous a permis de prendre davantage partie sur le sujet, notre court-métrage est devenu de moins en moins impartial, afin d’être en accord avec notre idéologie et celle prônée lors du festival. Nous nous retrouvons tous ensemble le 1 février 2018 à Chénini-Gabès. Le film est montré le troisième jour du festival. À la fin de cette projection, nous avons eu l’occasion d’expliquer davantage notre propos, et de répondre aux questions. Nous avons reçu une majorité de retours positifs, et l’écho voulu avec l’usine de Gabès fût compris.

 

Conclusion

 

Nous avons donc construit des relations non négligeables avec la Tunisie, au cours de ces trois dernières années. Nous souhaitons prolonger durant le mois de Juillet 2018, ce projet sur l’impact de grosses entreprises telles que La Hague, avec l’usine de traitement de phosphate de Gabès, l’ICM (Industries Chimiques Maghrébines).

L’usine appartient à 50 % à l’État, et le reste est réparti entre des entreprises privées. Le phosphate est la principale ressource de la Tunisie (85%). Le groupe chimique emploie 6500 personnes. Il y a 23,7 % de chômage dans le gouvernât de Gabès. 40,2 % des jeunes diplômés sont au chômage. Ils extraient le phosphate dans le sud, et le transforme en acide phosphorique à Gabès notamment. En 2008, il y a eu une pollution urbaine reconnue à Sfax (lieu de transformation) qui a engendré une délocalisation. L’usine a été fermée et dépolluée. Et pour cause, les déchets sont retraités en bassin, ce qui engendre une pollution aquatique. La transformation génère des déchets nommés phosphogypses, constitués d’uranium, de plomb, de polonium, et de radium. Pour produire une tonne d’acide phosphorique, il y a 5,1 tonnes de déchets créés. Ces derniers sont stockés à l’air libre sous forme de terrils (des collines artificielles construites par accumulation de déchets).

À Gabès, ces déchets sont directement déversés dans le golf par un canal à ciel ouvert. Cela crée des boues gypseuses qui se mélangent à l’eau. 42 000 mètres carrés de déchets sont déversés par jour ; soit 12 500 tonnes de déchets pour 2 600 tonnes d’acide phosphorique créé. Il ne reste plus que sept espèces de poisson dans le golf, pour une centaine auparavant. La baignade est interdite et le cancer est alors surnommé la « mauvaise maladie ». Il n’y a actuellement pas d’études, malgré les demandes. On recense aussi de l’ostéofluorose, et une forte pollution atmosphérique. De plus, l’eau est accaparé par l’usine, ce qui fait que les 400 sources d’eau naturelle à Ras El Oued (Chenini-Gabès) ne permettent plus la rentabilisation de l’activité agricole, de par leur assèchement. Des associations comme l’ASOC (Association de Sauvegarde de l’Oasis de Chénini) ou l’ANPE (Agence Nationale de Protection de l’Environnement) dénonce ces cas. Avant la révolution, il n’y avait aucune association de protection de l’environnement. Depuis, ce n’est plus un tabou, il y a des associations locales pour informer la population.

La pression faite sur la société chimique a ouvert à une cellule de veille. Elle est chargée d’étudier les projets du groupe. L’usine cherche à réduire leurs imports et souhaite abandonner les déchets dans la mer. Une décharge serait créée, avec un package en géomembrane pour protéger l’eau souterraine. Mais le coût du projet s’élève à 400 millions d’euros. Le problème est alors économique. 

 

 

 

770 €

Collectés sur 2 000 €
38%
0 Jour restant
26 Participations
Je participe

Organisé par

Colin Busnel
Le 6 juillet 2018
Busnel Olivier
J'espère que ce super projet aboutira, bon courage❤️
Le 29 juin 2018
Erick Busnel
Nous te souhaitons une bonne réussite. Annette & Erick
Le 21 juin 2018
Coralie Quellier
Beau projet ^^
Le 18 juin 2018
fanny tahon-zündt
Bonne route :) !
Le 18 juin 2018
Sophie Börner
Bravo à vous, les jeunes, pour cette prise de conscience écologique. C'est à vous de défendre notre terre maintenant.
Le 30 mai 2018
Stéphane Tirard
Bonne chance à Regards Envolés Stéphane
Le 24 mai 2018
Anne Lesieur
Bonne continuation ! Anne 💮
Le 22 mai 2018
annie langlois
beau projet, humaniste, écologiste, créatif....
Le 21 mai 2018
Marine Busnel
Bonne continuation pour votre projet. Bz